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Montréal Procès de Saïd Namouh

Une experte de la cybercriminalité à la barre

Mise à jour le mardi 17 février 2009 à 17 h 10

Saïd Namouh

Saïd Namouh

Le procès d'un présumé terroriste d'origine marocaine a repris, mardi, au palais de justice de Montréal. Une spécialiste de la cybercriminalité et du Moyen-Orient, Rita Katz, a témoigné au procès de Saïd Namouh.

Le présumé terroriste est accusé d'avoir participé à l'élaboration d'attaques terroristes contre l'Allemagne et l'Autriche et d'être lié au Global islamic media front.

Quant à la témoin de la Couronne, elle est née en Irak en 1963 dans une famille juive. Rita Katz a ensuite déménagé en Israël. Elle parle l'arabe, l'hébreu et l'anglais. Installée à Washington depuis quelques années, elle a créé en 2002 un organisme de renseignement privé appelé SITE. Sa firme compte plusieurs clients dont le gouvernement américain, des services militaires du monde entier, des pétrolières, et des médias.

Mme Katz scrute particulièrement Internet, qu'elle considère comme un formidable outil de propagande pour Al-Qaïda et d'autres groupes islamistes radicaux. Elle croit que plusieurs sites Internet servent d'instrument de recrutement et de formation de cellules terroristes.

Mme Katz soutient que l'ère des camps d'entraînement en Afghanistan est révolue puisqu'il est désormais possible de télécharger des vidéos pour apprendre, notamment, à fabriquer une ceinture d'explosifs. Une vidéo de ce type a d'ailleurs été retrouvée dans l'ordinateur de Saïd Namouh.

Une découverte qui ne veut rien dire selon son avocat René Duval: « Les gens peuvent, par analogie avec la porno juvénile, penser que c'est illégal de posséder de tels vidéos, mais ce n'est pas le cas pour ce genre de vidéos-là ».

Mme Katz soutient également qu'Internet est l'instrument de prédilection pour les terroristes puisqu'il est gratuit, rapide et sécuritaire, à condition d'encrypter ses messages. Un logiciel d'encryptage a d'ailleurs été saisi dans l'ordinateur de Namouh.

Des forums de discussion permettraient également aux membres de cellules terroristes de communiquer entre eux pour planifier des attentats. Le Front islamique médiatique mondial se charge de faire la diffusion des vidéos et de trouver des membres pour traduire les messages dans toutes les langues. Saïd Namouh est soupçonné d'appartenir à cette organisation virtuelle.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a confié le contenu de l'ordinateur de Saïd Namouh à Mme Katz. Elle expliquera à la Cour, au cours des prochains jours, comment Saïd Namouh aurait participé aux opérations d'Al-Qaïda.

Enquête internationale

L'homme d'origine marocaine a été arrêté en septembre 2007 en Mauricie. Une enquête internationale est à l'origine de l'arrestation de Saïd Namouh. Il est soupçonné d'avoir comploté avec des sympathisants d'Al-Qaïda en Autriche dans le but de commettre un attentat en Europe. Deux de ses présumés complices ont aussi été arrêtés par la police autrichienne.

Selon la police, Saïd Namouh entretenait des liens par Internet avec des individus qui menaçaient notamment l'Allemagne et l'Autriche d'attentats si les deux pays maintenaient des contingents militaires en Afghanistan.

Des découvertes dans l'ordinateur

Les enquêteurs de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) avaient été alertés par des collègues allemands et autrichiens, en juillet 2007, qui affirmaient qu'un internaute très actif dans le milieu de la propagande islamiste vivait au Canada.

Lors de son arrestation à Maskinongé, en septembre 2007, l'ordinateur de Saïd Namouh avait été saisi. L'enquête a permis de découvrir qu'entre septembre 2006 et septembre 2007, il avait participé à 1275 occasions à des groupes de discussion qui portaient sur différents sujets, comme le djihad. Il aurait aussi eu des discussions avec le chef d'un groupe considéré comme la branche médiatique d'Al-Qaïda.

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