Des sous-traitants impayés

Davide Gentile explique la situation.

La Ville de Montréal a suspendu le paiement de contrat à des dizaines de sous-traitants et de pigistes en raison d'une possible fraude de plusieurs millions de dollars découverte dans son département d'informatique, l'automne dernier.

La Ville de Montréal a suspendu le paiement de dizaines de contrats à des sous-traitants et des pigistes en raison d'une fraude dont elle aurait été victime dans son département d'informatique l'automne dernier.

La Sûreté du Québec a effectué des perquisitions en octobre dernier et un fonctionnaire a été congédié. Depuis, l'enquête se poursuit, aucune accusation n'a été déposée, mais en attendant la conclusion de l'affaire, des sous-traitants et des pigistes ne sont plus payés depuis des mois.

L'un des sous-traitants, qui requiert l'anonymat, attend que la Ville lui verse son dû depuis des mois. « Plusieurs mois, une dizaine de mois maintenant! Et le montant? C'est un montant de plus de 100 000 $ qu'on nous doit ». Il déplore que personne à la Ville ne soit en mesure de les éclairer sur la situation.

« Tout le monde en sait un petit bout et ne peut pas le dire. Ils ont tous peur d'avoir peur et on est pris là dedans nous autres. » — Un sous-traitant anonyme

La peur ou la prudence semble s'être répandue même aux plus grandes entreprises contactées, qui refusent de commenter la situation. « Certains gros joueurs, qui ne disent pas un mot là-dessus, mais on leur doit beaucoup plus, explique le sous-traitant. Ce sont des millions dont on parle, mais ils ne brassent pas de poussière parce qu'ils veulent avoir des contrats à nouveau. »

Les sous-traitants hésitent également à intenter des recours dans cette histoire qui leur coûte déjà très cher. « Il y en a qui vont fermer boutique. Des compagnies moyennes vont peut-être fermer boutique parce qu'ils ne peuvent pas récupérer ces montants-là. »

La Ville ne commentera pas la situation tant que l'enquête sera en cours et personne n'est en mesure de dire quand elle sera terminée. Toutefois, selon des informations obtenues par la télévision de Radio-Canada, l'enquête a ralenti, voire paralysé, certains projets informatiques.