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Logement
Le FRAPRU inquiet
Mise à jour le lundi 12 janvier 2009, 14 h 49 .


Logements sociaux
Le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) appréhende les effets de la crise économique sur les locataires au Québec, dans un contexte où il juge la situation actuelle « alarmante ».

L'organisme a dévoilé ce lundi son Dossier noir sur le logement et la pauvreté, publié tous les cinq ans et établi à partir des données du recensement 2006 de Statistique Canada. Il en ressort qu'une « large part des locataires se retrouve déjà dans une situation de grande fragilité, malgré la longue période de croissance vécue depuis le milieu des années 1990 ».

La part du loyer pour les ménages
Nombre de ménages locataires québécois consacrant plus que 30 % de leur revenu au loyer: 448 835 (3620 de plus qu'en 2001), soit environ 36 %;

Nombre de ménages locataires québécois consacrant plus de 50 % de leur revenu au loyer: 203 085 (15 400 de moins qu'en 2001), soit environ 16,1 %.

À Montréal
Nombre de ménages locataires québécois consacrant plus que 30 % de leur revenu au loyer: 199 845 (7410 de plus qu'en 2001), soit 39 % des ménages;

Nombre de ménages locataires québécois consacrant plus de 50 % de leur revenu au loyer: 97 460 (925 de plus qu'en 2001), soit 19 % des locataires.


François Saillant lors d'une manifestation de sans-abri à Québec en juin 2008.
Photo: PC/Clément Allard
François Saillant lors d'une manifestation de sans-abri à Québec en juin dernier.
« Les récessions économiques de 1980-1982 et de 1990-1992 ont littéralement fait exploser le nombre de ménages locataires engouffrant une part exagérée de leur revenu au loyer. À chaque fois, le nombre de ménages devant y consacrer plus de la moitié de leur revenu a augmenté de 40 % », analyse François Saillant, coordonnateur du FRAPRU.

Et d'ajouter: « Ce serait désastreux si le même scénario devait se reproduire, étant donné que le nombre de ménages en difficulté est demeuré à un niveau inacceptable, en dépit de la bonne santé économique des dernières années ».

Pour expliquer cette situation, l'organisme croit que la croissance a été répartie de façon inéquitable parmi les citoyens. Il évoque aussi la pénurie « sévère » de logements locatifs depuis l'an 2000.

Le taux d'inoccupation des logements locatifs au Québec est passé de 2,6 % en 2007 à 2,2 % en 2008, selon la Société canadienne d'hypothèques et de logement. On estime que le marché du logement atteint un point d'équilibre lorsque le taux d'inoccupation se situe autour de 3 %.


Résultat: à l'échelle du Québec, le loyer médian payé par les locataires a augmenté de 14,3 % entre 2001 et 2006, pour se chiffrer à 566 $ par mois en 2006. Le FRAPRU note que le revenu médian des locataires, lui, a augmenté de 12,8 %, soit moins que la hausse du loyer. La situation montréalaise demeure la plus préoccupante, avec une hausse du loyer médian de 16,9 % (à 615 $ par mois), comparativement à une hausse du revenu de 11,3 %.

L'organisme s'inquiète particulièrement pour les personnes seules, souvent plus pauvres, qui représentent 48,8 % des locataires à l'échelle nationale.

Devant ce constat, le FRAPRU « presse les gouvernements tant fédéral que québécois d'inscrire l'aide au logement dans leurs plans pour affronter la tourmente économique ». Cette solution revêt trois avantages, selon l'organisme:
  • Réduire le nombre de locataires en difficulté;
  • Augmenter l'offre de logements locatifs;
  • Créer des emplois dans des domaines comme la construction, l'industrie manufacturière et celle de la forêt.
Extrait audioSelon le FRAPRU, les fruits de la croissance de 2001 à 2006 n'ont pas été répartis équitablement, explique Caroline Jarry.