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Montréal Formule 1

Menace coûteuse ou bluff pécuniaire?

Mise à jour le mercredi 8 octobre 2008 à 11 h 00

Gérald Tremblay

Gérald Tremblay

La Fédération internationale de l'automobile (FIA) a publié son calendrier 2009... sans prendre la peine d'en parler d'abord aux organisateurs du Grand Prix du Canada.

Le promoteur Normand Legault et le maire de Montréal Gérald Tremblay ont donc appris par médias interposés qu'ils avaient perdu leur Grand Prix mardi.

Conséquemment, ils ont décidé de n'émettre aucun commentaire avant d'avoir parlé à la FIA et à la Formula One management.

À un dîner d'affaires, M. Tremblay a tout de même promis qu'il allait « voir ce qu'il pouvait faire ». C'est ainsi qu'il s'est lancé à l'assaut d'un autre sauvetage sportif, comme il l'avait fait avec les mondiaux aquatiques en 2005.

« Selon Tourisme Montréal, on parle de retombées de l'ordre de 75 millions de dollars, a dit le maire. Mais ce ne sont pas juste les retombées économiques, c'est la visibilité sur la planète. Il y a plus de 300 millions de personnes qui regardent les GP. »

« C'est très important. [...] Ça nous donne une notoriété sur la scène internationale », a ajouté le maire Tremblay.

Gérald Tremblay a renouvelé sa confiance en Normand Legault, espérant que la situation se résolve « de la même façon qu'il y a un certain nombre d'années ».

S'avouant surpris par l'annonce de la FIA, le premier ministre du Québec, Jean Charest, a précisé que son gouvernement allait aider le Grand Prix du Canada dans la mesure où cette aide est « économiquement rentable pour le Québec ».

Chaque fois qu'on a posé un geste autour du Grand Prix, on l'a toujours fait parce que sur une base d'affaires, c'était [...] économiquement rentable pour le Québec. Et on va continuer de l'aborder sous cet angle.

— Jean Charest

Le premier ministre entend obtenir plus d'information auprès des dirigeants du Grand Prix avant de s'avancer davantage dans le dossier.

De son côté, la porte-parole du Parti québécois pour les questions touchant la région de Montréal, Nicole Léger, a réclamé du ministre Raymond Bachand, responsable de la métropole, une intervention « rapide » afin de sauver le Grand Prix du Canada.

Même son de cloche à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, où sa présidente, Isabelle Hudon, affirme que « Montréal ne peut se permettre de ne pas avoir un Grand Prix ».

Le porte-parole de l'Association des marchands de la rue Crescent, Sandy Greene, a déclaré que les événements sur la rue Crescent, dans le cadre du Grand Prix, sont intimement liés à la survie des plus petits marchands du secteur. Plus de 500 000 personnes ont participé aux festivités du Grand Prix sur Crescent l'an dernier, un record.

Un bluff?

Selon certains observateurs de la scène de la F1, la disparition du GP du Canada serait un « bluff » pour attirer les deniers canadiens.

« C'est une question d'argent, comme toujours avec Bernie Ecclestone, a jugé le journaliste Luc Domenjoz. Il essaie de vendre ses GP aux plus offrants et les pays du golfe Persique ont beaucoup de moyens. Montréal est très loin des montants offerts par Abou Dhabi, Bahreïn ou Singapour. »

Normand Legault

Photo: AFP/Phil Carpenter

Normand Legault

À titre comparatif, Abou Dhabi versera à peu près 50 millions de dollars canadiens en redevances, contre tout juste 12 millions pour Montréal.

Précisons que le calendrier publié mardi n'est pas final. La version définitive sera approuvée au conseil mondial de la FIA, au début décembre.

Pour Patrick Grivas, de L'Équipe, l'absurdité de cette décision relève surtout de la popularité de l'événement montréalais.

« Je suis choqué parce que le GP du Canada est l'un des deux plus populaires avec l'Australie. À Bahreïn, ils sont 15 000 dans les estrades! Les GP traditionnels sont de plus en plus étranglés par les nouveaux GP financés par l'État. »

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