Pour lutter contre l'itinérance

Benoît Giasson rencontre des itinérants.

La Commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale a amorcé lundi matin, à Montréal, des consultations publiques sur la problématique de l'itinérance au Québec.

Durant les trois prochains jours, la Commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale tiendra des audiences publiques à Montréal afin de mieux comprendre le problème de l'itinérance au Québec.

C'est la première fois qu'une commission parlementaire se penche sur le problème de l'itinérance et qu'elle tient des audiences à l'extérieur du Parlement.

La commission siégera dans la métropole jusqu'à mercredi. Les consultations visent à mieux comprendre l'ampleur du phénomène de l'itinérance et de développer des politiques gouvernementales pour diminuer le nombre d'itinérants au Québec.

Plus d'une centaine de groupes d'aide aux sans-abri prennent part aux audiences publiques. Ils se réjouissent d'ailleurs de l'initiative du gouvernement provincial.

Des milliers d'itinérants au Québec

L'itinérance touche de 25 000 à 30 000 personnes au Québec. La majorité des sans-abri se trouvent à Montréal.

« Il y a beaucoup plus de femmes et de jeunes dans la rue aujourd'hui qu'il y a 20 ans. C'est aussi un phénomène qui touche les populations autochtones. Ce sont des sujets sur lesquels nous devons nous pencher », explique le président de la Commission des affaires sociales, Geoffrey Kelly.

La directrice de la Maison du père, Geneviève Grégoire, affirme que les 300 lits de son refuge à Montréal sont remplis tous les soirs et qu'elle doit même refuser des gens. « On dénombre à peu près 700 à 800 nouveaux visages par année à la Maison du père. C'est une moyenne de 60 à 70 personnes par mois qui arrivent et que nous n'avons jamais vues. C'est beaucoup », déclare Mme Grégoire.

Pour Sylvain Flamand, de l'organisme Dans la rue, il est urgent que la société québécoise se dote de mesures d'aide et d'accompagnement des jeunes de la rue afin qu'ils retournent à l'école, plutôt que de les envoyer en prison pour avoir dormi sur un banc de parc. « La question de la prison, ça nous inquiète beaucoup. En fait, c'est toute la question de la judiciarisation de l'errance qui nous inquiète », clame-t-il.

Après trois jours d'audiences à Montréal, la commission se déplacera à Trois-Rivières, à Gatineau et à Québec.