Une manifestation des employés de TQS
Une centaine d'employés de TQS - venus de Montréal, Saguenay, Québec et de l'Estrie - ont manifesté leur opposition au plan de relance de Remstar qui prévoit le licenciement de 270 personnes. Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a appuyé les syndiqués en participant à leur marche.
Appuyés par le chef du Bloc québécois, les syndiqués du Mouton noir de l'information ont manifesté devant les bureaux de la station montréalaise. Gilles Duceppe souhaite que le CRTC bloque la reprise de TQS par Remstar.
Des porte-parole syndicaux ont déclaré que la responsabilité d'un télédiffuseur va plus loin que la simple question des profits. Quant à M. Duceppe, il a promis de solliciter l'appui de tous les partis politiques fédéraux afin d'intervenir auprès du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).
M. Duceppe souhaite que le CRTC bloque la transaction avec Remstar ou qu'il oblige les nouveaux propriétaires à maintenir un service d'informations.
Gilles Duceppe a appuyé les employés de TQS.
M. Duceppe a critiqué la position de la ministre conservatrice du Patrimoine, Josée Verner, qui entend attendre la décision du CRTC avant d'intervenir. Le chef bloquiste demande à Mme Verner d'insister sur le besoin de nouvelles sources de revenus pour les télévisions généralistes. Il a également plaidé en faveur de la création d'un Conseil québécois de la radiodiffusion et des télécommunications.
De son côté, l'un des porte-parole de Québec solidaire, Amir Khadir, a déclaré que TQS avait constitué une ouverture sur les voix alternatives comme celle de sa formation politique. Il estime que la présence de TQS est importante pour la diversité de l'offre en information.
Les syndiqués ont manifesté devant les bureaux de la station de Montréal, rue Saint-Jacques, dans le Vieux-Montréal. Ils ont ensuite marché jusqu'à l'hôtel St-James, propriété du père des frères Rémillard qui ont fondé Remstar.
Une salve d'appuis
Les employés de la station de Québec ont manifesté mercredi devant l'Assemblée nationale. Pour sa part, la classe politique québécoise a unanimement dénoncé cette décision, promettant d'agir auprès du CRTC pour empêcher la fermeture du service d'information du réseau TQS.
L'Assemblée nationale a du reste adopté une motion unanime enjoignant au gouvernement du Québec d'exiger du CRTC de maintenir le service des nouvelles de la station privée.
Jean Charest, Mario Dumont et Pauline Marois ont plaidé sur toutes les tribunes médiatiques mercredi pour la diversité de l'information, notamment dans les régions du Québec.
Jean Charest
Le dossier étant de compétence fédérale, le premier ministre Charest a promis de « livrer une bataille » auprès du CRTC pour qu'il empêche Remstar de saborder le service d'information du Mouton noir de la télé.
De son côté, la ministre fédérale du Patrimoine et députée de la circonscription de Louis-Saint-Laurent, dans la région de Québec, Josée Verner, s'est dite très déçue de la décision de TQS, tout en précisant qu'elle ne peut rien faire pour le moment. Elle n'a pas exclu toutefois l'utilisation d'un éventuel droit de regard du cabinet sur la décision du CRTC.
Exit l'information
Remstar entend fermer le service d'information de TQS à partir de septembre, entraînant ainsi la perte de 270 emplois permanents. Les mises à pied se feront à Montréal, Québec, Sherbrooke, Trois-Rivières et Saguenay.
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Martin Labbé
Dans un premier temps, et à compter du 2 juin, TQS ne diffusera plus que deux bulletins de nouvelles en fin d'après-midi et en soirée. Puis, à partir du 1er septembre, le réseau ne diffusera plus de bulletins d'informations.
Ce changement de cap est toutefois « sujet à l'approbation du CRTC », a précisé la direction dans un communiqué. Les anciens propriétaires de TQS s'étaient en effet engagés à diffuser de l'information, mais il s'agirait d'une obligation morale et non pas d'une condition de licence.
Le CRTC tiendra une audience en juin sur la transaction entre Remstar et TQS. Toutes les parties intéressées pourront alors se faire entendre sur ce dossier.
Les syndiqués, eux, sont convoqués à une assemblée générale, samedi, à Trois-Rivières, pour étudier le plan de restructuration du réseau.
Entre-temps, Remstar a mis fin à ses discussions amorcées avec les représentants syndicaux au sujet des concessions demandées aux employés qui demeureront à l'emploi de TQS. L'employeur n'a même pas déposé ses demandes. Selon les informations obtenues, Remstar favoriserait une réduction du nombre de syndicats et une polyvalence des employés sur les différentes plateformes.
Remstar reconnaît que son plan de redressement « peut sembler sévère », mais explique qu'il reflète la gravité des problèmes financiers de l'entreprise. TQS a affiché des pertes de 18 millions de dollars au cours du dernier exercice et doit composer avec un déficit accumulé de 71 millions.
Craintes pour la diversité
La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) a dénoncé la décision de Remstar, y voyant « un jour triste pour tous les artisans qui perdront leur emploi et pour le grand public ».
La FPJQ compte « s'opposer fermement à ce démantèlement » devant le CRTC.
Pour le Conseil de presse, « il s'agit d'un geste qui met en péril la diversité des voix en information au Québec, qui est déjà trop limitée par la concentration de la propriété des médias ».
L'organisme a ajouté que « l'annonce de TQS, jumelée au conflit de travail au Journal de Québec, devrait faire prendre conscience au Québec dans son ensemble de l'importance et de la difficulté de maintenir un secteur de l'information vivant et diversifié, pourtant essentiel à la santé démocratique ».