Des vandales frappent sur une voiture de police. (archives)
L'ère du numérique a permis aux policiers montréalais d'identifier plusieurs suspects qui seraient responsables du grabuge au centre-ville de Montréal à la suite de la victoire du Canadien, lundi soir.
Plusieurs témoins des événements ont remis leurs photos et films au SPVM, qui a identifié plusieurs suspects. La SRC a refusé de faire de même, mais le SPVM a obtenu un mandat pour saisir les images non diffusées.
Un suspect aurait d'ailleurs été arrêté grâce à des images remises par des témoins. Cette nouvelle arrestation porte à 20 le nombre d'individus appréhendés à la suite du grabuge de lundi. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) parle de nouvelles arrestations et promet un bilan en cours de journée.
Plusieurs citoyens témoins des événements ont volontairement remis des photos ou des bouts de film captés sur des téléphones cellulaires aux agents du SPVM.
Perquisitions
L'utilisation de cette nouvelle technologie n'a toutefois pas suffi au SPVM, qui a perquisitionné dans les bureaux de six médias d'information, dont Radio-Canada. Le SPVM a obtenu un mandat de perquisition pour saisir le tournage non diffusé du Réseau de l'information (RDI) et de Radio-Canada.
Alain Saulnier
Les médias s'opposent toujours à ce genre de collaboration avec la police. « Le travail journalistique doit être à l'abri de la perception que notre travail serait fait pour servir un corps policier, un gouvernement, ou une entreprise. Nous, on est là pour servir le public, c'est ça la notion même du travail de journaliste », explique Alain Saulnier, directeur général de l'information du Service français de Radio-Canada.
Selon M Saulnier, la procédure employée par le SPVM met la sécurité des journalistes et des caméramans en danger. « Ce sont deux professions [journaliste et policier] qui doivent demeurer distinctes l'une de l'autre. C'est une question de principe », dit-il.
Le juge Jean-Guy Boilard, de la Cour supérieure, a remis à plus tard le débat de fond. Toutefois, il a entre-temps interdit au SPVM de prendre connaissance des images saisies, sauf celles qui ont déjà été diffusées. Les grands médias, dont Radio-Canada, se sont de leur côté engagés à conserver le matériel visuel qui est toujours en leur possession.
Des casseurs s'infiltrent
Des policiers de l'escouade anti-émeute au centre-ville de Montréal. (archives)
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PC/Peter McCabe
Des casseurs ont profité des célébrations entourant la victoire du Canadien en huitième de finale pour provoquer des affrontements avec des policiers, commettre des actes de vandalisme et provoquer des incendies.
L'escouade anti-émeute et les pompiers ont dû intervenir rue Sainte-Catherine au centre-ville de Montréal. Au moins 23 voitures de police ont été endommagées et 5 ont été incendiées. Des vitrines de magasins ont aussi été fracassées.
Plusieurs politiciens, dont le maire de Montréal, Gérald Tremblay, et le ministre responsable de la métropole, Raymond Bachand, ont déploré les événements, sans critiquer le travail des policiers. Les commerçants de la rue Sainte-Catherine se sont chargés de cette partie en dénonçant l'inaction des agents pendant que des vitrines volaient en éclats.
En 1993, les finales de la coupe Stanley avaient également entraîné des débordements dans les rues de Montréal.