Le cheminement scolaire de plus du tiers des enfants montréalais risque d'être difficile.
Une étude de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal révèle que 5087 petits Montréalais inscrits en maternelle sur 15 000 n'ont pas la maturité scolaire requise pour entrer en première année.
C'est ce que révèle une étude effectuée par la Direction de santé publique de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, intitulée En route pour l'école!
Cette enquête montre que seulement 65 % des enfants de maternelle ont la maturité scolaire requise pour commencer l'école.
Portrait de la maturité scolaire
Le portrait de la maturité scolaire d'un enfant de 5 ans s'évalue dans cinq domaines :
La maturité scolaire est le degré de préparation des enfants pour l'école. Cette mesure, prise à la maternelle, constitue un bon indicateur de l'état de développement de l'enfant à son entrée à l'école.
Les enseignants de 200 écoles de l'île de Montréal ont participé à cette recherche en répondant à un questionnaire de plus de 100 questions. Les chercheurs ont établi une mesure globale de la maturité scolaire en regroupant les enfants vulnérables dans au moins un domaine pour chaque territoire de centre de santé et de services sociaux (CSSS) et de CLSC.
Plus de 5000 enfants en danger
Pour l'ensemble de l'île, c'est 35 % des enfants (5087) qui, dans un ou plusieurs aspects de leur développement, sont vulnérables au moment de leur entrée à l'école. « C'est important et ça nous inquiète », affirme le directeur de la santé publique à l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, le Dr Richard Lessard.
Proportion des enfants vulnérables en fonction d'un domaine analysé :
Géographie montréalaise de la vulnérabilité
À l'échelle des CLSC, les proportions d'enfants vulnérables varient de 23 % à 43 %. Cinq territoires peuvent être considérés à haut risque parce qu'ils ont tous un taux de vulnérabilité supérieur à 42 % :
Par ailleurs, avec 23 % d'enfants vulnérables, le CLSC du Plateau Mont-Royal est le territoire où les enfants risquent le moins d'éprouver des difficultés.
Quand on se compare...
Le score moyen de Montréal est inférieur à la moyenne canadienne dans chacun des cinq domaines mesurés. Mais il est supérieur à celui de Vancouver dans tous les domaines. Toutefois, comparés aux jeunes Torontois, les petits Montréalais font meilleure figure en santé physique et bien-être ainsi qu'en communication et connaissances générales. En maturité affective et développement cognitif et langagier, c'est l'inverse.
Les conditions socioéconomiques
L'étude s'est intéressée aux liens entre certaines conditions socioéconomiques et la maturité scolaire.
Elle a tenu compte de facteurs comme la santé des nouveau-nés, l'immigration, la scolarité et le revenu.
Les auteurs de la recherche ont trouvé des résultats surprenants.
Ainsi, les conditions socioéconomiques sur le territoire du CLSC Saint-Laurent sont favorables. Ce territoire compte pourtant une proportion élevée d'enfants vulnérables.
Par contre, Saint-Michel, malgré de piètres indicateurs économiques, fait relativement bien pour ce qui est de la maturité scolaire. Le Dr Lessard attribue ce phénomène à une prise en charge par le milieu.
Les auteurs de la recherche concluent que ces cas suffisent à justifier des analyses plus poussées afin d'alimenter la réflexion sur les efforts souhaitables d'une communauté en vue d'améliorer la maturité scolaire de ses enfants.