Le SPVM était au courant

Le Service de police de Montréal savait depuis un certain temps qu'un de ses agents entretenait des liens d'affaires avec la compagnie Taser, le fabricant de pistolets paralysants utilisé par les agents du SPVM.

Le service de police de Montréal aurait enquêté à au moins deux reprises sur les liens d'affaires qu'entretenait avec la firme Taser, l'agent chargé de former ses collègues sur l'utilisation du pistolet paralysant.

L'émission Enquête a révélé cette semaine que le lieutenant Michel Massé, du SPVM, qui avait la responsabilité de former ses collègues à l'utilisation du pistolet Taser, était aussi payé par Taser International.

Le lieutenant Michel Massé Le lieutenant Michel Massé

Selon Taser France, l'agent Massé aurait aussi travaillé pour faire la promotion du pistolet électrique en Europe.

Selon Jean-Guy Gagnon, de la direction des opérations de la police de Montréal, le SPVM avait ouvert une enquête dès avril 2006 sur les activités parallèles du lieutenant Massé, qui était actionnaire de la compagnie Taser à l'époque.

Le policier aurait été averti neuf mois plus tard qu'il était en conflit d'intérêts, selon le SPVM. L'agent Massé aurait repris ses relations d'affaires avec Taser après janvier 2007, ce qui aurait entraîné l'ouverture d'une seconde enquête aux affaires internes du SPVM. Michel Massé est en congé du service de police depuis le mois de septembre dernier.

Pistolet Taser Pistolet Taser

La police de Montréal soutient que le policier a cessé depuis plus d'un an ses activités avec Taser International. Pourtant, Enquête a appris que Michel Massé était à Chypre en juin dernier pour faire la promotion du pistolet Taser.

« Si on apprend que quelqu'un est au service d'un vendeur d'armes et qu'il fait partie en même temps d'un service de police, il me semble que le conflit d'intérêts serait diamétral et absolument inacceptable », évalue le criminologue Jean-Paul Brodeur, de l'Université de Montréal.

« Ce n'est pas acceptable. [...] Ça va au-delà de la formation, c'est de la représentation pour la compagnie. », a déclaré pour sa part le commandant René Allard qui promet une enquête interne sur la question.

La firme Taser proche des services policiers

Tom Smith Tom Smith, président de Taser International

Taser International est une entreprise très bien branchée dans les corps policiers. Son président, Tom Smith, a récemment comparu devant un comité des Communes et les députés avaient des questions difficiles à lui poser à ce sujet.

« Combien avez-vous payé de policiers canadiens et dans quel but? » lui avait alors demandé le député libéral Ujjal Dosanjh. « Deux policiers ont été payés, lui a répondu le président, dont un policier de Victoria et un autre qui a fait de la formation pour Taser en Europe. »