Centre-ville de Montréal
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PC/Ryan Remiorz
Plusieurs études commandées par l'Office québécois de la langue française (OQLF) au sujet de la situation linguistique dans la province tardent à être dévoilées.
L'Office québécois de la langue française tarde à dévoiler des études sur la situation linguistique au Québec qu'elle a pourtant entre les mains depuis un bon moment.
Selon Le Devoir et La Presse, une conférence de presse qui devait avoir lieu vendredi dernier afin de révéler le contenu de certaines d'entre elles a été annulée à la dernière minute.
Cette décision est survenue au moment où la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, était pressée de questions sur la langue de travail au centre-ville de Montréal.
L'annulation de la conférence de presse a été confirmée aux quotidiens montréalais par l'auteur d'une de ces études, le démographe Marc Termote. La ministre St-Pierre affirme n'avoir rien à voir avec l'annulation de la conférence de presse; c'est l'OQLF, dit-on, qui a pris cette décision.
« C'est l'office qui choisit de rendre publiques ses études. L'Office est un organisme indépendant. Je n'ai pas à dire à l'Office quoi dire, quoi faire, quoi écrire », a-t-elle fait valoir.
Parmi les études de l'OQLF qui n'ont toujours pas été dévoilées figure celle de M. Termote, remise dans sa version finale à l'OQLF en août 2006. En s'appuyant sur les données du recensement de 2001, elle conclut que les Montréalais qui parlent français à la maison seront minoritaires en 2021. Ils ne seraient plus que 48 %, comparativement à 54 % actuellement, selon les données du recensement de 2006.
Report de quelques semaines
La présidente-directrice générale de l'OQLF, France Boucher, soutient que l'organisme a tout simplement choisi de publier toutes ses études d'un seul coup, lorsqu'elle dévoilera son bilan sur le suivi de l'évolution linguistique au Québec pour la période 2002-2007. Ce bilan, dit-elle, est en voie de rédaction et sera publié dans quelques semaines.
France Boucher, présidente-directrice générale de l'OQLF.
« On a fait le pari de rédiger un bilan dont l'étude de M. Termote sera une facette », a expliqué Mme Boucher, jeudi, au Réseau de l'information.
« Statistique Canada a publié en décembre 2007 des données sur la démographie, et il était extrêmement intéressant pour nous de voir si, par exemple, les prévisions de M. Termote coïncidaient plus ou moins avec [ces] données », explique Mme Boucher.
« Ces études-là, et la sienne, comme les autres - et on en attend encore quelques autres au moment où on se parle - vont servir à alimenter, à enrichir le bilan qui se veut très complet et qui va toucher, oui, la démographie, mais plusieurs autres aspects de la vie linguistique des Québécois », dit la PDG de l'OQLF.
« Au sujet de la conférence de presse, personne, à ce que je sache, n'avait reçu d'avis de convocation. On a considéré cette option-là comme un projet », ajoute Mme Boucher. « On aurait perdu le sens de l'opération qu'on est à mener, qui est de rédiger un bilan, et non de publier une étude d'un auteur plus que celle d'un autre ».
Dumont attaque Charest
Mario Dumont
Le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, a accusé le gouvernement libéral de Jean Charest de cacher la véritable situation linguistique à Montréal. Il soutient que les parlementaires ont été bernés lors du débat sur la capacité d'accueil des immigrants qui s'est tenu cet automne.
« Je ne comprends pas que le premier ministre du Québec ait pu laisser se conduire un débat d'une telle importance à l'Assemblée nationale en cachant une étude comme ça - il était sûrement au courant - à l'ensemble des parlementaires », a-t-il déclaré.
M. Dumont, qui préconisait que le seuil d'accueil demeure à 45 000 immigrants reçus par année, a demandé au Parti québécois de revenir sur sa décision d'appuyer le gouvernement pour faire augmenter ce seuil à 55 000.
Le Parti québécois refuse de rouvrir le débat. Le parti souverainiste estime plutôt qu'il importe d'accroître les efforts du gouvernement en matière de francisation. Le parti s'inquiète toutefois lui aussi que l'étude commandée par l'OQLF ait été dissimulée. Il conclut que le gouvernement Charest vit mal avec le recul du français au Québec.
Un recul attribuable à différents facteurs
Selon M. Termote, le recul du français à Montréal s'explique par différents facteurs, dont la fécondité plus basse des francophones, particulièrement à Montréal, l'exode essentiellement francophone vers les banlieues et l'immigration.
Le poids de ce dernier facteur risque par ailleurs de s'accentuer, note-t-il, étant donné la récente décision du gouvernement du Québec d'accueillir 55 000 immigrants par année, soit 10 000 de plus qu'au cours des dernières années.
Selon Le Devoir, le démographe a effectué une première étude du genre en 1999, à partir des données du recensement de 1996. Il avait alors élaboré différentes perspectives d'avenir et, soutient M. Termote, c'est le scénario le plus pessimiste qui a été confirmé par le recensement de 2001. Les conclusions tirées à partir de la nouvelle étude ont elles-mêmes été confirmées par le recensement de 2006, dit-il.