James Gabriel
Le territoire mohawk de Kanesatake serait toujours sous le contrôle d'organisations criminelles et de trafiquants qui y maintiennent un régime de terreur, selon James Gabriel.
Dans un livre qu'il vient de publier, l'ancien grand chef de Kanesatake déclare que le territoire mohawk serait toujours contrôlé par le crime organisé et des bandes de trafiquants, en dépit de la présence de la SQ.
C'est ce que soutient l'ancien grand chef du conseil de bande de Kanesatake dans un livre intitulé Les dessous de Kanesatake qu'il lançait mardi à Montréal.
Interrogé par les journalistes en conférence de presse, James Gabriel a expliqué que depuis la crise d'Oka, en 1990, la culture de la marijuana et la contrebande de tabac sont devenues des activités florissantes à Kanesatake pour les groupes criminels.
Selon lui, la situation est telle qu'elle se compare à « la zone de no mans land entre l'Afghanistan et le Pakistan, où c'est très dur de mettre la main sur ceux qui sont responsables de la criminalité ».
Ces organisations criminelles auraient toujours le contrôle du territoire en raison d'une présence timide de la Sûreté du Québec, selon M. Gabriel. « La Sûreté sont là, ils font leur patrouille, et ça finit là », dit M. Gabriel.
L'actuel grand chef de Kanesatake, Steven Bonspille, accuse celui qu'il a défait aux dernières élections de ne pas apporter de preuves sur la criminalité dans la communauté.
La crise que traverse cette petite communauté autochtone de 1200 habitants coûte très cher.
La maison de James Gabriel en flammes lors des événements de 2004.
Les chiffres obtenus par Radio-Canada indiquent qu'uniquement pour les services de la SQ, il en a coûté à ce jour plus de 28 millions de dollars. Et le compteur continuera de tourner tant et aussi longtemps qu'un corps policier autochtone ne viendra prendre la place de la SQ.
Le ministre de la Sécuritépublique Stockwell Day a demandé à une firme juricomptable d'examiner les dépenses qui ont été effectuées par plusieurs ministères fédéraux pendant cette période trouble de 2004-2005 à Kanesatake depuis la crise de 2004. On sait déjà qu'aucune discussion sur la formation d'un corps policier autochtone n'aura lieu d'ici à ce que le rapport soit remis au ministre.
James Gabriel, aujourd'hui exilé en Ontario, a fui la réserve en 2004, après une intervention policière manquée qui avait conduit au siège du poste de police de Kanesatake et à l'incendie de sa résidence.