Quand Montréal se fait entendre

Jérémy Meloche-Fréchette Jérémy Meloche-Fréchette, 11 ans, a demandé aux Québécois d'aider davantage les immigrants à se trouver un emploi.

Après avoir visité tout le Québec, la commission Bouchard-Taylor sur les pratiques d'accommodement poursuit ses travaux à Montréal, cette semaine.

Au deuxième forum des citoyens à Montréal, plusieurs néo-Québécois défendent les principes de la laïcité dans l'espace public et l'égalité homme-femme. Plus tôt, lors des audiences, la question des accommodements en milieu scolaire a fait surface.

Mardi soir, quelque 200 personnes, dont plusieurs Québécois issus de l'immigration, ont participé au 19e forum des citoyens de la commission, au Palais des congrès.

La plupart des participants se sont dits en accord avec les principes soulevés à maintes reprises depuis le début des forums, soit la laïcité de l'espace public et l'égalité entre les hommes et les femmes.

Les témoignages entendus ont aussi permis de ramener encore une fois la question des difficultés d'intégration économique des nouveaux arrivants. D'autres ont affirmé qu'il était important d'établir de meilleurs ponts entre les immigrants et les Québécois de souche, afin de mettre fin à l'isolement ressenti par plusieurs nouveaux arrivants.

Comme lors de forums précédents, plusieurs intervenants ont blâmé les médias pour les dérapages entourant toute la question des accommodements raisonnables. Plusieurs ont ainsi accusé les médias d'avoir monté en épingle plusieurs événements isolés.

L'exercice a été perturbé par une manifestation d'une cinquantaine de personnes du groupe Personne n'est illégal. Les manifestants ont d'abord manifesté loin de la salle où se tenait le forum. Toutefois, lorsque celui-ci a débuté, les manifestants se sont présentés près de la salle et se sont mis à chahuter pour tenter d'enterrer les participants du forum.

Une loi pour baliser les accommodements?

Diane de Courcy Diane de Courcy

Plus tôt, lors des audiences de la commission, la présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), Diane de Courcy, a demandé une loi pour clarifier la pratique des accommodements raisonnables en milieu scolaire.

La présidente de la CSDM a précisé que l'organisme avait mené des consultations auprès des parents d'élèves. Ces derniers, qui estiment que la confusion règne autour de la question, demandent un peu plus de clarté. Mme de Courcy se tourne donc vers Québec pour exiger une loi afin de baliser les accommodements raisonnables dans le milieu scolaire.

La CSDM réclame une loi qui contiendrait trois précisions:
  • Interdiction des lieux de culte à l'intérieur des écoles
  • Interdiction des signes religieux qui cachent le visage
  • Refuser les demandes de congés supplémentaires du personnel
  • « Nous voulons que les lieux de prière soient interdits dans les écoles [...] Nous sommes inquiets par rapport à des symboles [religieux] qui pourraient, par exemple, cacher le visage ou mettre en péril l'identification des personnes parce qu'en éducation, c'est la base, il faut savoir se reconnaître. » — La présidente de la CSDM, Diane de Courcy

    Les enfants ont multiplié les demandes de port de symboles religieux ostentatoires au cours des derniers mois, selon la présidente de Courcy.

    Les demandes d'accommodements à l'école
    • 4 écoles ont reçu 44 demandes pour des lieux de culte et 22 ont été exaucées
    • 145 écoles ont reçu 894 demandes d'accommodement, dont 659 (77 %) ont été acceptées
    • 0,3 % des demandes d'accommodements avaient des motifs religieux

    Ouverte à accorder des congés pour motifs religieux, Mme de Courcy soutient toutefois qu'il ne faut pas que la situation se traduise par des congés supplémentaires pour certaines catégories de son personnel.

    Des demandes rejetées
  • Exemption d'un cours de natation
  • Installation d'une doublure non inflammable dans un foulard islamique pour assister à un laboratoire de chimie
  • Offre de viande halal à la cafétéria
  • La CSDM a contourné le problème de la viande halal en offrant un menu végétarien qui satisfera une plus large population.

    Des lieux de culte dans les Universités

    Un étudiant de l'Université McGill a, de son côté, réclamé des lieux de prière au sein de l'institution. Il soutient que les étudiants de l'École de technologie supérieure (ETS) ont obtenu un horaire des locaux afin qu'ils puissent les utiliser pour prier. Selon lui, les étudiants de McGill devraient obtenir au moins le même traitement.

    L'Association des étudiants musulmans de l'Université McGill a déposé une plainte devant la Commission des droits de la personne et de la jeunesse.

    « Beaucoup d'étudiants viennent d'ailleurs et étudient à McGill. Je pense que le message qu'on leur donne est négatif. Ils voient que nous ne sommes pas aussi libres, nous ne sommes pas aussi ouverts qu'on le laisse entendre. » — Un membre de l'Association des étudiants musulmans de l'Université McGill, Jose Correa

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