L'ex-chef du bureau parlementaire de Radio-Canada à Québec, Bernard Drainville, a confirmé jeudi en conférence de presse qu'il était candidat à l'investiture du Parti québécois dans la circonscription de Marie-Victorin, sur la Rive-Sud de Montréal.
L'ex-chef de bureau parlementaire de Radio-Canada à Québec Bernard Drainville aura consacré la majeure partie de la conférence de presse, où il annonçait sa candidature, à répondre aux journalistes qui contestent son sens de l'éthique.
Pressé par les journalistes, Bernard Drainville s'est défendu avec vigueur d'avoir d'une quelconque façon agi à l'encontre de l'éthique journaliste dans les jours ayant précédé l'annonce de sa candidature dans Marie-Victorin.
Bernard Drainville a expliqué avoir été une première fois approché mercredi de la semaine dernière par Jacques Parizeau, par l'entremise de sa femme. Il aurait alors passé les jours suivants à réfléchir, avant de renoncer une première fois à faire le saut vendredi. Durant ces trois jours, souligne-t-il, il aura suspendu sa participation aux émissions de Radio-Canada.
M. Drainville insiste donc sur le fait qu'au moment d'enregistrer samedi l'entrevue avec le chef péquiste André Boislcair, il avait bel et bien renoncé à passer en politique et agissait donc uniquement en tant que journaliste.
C'est une seconde offre, faite le mardi suivant, pour la circonscription de Marie-Victorin, qu'il l'aurait convaincu. Il aurait alors prévenu la direction de Radio-Canada.
M. Drainville n'a pas particulièrement apprécié que les libéraux et les adéquistes laissent entendre qu'il aurait pu être complaisant dans son entrevue diffusée dimanche avec André Boisclair.
« J'ai fait 18 ans de journalisme et j'ai servi le public honnêtement. Jamais mon intégrité n'a été remise en question [...] Les ministres libéraux se bousculaient pour se faire interviewer. Si j'avais été le méchant péquiste qu'ils disent, ils ne l'auraient pas fait », a-t-il dit, avant d'inviter les citoyens à aller d'eux-mêmes écouter l'entrevue avec le leader péquiste sur le site Internet de Radio-Canada pour se faire leur propre idée.
La circonscription est actuellement représentée par la députée péquiste Cécile Vermette, qui a annoncé son départ de la vie politique au terme de son présent mandat.
Au service de Radio-Canada pendant 18 ans, Bernard Drainville a notamment été journaliste à Windsor, correspondant à Ottawa et au Mexique ainsi qu'animateur de l'émission La part des choses, au RDI.
Du journalisme à l'indépendantisme
« J'ai 43 ans, j'ai trois enfants et je me lance en politique », a lancé d'entrée de jeu Bernard Drainville, qui a dit vouloir « modestement contribuer à changer le monde un petit peu ».
L'apprenti politicien a enchaîné en faisant l'éloge des réalisations passées du Parti québécois, de la Loi 101 au zonage agricole, en passant par la Paix des Braves et les congés parentaux, avant d'affirmer avoir le goût de faire de la politique avant André Boisclair ».
M. Drainville a aussi a aussi pour la première fois affirmé ouvertement son adhésion au projet indépendantiste. « Je veux léguer à mes enfants un Québec fort, fier, francophone et tolérant », a-t-il soutenu, ajoutant que seul le plein exercice de ses responsabilités par le Québec permettra d'assurer sa pérennité.
« Les Québécois n'ont plus besoin de passer par Ottawa pour dire qui ils sont face au monde », a-t-il conclu.
Une candidature critiquée
Lors du caucus du parti libéral, de nombreux députés se sont montrés perplexes concernant l'éthique de l'ex-chef du bureau de Radio-Canada.
Parmi eux, Claude Béchard, le ministre de l'Environnement, Philippe Couillard, le ministre de la Santé et Françoise Gauthier, la ministre du Tourisme ont déploré le manque d'éthique de l'ancien journaliste. Pour sa part, Nathalie Normandeau, la ministre des Affaires municipales attend des explications du nouveau candidat.
« Quand, par exemple, il nous appelait pour avoir de l'information, est-ce que c'était pour informer les auditeurs de Radio-Canada, ou pour informer son futur chef? Alors, la grande question est de savoir depuis quand M. Drainville savait qu'il était en réflexion », a soulevé Claude Béchard.
Pour le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont le choix de Bernard Drainville soulève des questions d'éthique. Il soutient que M. Drainville pouvait avoir accès à de l'information privilégiée dont le Parti québécois pourrait maintenant bénéficier.
« J'ai l'obligation de faire avec mon attaché de presse, qui était en contact quotidien avec cette personne-là, la recension de tout ce qui lui a été dit. Parce qu'on sait qu'à partir de maintenant, ces informations-là sont dans le bureau d'André Boisclair », a déclaré M. Dumont à TVA.