Pierre Bourque
Le candidat défait de Vision Montréal, Pierre Bourque, a officiellement demandé, mardi, un dépouillement judiciaire général des élections municipales de dimanche.
Il veut faire la lumière sur les ratés du dépouillement électronique des bulletins de vote.
D'entrée de jeu, M. Bourque a indiqué que son intention n'était pas de contester le résultat des élections.
« Je suis perdant et je l'ai reconnu, a-t-il dit. Mon intention est plutôt de faire la lumière sur les multiples défaillances et multiples anomalies » observées au cours du scrutin.
Même s'il reconnaît sa défaite, le candidat de Vision Montréal veut que la lumière soit faite sur les nombreux ratés du scrutin, géré par une firme privée.
Québec réagit
Dans un point de presse, Nathalie Normandeau, la ministre des Affaires municipales et des régions, a réagi à la demande de recomptage formulée par Pierre Bourque.
Elle a indiqué que si M. Bourque avait des motifs valables, il pourrait demander un dépouillement à un juge de la Cour. Cependant, la ministre précise que c'est le juge qui statuera sur la demande de M. Bourque.
M. Bourque s'interroge notamment sur le fait que les résultats finaux du scrutin, dévoilés mardi soir, accordent 45 000 votes exprimés de moins que les résultats provisoires, publiés mardi matin. Le taux de participation est ainsi passé de 39 % à 35 %, l'un des plus bas de l'histoire.
En outre, M. Bourque affirme que des représentants de Vision Montréal ont été exclus des bureaux de vote lors du dépouillement.
C'était la firme privée PG Élections qui gérait la tenue du vote électronique. Les nombreux avatars électroniques, notamment le blocage des données dans un serveur informatique, l'ont empêché de diffuser les résultats avant plusieurs heures. De mauvais branchements et des terminaux surchargés seraient aussi responsables des ratés.
Toutefois, M. Bourque estime que l'idée même de confier le scrutin à une firme privée devrait être revue. « Confier en sous-traitance le dépouillement d'une élection aussi importante a été une grave erreur », estime-t-il.
« Il faut réfléchir à la pertinence d'une privatisation accélérée de notre démocratie, mais aussi à la place des nouvelles technologies dans l'exercice du droit de vote », a-t-il ajouté.
Lundi, le directeur général des élections du Québec, Marcel Blanchet, a indiqué qu'il examinerait les ratés du scrutin pour éviter qu'ils se reproduisent.
Rappelons que 133 municipalités du Québec ont utilisé un système de vote électronique lors des élections municipales de dimanche.