Fondation de la faune du Québec
Les productions du grand fleuve Radio-Canada

Posez vos questions à des experts
Semaine du 20 au 26 avril 2008

Est-ce que ce sont toujours les mêmes hirondelles qui reviennent nicher chaque année dans leur même nichoir où ça peut être d'autres hirondelles où les descendants de celles-ci qui peuvent s'approprier le nichoir. Y a t'il possibilité que les hirondelles reconnaissent leurs territoires et nichoirs et se l'approprient de génération en génération. Merci pour votre réponse.  
Marcelle Thériault

Bonjour Marcelle,
Dans l’Atlas des oiseaux nicheurs du Québec méridional, on mentionne que 13 à 60% des adultes (surtout les mâles) retournent au même site de nidification à chaque année et que de ce nombre, 2/3 nichent dans la même cavité (ou même nichoir). Les femelles nichent généralement dans un rayon de 14 à 30km du même site. Tandis que les jeunes nichent où ils sont nés, mais peuvent nicher dans un rayon de 20 à 40km.

*Gauthier, J., Y. Aubry et al., 1995, Les oiseaux nicheurs du Québec – Atlas des oiseaux nicheurs du Québec méridional, AQGO, SQPO, SCF.
Serge Beaudette


Je voudrais savoir si il est possible de construire une cabane pour un oiseau- mouche, car mon père en a déjà vu une, mais je ne trouve pas de plan nulle part. Merci beaucoup.
Caroline

Bonjour Caroline,
Ce ne sont pas tous les oiseaux qui nichent dans des nichoirs (cabanes). Il y a les pics, les sittelles, le Merlebleu, les mésanges, le Moineau, l’Étourneau, certaines espèces de canards, d’hirondelles, de hiboux et de chouettes. Quant aux autres espèces, ils fabriquent un nid au sol, sur une branche d’arbre, etc. C’est le cas du Colibri à gorge rubis qui construit un nid de la grosseur d’un 2 dollars avec de la toile d’araignée (entre autres) pour permettre une certaine expansion lorsque les petits grossissent.
Serge Beaudette



Durant les deux derniers hivers, c'est-à-dire 2006 et 2007, j'ai eu quelques chardonnerets qui sont venus à tous les jours à mes mangeoires, mais cette année (2008) aucun chardonneret n'est resté malgré des silos toujours remplis. J'ai déjà lu quelque part que les hivers ou les chardonnerets sont absents, il y a des sizerins à la place et c'est effectivement ce qui s'est produit cet hiver à mes mangeoires. Je me demandais si c'est par instinct ou autre phénomène que les oiseaux peuvent sentir qu'une espèce sera absente.
Merci,
Céline Filion

Bonjour Céline,
Ce n’est pas par instinct ni par rapport à la présence ou à l’absence du Sizerin dans le sud du Québec que le Chardonneret décide de ses déplacements vers le sud… mais plutôt par rapport à un cycle d’abondance de nourriture qui semble faire alterner, aux deux ans, l’abondance de l’une ou l’autre de ces deux espèces depuis une vingtaine d’années environ dans le sud du Québec seulement. Donc, si la tendance se maintient, nous verrons beaucoup de Chardonnerets jaunes l’an prochain et il faudra attendre l’hiver 2009-2010 pour revoir les Sizerins flammés et blanchâtres!
Serge Beaudette


J'aimerais savoir quel livre sur les oiseaux je pourrais me procurer, qui serait le plus complet sur les oiseaux du Québec à savoir ce qu'ils mangent, leurs habitudes, comment les attirer, etc. Peu importe le prix.
Merci à l'avance,
Réjeanne

Il existe une très grande variété de très bons livres sur les oiseaux du Québec. On distingue une première catégorie, les guides d’identification, qui visent davantage à nous aider à reconnaître les oiseaux. Et il y a des livres à thématiques différentes… des livres pour nous aider à apprendre comment observer les oiseaux, des livres sur comment les attirer près de chez soi, des livres spécifiques sur les comportements et d’autres sur leurs mœurs… Donc, il est impossible de tout retrouver dans un même livre et le choix très vaste rend difficile l’arrêt sur quelques volumes, mais, à la fois, c’est un gros avantage que d’avoir le choix! Toute bonne librairie tient un éventail intéressant d’ouvrage que vous pourrez consulter pour faire un choix qui correspond à vos attentes! 
Serge Beaudette


J'ai vu un carouge à épaulettes et il portait une bague. Dois-je le rapporter, si oui à quel endroit?
Merci,
Chantal

Bonjour Chantal,
C’est une contribution très importante à la science que d’envoyer l’information concernant un oiseau bagué. D’autant plus que seulement 1% des oiseaux bagués qui ne sont pas des gibiers sont retrouvés. Vous trouverez tout ce que vous avez besoin pour envoyer l’information de la bague et de l’oiseau, par téléphone, courriel, par la poste, sur le site du Service Canadien de la Faune à cette adresse :
http://www.cws-scf.ec.gc.ca/nwrc-cnrf/default.asp?lang=fr&n=97885AF7
Serge Beaudette


J'ai un ami qui aimerait faire des nichoirs pour différentes espèces d'oiseaux, mais il ne sait pas quel outil utiliser pour faire les trous. Il prend une perceuse, mais ce n'est pas trop rond et doux.  Pourriez-vous me dire quel outil utiliser?  Il aimerait le nom en français et en anglais de l'outil à utiliser.
Merci à l'avance de m'avoir répondu,
Danièle Allaire

Bonjour Danièle,
On appelle cet outil une « scie-cloche ». On met la scie-cloche qui peut avoir des dimensions variables (pour faire toutes les grosseurs de trous) au bout de la perceuse.
Serge Beaudette


J'ai un bruant chanteur qui fréquente ma cour depuis l'année dernière. Il passe une bonne partie de sa journée dans ma cour. J'ai lu que son faible taux de reproduction était dû au vacher à tête brune. Je me demande comment je pourrais trouver son nid. Et encore mieux, comment pourrais-je l'accommoder pour qu'il niche dans ma cour (type d'arbuste, etc.)? Merci,
Mélanie 

Le Bruant chanteur est une espèce très commune ici et qui fait son nid dans un grand nombre d’endroits. Il peut nicher dans une haie de Thuyas, dans un petit conifère, un feuillu,… et à des hauteurs variables! Il s’accommode donc très bien d’une grande diversité d’endroits. Difficile de faire quelque chose de spécial qui ferait la différence. Par ailleurs, le problème du Vacher (qui n’est pas un problème en soi puisque le Vacher ne tente que de survivre en se reproduisant de la seule façon possible pour lui) sera plus fréquent en milieu agricole qu’en ville.
Serge Beaudette


Au sujet de la migration des hirondelles (bicolores) :
1-D'où viennent-elles et où vont-elles après avoir niché ?
2- En est-il de même pour la plupart de nos passereaux? (Existe-t-il un tableau de ce phénomène?)
Merci,
Jacques Gagnon

L’aire d’hivernage (l’endroit où l’oiseau passe l’hiver) ainsi que l’itinéraire de l’aller et du retour de chaque espèce d’oiseau migrateur sont très variables. Alors que certains hivernent dans le centre ou même le Nord des États-Unis, d’autres vont jusqu’en Amérique du Sud. La Sterne Arctique fait même le tour de la planète à chaque année, passant de l’Arctique à l’Antarctique (40 000 km par an). Pour ce qui est de l’hirondelle bicolore, elle hiverne principalement dans le sud du Texas, au Mexique et dans les Antilles. Il n’existe pas à ma connaissance un tableau, mais les cartes d’un guide d’identification donnent un bon aperçu pour chaque espèce. Aussi, une recherche sur internet avec les mots « Aire d’hivernage » et le nom de l’espèce vous donnera l’information que vous cherchez.
Serge Beaudette


Cet hiver un gros-bec errant mâle venait se nourrir à mes mangeoires et son bec était cassé (partie inférieure).  Vous vous doutez bien qu'il avait de la difficulté à saisir une graine de tournesol.  J'aimerais savoir si la nature favorise la repousse d'un bec chez l'oiseau.  On a vu la même situation chez un Pic chevelu l'été dernier.
Merci!
Martine Roussel

Bonjour Martine,
L’oiseau peut s’être cassé le bec ou il est possible qu'il s'agisse d'une malformation. On estime que 0,5 % des oiseaux ont des becs déformés. Ces déformations constituent un handicap important qui compromet la survie de ces oiseaux. Pour plus de détails à ce sujet, je vous réfère à l'article suivant (en anglais) : http://www.umd.umich.edu/dept/rouge_river/reprint.html

Pour répondre à votre question, la partie kératinisée du bec pousse jusqu'à la mort de l'oiseau. Cette régénération naturelle est nécessaire afin de remplacer les parties usées du bec. On peut comparer cette partie du bec à nos ongles. Toutefois, le bec possède également une partie osseuse qui, lorsque cassée, ne repousse pas. Cette partie du bec est semblable aux phalanges de nos doigts.
Sébastien Rioux