Fondation de la faune du Québec
Les productions du grand fleuve Radio-Canada

Posez vos questions à des experts
Semaine du 7 au 13 avril 2007

À l'émission du 7 avril 2007, quel est l'oiseau qui poursuit le Busard Saint-Martin lors de la visite à l'étang Burbank?
Joanne Roger

L'oiseau poursuivant le Busard St-Martin est le Carouge à épaulettes mâle, un oiseau commun dans les marais. On nomme le comportement de pourchasse des petits oiseaux envers les gros, le « houspillage ».

Serge Beaudette


J’aimerais savoir quand installer mes maisons pour les hirondelles, et quelle est la grandeur idéale pour le trou.
Robert Plante

Le trou devrait avoir exactement 1 1/2 pouce (3,8 cm) de diamètre. Un trou plus petit pourrait empêcher une hirondelle d'en sortir, même si elle a réussi à y entrer.

Quant à l'installation, la période idéale se situe vers la mi-avril. Elle varie un peu du nord au sud. Le nichoir peut être installé n'importe quand avant cette date, et après... mais plus on dépasse cette date, plus on limite nos chances de succès!

S'il est installé très tôt et qu'il y a une grande concurrence avec le Moineau domestique, il est préférable de boucher l'ouverture du nichoir jusqu'à la mi-avril ou jusqu'à ce que l'Hirondelle bicolore soit aperçue dans votre voisinage.

Serge Beaudette


J'entends parfois la rumeur mentionnant que les colibris arrivent ici en migration sur le dos d'oiseaux, telles les oies ou les bernaches. D'où vient cette rumeur? 
Jocelyn Veillette

Cette croyance date des années 1300 et bien qu'on admettait la migration de grands oiseaux (Cigognes, Aigles, Grues) même quelques centaines d'années avant J.-C. (Aristote, Ancien Testament,...), il a fallu attendre au 16e siècle pour admettre que des petits oiseaux pouvaient aussi faire de tels déplacements.

Cette croyance est encore très répandue.

Serge Beaudette


Depuis le 7 avril, un Merle d'Amérique vient se frapper dans la petite fenêtre de ma cuisine du lever du soleil à la tombée du jour. Il vient sciemment frapper la fenêtre de l'aile et du bec. Au début, nous pensions qu'il voyait son reflet et cherchait une compagne, mais cinq jours plus tard, je ne crois pas que se soit la réponse. Avez-vous déjà entendu parler d'un tel comportement?
Carole Archambault

Ce comportement est très fréquent, surtout de la part du Merle, mais aussi du Cardinal, du Bruant chanteur, de la Paruline jaune et de beaucoup d'autres espèces. Il commence à se produire lorsque débute la saison des amours. Le mâle se met à défendre son territoire contre tout mâle voulant le déloger. Généralement, le chant qu'émet le mâle suffit à faire fuir les prétendants. Mais il n'hésitera pas à utiliser la force si le chant n'est pas suffisant.

Dans le cas que vous décrivez, le mâle ne voit pas dans le reflet de votre fenêtre une femelle à conquérir, mais bien un mâle à faire fuir! Il faut donc lui faire croire qu'il a gagné en plaçant une pièce non réfléchissante sur l'endroit où l'oiseau voit son reflet (à l'extérieur).

Certains oiseaux sont très tenaces (c'est très important pour le mâle d'assurer la propriété unique sur son territoire, il en va de la survie de ces descendants) et iront jusqu'à se déplumer le crâne à force de coups. Si les moyens pour tenter de couper le reflet ne sont pas efficaces, le comportement cessera dans quelques semaines, après le gros de la saison de nidification passée. Le phénomène se produit dans les fenêtres des maisons ou les rétroviseurs des voitures.

Serge Beaudette


Je suis aux prises depuis 5 ans avec des Mainates qui font leurs nids dans ma  haie de cèdre. Beaucoup de mes voisins vivent la même situation. Nous sommes découragés, car nous en avons énormément. On a beau leur faire peur et défaire les nids,  mais ils reviennent toujours.  J'aimerais savoir s'il y a un moyen pour les éloigner et qu'ils ne reviennent plus.
Chantal  Fournier, Drummondville

Il faut d'abord comprendre que les oiseaux de chaque espèce ont des exigences spécifiques par rapport à leur habitat. Tous cherchent la même chose : un endroit pour s'abriter, de la nourriture et un endroit pour faire leur nid. Sitôt que ces trois conditions sont réunies, nous retrouverons l'espèce.

L'invention des haies de thuyas est très favorable à plusieurs espèces, dont le Quiscale bronzé ("mainate") qui y trouve un abri idéal pour se cacher et un paradis pour y construire son nid, à l'abri des prédateurs dans une végétation dense. Donc, sans enlever à l'oiseau une des conditions essentielles parmi les 3 mentionnées ci-haut, il est peu réaliste d'espérer voir l'oiseau quitter l'endroit de lui-même.

Ce qui vous dérange probablement le plus n'est pas tant la présence de cet oiseau qu'une conséquence désagréable de sa présence. Peut-être vide-t-il vos mangeoires? Dans ce cas, vous pourriez lire le conseil à cet effet dans la rubrique du même nom. Peut-être est-ce un autre problème?

Il sera assurément plus simple et plus naturel de chercher une solution au problème que vous fait vivre la présence du Quiscale chez vous que de chercher à le chasser de votre environnement. L’expérience me montre qu'il est possible d'apprendre à gérer certains dérangements tout en cultivant la fleur de la tolérance!

Serge Beaudette


Je demeure à St-Pierre-les-Becquets. Le 25 mars dernier, j'ai observé une mésange bicolore dans ma mangeoire de tournesol. Quand on consulte  les livres d'ornithologie, cet oiseau ne se retrouve pas dans ma région, mais beaucoup plus au sud. Est-ce une exception ou verrons-nous davantage cet oiseau?
Diane Trempe

La Mésange bicolore est un de ces oiseaux qui colonisent le Québec de plus en plus, années après année, du sud, vers le nord.

Le Cardinal rouge l'a fait avant elle. Alors qu'il était assez rare, il y a une quinzaine d'années, il est maintenant très abondant et on le retrouve de plus en plus au nord. Avant ce dernier, il y a eu l'Urubu à tête rouge et un exemple plus évident et marquant est celui de la Tourterelle triste qui était très rare il y a une trentaine d'années au Québec, ce qui n'est absolument plus le cas.

Ces oiseaux, présents en grande densité dans les régions au sud du Québec, mettent au monde des oisillons en été, dans la saison d'abondance des insectes. La population s'accroît beaucoup avec ces rejetons. En automne, lorsqu'ils deviennent autonomes et que la nourriture se fait plus rare, les oiseaux sont appelés à se distancer les uns des autres pour survivre.

Comme ils ne peuvent pas aller vers le sud parce que leurs semblables y sont déjà très abondants, ils sont contraints de coloniser le nord. Cette colonisation se fait d'abord en hiver et demeure confinée près de la frontière. Quand la nourriture redevient abondante, ils retournent vers leur lieu de naissance, au sud.

Chaque année, la population augmente et la colonisation se fait de plus en plus au nord et les oiseaux redescendent de moins en moins loin vers le sud. C'est à ce moment qu'on commence à les voir toute l'année.

Les guides d'identifications d'oiseaux ne sont pas tous à jour avec ces nouveaux comportements. Ça peut dépendre de l'année d'édition de votre guide et/ou des sources consultées par l'auteur du guide pour établir les cartes.

Dans les prochaines années, nous remarquerons sans doute un accroissement des observations du Pic à ventre roux, qui devrait suivre cette même tendance. À suivre...

Serge Beaudette


Pourriez-vous m’aider à identifier un oiseau que j'ai vu à ma mangeoire, que je ne peux retrouver ni dans mes livres, ni sur Internet. De grosseur et de couleur, il ressemble étrangement à un pluvier siffleur, le corps gris avec taches blanchâtres, le pourtour de son bec est de rouge écarlate, jusqu'aux yeux avec deux petites taches noires aux joues et deux plus grandes taches noir derrière la tête. Ses ailes sont noires avec une grande tache jaune clair. Il semble aimer les graines de tournesol.
Michel Ouellet, Dudswell

La description de votre oiseau mystère est très complète, bravo! Tout porte à croire qu'il s'agit d'un Chardonneret élégant. Il ne serait donc pas étonnant que vous n'ayez pu le trouver facilement puisque c'est une espèce d'Eurasie qui peut toutefois être observée sporadiquement ici. Les observations au Québec sont habituellement des individus échappés ou relâchés de captivité.

Cet hiver, un individu a passé presque tout l'hiver au Jardin botanique de Montréal et beaucoup de gens se sont déplacés pour aller l'observer.

C'est donc une très agréable mention. Vous pouvez vous compter chanceux!

Serge Beaudette


J'aimerais savoir dans quels pays trouve-t-on des Martin-pêcheurs? Y-en a-t-il en Guinée ou ailleurs en Afrique? Et au Québec? Qu'est-ce qui les caractérise?
Catherine DeChamplain

Plus de 34 espèces de Martin-pêcheurs se partagent presque tous les coins de la planète, exception faite des endroits couverts de glace, ce qui n'est pas étranger à son régime alimentaire, auquel son nom est associé.

Au Québec et au Canada, une seule espèce, le Martin-pêcheur d'Amérique peut être observée. Il est répandu partout en Amérique du Nord et seulement deux autres espèces sont confinées à l'extrême sud.

Serge Beaudette


Je vis à Lac-Mégantic. Aurais-je pu voir dans mon abri d'auto le 5 avril 2007 une Bécassine de Wilson?
Serge Latulippe

Bravo pour votre identification M. Latulippe! La Bécasse de Wilson est un oiseau qui hiverne très rarement au Québec (quelques mentions annuelles seulement) et il y a fort à parier qu'elle venait tout juste d'arriver puisqu'elle entre au Québec, après sa migration, entre la dernière semaine de mars et la première d'avril à chaque année. 

Son très long bec nous informe qu'elle mange les petits êtres vivants enfouis dans la vase. Elle devait donc chercher un endroit dépourvu de neige! 

Serge Beaudette


Nous avons eu la visite d'un grand héron l'été dernier, qui est parti début septembre, Y a-t-il des chances qu'il revienne? Il n'était pas très sauvage, car il passait l'heure du souper avec nous, près de la table.
Réjeanne Coutu

Le Grand Héron qui vous a fréquenté est visiblement un jeune de l'été. On le reconnaît à ses plumes qui sont très courtes sur tout le corps par rapport à celles d'un adulte!

Des scènes comme celles-là sont fréquentes avec ces jeunes qui viennent de sortir du nid et qui n'ont encore pas eu d'expériences négatives avec les humains. Scène fréquente, mais pas banale pour autant!

Si ce Grand Héron a vu un potentiel pour la pêche à cet endroit, il y a de fortes chances qu'un autre en fasse autant, mais peut-être pas exactement au même endroit du plan d'eau. Sans doute ne sera-t-il pas aussi peu farouche et les chances sont minces que ce soit le même individu que l'an dernier.

Serge Beaudette


Où se cachent les oiseaux pour dormir? J'aimerais particulièrement le savoir pour le Cardinal rouge. Est-il vrai qu'ils dorment perchés sur une branche?
Pierre Bossinotte

Question fascinante M. Bossinotte! Les oiseaux peuvent dormir en une multitude d'endroits. Les canards, les goélands et autres oiseaux aquatiques peuvent dormir sur l'eau ou sur le sol (généralement sur une patte). Les oiseaux qui vivent près du sol utilisent les buissons et se perchent. La plupart dorment dans les arbres, près du tronc. Certains utilisent les cavités naturelles ou celles creusées par les pics et non utilisées pour s'y cacher. J'ai vu une Mésange à tête noire dormir dans un trou d'alimentation creusé par un pic ne formant pas de cavité proprement dite. André Cyr, chroniqueur de l'émission, a déjà vu un Cardinal à poitrine rose s'installer à quelque 30 cm d'un Oriole de Baltimore pour passer la nuit.

Les oiseaux dorment presque tous la tête vers l'arrière, le bec dans le plumage du dos et un tendon spécial dans les pattes des oiseaux percheurs les empêche de tomber.

Il semble que les critères principaux soient d'être à l'abri des prédateurs et des intempéries, donc bien cachés dans une végétation plus dense que possible. Les haies de cèdres (Thuya) semblent de bons endroits!

Bonnes observations,

Serge Beaudette


Il y a quelque chose qui m'inquiète dans le fait de nourrir les oiseaux. Se peut-il qu’en nourrissant les oiseaux nous créions une dépendance qui les rend vulnérables quand ils se retrouvent seuls sans l'apport de nos mangeoires? Je parle surtout des bébés parce qu'eux viennent au monde nourris un peu artificiellement. S'ils n'ont jamais appris à se débrouiller seuls, que font-ils quand nous ne sommes plus là pour les nourrir? J'adore les oiseaux, mais je me sens toujours un petit peu coupable lorsque je les nourris.
Sylvie Bouchard. Rivière-du-Loup

Il me fait vraiment plaisir de vous rassurer sur cette question!

Les graines offertes de façon artificielle aux oiseaux de mangeoires ne constituent qu'une proportion minime de leur alimentation et c'est encore beaucoup plus vrai pour les jeunes qui sont nourris pendant un certain temps (même pour les espèces granivores) presque exclusivement avec des insectes!

Aussi, comme l'oiseau reconnaît en naissant ses prédateurs sans même les avoir déjà vu, sa façon de s'alimenter ainsi que ce dont il doit se nourrir lui est dictée par ce formidable guide qu'est l'instinct! Bien sûr, il modifiera son comportement en allant aux mangeoires pour se "simplifier la vie" mais jamais il n'en oubliera ses racines naturelles!

Serge Beaudette


Où peut-on se procurer une affiche qui représente bien les oiseaux du Québec en images avec leurs noms et leur mode de vie?
Roger Lallier

Vous trouverez sans doute ces items dans des boutiques spécialisées comme Le naturaliste, à Québec, ou le Centre de conservation de la faune ailée (CCFA) à Montréal, mais sans doute dans d'autres endroits à vocation semblable.

Serge Beaudette


Pour la première fois, j'ai installé cet hiver des mangeoires sur mon balcon. Comme j'habite à Montréal, j'ai été à la fois surprise et heureuse de voir mes mangeoires fréquentées par plusieurs espèces d'oiseaux. Toutefois, je ne désire pas continuer à nourrir les oiseaux durant l'été, question de récupérer ce petit coin de "plein air" pour moi-même et mes chats.  Je me demandais donc à quel moment est-ce sûr de retirer les mangeoires sans mettre les oiseaux en danger. Est-ce trop tôt encore?
Vicky B., Montréal

Très heureux de lire votre récit qui témoigne bien que nourrir les oiseaux peut se faire partout, même dans une grande ville!

Tout porte à croire que les oiseaux n'ont pas « besoin » des humains pour leur nourriture, même en hiver. Bien sûr, leur vie est facilitée mais nous ne sommes pas essentiels. Les graines qu'on leur offre représentent un faible pourcentage de leur régime alimentaire. Le reste, ils le trouvent dans la nature.

Bien entendu, si des oiseaux ont pris l'habitude de se nourrir toujours au même endroit (dans une mangeoire), il n'est pas conseillé de cesser de les nourrir un jour de tempête (par temps froid, neige et/ou verglas). Sinon, aucun problème!

Serge Beaudette


J’ai installé une cabane pour les hirondelles au bout d`un mat, mais il est situé dans une haie de cèdres et il n’y a pas d`hirondelles qui y ont élu domicile. Est-ce vrai que l`odeur du cèdre les fait fuir?
Jean-Sébastien Samson

Certains nichoirs sont construits à même de la planche de cèdre (ou Thuya), un bois qui a la propriété de bien résister aux intempéries même s'il n'est pas traité.

L'orientation du trou du nichoir (sud ou sud-est) est un facteur fortement considéré par les hirondelles (et les autres oiseaux qui nichent dans les nichoirs). De même, la proximité d'un plan d'eau et un espace à découvert devant le trou du nichoir, sont des caractéristiques recherchées par l'Hirondelle bicolore. Leur absence peut expliquer l’insuccès de votre tentative.

Ne désespérez pas!

Serge Beaudette


Je commence à observer les oiseaux. Que recommandez-vous pour l'achat d’une paire de jumelles.
Guy Forget

L'achat d'une paire de jumelles est une étape importante dans la vie d'un observateur d'oiseaux.

Une jumelle est un outil très personnel qui dépend d'un lot de critères allant du budget à votre physionomie et il peut être très difficile de vous orienter vers une jumelle précise. Cependant, pour vous aider, je tenterai de vous donner des pistes pour choisir celles-ci.

Vous devrez choisir vous même vos jumelles après les avoir essayées. Les essayer veut dire, d'une part, faire une pré-sélection à l'intérieur du magasin, et finir l'essai avec les quelques modèles retenus, à l'extérieur. L'essai à l'intérieur vous aidera à voir la "luminosité" des jumelles : est-ce que vous voyez bien les détails et les teintes en faible lumière... alors que les tests à l'extérieur vous permettront de mieux voir le respect des couleurs, si elles ne sont pas altérées.

Le choix de l'endroit où vous vous ferez conseiller est important. Il est préférable d'aller voir des spécialistes que d'aller dans des grandes surfaces où on ne pourra peut-être pas vous conseiller judicieusement.

Vous aurez à choisir un grossissement (le premier chiffre sur une jumelle, suivi d'un "x"). Les 2 grossissements les plus répandus sont 8x et 10x. Ils signifient que les oiseaux paraîtront 8 ou 10 fois plus gros dans la jumelle qu'à l'oeil nu. Le choix (8x ou 10x) est un choix personnel (poids, format, prix, etc.) et les deux conviennent à l'observation des oiseaux.

Le deuxième chiffre (calculé en "mm") vous donne la dimension de la vitre par laquelle la lumière entre... Plus elle est grande, plus les jumelles auront une bonne luminosité! Nous ne pouvons toutefois pas comparer cette dimension lorsqu'elle concerne une jumelle traditionnelle d'un côté et une jumelle compacte de l'autre puisque ce ne sont pas les mêmes verres et les mêmes technologies qui sont utilisés pour l'une ou l'autre.

Le prix demeure souvent un indicatif assez fiable pour débuter la recherche. Le prix d'une jumelle "moyen de gamme" avec laquelle vous pouvez passer votre vie d'observateur, se situe dans un intervalle de 100$ à 300$ environ... bien qu'elle peut s'étendre bien au-delà!

Donc, la qualité optique (luminosité, couleurs), le confort (poids, prise en main), les qualités techniques (facilité d'exécuter la mise au point) ainsi que d'autres particularités telles l'étanchéité, la dimension du champ de vision, le revêtement des verres, sont autant de critères qui font qu'il est difficile de proposer des choix concrets hors de la connaissance de vos besoins... Mais c'est aussi ce qui rend si important le sérieux que vous mettrez à faire les démarches pour faire un choix dont vous serez fier chaque fois que vous observerez un oiseau!

Bonne chance dans vos démarches,

Serge Beaudette


Le 5 avril dernier, j'ai vu dans ma cour ce qui m'a semblé être un faucon occupé à manger une proie (moineau). Les photos ne sont pas très bonnes, car j'avais peu de l'effrayer . Avec le peu de connaissance que j'ai dans le domaine, ce pourrait-il que ce soit un Faucon émerillon?
Louise Deblois

Dans cette scène de chasse, nous avons ici plutôt à faire avec un oiseau du genre "Accipiter", plus précisément, un épervier... l'Épervier brun ou l'Épervier de Cooper.

Un des critères les plus sûrs pour l'identification de l'un ou de l'autre (ils sont TRÈS semblables), n'est pas visible sur les 3 images... Il s'agit de la forme du bout de la queue de l'oiseau, à savoir carrée ou arrondie. On voit ce critère quand l'oiseau est en vol, lorsqu'il est de dos et davantage lorsqu'il est de face.

Une autre différence est la grosseur. Pour le même sexe, l'Épervier de Cooper est plus gros que l'Épervier brun. Mais comme il existe une bonne différence de grosseur entre le mâle et la femelle de la même espèce chez la plupart des oiseaux de proie (la femelle est plus grosse), les tailles peuvent se recouper comme suit :

- un mâle Épervier brun (le plus petit de la plus petite espèce) mesure environ 25 cm, soit une taille qui ne dépasse pas celle du Geai bleu.
- une femelle Épervier de Cooper (la plus grosse de la plus grosse espèce), environ 50 cm (le double), une taille rappelant celle de la Corneille d'Amérique.
- Lorsqu'il s'agit d'une femelle Épervier brun ou d'un mâle Épervier de Cooper, les tailles sont très semblables, se situant dans les 35 cm environ.

Ce sont donc deux espèces difficiles à différencier et il faut un oeil très averti et de bonnes conditions d'observations!

Les distinguer du Faucon émerillon est beaucoup plus facile puisque celui-ci aurait eu (entre autres) la poitrine pâle parsemée de fines rayures foncées et verticales, au lieu d'une poitrine rousse avec des rayures blanches et horizontales. La tête, avec son motif caractéristique est aussi un critère à observer!

Merci d'avoir partagé cette observation avec nous.

Serge Beaudette