
À sa parution en 1962, le roman d'Anthony Burgess passe relativement inaperçu. L'oeuvre profite toutefois d'une seconde vie lors de la sortie de l'adaptation cinématographique signée Stanley Kubrick en 1971.
On y découvre Alex DeLarge et sa bande, de jeunes délinquants qui s'expriment dans un argot complexe. Alex est passionné par la musique de Beethoven, obsédé par le sexe et adepte de la violence.
En raison de la violence et du langage cru propres à Alex et sa bande, les droogies, la sortie du film suscite une vive controverse. Kubrick s'est pourtant basé sur la version américaine du roman, dont le dernier chapitre a été censuré.
(5 commentaires)
oui, hélas, le Québec est très avancé sur "l'Orange mécanisation" et semble suivre la version censurée...En fait, même l'incapacité à se défendre est là: par exemple, en matière de légitime défense, le citoyen honnête est soumis à un standard d'évaluation de la proportionalité et de la nécessité qui franchement requérerait un entrainement des forces spéciales pour être respectée. Tenter de respecter ce standard entraine des inhibitions qui donne l'avantage à l'agresseur, lui, non inhibé. Similairement, il y a de ces sujets où à toute fin pratique la liberté d'expression, surtout la liberté d'exprimer son exaspétation, autrement dit de se défendre par la parole, n'existe à peu près plus. Je m'explique: la liberté d'exprimer ses préoccupations est censée être un droit constitutionnel, et en tant que tel, bénéficier à tous, que l'orateur détienne un primaire ou un doctorat en lettres. Pourtant, pour parvenir à s'exprimer sur certain sujets sans déclancher une "guerre", il faut le faire dans une langue très soignée, calculée, pesée, indirecte, abstraite que peu de gens maîtrise et même comprenne. Donc, à moins de détenir un niveau de maîtrise de la langue très élevé, on ne peut pas se défendre par la parole publique sur certain sujets, et si on a ce niveau de langue, alors très peu de gens comprennent ce qu'on dit. À cela s'ajoute la censure: les orateurs sont filtrés, même dans les soi-disant lignes "ouvertes". Ajoutons le commentaire très vrai d'une autre auditrice en date du 22 mars, très vrai. Dans tous les cas, tout est mis en oeuvre pour qu'on ait beacoup de difficulté à progresser sans passer par les élites et leurs agents: 1) ne vous défendez pas, appellez la police (qui peut arriver en retard et de toute façon les sentences sont légère pour les vrais délinquants) 2) si vous avez un souci sur une question, envoyer une lettre à votre député, à la commission des droits de la personne, au ministère de l'éducation, etc. N'allez pas prendre la parole publiquement car c'est un sujet tabou. 3) confier vos enfants aux, disons, laboratoires nationaux (CPE et écoles) où on leur apprendra soi-disant que nous vivons dans un monde pluriel, divers mais dont on a curieusement éliminer certaines variétés, limitant ainsi la diversité à la gamme des opinions et comportement non-menaçants. La société Orange mécanique se manifeste aussi dans d'autres domaines. Par exemple, le Québec est à la fois plus "généreux" que les USA pour la couverture publique des médicaments d'ordonnance et beaucoup plus sévère que les USA sur la mise en marché des suppléments alimentaires et médicaments naturels. Pareillement, la psychothérapie n'est pas couvertes mais les psychiatres et leurs pillules le sont. Si vous ne voulez pas remettre votre sort entre les mains d'un membre de "l'Ordre" (à prendre dans plusieurs sens) des médecins, vous allez devoir payer de votre propre poche. Similairement, nous avons des impôts très élevés mais très peu de philanthropie privée. etc, etc, etc.
rodolphe bourgeoys
montreal
J'ai bien aimé cette entrevue.
Et je suis très en accord avec votre invité sauf que.... Pour moi c'est l'exemple type d'une société où le gouvernement veut tout décider pour empêcher le citoyen de penser par lui-même. Ce qui me rappelle fortement la société québécoise, la violence en moins. Le citoyen a abdiqué son libre arbitre pour celui de l'État. Les parents ont abdiqué leur rôle de parents, l'école doit s'occuper de tout. La meilleure preuve : on dit depuis la révolution tranquille le ministère de l'Éducation et non plus de l'instruction.
Si je dis cela c'est que lors d'une réunion de parents il y a maintenant plusieurs années, mes enfants étant maintenant des adultes, j'avais simplement dit : « Je ne demande pas aux enseignants de donner à mes enfants des valeurs morales, je m'en occupe moi-même à la maison. Je leur demande de les instruire i.e. que le professeur d'histoire leur donne des notions d'histoire, que le professeur de français leur apprenne à lire et écrire et apprécier la littérature, que le professeur de mathématiques leur apprennent à compter etc... » Si vous aviez vu le tollé de réaction, je me sentais comme dans un pays étranger.
Pour moi ce film, que j'avais vu lors de sa sortie à 17 ans, est simplement une ode à l'abdication des valeurs personnelles de l'individu face à l'État.
C'est mon opinion.
Pierre Provencher
Québec
Ce film j'ai bien aimé. Ma mère quand elle a été le voir au cinéma; pour elle, c'était que du carnage et rien de plus. Rien de plus ma dérangé dans ce film. Un film comparable est « Un meurtre dans le sang ».
Jean-Sébastien Foritin
Deux-Montagnes
Vous avez bien raison M. Dostie. Mais malheureusement, ce film semble encore seulement accessible a des étudiants du cégep. J'ai vu ce film il y a environ 7 ans et moi aussi j'en reste marqué.
Kubrick a fait d'excellents films, c'est une grande perte pour le 7e art. Heureusement que son oeuvre continue d'être vue par d'autres.
Maude Morin
Laval
Vous avez vu juste, le livre et le film Orange Mécanique ne font pas l'éloge de ‘'l'ultra-violence``. Le thème principal est comme les journalistes l'on souligné la liberté de choix, le libre arbitre. Le libre arbitre est la volonté et la capacité des hommes de faire des choix librement, à agir et s'affirmer. Dans le cas d'Orange Mécanique le libre arbitre se manifeste suite aux expériences de conditionnement prodiguées sur Alex DeLarge. Suite à ces expériences, Alex se retrouvera confronter à une nouvelle réalité, il ne peut plus choisir ses actions et il ne peut plus réagir comme un homme libre puisqu'il est paralysé devant la violence du monde qui l'entoure. Ce livre et ce film soulèvent ainsi pleins de raisonnements et de piste de réflexion sur l'homme et sa place dans la société, du sort réservé aux prisonniers, de la délinquance et finalement du rôle de la science.
J'ai vu et j'ai lu Orange Mécanique à l'âge de 15 ans et je dois dire que je suis toujours aussi marqué par cette oeuvre énigmatique 10 ans plus tard. Le fait que le livre soit écrit à la première personne et que qu'Alex ai le même âge que moi m'ont certainement permis de m'identifier à lui. Je crois que ce livre devrait être enseigné dans nos écoles pour faire réfléchir les adolescents sur leur place dans la société, sur les conséquences et la force de leurs actes.
Olivier Dostie
Thetford Mines
