
Après avoir lu les livres de Michel Tremblay, la romancière d'origine italienne Françoise de Luca s'est installée à Montréal en 2000.
En véritable amoureuse de la langue française, elle nous livre sa prière intitulée Les mots qui parlent aux autres.
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Ce matin les mots de votre prière me sont parvenues grâce à une amie qui les a découverts... Suite à cette prière de mon matin, voici la réflexion qu'ils m'ont inspirée:
Comme ces mots me parlent, j'aurais voulu les écrire... mais me vaut mieux envore les vivre, ne cesser de les retrouver...
Ces mots m'apaisent et m'ouvrent, ces mots me disent et m'enchantent!...
Ces mots m'interpellent. Ces mots me lèvent ce matin autrement, ils ouvrent cette journée de brouillard en y perçant une trouée lumineuse. Ils tracent un chemin de vie sans cesse en réparation car les saisons y creusent sans cesse des trous et des bosses.
Ces mots me font refaire le plein d'une sorte d'essence «super» qui empêche de tomber en panne car la route est longue...
Ces mots me re-lient et me ré-engagent envers les Autres de ma vie et ceux d'Ailleurs...
Ces mots, comme une prière, deviennent souhaits pour moi et pour tous ceux et celles que j'aime...
Ces mots ont trouvé le piston de mon coeur qui enclenche l'étincelle nécessaire à un démarrage adéquat...
Ces mots rejoignent tous ceux écrits dans ce cahier pour les féconder et me rendre meilleure...
Merci pour ces mots déposés à ma porte car c'est une prière qui porte loin...
Denise Bilodeau
Eastman
Françoise,
J'aimerais d'abord vous dire que votre prière - admirablement écrite et lue - a éveillé en moi de profondes résonances.
Vous avez parlé des mots en général. Moi, j'ai choisi de rendre hommage à VOS mots, car vous écrivez divinement.
Je comparerai vos mots à la musique et à la danse qui, avec la littérature, forment mon trio-passion.
Vos mots sont caressants, rassurants et enveloppants comme une berceuse.
Ils sont aériens, souples et fluides comme le ballet classique.
Ils sont vifs, jeunes et fougueux comme le funky.
Ils sont langoureux et racés comme le tango argentin.
Ils sont chauds et sensuels comme la salsa ou la samba.
Ils sont plus harmonieux et élégants que la plus belle des valses de Strauss.
Ils se font parfois candeur et naïveté - dans le sens noble du terme - comme une chanson enfantine.
Ils sont ardents, rythmés et enivrants comme une danse africaine.
Ils sont solennels, sacrés et fiers comme un hymne national.
Ils sont doux et mélodieux comme le chant des oiseaux par un beau matin d'été.
Ils sont guillerets et colorés comme une tarentelle.
Bref, vos mots tournoient, virevoltent, se déhanchent et glissent sous votre plume...
Voilà donc ma petite prière:
Que vos mots continuent - encore et encore - de nous transporter dans ce merveilleux tourbillon et dans votre si bel univers... Que la fête recommence!
Johanne Martin
johanne martin
montréal
