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Le deuilPublié le jeudi 4 février 2010

Le deuil


Écoutez l’intégrale du troisième épisode

Dans ce quatrième épisode, Mario Proulx parle de ceux qui restent. Comment vivre le deuil dans une société où tout va très vite? Les intervenants expliquent comment il est important de sentir l’absence et d’apprendre à vivre sans la personne chère.

Dire les vraies choses
Mario Proulx rencontre des enfants qui vivent le deuil. Ces témoignages sont évidemment très touchants. « Il est fondamental d’expliquer la mort aux enfants. » Une intervenante décrit les mécanismes qui peuvent se mettre en place si on ne le fait pas. Ainsi, Éric-Emmanuel Schmitt raconte comment il est devenu insomniaque à la suite de la mort de son grand-père.

Les musiques pour pleurer et se consoler
Ce soir, Espace musique consacre sa soirée, de 20 h à 22 h, au deuxième volet des musiques funèbres.
Pour en savoir plus >>

Commentaires
5 février 2010 - 21:06
Je suis contre l'euthanasie. En plus de 30 ans, j'ai vécu 3 suicides dans ma famille. Mes deuils ne se sont faits qu'après une très longue thérapie, il m'a fallu chercher longtemps le psy qui serait en mesure de m'aider, car la somatisation faisait son oeuvre. Il m'a fallu retourner très loin en arrière, ce fut très pénible, mais aujourd'hui je trouve que c'est le plus beau cadeau que je pouvais me faire. Je n'ai pas oublié ceux qui sont partis, je pense très souvent à eux... et je crois avoir compris ce qui fut pour certains d'eux "l'intolérable" !
Envoyé par Fernande Trottier, Arthabaska-Victo
5 février 2010 - 10:16
Bonjour à vous,
Merci pour ces superbes entrevues. J'écoute chaque émission car moi même, je vis avec le deuil depuis l'âge de 10 ans. J'ai aujourd'hui 44 ans et dans ma vie j'ai perdue mon père, ma jeune soeur et tout récemment une nièce que j'aimais beaucoup.
Mon père a mis fin à sa vie en ce tirant une balle dans la tête à l'âge de 49 ans, il semble qu'il souffrait de maniaco-dépression mais il n'a pas été diagnostiqué car en 1975 je ne crois pas que l'on parlait beaucoup de cette forme de maladie mentale. J'ai toujours eu besoin de parlé de son suicide mais ma mère voulait que l'on dise que notre père était mort d'un infarctus, ce que je n'ai jamais acceptée...je disais à 10 ans que mon papa était mort par suicide et je le dis encore. Ensuite ma petite soeur adorée que j'aimais comme ma propre fille s'est suicidée à l'âge de 26 ans, elle était maniaco-dépressive bipolaire et elle terminait son bac en soin infirmier. Isabelle était une belle rousse avec les yeux bleue. Avant sa maladie s'était un rayon de soleil, intelligente et sensible...J'ai tellement aimée cette petite soeur et la belle jeune femme qu'elle était devenue, pour moi, perdre mon Isabelle était une ombre à ma vie. J'ai mis plus de 6 ans à vivre ce deuil et j'apprends encore à vivre sans elle, elle me manque et j'aurais tellement de choses à lui raconter ...Le suicide est horrible à vivre car il vient nous rappeller sans cesse que le suicidé à pris sa vie et l'a anéantie, bien sur je sais que c'est la maladie qui les amène à commettre ce geste mais il l'on fait et c'est finie...Et puis, la mort reviens me visiter avec la mort d'Alexa ma jolie nièce de 18 ans morte dans un accident de voiture le 27 novembre dernier...J'accompagne ma soeur et mon beau-frère dans ce deuil, j'ai fait les arrangements funéraires avec eux et nous avons choisi le cerceuil ensemble. Il est si important de vivre le deuil, de pleurer, de parler, de vivre chaque étape et de prendre le temps de lui dire à cette personne, combien on l'a aimée et la peine que l'on aura a apprendre à vivre sans elle. Je ne parle pas içi d'accepter car, que ce soit un suicide ou un accident de voiture, on ne peut accepter ces morts, on ne peut qu'apprendre à vivre avec...
Envoyé par Rolande Plante, St-Esprit
5 février 2010 - 05:42
J'ai écouté plusieurs minutes des diverses émissions et je vous remercie : ce que j'y ai entendu m'a réconforté dans mes choix de vie des dernières années. En effet, je suis atteint, depuis 6 ans, d'une maladie qui va réduire mon espérance de vie de plusieurs années. Au moment où je suis passé près de mourir, j'ai vécu une expérience de paix à laquelle je ne m'attendais pas et j'avais simplement le goût de dire adieu d'une façon correcte. À un moment clé, j'ai choisi de vivre intensément les jours qui me restent sans chercher à repousser le moment où je traverserai la rivière. Malgré mon bonheur actuel, malgré la vie riche en expérience qui est la mienne chaque jour, il me vient des doutes sur le choix que j'ai fait de vivre pleinement ma vie en acceptant la mort qui peut m'attendre au prochain tournant. Votre émission a beaucoup fait pour me réconcilier avec le choix que j'ai fait. Merci, vous m'aidez à rester vivant jusqu'au bout.
Envoyé par François Mercier, Rosemère
4 février 2010 - 21:10
M. Proulx, on n'a que faire de vos bons sentiments et de ceux qui accompagnent les mourants. Ceux-ci ne deviennent pas des enfants à qui on distribue de bonnes paroles. Ils sont des adultes qui ont le droit de décider pour eux-mêmes JUSQU'AU BOUT. Si je veux mourir 2 semaines ou 2 mois plus tôt parce que je souffre inutilement ou que je sens ma dignité atteinte, de quel droit des gens comme vous me l'interdissent? Chaque fois qu'il est question de suicide assité c'est toujours la même chose; on déverse sur nous des témoignages attendrissants. Il est temps qu'une loi soit votée sur cette question. Cela m'indigne que je dépende de personnes qui ont tellement peur de mourir qu'elles s'accrochent à une vie minable. Avant qu'on m'aide à mourir, je peux faires mes adieux à mes proches, choisir le moment moi-même. Vos arguments sont minables. Il semble que la liberté cesse quand on approche de la mort! Avec une loi, les personnes qui n'ont pas peur d'affrionter la mort pourraient être aideres à mourir, les autres pourront choisir de souffrir un peu plus longtemps si ça leur chante. Je veux pouvoir décider moi-même. J'espère que tous ceux qui s'opposent au suicide assisté (appelez le comme vous vouslez) mourront dans d'horribles douleurs. Basta de l'hyppocrisie! Même sans loi, on peut expédier des patients in patres! Il y a souvent la négligence des médecins et des infirmières combinée avec leur indifférence. ou leur incompétence Ceux qui accompagnent les mourants, après leur acte de bon samaritain, rentrent chez eux, bouffer, baiser et dormir, l'âme en paix. Ila ont acheté leur paradis! NM
Envoyé par Nadine Magloire, Montréal
4 février 2010 - 20:41
Vos émissions sur la mort sont tout simplement merveilleuses et totalement touchantes. Comme plusieurs, j'ai une grande peur de la mort, de la mienne et de celle de mes proches. Est-ce parce que nous avons perdu en grande partie notre spiritualité? Les témoignages de la série me trottent continuellement dans la tête et me bouleversent.
Bravo
Envoyé par Annie DesRochers, Amos
4 février 2010 - 17:03
À la lumière des témoignages entendus et lus, mais aussi parce que j'ai
accompagné quelqu'un de très proche tout au long de sa maladie et à l'heure de son décès, je pense que le processus du deuil s'enclenche assez
souvent, bien malgré nous, plusieurs années avant que la mort comme telle ne survienne. Quand on voit l'état d'une personne se détériorer
graduellement à cause d'une maladie incurable et des effets indésirables
de certains médicaments puissants, chaque journée, chaque minute passée auprès de la personne, est une grâce, parce qu'on réalise à quel
point la vie est éphémère et que tout être est irremplaçable.
Ce cheminement nous prépare à accueillir ce qui est inéluctable.
Tôt ou tard, la maladie gagnera la bataille et la mort viendra nous ravir
l'être que nous chérissons. Quand le corps devient prison, quand le
malade se retire de plus en plus de la réalité, on se doit d'accepter de le
laisser partir sans chercher à le retenir. On doit tenir compte de son désir
de mourir au plus tôt, parce qu'il n'en peut plus, tout simplement.
C'est la seule liberté qui lui reste.
Et il faut avoir assez d'amour et de compassion pour accepter son choix.
Cette étape est un deuil à vivre parce qu'on doit en quelque sorte, mourir à soi-même, face au désir de l'autre.
Mais le fait d'accompagner quelqu'un vers la mort, de demeurer avec lui
jusqu'au dernier souffle, nous met en contact avec un mystère plus grand
que nous. Cela m'a fait réaliser qu'une personne, même sur son lit de mort, peut nous en apprendre encore sur la Vie et sur elle-même.
Ces moments précieux et tous ceux vécus antérieurement avec la personne vont rester gravés dans ma mémoire et font que je ne me sens
pas abandonnée. La Vie nous est donnée et elle nous est reprise.
Par respect pour celui qui aimait tant la vie, je me dois de vivre la mienne
jusqu'au bout, et par le fait même, d'accepter certains passages difficiles.
Envoyé par Marcelle Chartrand, Ste-Thérèse
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