QUÉBEC, CANADA, Politique
Bilan de la première année Charest

À son arrivée au pouvoir, Jean Charest a annoncé qu’il allait remplir ses promesses, quoi qu'il arrive. Mais dans les mois qui ont suivi, il a renié certains de ses engagements en invoquant la situation difficile des finances publiques.
 
Le 14 avril 2003, Jean Charest réalise l’aboutissement de cinq années de travail acharné. Il promet alors de faire amorcer un virage majeur au Québec, ainsi qu’à son gouvernement. Un an plus tard, syndicats et milieux sociaux sont irrités. 
 
Pourtant, selon le politologue Jean-Herman Guay, de l’Université de Sherbrooke, Jean Charest a été largement fidèle à ses engagements. Il s’est acharné à amincir l’État québécois, à réformer les programmes sociaux et les lois du travail. Mais la forme et la rapidité des changements ont propulsé le gouvernement libéral dans une zone de turbulences postélectorales sans précédent dans l’histoire du Québec contemporain.  
 
Plusieurs autres engagements n’ont pas été respectés. Les différents ministères jettent le blâme sur l’ampleur de la précarité financière. C’est le cas du ministre de la Famille et des Services sociaux, Claude Béchard, qui a dû prendre la décision impopulaire d’augmenter les tarifs des services de garde. Le dernier budget du ministre des Finances, Yves Séguin, illustrait bien la fragilité des finances publiques.  
 
Le président du Conseil du patronat du Québec, Gilles Taillon, a toujours été un allié naturel du gouvernement. Bien qu’il se dise satisfait des allègements au Code du travail pour faciliter la sous-traitance dans les entreprises, il est déçu de la timidité du gouvernement à accélérer les baisses d’impôts. Pour lui, le gouvernement de Jean Charest manque de cohérence, et c’est, selon lui, ce qui expliquerait que les électeurs québécois ne suivent pas.  
 
Et l’avenir s’annonce tout aussi houleux. La présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, a été au centre des débats de la première année avec son projet de réorganisation, de modernisation de l’État. Elle devrait présenter son plan de cure d’amaigrissement de l’appareil gouvernemental d’ici la fin du mois. Un exercice périlleux, parmi plusieurs autres, comme les défusions, le fédéralisme et les négociations du secteur public.  
 
Selon le politologue Jean-Herman Guay, pour retrouver la stabilité politique, le gouvernement Charest devra essayer d’éviter toute précipitation dans les changements à annoncer. Voilà peut-être pourquoi le gouvernement libéral semble si friand des consultations publiques.  

 
Dernière mise à jour: le 14 avril 2004


 


Un reportage de Michel Labrecque.
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