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Troisième épisode : Le premier ministre et la crise

Robert Bourassa apprend l’enlèvement de Pierre Laporte, ministre du Travail et vice-premier ministre. Cet épisode rend compte de l’atmosphère qui règne au Conseil des ministres reclus, durant quelques jours, à l’hôtel Reine Élizabeth et de l’effet qu’a eu la lettre de Pierre Laporte sur le premier ministre.

On a reproché à Robert Bourassa sa jeunesse et sa faiblesse durant la crise. Robert Bourassa voulait-il négocier avec les kidnappeurs? A-t-il cédé à des pressions d’Ottawa? A-t-il perdu le contrôle de la situation? A-t-il vraiment demandé la Loi sur les mesures de guerre? Des collaborateurs de Robert Bourassa et des hommes politiques racontent.

  Témoignages tirés du documentaire:

Claude Castonguay. Ministre de la Santé au Parti libéral pendant la crise d’octobre.
« Ce qui m’est apparu assez évident c’est qu’on avait peu de renseignements fiables. Je me souviens d’avoir entendu Jean Marchand dire qu’il y avait possiblement 2 000 membres du FLQ qui s’entraînaient dans le nord de Montréal. Il y avait une certaine hystérie à mon avis. Je me souviens encore du maire Drapeau qui avait développé une théorie selon laquelle un mouvement comme le FLQ, lorsqu’il prenait un otage, s’il ne réussissait pas à avoir gain de cause avec cet otage-là, il le liquidait et passait à un autre. Je me souviens même qu’on nous avait dit que Cross était probablement en train d’être dissous dans un bain d’acide pour ne laisser aucune trace. Alors vous pouvez voir dans quel climat la discussion était engagée. »

Jean-Paul L’Allier. Sur l’attitude de Robert Bourassa pendant la crise d’octobre et l’imposition de la Loi sur les mesures de guerre.
« Contrairement à ce que certains pourraient dire, il a toujours été extrêmement calme. Ce n’était pas un excité. Il n’a jamais été un énervé. Je ne l’ai jamais vu en colère. Il pouvait manifester un certain dépit, de l’impatience. Il pouvait manifester de l’inconfort face à une situation et le faire sentir, mais ce n’était pas un homme de panique. Malgré sa fragilité physique apparente, c’était un homme assez intelligent pour mesurer les choses aussi froidement que possible… Je pense qu’il a fait un choix politique. »

 
  Pendant la crise d’octobre, François Bourassa avait 10 ans.
Écoutez l'extrait [00:00:27]