
La grand-mère des Métis
Marie-Anne Gaboury est une pionnière de l’Ouest. Elle a suivi son mari et a élevé 10 enfants dans des conditions extrêmement précaires. Sa fille a donné naissance à Louis Riel. Parcours d’une femme d’audace et de dévouement.
Qui prend mari…
Marie-Anne Gaboury est née à Maskinongé, près de Trois-Rivières, en 1780. À 24 ans, elle épouse Jean-Baptiste Lagimodière*, chasseur et trappeur indépendant. Voyageur un jour, voyageur toujours, 15 jours après leur mariage, Jean-Baptiste repart en voyage au pays « d’en haut ». La jeune mariée décide de le suivre dans cette aventure qui sera celle de toute sa vie.
Une vie mouvementée
C’est sur fond de colonisation et de querelles entre la Compagnie du Nord-Ouest et la Compagnie de la baie d’Hudson, entre Indiens, Métis et Blancs que Marie-Anne donne naissance à 10 enfants. Exposée aux intempéries, elle été témoin d’exploits, de massacres et d’actes héroïques qu’aucune autre femme blanche a jamais connus.
Courage et détermination
De 1806 à 1875, Marie-Anne Gaboury est la première femme blanche « canadienne » à voyager au pays de la fourrure, de la rivière Rouge jusqu’au nord-ouest sauvage (Edmonton). Elle suit son époux à travers les immenses et dangereuses Prairies. Elle vit parmi les Indiens accueillants ou menaçants et participe à l’établissement de cette colonie devenue le Manitoba.
La marraine des Prairies
Grande pionnière, Marie-Anne Gaboury a donné naissance au premier enfant blanc légitime au Manitoba, au premier enfant blanc légitime en Saskatchewan et au premier enfant blanc légitime en Alberta. Les Indiens saulteux l’appelaient Ningah, qui veut dire mère. À l’arrivée des premiers missionnaires à Rivière Rouge, elle assiste au baptême de tous les enfants de moins de 6 ans, les siens comme ceux des Indiens et des Métis.
La grand-mère des Métis
Sa fille Julie est la mère de Louis Riel. Marie-Anne est donc la grand-mère du chef des Métis, qui a mené les insurrections de 1869-1870 et de 1885. Elle a survécu à son mari, décédé en 1855, et est morte après avoir été témoin de la naissance et de l’évolution du Manitoba et après avoir vu son petit-fils en devenir le « père ».

On se souvient
Il y a des descendants de Marie-Anne Gaboury et de Jean-Baptiste Lagimodière partout au Canada. La rue principale du quartier francophone d'Edmonton s'appelle rue Marie-Anne Gaboury. Son petit-fils Louis Riel sera honoré d’une journée fériée au Manitoba, soit le 18 février.
*Note: Dans les textes historiques, on trouve Jean-Baptiste sous le nom de Lavimaudière, Lavimaudier, Lajimonière, Lagimonière, la Gimmonière, Lagemodière et Lagimodière.
Invité en deuxième heure
Philippe Mailhot, directeur du musée de Saint-Boniface, docteur en histoire et spécialiste du développement du territoire aujourd’hui nommé Manitoba.