Ce missionnaire de l’Ouest canadien a été l’ami des Cris et des Pieds-Noirs, des nations pourtant ennemies. Il s’est illustré par sa grande humanité, au moment où s’éteignait la civilisation des chasseurs de bisons.

Une vocation
Il est né à Saint-Sulpice près de Montréal, en 1827. Le jeune Albert est fasciné par un oncle qui travaille dans la traite des fourrures dans l’Ouest. Très jeune, il veut aller chez les Indiens. Dès qu’il est ordonné prêtre, en 1849, Albert Lacombe s’en va à Pembina, une mission au nord du Dakota. Il y apprend la langue ojibway. Rapidement, les Métis le trouvent sympathique. Ils l’amènent à leurs chasses au bison, notamment à la chasse célèbre de 1851.

En 1852, il prend son premier poste à Fort Edmonton. Il y apprend comment fonctionne la traite des fourrures, comment vivent les Premières Nations et les guerres qui les divisent. Au cours de ses missions, il apprend la langue crie. Pendant plus de 20 ans, il parcourt les Prairies, crée plusieurs missions et, surtout, se lie d’amitié avec des chefs cris et des chefs pieds-noirs.

Le pacificateur
Un épisode célèbre dans la vie du père Lacombe se produit en 1865. Il campe avec les Pieds-Noirs. Durant la nuit du 3 décembre, les Cris attaquent. Le père Lacombe sort de sa tente et montre son crucifix. Comme il est connu des Cris, il croit naïvement que sa présence fera cesser les hostilités. Il reçoit une balle dans l’épaule qui ricoche sur son crâne. Le sang coule abondamment, mais la blessure est superficielle. Les Indiens arrêtent de se battre croyant qu’il est mort. C’est à ce moment-là que le père Lacombe devient une légende dans l’Ouest.

Le protecteur des Indiens
Le père Lacombe est un grand ami des Pieds-Noirs, mais ils ne se convertiront jamais, alors que les Cris deviennent catholiques. Il est appelé à agir comme négociateur entre le Canadien Pacifique et les Pieds-Noirs, qui s’opposent au passage du train sur leur territoire. En 1885, la rébellion fait rage dans l’Ouest et le premier ministre du Canada fait appel à ses services pour pacifier les tribus amérindiennes. Il sera du voyage à Ottawa aux côtés de Pied-de-Corbeau.

« L’abbé Pierre de l’Ouest »
En 1882, il s’installe définitivement en Alberta. Lui qui était favorable à la sédentarisation des Indiens, il constate qu’ils vivent dans une grande misère. Il crée des écoles, un hôpital, puis en 1909, son grand projet, un hospice pour vieillards à Midnapore, le Lacombe Home. Il y réside jusqu’à sa mort en 1916, à 89 ans. Il a été aimé de tous. Pied-de-Corbeau a déclaré : « La reine nous donne de la viande, lui, il nous donne de la consolation ».

Albert Lacombe a laissé, entre autres, à part ses mémoires, son dictionnaire de la langue crie, publié par Beauchemin en 1874. En annexe, on trouve une grammaire préparée par les Sœurs grises.

Écoutez l'histoire de Albert Lacombe

Musiques diffusées

James G. MacGregor, Father Lacombe, Hurtig Publishers, Edmonton, 1975.
Joséphine Phelan, The bold heart, the story of Father Lacombe, Macmillan, Toronto, 1959.
Le père Lacombe l’homme au bon cœur, d’après ses mémoires recueillies par une sœur de la Providence, et imprimé dans Le Devoir en 1916.

Hyperliens
La mise en place du Traité 8 dans le Nord-Ouest du Canada
L’Encyclopédie canadienne