Moi, Pauline Julien
Diffusé le 23 et le 24 août 2008
Voilà 10 ans que Pauline Julien nous a quittés. La pasionaria de la chanson québécoise a laissé des traces indélébiles de son passage. En deux émissions spéciales, l'entrevue imaginaire Moi, Pauline Julien nous présente l'artiste dans ses mots et dans le souvenir de ceux qui l'ont côtoyée.
Pour nous guider dans ce coffre à souvenirs, le comédien Robert Lalonde présente une entrevue avec Pauline Julien tirée des archives de Radio-Canada. Première émission - De l'enfance aux années 70 - Née à Trois-Rivières, Pauline Julien, onzième et dernière de la famille, a rapidement pris goût au théâtre qu'elle va étudier à Paris. La chanson ne tarde pas à se faire une place dans sa vie. Entre deux leçons, elle se fait la main en prenant de petits contrats dans des cabarets-théâtre. C'était la belle époque. Elle rencontre Anne Sylvestre, qu'elle va côtoyer toute sa vie. Elle croise aussi Ricet Barrier. Elle s'approprie des textes de Ferré, de Vian, de Prévert. Retour au pays Mais vient un jour où on a le mal du pays. « Mon patrimoine, mes racines me manquaient. » Elle revient à Montréal en 1957. Elle joue au théâtre et fait connaissance avec quelques auteurs qui percent. Elle chante les textes de Gilles Vigneault avant qu'il ne le fasse lui-même. Elle rencontre aussi Raymond Lévesque et participe au bouillonnement culturel et politique de la Révolution tranquille. Entre l'Europe et l'Amérique Pauline Julien ramène un peu d'Europe dans ses bagages en déballant sur scène des textes du dramaturge allemand Bertolt Brecht. Elle effectue de nombreuses traversées de l'Atlantique. Elle visite même l'URSS. En 1970, lors des événements d'octobre au Québec, elle est arrêtée dans le cadre de la Loi sur les mesures de guerre décrétée par Ottawa.
Deuxième émission – Les engagements, les amours, le métier Au tournant des années 70, Pauline Julien est une figure importante de la chanson québécoise. Son talent rayonne dans plusieurs domaines artistiques. Les auteurs et compositeurs se bousculent pour lui offrir leurs créations. Gerry Boulet, Claude Dubois, François Dompierre, Stéphane Venne et même Michel Tremblay sont du lot. Elle remporte en 1970 le premier de ses deux Grands Prix du disque de l'Académie Charles-Cros pour son album Suite québécoise. Un grand amour Elle mène une vie trépidante aux côtés de son compagnon de vie, le poète Gérald Godin. Ils se fréquentent depuis 1961 et se marieront en 1990, soit quatre ans avant le décès de Godin. Leur amour, dira Pauline Julien, a été foudroyant. Leur vie commune prend un virage politique lorsque l'homme de lettres est élu pour le Parti québécois en 1976. Pauline Julien, à cette époque, a déjà l'âme revendicatrice. Elle est de plusieurs causes. Cet engagement sera présent jusqu'à la fin de sa vie, comme en fait foi le travail humanitaire exécuté au Burkina Faso et au Rwanda au début des années 90. L'âme à la tendresse Sa chanson L'âme à la tendresse, lui assure un beau succès au début des années 80. À la même période, elle quitte progressivement la scène. Le solo, c'est terminé. Mais elle participe à des projets collectifs comme Gémeaux croisés, en compagnie d'Anne Sylvestre, et la création Les muses en 1992. Pauline Julien s'éteint le 1er octobre 1998.
Crédits Présentation: Robert Lalonde Technicien au mixage: Sylvain Brunet Médiathécaire: Stéphane Gourde Discothécaire: Danielle Girouard Adjointe: Églantine Pandelé Scénario, textes et réalisation: Élizabeth Gagnon Édimestre: Christian Côté
|