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Courrier :
MAISONNEUVE EN DIRECT
Société Radio-Canada
1400 René-Lévesque Est,
bureau A67-7
Montréal (Québec)
H2L 2M2

Courrier électronique :
endirect@radio-canada.ca


Le 26 mai 2008

Quand votre collègue est handicapé

Québec demande aux entreprises privées d'engager les personnes handicapées. Le gouvernement a annoncé un investissement de 142 millions au cours des cinq prochaines années pour l'intégration et le maintien en emploi des personnes handicapées.  
 
« Les personnes handicapées sont des citoyens à part entière, a déclaré le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad. L'entreprise privée et le gouvernement ont la responsabilité collective de les aider à intégrer le marché du travail. » 
 
Le gouvernement espère ainsi réduire de moitié, d'ici 10 ans, l'écart entre le taux d'emploi des handicapés et celui du reste de la population. 
 
Comment réagissez-vous à la présence de personnes handicapées en milieu de travail? 
 
Les invités de Pierre Maisonneuve : Martin Trépanier, président de l'Office des personnes handicapées du Québec, Martin Prévost, coordonnateur du Regroupement des organismes spécialisés pour l'emploi des personnes handicapées, Jean-Pierre Léger, président des rôtisseries Saint-Hubert, et Simon Prévost, vice-président



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Il n'y a pas de rapport entre la déficience et la compétence que présente une personne dite handicapée. Cela dépend des talents de chacun et de sa capacité à les exprimer. 
 
Et quel est le sel de la «stratégie» annoncée par le ministre Hammad ? Fric fric et refric comme d'habitude, alors que le coeur du problème en est d'abord un d'acceptation sociale de la différence.  
 
Et cela ne peut s'actualiser de façon heureuse, que par des mesures de sensibilisation appuyées, structurées, cohérentes et constantes auprès des employeurs, pour qu'ils éliminent les barrières à l'emploi qui sont souvent largement surestimées.
Gilles Théberge
Notre-Dame-de-Ham


Les handicapés cotoyés en milieu de travail ne m'ont jamais dérangé ni provoqué retard ou agacement.  
En fait, leur handicap leur donnait une motivation telle que souvent j'obtenais une attention et un service plus rapide et efficace. Car tout est là.  
Un emploi correctement assumé fait oublier l'handicap. Et c'est bien ainsi!
Georges LeSueur
St-Ambroise


Il n'y a aucune raison pour ne pas avoir de personnes handicapées au travail si celles-ci sont capable de l'accomplir adéquatement. 
C'est revalorisant pour eux et pour ceux qui les emploient. 
C'est un bon moyen de combattre l'exclusion quand celle-ci elle est injustifiée et un signe de solidarité humaine. 
C'est aussi un message posiitf aux autres employeurs qui n'ont pas encore fait le pas. 
De par leur handicap beaucoup d'entre eux développent des habiletés qui relèvent du sixième sens. 
J'ai connu un aveugle qui pouvait différencier les différentes espèces de poissons que par un léger toucher quand on l'emmenait pêcher.
James A. Wilkins
Lac Brome


Bonjours ensoleillés à vous ! 
 
Dans le cadre de ma réinsertion sociale suite à une peine d'emprisonnement, j'ai eu le privilège d'oeuvrer dans le milieu des gens physiquement handicapés. cf. Centre Frs. Charron à Qc. 
 
Mes premières semaines m'ont été très éprouvantes, confronté j'ai été avec la sérénité exprimée par la plus que majorité de celles et ceux que j'ai eu l'immense plaisir de servir. 
 
Oui, le «pôvre» de moi en a pris pour son rhume! Je dirais aujourd'hui que la plupart de celles et ceux servis savaient «mieux vivre que moi». Des gens qui acceptaient leur état, qui savaient sourire à la Vie. Oui, avec et malgré, à l'occasion, leurs crises fort légitimes. 
 
Une des questions qui me sont montées à les côtoyer  :« Et si moi, j'étais à sa place, comment est-ce que je réagirais ?» 
 
Interviewé un jour par un pigiste, il a intitulé son article en me désignant  : «L'handicapé, c'est moi»  
Et voilà, merci à toutes ces gens qui m'ont, jusqu'à un certain point, montré à mieux vivre.
Gaston Bourdages
Rimouski


Sam Hamad reprend un dossier qui devrait être réglé depuis belle lurette. Ce n'est malheureusement pas encore le cas. 
 
Je n'ai aucun problème avec la présence de personnes handicapées en milieu de travail. Quand une personne peut effectuer ce qu'on attend d'elle, il n'y a pas de problème à ce que cette personne soit handicapée ou non. J'ai travaillé pour des organismes s'occupant du sort des personnes handicapées ou des personnes ayant des problèmes de santé mentale. Avec le temps on en arrive à ne plus voir les handicaps mais uniquement la personne. 
 
Les employeurs ne voient que les handicaps des personnes même quand celles-ci n'en ont pas. Si une personne n'est pas handicapée elle est trop petite, trop laide, trop grosse, même trop qualifiée, elle souffre de trous dans son CV, elle est trop ceci ou trop cela. Les personnes les plus handicapées que j'ai vu dans ma vie ce sont les employeurs. Ils ont presque tous une cervelle de la taille d'un petit pois.
Paolo Mitriou
Lac-Mégantic


Je me dois d'être honnête en répondant à votre question.  
 
Tout le monde veut bien se croire parfait dans tout, mais je fais ici mon mea culpa. 
 
J'ai déjà été la patronne d'une paraplégique, et tout s'était très bien déroulé.  
 
Malgré cela, la peur d'un faux-pas demeure... 
Je trouve parfois difficile d'approcher des personnes handicapées. J'ai peur que mon regard ne soit pas le bon, j'ai peur de faire une remarque inappropriée, j'ai peur de demander quelque chose de trop difficile... 
Et je sais que, malheureusement, je me prive sans doute souvent d'une relation riche. 
 
Je travaille à changer cela, croyez-moi!
Isabelle G. Gélinas
Saint-Basile-le-Grand


Bonjour, 
 
Beethoven était sourd et il faisait de la musique.
Nathaniel Thorne
Montréal


A evoquer des handicapés dans cette tribune, ca me touche et ca rejoint le débat sur la discrimination sur les minorités. Il suffit que quelqu' un de différent de la majorité arrive dans un milieu ca donne des incompréhensions que la société nous explique par le politique correct.... Rire des autres, faire des blagues sur les autres c' est pas drole et ca devrait etre puni par la loi sans excuses...les autres diront c' est leur liberté de rire d, insulter et discriminer...  
Que la société ( majorité) integre ses minorités  : handicapés, culturelles, raciales et autres, pour moi c' est le meme débat et on vivra dans un monde plus juste. Bienvenus au monde du travail pour toutes les minorités!!!
Jeanne D' ARC Kinta
Québec


J'ai une question et un commentaire. 
1. La fonction publique fait-elle le même effort, ou plus ou moins que certaines entreprises privées pour embaucher des personnes handicapées ? J'aimerais connaître la réponse. J'ai l'impression que certaines administrations publiques sont très peu actives en ce sens. 
 
2. As-t-on pensé à inscrire des clauses dans les conventions collectives, notamment celles de la fonction publique, pour faciliter l'intégration de personnes handicapées ? Cela peut comprendre des adaptations à l'organisation du travail et aux définitions de tâches. Il se peut aussi qu'il y ait intérêt à aussi adapter l'échelle salariale pour tenir compte de diminution de productivité résultant de handicaps.
Julien Rivard
Rouyn-Noranda


le probl`me avec ces beaux programmes pour les personnes handicapés c'est qu'ils ne sont pas toujours créés pour nous. les gens qui les cré passe la majorité de leur temps à trouver de l'argent pour assurer leurs salaires à eux... le premier intervenant l'a dit plutôt... s'il obtient le financement, il va engager d'autre intervenants qui ne seront sûrement pas handicapé...
Dean Moriaty
Black Lake


Le comité d'action des personnes handicapées de Laval agissent concrètement pour l'intégration des personnes handicapées. 
Il organise une séries d'événements pour les employeurs et les personnes handicapées de Laval. Leprochin événement est un 5 à 7 qui aura lieu le mardi 3 juin 2008 au château Taillefer Lafon.  
Lors de cet événement rassembleur, il sera question de préjugés et de perspectives d'emploi. Des témoignages bouleverseront les idées préconçues entourant l'intégration des personnes handicapées sur le marché du travail. Cet événement constitue le coup d'envoi des activités du CAPHIT (Comité d'Action Personnes Handicapées Intégration Travail) au sein de la communauté lavalloise.  
Pour de plus amples renseignements ou  
Nathalie Gendron 
514-274-0151 ou ngendron@themconcept.ca
Nathalie Gendron
Montréal


En embauchant des personnes handicapées dans le cadre d'un programme qui ne comprend pas une évaluation des aptitudes et des compétences, et non seulement une évaluation des limitations, on court un risque de sous-employer des personnes qui vont ronger leur frein au lieu de s'épanouir au travail. À la condescendance des employeurs qui ne portent pas attention au potentiel de ces employés succèdera le mépris face à ce que les employeurs percevront comme de l'ingratitude de la part de ces employés, souvent payés à rabais.
Jean-Victor Côté
Saint-Bruno-de-Montarville


Monsieur Maisonneuve, 
 
J'ai écouté avec beaucoup d'intérêt votre émission ce midi (comme à tous les midis d'ailleurs) et je ne peux passer sous silence votre expression "souffrant d'un handicap" que vous avez utilisé au moins une dizaine de fois. 
 
Loin de moi l'idée de porter un blâme à qui que se soit. Mais je crois très sincèrement qu'il faudrait apprendre à utiliser des termes POSITIFS lorsque l'on parle de personnes handicapées. Et encore davantage lorsqu'il est question d'emploi. Puisqu'embaucher une personne souffrante... j'avoue que ce n'est pas très rassurant. Si j'étais patron, même avec ma déficience physique, je ne suis pas sûr... 
 
J'ai la paralysie cérébrale, c'est tout. je n'ai pas l'impression de "souffrir"de paralysie cérébrale. Et comme disait Yvon Deschamps "Serge ne souffre pas mais lui, nous fait souffrir en tabarnouche...
Serge Leblanc
Montréal


Un programme du genre pourrait exclure des gens qui en auraient besoin. Par exemple, on sait comment accommoder des gens qui sont aveugles ou sourds, mais on blâme souvent ceux qui sont presque aveugles ou presque sourds de ne pas faire assez d'efforts. Comme ces derniers ne sont souvent pas admissibles à des programmes pour les personnes handicapées et qu'ils font face eux aussi à des préjugés, ils se retrouvent désavantagés par l'existence de programmes destinés aux handicapés dont ils ne font pas partie parce qu'on peut alors se dire qu'ils n'ont qu'à se donner la peine de faire une demande d'aide. Un peu comme des personnes avec des ancêtres d'une race visée par un programme d'intégration pour des personnes d'une race à laquelle ils n'appartiennent pas parce qu'ils ont aussi des ancêtres d'une autre race non visée.
Jean-Victor Côté
Saint-Bruno-de-Montarville


En somme, c'est une bonne idée d'aider les employeurs à accommoder les personnes ayant des limitations à l'emploi, mais il faudrait aussi prévoir une procédure d'accréditation pour les personnes qualifiées, handicapées ou non, qui cherchent du travail sans s'en trouver parce que les employeurs n'ont pas les ressources pour évaluer les aptitudes et les compétences de ces candidats. Les aptitudes et les compétences, cela ne change pas toutes les semaines. Des professionnels payés par le gouvernement dans le cadre de ce programme devraient être en mesure d'étayer une candidature par des tests psychométriques appropriés.
Jean-Victor Côté
Saint-Bruno-de-Montarville


 


Comment réagissez-vous à la présence de personnes handicapées en milieu de travail?
 
[Écoutez l'extrait>>>]
 


 
Marché du travail : mieux intégrer les handicapés
Article de Radio-Canada.ca - 25 mai 2008

 
Stratégie nationale pour l'intégration et le maintien en emploi des personnes handicapées
Minsitère québécois de l'Emploi et de la Solidarité sociale

 
Office des personnes handicapées du Québec
 
Regroupement des organismes spécialisés pour l'emploi des personnes handicapées (ROSEPH)


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