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[29 octobre 2004] La grande finale du concours Vous avez été près de 3500 participants à vous creuser la tête pour trouver un nom à notre époque. Le jury, constitué d'Anne Darche, de Gérard Bouchard et de Pierre Curzi, dévoile le nom du gagnant. Rappelons les cinq noms d'époque retenus en finale: Les années éclatées, Le grand désordre, Les années-chocs, Babel âge et Ego.com. Parmi les 3500 propositions reçues, le jury remarque l'absence d'espoir. «Leur jugement est définitif, mais les gens cherchent quand même un espoir. Notre choix témoigne de ce paradoxe», explique Pierre Curzi. Anne Darche rappelle que les gens qui participent à des concours sont des gens plus optimistes que la moyenne. «Des optimistes nous ont proposé des qualificatifs très sombres. Ils pensaient que cette caractéristique les feraient gagner», explique la publicitaire. Le sociologue Gérard Bouchard a voulu évaluer en chiffres les propositions reçues. Ses résultats: les optimistes représentent 8 % des répondants, les pessimistes 56 % et les autres, 35 %. La finale Par la suite, Marie-France Bazzo s'entretient brièvement avec Céline Harvey, la grande gagnante du concours, celle qui a soumis «Ego.com». Céline Harvey est une directrice d'école à la retraite. Elle a 54 ans.«Je voulais faire ressortir notre côté individualiste, qui prend le pas sur toutes nos valeurs sociales. Je voulais faire ressortir aussi le développement des nouvelles technologies et d'Internet, qui accélèrent l'information», explique-t-elle.


 [28 octobre 2004] Les chroniqueurs d’Indicatif présent Nous avons demandé aux chroniqueurs de l'émission de nommer, dans leur domaine respectif, les trois idées, tendances, disques ou livres qui définissent notre époque. Alain Brunet Chronique musique «La grande confusion» La tournée des grands espaces de Alain Bashung (étiquette Universal, 2003-2004) Kid A de Radiohead (EMI, 2000) Anything goes de Brad Mehldau (Warner, 2004) Joseph Facal Abécédaire «Le renoncement» E... pour Époque Bernard Michaud Chronique cinéma «La belle amnésie» Hair, de Milos Forman (1979) Habla con ella: Parle avec elle, de Pedro Almodovar (2002) Eternal Sunshine of the spotless mind, de Michel Gondry (2004) Nicolas Langelier Décryptage tendances Le culte de la jeunesse éternelle La révolution numérique Le nouvel engagement citoyen Chantal Jolis Chronique livres «Le nomadisme douloureux» Rimbaud, en tant que précurseur de notre époque pour son errance, les dérèglements L'insoutenable légèreté de l'être de Milan Kundera, pour la désillusion de l'amour L'avalée des avalés de Réjean Ducharme Pierre Thibault Revue des revues «L'âge de la déperdition» La revue Wired (magazine américain consacré aux nouvelles technologies) Le Memri.org (magazine sur le web) L'inconvénient(magazine québécois d'idées et de culture) Louis-Gilles Francoeur Chronique environnement «La grande fracture» La destruction du vivant Les menaces globales L'épuisement des ressources


 [27 octobre 2004] Jean-Jacques Pelletier Le romancier et philosophe donne sa vision de notre époque. Jean-Jacques Pelletier la nomme «Les années nombrils». Cette époque commence avec les 15 minutes de gloire à la télévision pour tous, prévu par Andy Warhol. Le moment de triomphe de ce nombrilisme: l'étalement du nombril de Britney Spears. La publicité est un bon révélateur de notre époque nombriliste.


 [25 octobre 2004] Les finalistes du concours Membre du jury, Pierre Curzi dévoile les cinq noms d'époque retenus dans le cadre de notre concours. Sur 3300 propositions reçues, le jury en a présélectionné une centaine. Voici les cinq choix du jury: Années choc, Années éclatées, Babel âge, Égo.com et le Grand désordre.


 [25 octobre 2004] La politique Le journaliste Jean-François Lépine et le chercheur Jocelyn Coulon tentent de définir l'époque selon l'angle politique. Jean-François Lépine pense que nous vivons dans une époque d'immenses questionnements. «Les espoirs sont déçus à l'échelle du globe. Nous assistons à des réponses faciles. C'est pour cela qu'il y a une montée spectaculaire du fanatisme», explique-t-il. L'époque est fragmentée, selon Jocelyn Coulon, pour qui deux événements brouillent notre définition: l'effondrement du mur de Berlin et les attentats du 11 septembre. «Et il y en aura peut-être un autre (événement) dans 5 ou 10 ans», prédit le chercheur. Jocelyn Coulon rappelle que le 19e siècle a été celui des nationalités et que le 20e siècle celui des États-Unis. Diverses études affirment que le 21e siècle sera celui des États-Unis et de la Chine, mais que le terrorisme va marquer ce siècle. «Je n'en suis pas si sûr», déclare-t-il. «Je l'appelle l'époque opaque. On ne sait pas vers quoi on s'en va», conclut Jean-François Lépine.


 [21 octobre 2004] Les communications Dominique Wolton, directeur de recherches au CNRS, explique les enjeux de notre époque en matière de communication. Dominique Wolton situe l'époque des communications avec l'arrivée de la presse grand public, en 1850. L'arrivée de la radio est un autre moment important des communications de notre époque. L'implantation d'Internet est devenue depuis une étape majeure de ce processus. Et le téléphone cellulaire ne fait qu'apparaître. «Chaque technique de communication est plus performante que la précédente. Elle ne surpasse pas la précédente. Elle s'accumule», affirme Dominique Wolton. Sous la direction de Dominique Wolton, La télévision au pouvoir. Omniprésente, irritante, irremplaçable, Éditions Le tour du sujet Universalis. Laboratoire information, communication et enjeux scientifiques


 [19 octobre 2004] La linguistique La linguiste Henriette Walter poursuit notre réflexion sur l'époque. Elle précise l'état des langues et leur avenir. L'homme parle près de 6500 langues dans le monde. Deux cents langues sont écrites de sa main. Le français se situe en 10e place parmi les langues parlées. Et 10 langues meurent chaque année. «Les langues vivent et meurent. Prenez l'histoire du latin: il a disparu, mais il est devenu le français, l'espagnol et l'italien. Les langues se transforment et elles s'influencent constamment», explique Henriette Walter.


 [14 octobre 2004] La spiritualité L'auteur André Malraux affirmait que «Le 21e siècle sera spirituel ou ne sera pas». Adoptons une perspective spirituelle afin de mieux situer notre époque. Depuis quelques années, l'islamisme radical croît, le fondamentalisme religieux s'accentue aux États-Unis. Stéphane Baillargeon, journaliste au quotidien Le Devoir, spécialiste des questions religieuses, concepteur de la série Des nouvelles de Dieu à Télé-Québec et Patrick Snyder, professeur de théologie à la faculté de théologie, d'éthique et de philosophie de l'Université de Sherbrooke, connaissent bien ce domaine. Patrick Snyder estime qu'au Québec, la Révolution tranquille a sonné le glas de la religion. Ailleurs dans le monde, la religion a changé de nature depuis la découverte du Nouveau Monde. «Nous sommes dans un nouveau cycle qui est pluraliste avec la mondialisation», dit-il de notre époque charnière et historique. La personnalisation de la religion se fait en parallèle avec le radicalisme religieux. Stéphane Baillargeon estime que la société s'est libérée de l'influence de la religion. La désillusion, la déception par rapport à la religion se multiplie. «Ce qui est normal lorsqu'on voit des fanatiques prendre Dieu en otage et assassiner des enfants au nom de leur foi», dit-il. Patrick Snyder, La femme selon Jean-Paul II, Éditions Fidès. Sam Harris, The end of Faith – Religion, (Terror and the Future of Reason), W. W. Norton, 2004.


 [12 octobre 2004] Emmanuel Todd Cet historien enrichit son approche à l'aide de notions démographiques et économiques. Son livre de 2002, Après l'empire, affirmait que la puissance des États-Unis est plus fragile qu'elle n'y paraît. Emmanuel Todd porte un regard large sur notre époque. Elle aurait commencé il y a 5000 ans avec l'invention de l'écriture en Mésopotamie! Selon Emmanuel Todd, toute la planète devrait être alphabétisée d'ici quelques décennies. «C'est un tournant dans l'histoire de l'humanité», affirme-t-il. Emmanuel Todd minimise l'influence de la toute puissante économie dans nos sociétés. «Les gens qui savent lire et écrire sont prêts pour la modernité économique», dit-il. Emmanuel Todd explique aussi la baisse de la fécondité par l'élévation du taux d'alphabétisation. Actuellement, des crises de transition très violentes ont lieu partout dans le monde. «Le terrorisme islamique, les crises fondamentalistes sont des adieux à la tradition dans des pays qui font l'expérience de la transition éducative», dit-il. Emmanuel Todd, Après l'empire, Éditions Gallimard, 2002.


 [7 octobre 2004] La science D'un point de vue scientifique, notre époque est-elle une époque charnière? Marie-France Bazzo pose cette question aux journalistes scientifiques Yanick Villedieu et François de Closets. Selon Yanick Villedieu, tout commence le 25 avril 1953 avec la publication d'un tout petit article sur l'ADN. Le génie génétique, les OGM et le génome humain changent à jamais le visage de la science. François de Closets retient aussi une date: août 1939. La découverte de la fission en chaîne de l'uranium mène à la bombe atomique. «À partir de là, la science a perdu son innocence. Nous sommes entrés dans un monde où le bien et le mal peuvent naître des connaissances», dénonce François de Closets. Pourtant, Yanick Villedieu et François de Closets s'étonnent de l'essor des fanatismes religieux dans cette époque où les découvertes scientifiques sont fabuleuses.


 [5 octobre 2004] Pascal Bruckner Le philosophe Pascal Bruckner dénonce les travers de la modernité depuis 1977 avec ses essais et ses romans. Selon Pascal Bruckner, notre époque est «molle et anxieuse. Elle est molle parce que l'Europe est un havre de paix hors de l'histoire, dont le seul souci est de préserver ses privilèges», dit-il. Pascal Bruckner parle du malaise que nous ressentons à notre époque. «Nous n'avons pas encore les instruments intellectuels pour penser ce monde qui nous échappe. Nous ne comprenons pas le monde dans lequel nous vivons», déplore le philosophe. Pascal Bruckner, Misère de la prospérité. La religion marchande et ses ennemis, Éditions Grasset, 2002. Pascal Bruckner, L'euphorie perpétuelle, Éditions Grasset, 2000.


 [1 octobre 2004] André Champagne L'historien et chroniqueur explique comment l'homme a donné un nom à différentes époques. André Champagne avoue que la définition des époques varie selon les historiens. De plus, l'Amérique et l'Europe ont leur propre vision ethnocentrique de l'histoire. Les historiens, les intellectuels et les hommes de lettres ont nommé les époques a posteriori. Bossuet, dans son Histoire universelle, a bien défini le terme époque, en s'inspirant de la racine grecque du mot. En grec, «époque» signifie «s'arrêter». André Champagne révèle que les chercheurs subdivisent les époques. Par exemple, la période de la Renaissance et le Siècle des lumières font partie de l'époque moderne.


 [1 octobre 2004] Le jury Marie-France Bazzo présente le jury du concours Nommez l'époque: Pierre Curzi, comédien, président de l'Union des artistes, coprésident de la Coalition pour la diversité culturelle Anne Darche, publicitaire, vice-présidente chez Allard-Johnson Communications Gérard Bouchard, sociologue, historien, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les imaginaires collectifs, fondateur de l'Institut interuniversitaire de recherches sur les populations.



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