


Un petit pas pour
l’homme
Stéphane Dompierre
Défendez ce livre

Comment devenir
un monstre
Jean Barbe
Défendez ce livre

La femme de
ma vie
Francine Noël
Défendez ce livre

Une coquille
de silence
Frances Itani
Défendez ce livre


Figure majeure des lettres québécoises, Hubert Aquin a été romancier, scénariste, journaliste, militant et directeur littéraire aux Éditions La Presse, au milieu des années 70. Son Prochain épisode (1965) a profondément marqué la conscience littéraire du Québec par son questionnement politique, esthétique et philosophique. Hubert Aquin a mis fin à ses jours le 15 mars 1977.
Marie-France Bazzo s'entretient avec Denise Bombardier ![]()

3 février, 15 h 53 - Je n'en peux plus. Il faut que je dise mon mot. Les commentaires sont intéressants à lire, mais parfois troublants. Je ne suis pas d'accord avec ce que je viens de lire sur l'attitude de M. Lebeau. Je me faisais justement la réflexion que Mme Laurier prenait ça trop au sérieux (ce qu'elle a admis elle-même aujourd'hui) et que ça gâchait un peu l'ambiance, qui devrait être, à mon sens, passionnée mais festive. Le but n'est pas de «descendre» un livre, mais de communiquer le plaisir de lire, tout simplement, et ce, de façon ludique, en se disant que tous les goûts sont dans la nature. J'ai trouvé Mme Laurier très dure en qualifiant le roman de Dompierre d'«insipide»... On a le droit de ne pas aimer un livre mais, dans un tel contexte, j'aurais employé un autre mot. Et, bizarrement, c'est la plus dure qui est la plus susceptible. Visiblement, M. Lebeau a touché un point sensible en parlant de la culture nécessaire à la compréhension du roman de Aquin. C'est un signe d'insécurité de sa part parce que, selon moi, il n'y avait rien de méprisant dans ce qu'a dit M. Lebeau. La lecture de Aquin nécessite un bagage particulier, des références précises pour bien apprécier le roman. Je n'y vois rien de péjoratif. On peut être curieux, ouvert, cultivé dans certains domaines, sans toutefois tout connaître et ce n'est pas une honte. (Cela étant dit, ce n'est qu'un bémol que je souligne; ça ne m'empêche pas d'avoir apprécier la présence de Mme Laurier : d'ailleurs, je partage son avis pour le roman de Jean Barbe). Pour ce qui est du roman de Dompierre, ça m'a donné très envie de le lire. Mais je dois quand même mentionner que l'auteur lui-même me semble manquer sérieusement de «classe», ou d'«humilité», disons. Ses commentaires sur ce site me l'ont rendu très antipathique et je ne dois pas être la seule.... Contrairement à M. Houde qui, lui, m'a beaucoup plu. Finalement, je souhaite longue vie au Combat des livres, je dis merci à tous les panélistes pour ces bons moments et je souhaite que, pour la prochaine version, on consacre l'heure au complet à cet échange. Ça passe très vite et 1 heure par jour pendant 1 semaine consacrée à la littérature, ce n'est pas de trop. Et souhaitons que les prochains concurrents (et les auteurs et auditeurs!) se rappelle qu'il s'agit ici de transmettre le plaisir de lire. Janice C. trois-rivières 3 février, 13 h 56 - Mon commentaire concerne davantage la façon dont Pierre Lebeau a défendu ce livre que "Prochain épisode" en lui-même. Selon ma "lecture", les échanges entre Lucie Laurier et lui ont pris une désagréable tournure d'affrontement après qu'il lui ait répliqué que pour pleinement accéder à ce livre, il fallait posséder une certaine culture. (Ce qui semble bien être vrai, encore qu'à mon sens les mots de "points de repère quant au contexte socio-historique" auraient mieux rendu l'idée exprimée que le mot "culture".) Mais le ton qu'il a alors utilisé portait une forte charge émotive qui laissait clairement entendre que elle, Lucie Laurier, ne possédait pas cette culture (ce qui est peut-être le cas compte-tenu de son âge), et que ses réserves sur le livre découlaient uniquement de ce manque de points de repère. J'y ai perçu de la condescendance et une subtile forme de mépris envers Mme Laurier, qui a répondu selon moi avec beaucoup de courage et de dignité à cette attaque en douce. Et c'est là que ça dérape. Pierre Lebeau s'est empêtré en balançant toutes sortes d'arguments de nature rationnelle, alors que ce qu'il avait de mieux à faire aurait été de préciser qu'il regrettait de l'avoir personnellement attaquée en lui disant que si elle n'était pas emballée par Aquin, son opinion quant aux aspects littéraires de ce livre, au-delà des éléments liés à la contextualisation historique, ne valait rien. Le lui dire clairement. Et non pas au détour d'une phrase quasi-inaudible prononcée bien trop tard le lendemain où il spécifiait que ses propos ne visaient personne en particulier. Il aurait alors fait preuve de respect, de savoir-être et de cette merveilleuse qualité hélas si rare, la simplicité d'admettre que certains propos peuvent parfois dépasser notre pensée dans le feu de l'action. À moins bien sûr qu'il ne croit vraiment que Lucie Laurier est une cruche, une potiche vide, ce en quoi il ferait preuve d'un manque flagrant de perspicacité. Lucie Laurier est certes très jolie, visiblement avantagée par la nature (beau visage, corps superbe, voix agréable), mais elle vient de prouver à tous qu'elle est surtout une jeune femme réfléchie, intellectuellement curieuse, d'une belle sensibilité humaine et possédant le sens de la nuance. Et aussi, capable de se défendre tout en restant mesurée. Dommage que Pierre Lebeau n'ait saisi aucune des perches qu'elle lui a tendues l'invitant à retirer cette attaque injustifiée. En faisant amende honorable, il aurait regagné à mes yeux les galons que cette malencontreuse algarade lui a fait perdre. Carole Salois Sherbrooke 3 février, 11 h 15 - Faire attention au titre Sans vouloir atteindre à l'effort donné par Pierre Lebeau, j'aimerais me permettre de rajouter à celui-ci en répondant à l'argument voulant que Prochain Épisode soit un livre daté. Je ne me servirai, pour cela, que du titre dudit roman. En effet, en admettant que le propos nationaliste demeure présent au Québec depuis la parution de l'oeuvre d'Aquin et que cette dernière doit être placée dans son contexte socio-historique pour être pleinement appréciée, il ne faut pas omettre la signification du titre, qui elle comporte une dimension intemporelle. Le titre ne prend toute son ampleur qu'à la toute fin du roman, après l'échec du personnage principal. Réalisant son inaptitude à servir le mouvement séparatiste, il appelle un prochain épisode, il appelle au meutre de la figure de H. de Heutz (servant de métaphore), une suite qu'il ne pourra écrire, mais qu'il veut écrite. C'est donc à travers la structure du roman et l'importance du titre dans celle-ci que Hubert Aquin remet entre les mains du lecteur, de tous ceux qui soutiennent l'idée de la nation québécoise, le combat pour l'émergence d'un Québec libre... En ce sens, le roman ne connait pas de véritable fin, et s'étire jusqu'aujourd'hui. Timothy Weiss Montréal 3 février, 10 h 07 - Ne vous inquiétez pas, je ne partirai pas à la chasse aux « bourreaux» d’Hubert Aquin. J’ai peut-être voulu démontrer dans mon emportement réel que oui, la langue, les mots, les discours peuvent encore avoir une valeur de subversion et qu’ils peuvent encore déranger. On oublie que la langue peut être subversive aujourd’hui, car tous les discours que nous entendons (au premier chef ceux des politiciens) cherchent à rallier le centre, à éviter la marge, et tendent vers l’homogénéisation – faut-il rappeler le congédiement de François Parenteau. Seuls les écrivains, les chanteurs, les poètes, les conteurs ont encore cette liberté de parler avec des mots que nous n’entendons plus; seuls des artistes de la trempe d’Hubert Aquin peuvent encore nous réveiller de notre coma collectif, qui est bien réel. En ce sens, je l’admets, la participation de Prochain épisode au combat des livres est un premier pas, qui j’espère nous mènera loin. Merci monsieur Lebeau. David Prince Montréal 3 février, 9 h 45 - vendredi 3 février 2006 / 9 heures Bravo Pierre Lebeau . Prochain épisode est et reste un livre magnifique. Un livre sans âge qu'on relira dans cent ans. J'ai vraiment beaucoup aimé ce livre. J'ai surligné tant de phrases que je relis avec plaisir par la beauté d'écriture, du style mais aussi par l'aspect touchant à si bien traduire son mal de vivre, son mal du pays à naître et son mal d'amour. Un paragraphe entre tout me reste très présent et il est à la page 47 de mon édition,le voici : << J'ai peur de me retrouver à cette espace rétréci; j'ai peur de me retrouver différent à force de boire l'impossible à gueule ouverte et, en fin de compte, de n'être plus capable de marcher de mes deux pieds quand on me relâchera. J'ai peur de me réveiller dégénéré, complètement désidentifié, anéanti. Un autre que moi, les yeux hagards et le cerveau purgé de toute antériorité, franchira la grille le jour de ma libération. Le mal que je ressens m'appauvrit trop pour que j'éprouve, à tenter de le désigner, le moindre soulagement.>> Vive Le combat des livres ! J'attends cette période avec beaucoup de bonheur. C'est mon festival du livre, un temps d'arrêt pour lire et lire et bien sûr vous écouter. Marie-France Bazzo fait bien de rappeler que c'est un jeu et rien d'autre qu'un jeu. Margot Desjardins, Gatineau Margot Desjardins Gatineau, Québec 2 février, 21 h 20 - Je suis aussi déçu que "Prochain Épisode" n'ait pas survécu. Certes, toute appréciation d'un livre (ou d'une oeuvre d'art) est affaire de subjectivité, mais les panélistes (et les clubs de lecture!!) devraient au moins s'entendre sur les critères par lesquels on juge un livre. Or, les critères qui semblent avoir été selectionnés par les panélistes (à savoir, l'accessibilité d'une oeuvre, et sa pertinence au regard actuel) me semblent profondément injustes. L'appréciation subjective qu'une oeuvre est actuelle ou non ne devrait jamais servir de critère---à ce compte, il faudrait trouver raisonnables le jugement des régimes communistes qui rejetaient les oeuvres qui n'illustraient pas le matérialisme dialectique!!! Par ailleurs, une raison non-soulignée pour laquelle je trouve que "Prochain épisode" est un classique de la littérature québécoise est l'authenticité de son écriture. Parfois, l'écriture est virevoltante, et elle exprime avec authenticité que l'auteur est effectivement frénétique dans la situation qu'il décrit. D'autres fois, l'écriture est souffrante et pénible, et on sent bien que le narrateur ressent bien ces sentiments et qu'il réussit à les exprimer avec justesse. Finalement, j'aimerais répondre à la critique de Madame Cormier, qui me semble mélanger deux sujets distincts lorsqu'elle critique injustement Nancy Houston. La principale critique de Mme Houston est que les auteurs dont elle décrie leur nihilisme ne sont pas authentiques. Elle ne critique pas que ces auteurs choisissent des sujets qu'on aimerait mieux taire; elle critique plutôt qu'ils le font avec une voix pleine d'humour, ironique, exhalante, bref avec une expression qui entre en contradiction même avec la doctrine qu'ils professent. Ces auteurs critiquent la vie alors que la forme de leur expression la célèbrent (relisez la page 346 pour trouver cette conclusion). Aquin, quant à lui, échappe à cette critique justement parce que son écriture, tantôt exhaltante, tantôt sombre, est authentique à ce que dégage le roman, tantôt l'espoir, tantôt le désespoir. Marc Pelletier Montréal 2 février, 20 h 46 - Il faut relire Prochain épisode ne serait-ce que pour en apprécier le rythme et la pertinence. Il témoigne du Québec d'hier et d'aujourd'hui, de la difficulté d'ëtre. Cet homme passionné , blessé, discret que plus rien ne pouvait retenir à la vie. Madame McTeer : Avez-vous lu le roman d'Hubert Aquin? Comment avez-vous trouvé la traduction anglaise? Avez-vous lu le livre en anglais ou en français? Merci. Marie-Gabrielle Paquet Québec 2 février, 15 h 31 - Comme c'est émotif tout cela! Les défendeurs de M. Aquin (et je le répète, d'un message précédent, on parle d'un mythe contre quatre livres) envahissent même les forums des autres concurrents pour y déverser leur désarroi... Le classique débouté devant des jeunots d'à peine quelques années... Cette grandeur, cet exemple pour nous tous, colonisés à la mémoire courte... Comment ont-ils osé??? Ce livre qui parle (entre autre chose) avec éloquence d'amour de la patrie! Cette patrie tout à coup si facile à mépriser pour son inconscience et son manque de culture!!! Assurément, une injustice a été commise ici. Mais l'injustice n'est pas où elle semble. L'injustice est de constater que la plupart des gens qui sont offusqués de cette élimination font probablement partie de ceux qui trouvent que le Québec est trop mou et refuse les débats d'opinion... Car il s'agit bien ici d'opinions et de critères subjectifs... Si les critères étaient objectifs, il n'y aurait pas de débat, que des faits... Alors acceptons qu'un opinion a été exprimée et qu'elle a sa place. Qui plus est, cette opinion fait partie d'un JEU... Participer à un jeu seulement lorsqu'on a l'assurance de gagner ou rabaisser son adversaire dans la défaite... c'est pour les enfants... p.s. avant de me le faire dire, bien sûr, il y a toujours la manière avec laquelle la chose est faite... mais je crois que ce matin, le débat est resté relativement propre et civilisé (pour ne pas dire ennuyant) comparativement aux matins précédents. Marc-André Giroux St-Élie d'Orford 2 février, 15 h 29 - Je suis decu que le livre d'Hubert Aquin ait été éliminé. C'est vrai que son style soit un peu macabre par moment. Cela dit que pour plusieurs, on n'aiment pas être confrontes a cette réalité noire présente en nous-mêmes. On la repousse, et par le fait même on se condamne malheureusement a y demeurer. Peut-être que la grande noirceure au Québec, en fait, n'a jamais cessée pour plusieurs. Ce que j'aime de cet auteur, de cet homme, c'est sa grande lucidité, son audace et sa grande franchise. Pour moi c'est un des grands (ou le grand) révolutionnaire du Québec; notre El Che Guevara a nous. Michele Aubin Californie 2 février, 14 h 12 - Lorsque M. Lebeau disait qu'il fallait argumenter quant au style littéraire de ce livre et non pour les opinions politiques qui en découlent, selon moi, son analyse était pertinente. Je crois que ce livre a été éliminé pour de mauvaises raisons. Nicole Quimper Ste-Foy 2 février, 13 h 01 - Difficile Prochain Épisode? Peut-être. On me l'a présenté, il y a trente ans, à ma première année de cégep. J'étais alors très loin d'être un "intellectuel cultivé" et mon parcours de la littérature s'amorçait à pein. Je l'ai dévoré, avec une relative facilité, et ai surtout été immédiatement conquis par sa force, sa résonnance (toujours actuelle comme l'affirme si bien Pierre Lebeau), et ses indéniables qualirés formelle. Depuis, je l'ai relu et relu, et relu, probablement plus que tout autre ouvrage. C'est à mon sens, avec l'Avalée des avalés, parmi les oeuvres les plus importantes et les plus fortes de la littérature québecoise. Dommage qu'il ait été éliminé au profit d'oeuvres fort valables, mais sans doute beaucoup plus éphémères. Merci à monsieur Lebeau de l'avoir défendu avec tant d'intelligence. Marc Gourdeau Québec 2 février, 12 h 45 - Plus qu'avec prochain épisode, c'est avec Trou de mémoire que j'ai découvert Hubert Aquin. Une découverte, que dis-je, un choc. Je me souviens parfaitement du lieu, sur quel canapé j'étais assis (il était noir avec des picots blancs) et dans quel position. Je découvrais alors une littérature brillante, une narration déconstruite, une structure audacieuse. En trame de fond il y avait bien le propos politique, mais ce n'était pas le plus important. De ma vie je n'ai jamais eu de choc culturel si important et significatif que celui-là. C'est Aquin qui m'a ouvert à une littérature différente qui m'a par la suite conduit au Nouveau roman. J'ai lu beaucoup d'autres livres depuis, mais aucun ne m'a marqué de façon aussi forte et durable. Qu'un tel auteur soit sur la ligne de départ avec des romans dans l'air du temps est étonnant, mais bon, passons. Qu'Aquin soit éliminé avec si peu de considération me fait rugir. Mais je me console, dans 10 ans, plus personne ne se souviendra ce ces petits romans de Dompierre ou de Barbe, on aura aussi sans doute oublié le touchant témoignage de Francine Noël, mais Aquin sera toujours d'actualité. Aujourd'hui il a perdu une bataille, mais dans le ciel il est écrit en lettres de feu que la guerre, c'est lui qui l'emportera. Jean Milot Laval 2 février, 12 h 10 - Message pour M. Pierre Lebeau Je suis à lire Itinéraires d'Hubert Aquin - Chronologie, BQ Littérature. L'auteur : Guylaine Massoutre.C'est extraordinaire. Je suis époustouflée de toute l'énergie que cet homme a déployé tout au long de sa vie. Ce livre est une énumération des activités personnelles et professionnelles de l'homme. Par année. Chaque chapitre nous présente le contexte socio-politique. Je ne sais pas quel effet ce livre peut avoir pour d'autres générations mais pour une baby-boomer comme moi, c'est tout mon parcours de vie qui y passe. Exemple : en 1967, je travaillais à l'association des étudiants de l'université de Montréal, Aquin y était bien présent; il y avait dans notre réserve, une bonne cinquantaire d'exemplaires de Prochain épisode...Moi qui arrivais de Québec, j'avais questionné la présence de ce livre. Je comprends bien maintenant comment la chose avait de sens.. Lise Tremblay Montréal 2 février, 11 h 56 - C'est un classique et je trouve très triste que ce livre fut éléminé, suis fortement d'accord avec M. Lebeau et sa déception, je trouve également le débat inégal, on ne compare pas des pommes et des tomates, un classique de la littérature québecoise devrait être en "combat" avec d'autres classiques. Merci. Grazynka Shaarani Philadelphie (USA) 2 février, 11 h 24 - Le jour où le Québec aura acquis son indépendance et aura ainsi posé le geste qui le délivrera de son sentiment d’impuissance, de peur et de colonisé, ce jour-là on pourra se permettre d’éliminer un livre comme Prochain épisode. Le mal est maintenant fait. Encore une fois, on se conforte dans notre indicatif présent, dans notre intimité, notre individualisme et notre indifférence, au lieu de dire OUI à l’histoire et OUI à la mémoire, au lieu d’écrire collectivement le début du prochain épisode, celui dont le peuple québécois a besoin pour se sortir de son amnésie crasse, dans laquelle les participants du Combat des livres (j’entends les bourreaux d’Hubert Aquin) semblent se complaire. C’est bel et bien une honte nationale, mais qu’importe, tout le monde s’en fout. David Prince Montréal 2 février, 11 h 14 - Le débat que je viens d'entendre sur la pertinence de mettre en valeur un classique au détriment d'un ouvrage contemporain et l'expulsion du roman Prochain épisode m'amènent à vous écrire. Il est vrai qu'on enseigne Prochain épisode dans les universités et qu'une minorité d'étudiants qui fréquentent les programmes de lettres en font parfois la lecture et l'analyse, mais je pense que ce livre aux airs compliqués et profondément inscrit dans l'histoire gagnait à être apprivoisé en ondes pour le bénéfice de tous ceux qui n'auraient pas encore eu la chance de s'y frotter. On se plaint d'une jeunesse qui s'intéresse davantage au magasinage qu'à la politique, inculte lorsque vient le temps de parler d'histoire et même d'amour. Il me semble qu'une présence prolongée au Combat des livres aurait pu inciter bon nombre de personnes à lire Prochain épisode et contribuer à renforcer notre imaginaire collectif. Monsieur Lebeau (et autres défaits du Combat des livres), si les lofteurs sont reçus sur les plateaux des émissions du matin et font une tournée radio le lendemain de leur éviction, il est permis de rêver que le télé-journal de 18 h, les Lionnes de la fausse, Véro (qui reçoit elle-même des star académiciens en quantité) et Homier-Roy daignent vous inviter à lancer un dernier cri du coeur en faveur de ce livre que vous avez défendu de votre mieux. Que le combat continue! Danielle Lavoie Montréal 2 février, 10 h 51 - Les arguments qui jugent le livre trop difficile : faut-il fermer les musées d'art contemporain car c'est un art trop difficile d'accès? Éléonore Bernier Montréal 2 février, 10 h 03 - Le féministe à la Guénette imposé. Partout. Je veux bien même dans un combat des livres. Vivons maintenant avec les résultats, nom de Dieu. Charles Dionne laval 2 février, 9 h 41 - La lecture des commentaires plus que pertinents des internautes me fait croire plus que jamais qu'il est d'abord question de subjectivité. Si les panélistes n'avaient pas été les mêmes, le combat aurait sans doute été très différents. Car s'il faut avoir le courage et la détermination de défendre le livre qu'on a choisi, il faut aussi avoir la lucidité d'admettre la grandeur et la puissance d'un autre livre que le sien. À mon avis, le livre d'H. Aquin est tout simplement à part. Non pas que les autres livres ne soient pas bons, mais avec Prochain épisode, nous sommes en face d'un livre qui passe à l'Histoire. Je n'entrerai pas dans tous les détails politico-philosophiques pour prouver cette affirmation. L'extraordinaire qualité de ce livre et sa force d'interpellation suffisent à elles seules. Cela m'amène à dire qu'il faurait peut-être resserrer les critères de sélections des livres-vedettes du combat, afin de mettre sur pieds des catégories (poids léger, poids moyen... etc., vous voyez le genre!) Et puis, au fond, peut-être pas, si cela nous donne une occasion de prendre conscience des géants littéraires que le Québec a engendré. Merci à tous de consacrer ce temps à la littérature. C'est comme une grande bouffée d'air frais! Camille Allaire Montréal 2 février, 0 h 22 - Argument pour, argument contre, à vous de voir, mais la chose vaut la peine d'être rappelée : Prochain Épisode fut le vainqueur du concours CBC Canada Reads 2003! Jeanne Bovet Montréal 1 février, 17 h 40 - Personne ne parle de l'amour du pays (et de l'amour tout court!) de manière aussi éloquente qu'Aquin. Je trouve qu'il y a quelque chose d'incroyablement révélateur dans le parallèle tracé entre l'intériorité du héros ("plonger au fond des choses...") et le doute qui néanmoins l'habite constamment, reflètant une sorte de paralysie de la société québécoise, une peur d'avancer... Je ne crois pas que la voie adoptée par Françoise Guénette lors du débat de mardi pour critiquer Prochain épisode soit la bonne. Quand Mme. Guénette accuse Aquin de "romantisme révolutionnaire", selon elle une "idéologie meurtrière", elle implique que les livres aux thèmes controversés sont de valeur moindre, ou devraient être lus avec précaution... À ce compte, on refuserait Dostoïevski car il traite du parricide; on discréditerait "L'Apprentissage de Duddy Kravitz" en raison des turpitudes du personnage principal -- bref, on se limiterait à bien peu de livres. Il faut savoir tracer une ligne entre l'auteur et le récit. La littérature est fiction et il faut l'apprécier comme telle, pour elle-même... Alex Bellefleur Québec 1 février, 13 h 11 - Comme l'année dernière, je suis agacée par l'utilisation de critères moraux ou idéologiques pour critiquer un livre. À ce compte-là, il faudrait éliminer de la littérature mondiale Céline, Sade, Cohen et bien d'autres auteurs. Jugeons les livres en tant qu'oeuvre d'art. Le critère d'universalité est également trompeur. Une lecture peut sembler démodée dix ans après sa publication et pertinente 100 ans plus tard. "Candide" de Voltaire est un bon exemple. Cet auteur croyait survivre à la postéritié par son théâtre!!!. La "lisibilité" est un autre critère qu'il faudrait voir disparaître. "L'avalée des avalés" est réputé "difficile" mais il a gagné l'an dernier. Maryse Pellerin Montréal QC H2J 3T1 1 février, 13 h - Madame Guénette, faut-il tasser Aquin parce qu'il ne dit pas ce qu'on voudrait sur l'homme québécois le Québec et la mort? Ce n'est évidemment pas le rôle de l'artiste. stéphane laporte québec 1 février, 11 h 15 - ouf! Hubert Aquin l'a échappé belle aujourd'hui mais j'ai comme l'impression qu'il sera vite remis en danger... Je dois dire que je ne peux pas croire ce que j'entends à propos de la critique de ce livre. D'abord, ce n'est pas un livre si difficile que ca. Bien entendu, on ne comprends pas tous les "codes" et il y a des mots et des références culturelles que je n'ai pas compris, mais bon? qu'est-ce que ca change? Doit-on tout comprendre toujours? Ensuite, je ne pouvais pas croire les propos de Françoise Guénette? Doit-on rappeler que les romans ne sont pas fait pour être des livres de pop psychologie? Que ca saigne, que ca se batte, que ca révolutionne! tant mieux! Je suis une jeune femme, féministe à 200% et je vois dans cette castration à outrance de tout ce qui est pulsion de mort quelque chose de très malsain. Oui, le livre de Aquin transpire la violence, la folie, l'amour halluciné, et puis? C'est cela la vie! Si tous les auteurs racontaient l'histoire de gentils fonctionnaires qui mangent des muffins au son je ne les lirais pas! Cette critique m'a fait penser à l'assommant "Professeurs de désespoir" de Nancy Huston où elle critique cette culture de mort qu'on retrouve souvent dans la littérature. Eh bien, que cela plaise aux bien pensants ou non, la mort fait partie de la vie, et tant mieux si on peut exorciser nos démons par des livres percutants. Et si le livre de Aquin est dangereux, qu'on le lise encore plus! Dans le temps, les livres dangereux étaient banis par l'Église et les gens les lisaient en cachette. Il est peut-être temps de passer à autre chose. Le livre de Aquin surclasse tous les autres, si ce n'est seulement au niveau de son style fulgurant. Et si certains voient dans ce livre la déroute des hommes, eh bien moi j'y vois exprimée de façon émouvante la déroute du peuple québécois et de voir que notre peuple nie cette propre évocation de son destin je trouve ca très très intéressant au point de vue sociologique. Au diable la littérature insipide de "matantes", nous sommes à une époque où nous voulons trop de lectures "confortables" pour nous rassurer d'un monde effrayant post 11 septembre. Moi je dis assumons notre destin collectif, assumons notre nature humaine, mettons entre toutes les mains des livres "dangereux" et difficiles. Dans les contes de Grimm, les sorcières arrachaient les yeux des méchantes princesses, et c'est ce qu'aimaient les enfants avant que Walt Disney ne se mette de la partie. Moi, pendant ce temps, je vais continuer à aller manger des muffins au son et j'espère qu'aucun personnage de roman ne m'imitera. Pierre Lebeau, ne lâchez pas! louise-marie cormier montréal 1 février, 10 h 48 - Dépassé? Étonnant argument : s'il y a un livre dont la lecture coïncide avec l'urgence de lutter contre l'esprit de notre temps, où il semble qu'il devient impossible de s'inventer un avenir, parce qu'on est prisonnier du présent insatisfaisant, n'est-ce pas la métaphore de toute identité humaine? Au fond, le thème politique, est secondaire. Mais peut-être est là notre impossibilité d'y voir ce que veulent dire les symboles. François Poisson Montréal 1 février, 9 h 25 - C'est moi ou bien Prochain Épisode est un des seuls livres du combat constamment identifié par le nom de son auteur? Trois fois sur quatre, c'est Hubert Aquin et non Prochain Épisode qui est mentionné pour référencer le livre. Il me semble que le combat devient inégal si quatre livres font face à un auteur et son aura... Marc-André Giroux St-Élie d'Orford 31 janvier, 19 h 58 - Prochain épisode est une révolution ponctuelle du roman québécois, qui n'a jamais été égalée depuis. Son âge ne peut constituer un argument contre lui : son propos et son rythme restent fascinants, même pour les jeunes lecteurs. Que son thème soit aujourd'hui dépassé ou non (ce qui demeure, de toutes façons, une question de point de vue personnel), ce livre permet, pour ceux qui se donnent la peine de parcourir d'eux-mêmes le chemin qui les séparent du contexte de l'oeuvre, un rapprochement inespéré avec l'ambiance révolutionnaire des années soixante au Québec. Parfois, c'est le lecteur qui doit s'adapter au livre, et toute la beauté de la lecture est là : se voir déstabilisé et transporté là où on ne serait pas allé. Marie-Hélène Jeannotte Sherbrooke 31 janvier, 16 h 06 - On m'apprend à l'instant que je suis atteint de maladie mentale et que je viens de me suicider. + + + Mon roman gagne donc en profondeur. + + + Yé! Stéphane Dompierre Plateau (Pas loin de chez Lucie). 31 janvier, 13 h 10 - Trop vieux, trop compliqué ? Le problème comme disait Denise Bombardier c'est que tout doit être accessible aujourd'hui. On ne peut plus se creuser les méninges pour comprendre. Il faut vivre dans l'instantanéité, comprendre tout de suite. C'est le nivellement vers le bas ça madame ! Il y a tellement de subtilités, tellement de profondeurs dans ce roman qu'il faut effectivement réfléchir, d'ailleurs ce sont les grands messagers qui sont devenus des classiques, c'est pourquoi leurs oeuvers nous parlent encore et parlent à tous. Un peu de ventre diantre ! Laissez-vous aller à la complexité des idées, élevez votre capacité de pensées, ça en vaut la chandelle, croyez-moi ! Joanne Mineault Outaouais Joanne Mineault Val-des-Monts (Outaouais) 31 janvier, 11 h 31 - Le second round est terminé et "Prochain épisode" a eu chaud! Comment peut-on dire de ce roman qu'il est dépassé? Oui, l'adolescence tumultueuse du mouvement souverainiste est révolue. Oui, le temps des amours fiévreux est maintenant derrière nous. Oui, l'heure n'est plus à la révolte armée et aux idéaux naîfs. Mais il faut voir cette oeuvre comme celle d'un témoin privilégié et talentueux de cette bouillante période de notre histoire. Telle une photographie, ce livre immortalise l'instant révolutionnaire du Québec. On ne peut, on ne doit, pas l'envoyer à la potence pour manque d'actualité! Accuse-t-on "Le père Goriot" d'être trop vieux, dépassé, d'un style vétuste? Non! car ce bon vieux Balzac nous raconte toute une société qui, si elle n'est plus, n'en a pas moins existé! La marque des classiques, me direz-vous, tient à ce que leur propos ne meurt jamais. La société scindée par la naissance que nous dépeint Balzac, l'ambition de parvenir, tout cela reste présent dans nos sociétés occidentales où combien de parents meurent pauvres pour que vivent riches leurs enfants. Mais d'Hubert Aquin, ne reste-t-il pas le sourd inconfort d'une nation qui ne se sent pas appartenir à ce Canada de plus en plus américain? Et l'amour? L'amour sur les rives du lac Léman? Cet amour est-il mort, dépassé? Qu'y a-t-il de plus éternel que l'amour? Et pourquoi "Prochain épisode" serait-il plus un roman d'espionnage révolutionnaire qu'une dithyrambe amoureuse? Question de point de vue, me direz-vous. Mais de grâce, prenez garde à ne pas envoyer l'amour à la mort parce qu'elle s'y trouve enchaînée à la révolution! Jules Racine Québec 31 janvier, 11 h 19 - Prochain épisode Hubert Aquin C'est vrai qu'il y a longtemps que je l'ai lu pour la première fois. La deuxième lecture date aussi. Ce que j'ai retenu, c'est qu'au moins une fois dans la vie, il faut lire un livre de ce genre. Je pense qu'il aide à se découvrir. Les réactions aux mots, aux phrases, aux personnages, aux événements sont ou fortes ou nulles mais pas mitigées. La première impression doit être évaluée. Celle de la relecture aussi et dans mon cas elle n'a pas été la même autant pour la différence d'âge que de philosophie de la vie. Michelle Théroux Sorel-Tracy 31 janvier, 11 h 15 - "Prochain épisode" On a évacué jusqu'à maintenant dans la discussion le fait que ce livre est l'oeuvre d'un malade mental qui s'est finalement suicidé.Quand on le lit avec cette idée-là en tête , le propos politique violent apparaît non seulement dépassé mais comme un délire.Le contexte dans lequel il a été écrit ,en milieu psychiatrique,confirme mon propos. Ceci , c'est certain , n'attaque en rien la légitimité du roman sur la plan littéraire mais plutôt son message politique. Michel Juneau Brossard 31 janvier, 11 h 05 - Quand Prochain Épisode a remporté la version anglophone du Combat des livres, je l'ai acheté et lu par curiosité. Je dois avouer que la lecture fut très pénible et ne m'a pas apporté grande satisfaction. Pourtant le sujet était attirant. Je sens que je m'attaque un peu à l'habit neuf de l'empereur en n'aimant pas ce bouquin. Cependant, il faut le dire et il faut le faire. Appel à tous : rejetez ce livre qui ne mérite pas de gagner à nouveau. P.S. S'il gagne encore une fois, je promets de le relire! Larry Landry Balmoral (Nouveau-Brunswick) 31 janvier, 10 h 46 - Je viens d'entendre ce commentaire de Louis-José Houde concernant le livre d'Aquin : «Je pense que c'est un livre que j'aime mais je ne le sais pas encore.» Je crois que c'est là la marque d'un grand livre... il fait son chemin dans notre esprit, notre coeur... et se rappelle à nous régulièrement et finit par s'imposer. Ghislaine Maurais Mont-Tremblant 31 janvier, 10 h 23 - Je vois difficilement comment un autre livre que Prochain épisode pourrait gagner le combat des livres. J'ai 26 ans et j'ai lu pour la première fois Prochain épisode cette semaine (!) à cause de votre émission. J'avais lu de Aquin Trou de mémoire et j'avais aimé, sans plus. Prochain épisode m'a tout simplement jetée par terre. Je ne peux pas croire qu'on ne nous fasse pas lire ce livre au cégep ou au secondaire plutôt que de nous imposer le cortège des maria chapdeleine, bonheur d'occasion et autres "Plouffe" (quoi que ces livres aient aussi leur intérêt). Hubert Aquin devrait être célébré comme l'un des plus grands auteurs québécois et pourtant, il est presque inconnu en dehors des milieux intellectuels... Un style à couper le souffle, l'action, l'analyse du nationalisme, la complexité du récit, l'émotion : je vois mal comment l'un des autres 4 romans pourrait arriver à la cheville d'Aquin! Merci à vous pour cette découverte : il était grand temps que je découvre Prochain épisode et il est temps que plus de gens le découvre. marie dupont montréal 31 janvier, 9 h 27 - Prochain épisode. Ça fait longtemps, peut-être presque 30 ans. J'avais 17 ans, et le prof de français du cegep voulait que l'on reprenne le style de Aquin sur une page... Une page que je finissais, si ma mémoire m'est fidèle, par ces mots aproximatifs, trente ans plus tard : Mon bras droit levé, et ma main jusqu'au bout de ses doigts turgescents, en érection, saluant la swastika... Bon j'avais 17 ans. Ce livre, pour moi, exhalait le fascisme... ...je promets de le relire. pb paul béliard montreal 31 janvier, 1 h 34 - Yeah! I think they are right! Mais j'y ajouterais une chose : si la force de Prochain Épisode réside justement dans la fibre littéraire qu'on y vante tant; si ça peut être trippant pour les dérangés et les desaxés sociaux maniaques, Dieu sait que c'est pas pour tout le monde. Aussi, important de faire valoir son côté réellement fendant : l'action. Comme vous le disions précédemment, le rythme halletant qui tient un récit boguant où histoire d'amour (amour du Québec/amour d'une femme) et drame d'espionnage se confondent ça te fait un résultat assez décapant merci! Ben sûr le postmodernisme qui badigeonne épais s'il sert il nuit aussi (et le détruit?). Faire donc valoir qualité intrinsèque ouverture d'esprit muffins au son et café au lait. Bastien Leboeuf Melocheville 30 janvier, 19 h 54 - De la difficulté de lire Aquin. J’en ai un peu marre d’entendre que c’est difficile de lire Aquin. Pour ma part les phrases d’Aquin c’est tout simplement de l’eau qui coule. Terriblement moins difficile que de lire la presse économique ou les nouvelles du sport! Au départ je pense que d’inviter Madame formidable, pardon, Madame Bombardier pour parler d’Aquin était une mauvaise idée. D’abords elle sait tromper royalement sur deux ou trois détails d’importance, merci monsieur Lebeau de nous avoir rappelé qu’il a écrit Dernier épisode PENDANT qu’il était interné, et non pas avant! Mais surtout parce qu’elle est restée superficielle devant l’œuvre; « je connais des femmes qui ont aimé Aquin… » (sic!) en évitant bien de nous parler du réel malaise social, et de la remise en question fondamentale du bien pensé québécois contenues dans le livre. stéphane laporte québec 30 janvier, 11 h 04 - Félicitations à Pierre Lebeau d'avoir choisi Prochain épisode! On n'entend pas assez parler de ce bonhomme dans notre monde littéraire, comme si nous n'avions pas de mémoire... Je pense que votre espace de combat sert à faire connnaitre de nouveaux auteurs ( comme Dompierre) mais aussi, et c'est magique, des fondateurs comme Aquin. Mais attention avec le personnage, il n'est pas prouvé q'il ait complètement écrit PÉ dans un institut. Il ne faudrait pas faire comme c'est la mode et expliquer l'écriture par le contexte parce que Aquin était capable de bouleversement littéraire bien en dehors de la captivité (L'antiphonaire, par exemple... ouf!) Ne vous servez pas de son aura pour donner de l'importance à son écriture, les mots sont amplement suffisants! Merci M Lebeau. Sara-Émilie Roche Montréal 29 janvier, 13 h 38 - La première phrase de ce livre est fichtrement belle, mais c'est la seule que j'ai lue. Je ne sais pas pourquoi ce livre me fait peur. Ginette Landry Maria (Qc) 23 janvier, 15 h 12 - Roman-pays, roman de l'exécution de soi, autofiction ?!... On a donné plusieurs manteaux à ce livre. On a même cru voir un candidat possible pour le Nobel de littérature! Or, malgré que ce soit un roman complexe, intellectuel, cathédral... un roman qui traite de sujet délicat (la poétique du suicide comme expression d'un malaise collectif)... bref un intouchable... Prochain Épisode déploie tout un souffle poétique qui place l'oeuvre au rang des oeuvres littéraires inoubliables... L'incipit demeure à tout jamais gravé dans la mémoire collective et dans le limon du fleuve... Cuba coule en flamme au milieu du lac Léman pendant que je descends au fond des choses... Du même coup, comment ne pas évoquer la figure de l'écrivain Aquin, à l'instar du narrateur de Prochain Episode, écrivant son roman (à l'Institut Albert-Prévost) sans quelque nostalgie... Je lui donne mon vote. Julien Bourbeau Bucarest-Montreal 22 janvier, 17 h 21 - Je ne peux faire autrement que lever le sourcil droit lorsque certains lecteurs des générations précédentes doutent de la capacité qu'a Prochain épisode d'émouvoir la torupe de jeunes lecteurs de laquelle je fais partie. Bien que personnel, voici un argument qui viendra sans doute calmer l'inquiétude des aquinistes vieillissants : n'ayant aucun intérêt pour la littérature lors de mon arrivée au cégep, la lecture - à tout hasard, comme roman choisi instinctivement dans une liste - de Prochain épisode m'a tellement fouetté que je complète actuellement un baccalauréat en littérature, pour ensuite, vous l'aurez compris, pouvoir me consacrer entièrement à Aquin lors de la maîtrise et du doctorat (certains disent d'ailleurs qu'il est devenu impossible de faire des études supérieures en littérature à l'UdeM si on ne veut pas traiter de Proust ou d'Aquin... c'est dire à quel point il est loin de tomber dans l'oubli). Car bien que la question nationale soit bien évidemment présente dans son oeuvre (on a d'ailleurs fini bien rapidement par en faire le tour), ce qui fait d'Aquin le grand écrivain qu'il est avant tout son travail sur l'écriture. Car ce cher Hub a confiance en l'intelligence de ses lecteurs et n'hésite jamais à mettre le paquet pour nous étourdir (et, par le fait-même, pour nous stimuler). J'ai lu Prochain épisode au moins 6 fois (dont les 2 traductions anglaises... « Cuba sinks flaming in Lake Geneva while I sink to the depth of things »!) et je me fais un devoir de relire sa bibliographie entière à chaque année. Je m'indigne du fait qu'il ne soit pas naturellement reconnu comme notre plus grand écrivain national, puisqu'il est le seul à selon moi être de calibre réellement international. Et je m'indigne encore plus du fait que le buste à l'entrée du pavillon Hubert-Aquin de l'UQÀM ne soit pas le sien. Espérons seulement que sa victoire (assurée!) à votre concours participe au rayonnement posthume de ce grand esprit. Mathieu Poulin Montréal 19 janvier, 9 h 51 - Je ne vois tout simplement pas comment un autre livre que "Prochain épisode" pourrait remporter le combat des livres dans le contexte politique actuel. Bien sûr, il a déjà un bon bout de chemin de parcouru, de critiques élogieuse à son endroit et, si ça se trouve, plusieurs prix remportés depuis la découverte de l'Amérique. Son histoire est faite, solide et consentie. Mais à la vérité, je souhaiterais peut-être qu'un des autres livres a la barre remporte le combat, question qu'on arrête de se référencer aux réussites passées comme d'obsessifs rétrogrades abonnés aux "bon vieux temps" et qu'on se mette à chercher l'ardente flamme du talent qui brûlerait les planches de nos librairies contemporaines... Jeanmichel Côté Montréal 18 janvier, 13 h 36 - Voici quelques liens qui pourront être utilies à Monsieur Lebeau : http://www.ledevoir.com/histoire/90ans/90_aquin.html Le célèbre article où Jean Éthier Blais affirme : "Nous n'avons plus à chercher. Nous le tenons, notre grand écrivain. Mon Dieu, merci." http://felix.cyberscol.qc.ca/LQ/auteurA/aquin_hu/aquin_h.html Survol rapide quoique assez précis de la biographie et de l'oeuvre d'Aquin. Christian Roy Montréal (Québec) 18 janvier, 13 h 21 - Bonjour Monsieur Lebeau, Voici quelques idées. Premièrement, Prochain Épisode est un des premiers, sinon le premier, a traité vraiment de la séparation possible du Québec -- je n'ai sans doute pas à parler des liens avec le RIN qu'entretenait Aquin. Sa construction narrative, où le personnage principal semble souffrir de schizophrénie (car plongé dans une histoire de prison (l'histoire d'Aquin) et celle de l'espion en Suisse), représente bien la figure canadienne-française des années 60 : moitié frog, moitié square head. Indécis entre l'indépendance et le confort indifférent. Prochain Épisode est carrément un témoignage sociohistorique du dilemme que vivaient plusieurs Québécois lors de la Révolution tranquille. Contrairement aux autres livres qui se livreront bataille, Prochain Épisode a traversé l'épreuve du temps. Ce n'est pas un "prix récent". Prochain Épisode a aussi causé tout un tollé à sa parution, l'éditeur ayant peur de choquer -- et pour cause. Ce n'est pas pour rien que l'éditeur avait refusé de publier L'Invention de la mort, le "véritable" premier roman d'Aquin car son sujet était jugé "trop délicat". On y retrouve plusieurs des thèmes importants de la littérature : l'amour, la mort, la liberté. C'est aussi un roman dont la richesse linguistique n'a été égalée que... par d'autres romans d'Aquin. À mon humble avis, Prochain Épisode est le seul roman dans la liste des 5 qui se battent qui peut définitivement être considéré comme un classique de la littérature québécoise. Les 4 autres sont tout simplement trop verts. Je comprendrais mal qu'un des 4 autres romans ne remporte le duel =) Christian Roy Montréal (Québec) 13 janvier, 14 h 07 - BONJOUR Je n'ai pas relu ce livre depuis 1970. Je ne pourrais donc faire de commentaires éclairés pour le moment.Toutefois j'ai travaillé sur le film tiré du roman de H.Aquin Prochaine Episode en 1967.Ce film a été réalisé par Louis-Georges Carrier de Radio-Canada avec des comédiens français et qébécois dont Michel Auclair,Huguette Oligny et Roland Chenail.Tout ça pour vous suggérez d'indiquer à Louis-José Houde,qui en ce moment farfouille dans les archives ,de mettre la main sur ce document.Ça pourra peut-être lui servir dans ce combat littéraire ainsi qu'à Pierre Lebeau qui aura besoin de toutes les munitions possibles pour défendre ce roman politico\espiono\policier.LIRE LIRE LIRE CONTINUONS LE COMBAT. JEAN-MARC ANDRÉ MONTRÉAL |
