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L'éthique dans le scandale des commandites
[3 mai 2005]

Le sociologue Guy Rocher et Yves Boisvert, professeur à l'École nationale d'administration publique (ENAP), nous livrent une réflexion différente sur le scandale des commandites. 
 
 
«La commission Gomery a transformé notre regard sur le scandale des commandites. Elle nous a dévoilé un système beaucoup plus complexe», avance Yves Boisvert. «L'éthique de la dimension politique s'élargit. C'est devenu un scandale de système», s'indigne-t-il en pointant du doigt le milieu politique, les apparatchiks, les financiers, les administrateurs publics, les fonctionnaires et les lobbyistes qui ont tous profité du système. 
 
En premier lieu, les aspects juridique et politique du scandale retiennent l'attention de Guy Rocher. Les valeurs morales sont jugées par le droit. «Mais le droit n'admet pas les valeurs morales comme telles», dit-il. En deuxième lieu, Guy Rocher est frappé par la réaction de la population à l'aspect moral du scandale: «La population s'est sentie trahie dans la confiance qu'elle accorde aux administrations publiques». Selon lui, la légitimité de tout l'appareil est remise en cause. «Que se passe-t-il dans d'autres départements? C'est inquiétant.» 
 
En conséquence, à quoi les citoyens doivent-ils s'attendre des élus? Qu'ils «travaillent pour le bien commun, en fonction des règles de nos sociétés», répond sans hésiter Yves Boisvert. Le professeur d'administration publique a répertorié 18 fautes dans le scandale des commandites, le népotisme étant la plus préoccupante. Selon Guy Rocher, la population s'attend à de l'intégrité de la part des politiciens. Le sociologue propose que les politiciens adoptent les mêmes règles que les juges: «Ils doivent avoir le même souci d'éviter l'apparence de partialité, une certaine ascèse». 
 
Yves Boisvert trouve la réaction des citoyens devant le scandale plutôt saine. «Ce scandale changera la démocratie. Nous devons publiquement nous scandaliser», ajoute Guy Rocher. Par ailleurs, Yves Boisvert s'inquiète du succès des partis populistes comme l'ADQ, qui profitent du cynisme des citoyens.

Écoutez la discussion (35:28)

Le scandale des commandites, Radio-Canada Information

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