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Éloge de la fuite Henri Laborit [Essais] Folio essais, 186 pages, 2-07-032283-1
 "Se révolter, c'est courir à sa perte, car la révolte, si elle se réalise en groupe, retrouve aussitôt une échelle hiérarchique de soumission à l'intérieur du groupe, et la révolte seule, aboutit rapidement à la soumission du révolté... Il ne reste plus que la fuite." Henri Laborit pose, à la lumière des découvertes biologiques, la question de notre libre arbitre, de notre personnalité même. La politique, la société, tout prend dès lors une autre dimension.

Proposé par : Chrystel Black, Montréal Son appréciation : Lu à l'âge de 18 ans, l'âge de tous les questionnements, ce livre a laissé une trace indélébile dans ma mémoire... Il a déclenché une prise de conscience. La thèse du livre (très simplifiée) est que la fuite, plutôt que la confrontation, reste la solution la plus souhaitable face aux contrariétés de la vie.
J'ai alors ainsi constaté que le livre était une belle occasion de 'fuite', dans un quotidien tourmenté pour rêver, se questionner, réfléchir sur le sens de la vie, et s'observer ?
Petit édito perso: Je souhaite d'ailleurs à TOUS les enfants de la Terre qu'ils puissent un jour avoir accès à ce luxe qu'est le livre. Je souhaite qu'ils puissent tous un moment s'arrêter de lutter pour survivre et puissent se plonger coeur et âme dans un bon livre qui les mêne là où leurs rêves les mènent. Peut-être alors le monde changera-t-il si TOUS les gens peuvent alors 'fuir' dans les livres ?
Son passage marquant du livre : « "L'Homme est enfin, on peut le supposer, le seul animal qui sache qu'il doit mourir. Ses luttes journalières compétitives, sa recherce du bien-être à travers l'ascension hiérarchique, son travail machinal accablant, lui laissent peu de temps pour penser à la mort, à sa mort. C'est dommage, car l'angoisse qui en résulte est sans doute la motivation la plus puissante à la créativité. Celle-ci n'est pas en effet une recherche de la compréhension, du pourquoi et du comment du monde, et chaque découverte ne nous permet-elle pas d'arracher un limbeau de linceul de la mort ? N'est-ce pas ainsi que l'on peut comprendre qu'en son absence celui qui 'gagne' sa vie la perd ?" » |
 | Commentaire des internautes :

Commentaire Mme Black donne, à mon avis, une interprétation fausse du livre d’Henri Laborit, en ce sens que Laborit ne dit pas dans son livre que la fuite est «la solution la plus souhaitable face aux contrariétés de la vie», mais affirme que la fuite est une option comportementale tout aussi valable que la lutte dans un contexte d’agression (pris au sens très large de ce qui menace l’intégrité physique d’un organisme vivant), alors que nos valeurs sociales privilégient grandement la lutte. Mme Black confond le sens premier du mot fuite, qui est l’action de fuir, avec son sens figuré, qui est celui de se dérober à une difficulté, à un devoir. Ce n’est pas du tout la thèse de Laborit. À qui aimeriez-vous l'offrir et quel en serait la dédicace? À tous les «gagnants» de notre société qui font de la vie une énorme arène de boxe.
Eric Coulombe, Rimouski 
Commentaire Je suis heureuse de constater que ce livre a laissé une marque indélébile dans le coeur de d'autres lecteurs. Je croyais être toute seule à le proposer, l'ayant lu en 1981. À qui aimeriez-vous l'offrir et quel en serait la dédicace? Je le laisserais sur un banc ou dans un café.
"Comment vivre en fuyant allègrement... tout en sachant que ce livre restera imprégné en moi éternellement".
monique sauvé, repentigny 
Commentaire Éloge de la fuite c'est une synthèse des réflexions de l'auteur, qui a effectivement su rallier sociologie et biologie dans l'analyse de notre rôle en société et, de ce vers quoi elle tend ou devrait tendre plutôt. Pour ceux qui veulent aller plus loin, et surtout, être confronté par les thèses de feu Henri laborit, je vous conseille La nouvelle grille. Cet ouvrage constitue la somme du travail d'analyse sociale de ce grand, mais malheureusement trop peu connu penseur du siècle des sciences. À qui aimeriez-vous l'offrir et quel en serait la dédicace? À tous les chantres du néolibéralisme et de l'individualisme.
dédicace:
Les écosystèmes se sont construit en équilibre avec le principe fondateur du cycle de vie. Vos principes de croissance linéaire infinie et votre mode d'organisation hiéarchique sont complètement illogiques.
daniel roberge, MTL 
Commentaire Le passage marquant du livre est en effet très... marquant. Se lancer tête première dans le travail, est-ce en soit une fuite ? L'angoisse de la mort, c'est une expérience douloureuse, tout comme la création d'ailleurs. À qui aimeriez-vous l'offrir et quel en serait la dédicace? Je l'offrirais à quelqu'un qui coure trop. La dédicace : Fuis le travail avant que la mort t'attrape!
Marie-Josée Godbout, Montréal 
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