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Gregory Charles est à l’image de l’émission qu’il anime, Des airs de toi. Il passe soudainement d’une attitude rieuse, presque juvénile, au ton très sérieux de quelqu’un qui a réfléchi sur le sens de la vie. Rencontre avec un jeune homme qui joue et qui professe.

Un moment de lucidité 
«Je saisis mieux ou je comprends un peu mieux ce que j’ai fait.» Gregory Charles, qui vient d’avoir 36 ans (le 12 février), affirme avoir quitté l’adolescence pour entrer dans l’âge adulte. «Tout se tient.» Toutes ses études et tout ce qu’il a expérimenté en musique et en pédagogie s’entrecroisent. En disant cela, l’animateur dirige ses mains vers un point convergent. «Je fais une émission de radio qui a un petit côté pédagogique et un petit côté juvénile.» Et il emploie la même «méthode» quand il enseigne ou quand il présente son spectacle.  
 
CitationDes airs de toi 
Pendant son émission, Gregory Charles choisit les musiques au fur et à mesure. Alors qu’une pièce joue, il quitte son piano, soudainement inspiré, et va choisir le disque suivant.  
 
Sa préoccupation durant la préparation, c’est le thème. Une fois, cette chose réglée, «...il y a deux sujets : les choses qui me passent par la tête et les musiques qui m’habitent.» Il convient qu’il ne pourrait pas faire cette émission si elle n’était pas spontanée
 
 
De la grande visite 
... et surtout nombreuse. Il y avait une centaine d’invités cet après-midi-là. Gregory Charles évoque avec un large sourire la visite de La Bottine souriante, en novembre 2002. Le groupe vivait des moments de turbulence. « Il y avait des membres qui s’en allaient, d’autres qui arrivaient. Tout a été oublié une fois qu’ils ont été installés dans le salon.»  
 
Le plaisir de jouer 
Ce qui lui plaît le plus quand il reçoit des musiciens, c’est l’improvisation. «Le genre de formation que j’ai reçue comme musicien fait en sorte que je suis volontaire pour jouer, avant d’avoir essayé quoi que ce soit. Sans savoir si je me rappelle des mots ou de la mélodie. Mon bonheur c’est de recréer le moment, pas de savoir si je suis capable de le faire...» Il raconte comment il a animé toute une émission avec un big band, sans ordre établi. «La musique, c’est un royaume. C’est une langue, un terrain de jeux où ceux qui savent jouer s’amusent follement.» 
 
 
Ni avant, ni après 
Gregory Charles se concentre pour répondre, mais non, il ne se souvient pas de la vie avant la musique. «Mes parents m’ont dit : "On te fait le plus beau cadeau, celui de la musique". J’ai toujours un refuge magnifique dans la vie.» D’ailleurs, quand il était en droit, il a vu ses amis, étudiants en musique, prendre en aversion cet art, alors que lui y trouvait un merveilleux outil de détente! Il savait aussi qu’il ne deviendrait jamais avocat. Mais il est quand même fier de dire qu’il a bien réussi ses cours! 
 
Le showbiz extrême 
«Tout dans mon existence prouve que je ne cherche pas la sécurité. Chaque fois que j’ai une idée, c’est toujours basé sur un quelconque défi!» Alors, que reste-t-il à prouver quand on a joué à Carnegie Hall, accompagné Céline Dion lors d’une tournée mondiale et multiplié les supplémentaires d’un spectacle-solo? La réponse n’a rien de blasé. «Je n’ai pas du tout abouti à quoi que ce soit.» Et Gregory Charles de se lancer dans une démonstration pour montrer que le mot «satisfaire» est un terme désolant. «Il me semble que c’est naturel de vouloir faire plus!»  
 
Un chef exigeant 
Gregory Charles ne fait pas de mystère: il demande toujours plus aux 300 jeunes des Chœurs du Nouveau Monde. Et ce gars cool a trouvé la façon d’obtenir la discipline nécessaire. «Je me suis dit que j’allais déployer plus d’énergie que les gens qui étaient dans le local... Les blagues, je m’en occupe! En général, les répétitions se déroulent tellement vite que les jeunes sortent de là complètement épuisés!»  
 
CitationIl est d’abord arrivé comme répétiteur à la chorale des Petits Chanteurs de Laval. Il a bien vu que les jeunes n’étaient pas des plus enthousiastes face au répertoire de musique sacrée. Alors, il leur a montré des chants tirés du gospel, un type de musique sacrée qui est agréable à chanter et «où le public s’amuse!».  
 
Déployer les talents 
Gregory Charles a appris, très jeune, qu’il avait des habiletés et qu’il devait les développer, «..., pour son propre plaisir et aussi pour la responsabilité sociale que cela représente.» Il utilise donc son sens du devoir, pour les soirs où il en a moins envie, et rejoint ses jeunes pour leur transmettre le plaisir que procure la musique, mais aussi pour qu’ils accomplissent quelque chose. «En bout de ligne, j’ai compris comment rendre des jeunes heureux.»  
 
Et ce soir-là, après son émission, Gregory Charles oublie sa fatigue, quitte son appartement confortable pour aller répéter avec des jeunes qui ont trouvé un sens dans le plaisir de chanter ensemble... 
 
Un reportage de Danielle Foucart 
Photos: Marc-André Brouillard 
 



Gregory Charles raconte le plaisir de faire Des airs de toi, en se moquant et... sérieusement.
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Durée : 00:09:55
Gregory Charles et la musique: «Je ne me rappelle pas de la vie avant la musique.»
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Durée : 00:10:62
Gregory Charles et sa chorale: «Si des choses me rendent heureux, je serais un ingrat de ne pas les partager avec ceux qui me suivent.»
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Durée : 00:11:71
Gregory Charles explique comment, à 35 ans, il a quitté l'adolescence.
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Durée : 00:02:16



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