Saison 1999-2000 | Émission du mardi 14 décembre 1999 | ||
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Les secrets du bonheur à l’an 2000 | |||
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" Voilà les deux secrets du bonheur selon la blague qui court sur Internet :
Selon plusieurs études du comportement américaines, comme le fait remarquer Jean-Louis Servan-Schreiber dans son éditorial (Psychologies, juillet-août 1999), l’argent ne fait pas le bonheur. " On croyait le savoir, dit-il, mais on vient d’en établir la preuve. Le docteur Richard Ryan de l’université de Rochester écrit dans un article du Social Psychologic Bulletin : " ‘ Les personnes qui recherchent en priorité les biens matériels, la notoriété ou la beauté physique sont portées à l’anxiété ou à la déprime. La poursuite de ces objectifs extrinsèques serait nocive pour la santé psychique. ’ " C’est clair, non?
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Les jeux virtuels : avantages et inconvénients | |||
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Encore les ordinateurs! Il faut savoir que les jeux sur ordinateur occupent une place très importante maintenant. Mais c’est intéressant d’apprendre que tout ça a commencé par les simulateurs de vol : du genre de ceux qui permettent d’apprendre en toute sécurité à piloter un avion, de s’initier à toutes les procédures, sous contrôle d’un instructeur virtuel qui joue le rôle de la tour de contrôle, etc. Je rencontrais récemment un ingénieur qui travaille chez Bombardier dans le secteur aviation, qui me disait : " Vous savez, aujourd’hui, les avions, ce sont finalement des ordinateurs avec des ailes et un fuselage. " En effet, puisque la dimension complexe, c’est le cerveau électronique de cet appareil-là. Il existe maintenant des simulateurs de conduite automobile, également. Si une simulation réaliste requiert une extrême rapidité de traitement ainsi qu’une importante mémoire interne de la gestion d’image, l’âme du simulateur reste son logiciel. Ce programme central doit offrir non seulement les fonctionnalités de l’appareil mais en imiter les réactions. Cette complexité exige des milliers de lignes de programme d’instructions et souvent plusieurs années de travail. Dans cette tâche ardue, les industriels ont bénéficié de l’informatisation radicale du système de pilotage des avions. À bord de ces machines, les commandes numériques ont remplacé les commandes traditionnelles. Apparemment, les pilotes de course automobile utilisent ces simulateurs pour compléter leur entraînement. La plupart des utilisateurs sont des hommes de 17 à 40 ans pour qui c’est un loisir. Avec 15 000 exemplaires vendus en un mois, Flight Unlimited a pris la première place au palmarès des simulateurs de vol (et il y en a plusieurs). Les jeunes garçons qui s’adonnent à ces jeux en tirent un avantage à la condition, bien sûr, que ça ne prenne pas toute la place dans leur agenda. (Que cela fait curieux de parler d’agenda à propos des enfants... ) Des psychologues américains se sont aperçus que les enfants qui jouent régulièrement sur les jeux vidéos présentent certaines dispositions mentales supérieures à la moyenne : l’habitude de se situer et de se déplacer dans un espace virtuel en trois dimensions améliore la synchronisation main-œil et stimule leur capacité de représentation spatiale.
À un moment, je suis allé faire un tour dans ces galeries et j’ai été frappé par la violence de ces jeux. C’est absolument incroyable! Tant et si bien que si on pouvait parler de catharsis à propos de la violence présente dans la tragédie grecque, on peut se demander aujourd’hui si ces jeux ne vont pas au-delà. Qu’est-ce
que la catharsis? J’ai peur de leur influence. J’hésite un peu en disant cela parce que j’ai toujours cru que l’horreur contenue dans les jeux, les arts, etc. est une façon d’arriver à une certaine purification, à une forme de catharsis justement, mais là, il me semble que c’est trop. Comme toujours, cela me fait penser à cette phrase de Musashi, le grand maître d’armes du Japon : " En toute chose, il faut toujours considérer les deux points de vue : celui des avantages et celui des inconvénients. " Et je pense que les deux sont irréconciliables.
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Avoir raison : les raisons, les techniques, les pièges… | |||
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Avoir ou ne pas avoir raison, telle est la question. - J’ai toujours raison. - Non, c’est moi qui ai raison. - Tu n’as jamais raison… Et pourtant, ça ne règle rien. Entre la recherche de la vérité et la satisfaction de l’ego et de l’amour-propre, il y a un monde. Est-ce que ça vaut la peine de vouloir toujours avoir raison, et même est-ce que ça vaut la peine d’avoir raison, d’après vous? Prenez, par exemple, les querelles sur des sujets… inépuisables. " Pour qui aime observer les ruades de l’imbécillité humaine dans ce qu’elle a de plus généralisable, les étripages de couples sont de purs objets de laboratoire… " [rires], écrit Georges Picard, dans un bouquin savoureux paru aux éditions José Corti sous le titre Petit traité à l’usage de ceux qui veulent toujours avoir raison. Ce petit livre a fait ma joie, je vous le dis tout de suite. On y trouve des passages étonnants. En voici quelques extraits : | ||
" Tous les détails sont démonstratifs, jusqu’aux gnons distribués quand les arguments, cent fois assénés ne marquent plus, contrairement à une bonne paire de baffes. – Remarquez que ce n’est pas incitatif, c’est de la philosophie… – Mais avant d’en arriver à ce qu’on pourrait appeler la péroraison finale, que de louvoiements tactiques! Que de cruelles réminiscences de souvenirs que l’on croyait enterrés! Que de rappels de petits faits sordides que l’on aurait juré être passés inaperçus! Que de soupçons grotesques! Que d’accusations démentes, que d’allusions empoisonnées! Que d’interjections hystériques! " Toutes les figures de la mauvaise foi concourent à la réussite d’un beau crêpage de chignons à l’intérieur d’un couple. [rires] C’est dire qu’ici, les prétextes psychologiques et les habillages moraux servent à peine à suggérer le décor de fond, dont le seul intérêt est de témoigner que l’on a affaire à une confrontation d’humains plutôt qu’à une bagarre de porcs avinés. " Les querelles de ménage évoluent dans la surenchère, du desserrement de frein initial, quand la bile commence à s’échauffer, jusqu’au dévalement fou, accélérateur bloqué au plancher, sang-froid et lucidité par-dessus bord. Généralement, les premières répliques se chevauchent avec une vivacité de moins en moins contrôlée, sous-tendues par le désir ulcéré de part et d’autre d’avoir très vite le dernier mot. On notera que la qualité dialectique de ce type d’échange est tout à fait marginale, les arguments ne pouvant se répondre puisque ceux qui les profèrent ne s’écoutent pas. Et pourtant ils croient s’entendre, alors que ce ne sont que les échos de leurs propres fantasmes qui leur parviennent à travers le discours parasité du partenaire. " Dans
les querelles de couple, les arguments ne s’annihilent jamais, " Seule la quantité peut faire la différence : aussi, n’importe quelle réplique est-elle bonne, n’importe quelle idée mobilisable, tout peut être dit et son contraire, l’essentiel est de ne pas lâcher prise en espérant lasser le partenaire. Guerre d’usure, fatiguante et laborieuse… Puis, soudain, l’accusation irréparable qui fait jaillir le poison du cœur de l’intimité en péril, déjà parfois en agonie! C’est l’instant où tout semble dit, où tout est joué, quels que soient par la suite les trésors d’hypocrisie qui seront dépensés pour masquer la blessure... " Ces querelles se terminent par des larmes, éventuellement des coups, presque toujours par une fornication plus ou moins forcenée, provisoirement refondatrice, réparation sans laquelle aucun couple ne tiendrait plus d’une heure après un tel affrontement. L’esprit sera à jamais blessé, mais la chair, vivante. Aucun partenaire n’ayant eu raison contre l’autre, il ne restera qu’à recommencer… " | |||
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" Il n’est pas nécessaire d’avoir raison pour prétendre avoir raison. " |
" Il n’est pas nécessaire d’avoir raison pour prétendre avoir raison ", fait observer l’auteur dans un chapitre intitulé " Postulons d'abord ". " Les esprits les plus rigoureux savent le puits sans fond que représente toute vérité. Aussi, croient-ils s’en tirer en se reposant sur des postulats qui, par définition, n’ont pas besoin d’être démontrés. […] | ||
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" Si j’ai raison d’office, rien de ce que j’avance ne manquera d’y être rattaché, y compris la plus improbable des fantaisies. " |
" Le postulat ‘ j’ai raison ’ tient seul; il semble inutile d’aller vérifier s’il est parfaitement à la verticale : il l’est aussi bien que n’importe quel autre postulat imaginé par un cerveau imbu de lui-même. Autour de lui, peut être bricolée n’importe quelle théorie solidement arrimée à ce mât. Si j’ai raison d’office, rien de ce que j’avance ne manquera d’y être rattaché, y compris la plus improbable des fantaisies. " Je sais qu’il se trouvera des gens pour contester la loyauté de ce qu’ils désigneront comme une sorte de jeu où le gagnant est connu d’avance. Je leur ferai remarquer que dans la loterie qui représente la distribution de la vérité ici-bas, il est équitable de prévoir une formule où tout le monde, sans exception, a au moins une chance de gagner. " Plus loin, Georges Picard parle de techniques à employer dans des situations particulières. | ||
" Dans une discussion philosophique, l’emporte celui qui s’exprime avec la terminologie la plus appropriée, écrit Georges Picard. Le vocabulaire technique supplée l’absence éventuelle de logique, les concepts forment l’arche du raisonnement. " En politique, la conviction et l’apparence de sincérité valent tous les arguments : perd celui qui baisse les yeux le premier. " " Les débats historiques exigent des surenchères de références que personne n’a le temps d’aller contrôler; il faut donc savoir y être imprécis avec rigueur. […] " Dans les débats de société, vous pouvez dire n’importe quoi, à condition de parler plus longtemps que l’adversaire : comme dans les querelles de ménage, c’est l’endurance qui fera la différence. " | |||
Dans un chapitre intitulé " Tout est explicable par n’importe quoi ", Picard explique : " On a pu montrer, non sans un semblant de pertinence, que le plan des pyramides égyptiennes obéit à des données mathématiques calquées sur des distances astronomiques prouvant que les Anciens savaient calculer, par exemple, la distance de la Terre à la Lune. Les statues géantes de l’Île de Pâques ont fait l’objet de spéculations tout aussi troublantes. […] | |||
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" Un ouvrage passionnant pourrait recenser des sottises pseudoscientifiques les mieux réussies. " |
" Si les sciences exactes peuvent obliger le réel à se plier aux exigences d’élucubrations aussi fantaisistes, on imagine le pouvoir mystificateur des sciences humaines, quand un spécialiste intelligent les mobilise au service d’une idéologie ou de quelque finalité particulière. Un ouvrage passionnant pourrait recenser des sottises pseudoscientifiques les mieux réussies. On y verrait que la frontière entre la probabilité fantaisiste et la probabilité scientifique se perd parfois dans le flou ", affirme Picard. [rires] | ||
" Ayant jadis étudié la sagesse dans des livres traduits du grec, du chinois ou du sanskrit, j’ai un certain désavantage par rapport aux ignorants qui n’ont pris de leçons que dans les journaux sportifs ou les magazines de mode, explique l'auteur. " Lorsque nous nous affrontons sur un sujet ardu, réclamant pour être élucidé des années de réflexion, je suis intimidé par la conscience de mon insuffisance, ce qui freine mes emballements, quand eux, propulsés par le booster de leur ignorance, sont sûrs d’avoir trouvé avant même d’avoir cherché. Comment leur faire comprendre que j’ai raison de ne pas clamer que j’ai raison, avant d’avoir pris le temps de démontrer qu’ils ont tort? Mais non, ils n’en démordent pas. D’ailleurs, mes hésitations me trahissent. La vérité
est une flèche qui va droit à la cible. " Avoir raison est la prétention la plus universelle et probablement la plus ancienne. Pour avoir raison contre Abel, Caïn eut raison de lui. La Bible est un livre de raisons toutes arquées les unes contre les autres, impitoyables, meurtrières, et dont la seule raison d’être est de prouver que Dieu a toujours raison, car Il est au-delà de la raison, ce qui est une raison suffisante pour justement ne pas avoir à donner de raisons. " Ces propos me rappellent un peu le ton de Raymond Devos… | |||
" Seuls les naïfs peuvent croire qu’une discussion vise à résoudre un problème ou à éclaircir une question difficile. En réalité, sa seule justification est d’éprouver les capacités des participants à désarçonner leur adversaire. L’enjeu n’est pas de vérité mais d’amour-propre. Et c’est bien là le problème. Le beau-parleur l’emporte sur le bafouilleur, le téméraire sur le timide, le fonceur sur le scrupuleux. " Être
de bonne foi équivaut à additionner les handicaps. " Les débatteurs sérieux parlent sans écouter, piétinent tout raisonnement non conduit par eux-mêmes, méprisent les oppositions, ignorent les obstructions et arrachent en quelque sorte la victoire à la force du mot. Ils cultivent la mauvaise foi avec le professionnalisme du jardinier élevant une plante vénéneuse dont le poison a des suavités si profondes que, qui y a goûté une fois, ne peut plus s’en passer. " Pour donner de meilleurs résultats, la mauvaise foi ne doit pas être trop subtile. En effet, son impact ne serait pas suffisant pour déquiller autrui rapidement et pour longtemps. En cette matière, la finesse ne saurait remplacer la brutalité qui, malgré sa réputation détestable dans certains milieux intellectuels, donne les résultats les plus sûrs dans un laps de temps nettement raccourci. Mieux vaut enlever le morceau sans façon à l’exemple de Portos que de faire traîner la décision en prenant des manières comme Aramis ", estime l'auteur. | |||
" Lorsque, dans une discussion, quelqu’un lance : ‘ Il faut être logique! ’, soyez à peu près sûr qu’une fois sur deux, il s’apprête à s’en abstenir lui-même. Les débatteurs les moins cohérents ne se privent pas de placer leurs inconséquences sous le patronage de la Logique. Ils l’invoquent d’autant plus qu’ils ne la respectent pas, comme certains dévots avec leur dieu. " | |||
Car on peut vouloir avoir raison publiquement, bien sûr… " Considérés collectivement, les hommes sont plus bêtes que pris individuellement, loi connue. Dans un tête à tête, il convient de respecter son partenaire, mais cette règle de conduite n’est plus aussi indispensable dans un débat public où il s’agit de disposer les masses en sa faveur. " Il y a quelques années, un politicien avait payé des figurants pour l’applaudir lors d’un meeting. En bon professionnel, il avait compris que si une claque ne rend pas la pièce meilleure, elle rend les spectateurs mieux disposés à lui trouver des mérites. " Le mimétisme est un ressort principal pour mouvoir les foules dans le sens de l’enthousiasme, du respect ou de la haine. " [rires] " Les manipulateurs d'opinion ou, pour utiliser un mot plus civil, les communicateurs, savent que pour faire bouger mentalement une assemblée dans un sens donné, il faut commencer par agir sur ses leaders. Leur première tâche consiste à déterminer qui ils sont, nonobstant que ces derniers ne le savent pas encore eux-mêmes. " Le manipulateur distingue très vite les quelques individus sur lesquels s’appuyer pour influencer les autres. " " Selon les cas, il élira les bavards ou les fanfarons, ou les râleurs ou les obstinés, ceux qui font rire ou pleurer, ou entretiennent les colères, etc. Le chaudron de sorcière du communicateur est sans fond, tout son art consiste à gagner rapidement la sympathie des leaders, encore inconscients de leur état et de leur rôle. Manipulés, ils seront à leur tour manipulateurs vis-à-vis du reste du groupe qui les suivra comme un seul homme. " Troublant, non? | |||
" Il est difficile d’avoir raison seul. La sanctification d’un arbitrage paraît nécessaire pour s’affirmer vainqueur sans arrière-pensée. Or, les arbitres sont rares, surtout les arbitres de bon aloi, insoupçonnables et réellement équitables. Toute personne qui aspire à avoir raison à vie devrait s’offrir les services d’un arbitre de cette trempe, même si un arbitre personnel perd beaucoup en objectivité. […] [rires] " Au final, les vainqueurs sont les personnalités qui firent parler d’elles, qui signèrent dans toutes les colonnes, parlèrent dans tous les micros et devant toutes les caméras. " " Il est de fait que leurs arguments, inlassablement répétés, ne pouvaient convaincre que leurs partisans. Tel est le but véritable de l’institution du débat médiatique : bétonner de part et d’autre les positions, compter les troupes et ragaillardir son monde en les rassurant sur le bénéfice d’une victoire à terme ", etc. |
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" Comment avoir raison face à quelqu’un qui sait tout? – Généralement, ce sont les maris… [rires] – Ce genre de personnage existe. Je ne parle pas de ceux qui croient tout savoir, mais de ceux qui savent tout réellement, gens à la culture inépuisable, étincelant de références, de citations, d’analogies universelles, jamais à court sur les sujets les plus improbables et dont la richesse et la profondeur intellectuelle découragent la contradiction. Je ne vois pas ce que l’on peut faire sinon saluer. Saluons… " Qu’importe que nous y gagnons une crampe, il nous reste notre quant-à-soi. Certes, cela ne fait pas toujours grand chose, un quant-à-soi. Sorte de petit territoire mal délimité mais qui témoigne de l’importance de cette perle à la valeur incertaine : l’orgueil. […] " Notre
orgueil nous protège de l’humiliation. " Faire appel à notre quant-à-soi pour éviter de nous laisser dominer par la supériorité éblouissante d’un autre est évidemment une manœuvre extrême. Pourtant, sans cette possibilité, […] la Raison voudrait que le monde soit dominé par une élite d’esprits supérieurs. Les imbéciles ne pourraient plus accéder aux hautes fonctions. Cela sonnerait le glas des libertés publiques qui comprennent celle, tout à fait essentielle, de confier, si nous le désirons, notre destin à des cons. " [rires]
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Les nouvelles tendances du comportement | |||
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63 % des Français acceptent l’idée que la spiritualité et la recherche intérieure peuvent se faire en-dehors d’une croyance en Dieu.9 |
J’ai effectué un montage rapide à partir d’un article qui fait une synthèse de certaines recherches menées auprès du grand public et qui permettent de découvrir, par exemple, les nouvelles tendances.
À propos de religion, on s’aperçoit que la laïcité s’impose de plus en plus comme évidence. Les gens " souhaitent de moins en moins que l’Église se prononce sur des questions comme l’avortement, la contraception, l’homosexualité, la masturbation, les relations sexuelles avant le mariage ou encore l’usage du préservatif ", écrit Maxime Parodi dans le dernier Hors-série de Sciences Humaines. " Le sentiment religieux ne disparaît pas pour autant, il est seulement laissé à la charge de chacun ", poursuit plus loin le chercheur. Dans une étude menée en France, on a établi que 63 % des gens acceptent l’idée que la spiritualité et la recherche intérieure peuvent se faire en-dehors d’une croyance en Dieu : " On observe ainsi, commente le spécialiste, la montée d’une spiritualité vague, bricolée à partir de matériaux épars empruntés aux religions et aux parasciences. " " Les croyances parallèles progressent chez les jeunes, surtout chez ceux qui cherchent à lier une valorisation de la vie sur Terre avec des sentiments religieux. " On parle de croyance en la réincarnation qui, dit-on, " se développe au détriment de la croyance au paradis " : 31 % des gens interrogés croient à la réincarnation, 24 % seulement au paradis. Cela donne une idée de certaines tendances
actuelles,
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La permissivité, par exemple, est maintenant beaucoup plus grande. On précise qu’elle " s’accroît même de génération en génération ". " Il est en revanche difficile de dire si ce développement de ‘ religions personnelles ’ est une tendance forte ou si ce n’est qu’une transition vers une indifférence pure et simple à l’égard des religions ", écrit M. Parodi. C’est l’interrogation qu’on soulève dans cet article. Plus loin, il est question des " conduites relevants de l’émancipation personnelle qui ne nuisent pas à autrui [qui] sont de plus en plus acceptées – un point important, en regard de – celles qui, à l’inverse, manquent d’égard envers les autres sont aujourd’hui plus réprimées. D’un côté, l’homosexualité, le divorce, l’avortement, l’euthanasie, la sexualité des mineurs sont de plus en plus tolérés; de l’autre, l’infidélité conjugale et la corruption le sont de moins en moins depuis 20 ans ", d’après ces enquêtes d’opinion. Sur l’avortement, par exemple, sur une échelle qui va de la position " toujours justifiée " à " jamais justifiée ", " on remarque qu’un bon tiers des gens se placent exactement au centre de l’échelle, se réservant ainsi la possibilité de juger en fonction de la situation ". Il y a eu des réévaluations de comportements considérés justifiables ou injustifiables. Par exemple, " la cigarette est passée de symbole de la liberté à celui de fléau social ". " L’idée que les femmes pour être satisfaites ont besoin d'avoir des enfants convainc 8 % des Amsterdamois et 80 % des gens du bassin parisien ", précise l'auteur. Puis, il conclut son article en ces termes : " Malgré les discours inquiets, les jeunes prennent plutôt la direction d’une morale altruiste ", contrairement aux craintes sur la montée des égoïsmes. " Cette
autonomie, qu’on défend de plus en plus, prend plutôt bon an mal
an le chemin d’une liberté attentive à la liberté d’autrui. "
Où vous situez-vous par rapport à ces tendances?
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