Saison
1999-2000
  Émission du mercredi 8 décembre  1999
   

Nous sommes en 2004 : regard sur l'évolution du calendrier

D'après :
GRUHIER, Fabien.
" Nous sommes déjà en 2004 ",
Québec Science, Vol. 38, N° 4, décembre 1999-janvier 2000.

 

 

Si vous regardez l’histoire du calendrier d’un peu plus près, vous découvrez qu’en réalité nous sommes rendus en l’an 2004. Qu’est-ce que vous faisiez quand on a passé le cap de l’an 2000?

C’est ce que nous révèle dans son article Fabien Gruhier, un journaliste scientifique : " Le Christ […] a accompli plusieurs miracles. Mais le plus étonnant de tous, et trop rarement célébré : Jésus, en effet, naquit au plus tard en l’an… 4 avant Jésus-Christ ", donc quatre ans avant sa naissance. Une chance que ça ne m’est pas arrivé car je serais maintenant beaucoup plus vieux que je ne le suis maintenant. [rires]

C’est tellement complexe cette question du calendrier! Certaines personnes considèrent que l’an 2000 n’est pas le début du troisième millénaire mais que ce serait plutôt l’an 2001, parce qu’il n’y a pas eu d’an zéro au départ. Comme chaque siècle dure 100 ans par définition, le premier siècle s’est donc terminé en l’an 100 et le deuxième a commencé en l’an 1. J’ai parlé de ce vieux débat à quelques reprises : et j’en étais arrivé à la conclusion que mieux valait fêter deux fois. Eh bien… Ça ne pouvait pas être aussi simple, puisque j’apprends que nous serions maintenant en l’an 2004!

J’ai trouvé cette information étonnante dans le Québec Sciences, dont un numéro remarquable vient de paraître maintenant, et dans lequel se trouve cet article de Fabien Gruhier : " Nous sommes déjà en 2004 ". Le journaliste passe un bon moment à nous expliquer comment on en est venu à cette date : " Contrairement à beaucoup d’autres, ce miracle-là est incontestable puisque Jésus a coexisté (de justesse mais quand même), avec le roi Hérode qui est mort, 4 an avant J.-C. – C’est à nous donner un mal de tête! 

" Conclusion : c’est que notre calendrier est faux et l’an 2000 est déjà loin derrière nous. Le pire, c’est que tout le monde le sait du moins les gens qui ont creusé la question –, et que personne ne dit rien. Mais qui aurait envie de risquer une réforme du calendrier? "

C’est en effet très compliqué une décision comme celle-là, le passé l’a amplement démontré…

 

  


F. Gruhier nous raconte, entre autres choses, que jadis " il était facile jadis de modifier les échelles du temps, de retrancher ou d’ajouter des jours, de changer d'an zéro! Car cela ne concernait que quelques petits notaires et quelques lettrés. " Bref, la plupart du monde s’en foutait. Il faut dire qu’à l’époque les gens étaient beaucoup plus préoccupés à gagner leur pain, quand ça leur était possible. Puis arrive Jules César qui, sur le conseil d’un astronome, décide d’ajouter d’un seul coup 90 jours à l’année en cours pour faire concorder la succession des saisons avec l’almanach. Ainsi, naissait le calendrier julien. C’était en l’an 45, par conséquent l’an 46 ne compta pas moins de 455 jours. Ce qui serait le record imbattable du nombre de jours par année.

À un moment donné, on s’est rendu compte d’un petit déséquilibre entre les années, alors " le moine Denys le Petit (en latin Dyonisius Exiguus – un moine exigu [rires]), soucieux de remettre le compteur à zéro – ou plutôt à 1 –, pour faire coïncider l’an 1 avec la naissance de Jésus, estima que le Sauveur était né 753 ans après la fondation de Rome. Ce en quoi il s'est trompé, d'au moins quatre ans comme on l'a dit. "
Ah ah! C’est de sa faute tout ce chaos! Parce que dans tous ses calculs, il n’avait pas tenu compte que Jésus et le roi Hérode étaient contemporains.

 Textes constitutifs du calendrier grégorien :
http://hermes.ulaval.ca/~sitrau/calgreg/

  


On se retrouva donc en l’an 532, avec un calendrier julien mis à jour par la naissance du Christ. " Et pendant plus de mille ans, rien ne se passa. Jusqu’en 1582, date de la promulgation par le Pape Grégoire XIII, du calendrier dit grégorien ", de poursuivre le journaliste avant d'expliquer que le pontife s’était affolé quand il avait découvert que le calendrier julien aboutissait à la longue à un bouleversement des solstices et des équinoxes. En effet, selon le calendrier julien, l’année moyenne est sensée durer 365 jours et ¼ alors qu’en fait, au lieu du quart soit 0,25 jour supplémentaire, on se retrouvait avec un 0,2422166.

Ça a l’air de rien mais cette petite différence est la cause de l'important décalage accumulé au bout de seize siècles : 11 minutes par an, ça fait beaucoup finalement.

" Il était vraiment urgent de mettre le holà! Pour stopper cette dérive, Grégoire XIII, conseillé par d'éminents astronomes, décida de supprimer trois années bissextiles tous les 400 ans. " Un détail… [rires] Mais on ne s’en est pas tiré comme ça parce qu’on a commis une erreur de calcul, qu’il a fallu corriger en supprimant l’année bissextile lorsqu’on arrive à un centenaire qui peut être divisé par quatre, comme par exemple l’an 1600.

Et voilà comment nous sommes arrivés au point où nous nous trouvons maintenant à propos du calendrier… c’est-à-dire bien confus. [rires]

De toute façon, on va tous célébrer au 1er janvier ce qu’on voudra bien célébrer. Pour les uns, ce sera l’an 2000, pour d’autres 2001 ou 2004… et pour certains, trois occasions de fêter.

  


   
    Fraternité : la nouvelle utopie, selon Jacques Attali

D'après :
ATTALI, Jacques
"Fraternités", une nouvelle utopie
Éd. Fayard

 

 

Source photo :
L'express
2 décembre 1999

 

 

Qu’est-ce qu’une utopie? C’est la question que s’est posée cet auteur qui vient maintenant nous proposer une utopie nouvelle. Il s’agit de Jacques Attali dont le livre le plus récent, paru chez Fayard, s’intitule : Fraternités : une nouvelle utopie. Je vais effectuer un petit montage comme ce que je fais habituellement mais cette fois, il sera un peu plus rigoureux car Attali est très généreux dans ses explications et je voudrais n’en garder que ce qui va nous permettre de comprendre le sens de sa démarche.

" L’utopie est le dessein d’une société idéale, explique Attali. […] Elle n’est pas un programme ni une idéologie, ni une stratégie de prise de pouvoir, mais une réflexion sur une période de transition. Elle est volonté de modeler l’image de la société à partir d’un idéal éthique, d’une certaine conception de la justice, du bonheur, de l’efficacité, de la responsabilité. […]

" Dans tous les cas,
elle est recherche du meilleur des mondes,
ou au moins tentative pour définir dans quelles conditions les hommes pourraient vivre ensemble heureux et en paix
. "

Il explique plus loin : " L’utopie imagine en général une cité idéale, idyllique où les machines travailleraient pour les hommes – pour les Occidentaux, en tous les cas –, où tout serait disponible pour tous, gratuitement, à l’infini, sans effort – l’utopie c’est l’utopie, et à chaque époque la sienne sans que nul ne vienne produire des frustrations nouvelles en créant des biens nouveaux. – Il n’y aurait donc pas beaucoup de créativité…  – Plus modestement, l’utopie est parfois seulement garantie de dignité et de travail pour tous. […]

" L’utopie prévoit parfois la mise en commun des biens, la liberté de consommation, des magasins collectifs […]. " Le communisme, le socialisme ont été des utopies. Dans d’autres cas, l’utopie est devenue très souvent une expérience de droite, réactionnaire et parfois extrêmement intégriste même.

" L'utopie élimine le désir.
Ou la rivalité ou l’ambition ou l’envie.
Ou tout ce qui peut nuire au bonheur et au plaisir. "

" […] L’utopie est soit espérance d’un renouveau à un moment où un mode de développement échoue; soit, au contraire, description de l’accomplissement de progrès en cours, parfois considéré comme inéluctable. – Puis, il cite Victor Hugo qui écrivait à la fin d’un siècle gros de promesses – : [l’utopie] est ‘ la vérité de demain ’, ou, comme le proclame au même moment Lamartine (le poète qui était aussi député, tout comme Victor Hugo, du reste) ‘ une vérité prématurée ’. "

 

" L’utopie n’est pas nécessaire aux médiocres. "

 

 

" Elle [l’utopie] peut décrire une société immédiatement possible, qu’il suffit de vouloir pour la réaliser. Ou, au contraire, une société lointaine exigeant l’accession préalable à un certain niveau de développement économique ou culturel ", explique Attali qui brosse ici un portrait de l’utopie que je trouve, quant à moi, extrêmement intéressant.

Parmi les dernières caractéristiques du discours utopique, Attali écrit : " Il ne peut être entendu que de ceux qui s’arrogent le droit d’exiger un avenir meilleur, plus vaste et plus riche que de ceux qui pensent que le malheur et la résignation ne résument pas le lot définitif qui leur est échu : bref, l’utopie n’est pas nécessaire aux médiocres ", estime-t-il. [rires]

  
  • L'utopie discréditée

Il y a une très belle citation, dans une autre partie de son ouvrage, qui porte sur l’utopie discréditée. Elle est de André Gide qui écrivait en 1935 :

" Combien de jeunes velléités qui se croyaient pleines de vaillance et qu’a dégonflé tout à coup ce seul mot d’utopie, et la crainte de passer pour chimériques aux yeux des gens sensés. Comme si tout grand progrès de l’humanité n’était pas dû à de l’utopie réalisée. "

  

Si vous me permettez d’ouvrir une petite parenthèse, je dirais :
l’utopie suppose une vision de l’avenir, et ça suppose aussi que si le présent n’est pas conforme à la vision qu’on a de l’avenir : il faut agir sur le présent pour transformer le monde. De façon à ce qu’il devienne aussi près que possible du projet utopique que l’on avait, au départ. Et probablement que l’utopie recule toujours à mesure qu’on avance. Par exemple, quand on réalise la démocratie dans une certaine mesure, dans plusieurs pays, on se rend compte qu’il faut maintenant aller vers une forme encore plus subtile, plus raffinée de vie collective. Donc, l’utopie, pour qu’elle en vienne à se réaliser, nous oblige à inventer des modèles encore plus exigeants.

  


  • Inventaire sommaire des utopies

Jacques Attali explique plus loin dans son ouvrage que " l’inventaire des utopies peut paraître a priori impossible. Ces projets sont si divers, si contrastés […]. Après avoir essayé plusieurs typologies, j’estime que la plus pertinente est celle qui regroupe les utopies en quatre grandes catégories autour de quatre objectifs essentiels : Éternité, Liberté, Égalité, Fraternité. À l’aube des sociétés, les hommes sachant que la perfection n’appartenait qu’à leurs dieux, ne voyaient leur passage sur Terre que comme un labyrinthe de douleur au bout duquel se trouvait une porte ouverte via la mort, sur la compagnie des dieux et sur l’Éternité. – L’utopie, pour eux, c’était donc l’éternité au-delà de la mort. Ces sociétés n’avaient pas grand-chose à proposer pour ce qui est de la vie comme telle…

Deuxième étape : " Avec les Hébreux puis avec les Grecs, les hommes osèrent se libérer des exigences théologiques et rêver d’une Cité idéale où s’épanouirait la Liberté. D’autres, en observant l’évolution de la société marchande, comprirent que la liberté des uns entraînait l’aliénation des autres et ils cherchèrent l’Égalité.

" Nous en sommes arrivés aujourd’hui à un moment où
ces trois sortes d’utopies achoppent sur leurs contradictions.
Pour promettre l’Éternité, les religions restreignent les libertés.
Là où elles existent, celles-ci
n’ont pas réussi à empêcher
l’aggravation des inégalités et de la précarité. Inversement, l’Égalité n’a su s’ébaucher que sur les ruines des Libertés.
De toute façon, aucune de ces utopies n’a réussi à atteindre l’objectif qu’elles se fixaient. "

" Demain, certains prophétiseront un retour du religieux; d’autres chercheront des voies nouvelles vers l’Égalité ou vers la Liberté. D’autres, enfin, oseront transcender les uns et les autres pour imaginer un monde où l’utopie ne serait plus fondée sur la peur, l’égoïsme et la jalousie, comme dans les trois premières, mais où chacun trouverait son bonheur à faire celui des autres; et cela aura nom Fraternité. " Il y a une réflexion là-dessus que je trouve bien intéressante.

  


  • La clé de l'utopie : le bonheur de l'homme

" Les hommes sont-ils capables de laisser les autres être heureux? "
Ah, une bonne question que pose Jacques Attali en conclusion de son ouvrage.
Je ne donnerai pas les exemples qui me viennent à l’esprit
car ils sont trop faciles…

" Depuis toujours, ceux qui rêvent à des sociétés idéales se heurtent à cette question. Meh Ti, philosophe chinois qui vécut après Confucius, expliquait qu’aucune société idéale ne serait jamais possible tant que les hommes ne seraient jamais capables d’obéir aux six principes suivants :

  1. non-violence
  2. réciprocité
  3. rigueur
  4. maîtrise du désir
  5. respect des anciens
  6. soumission aux lois de la Providence.

" S’il fallait réunir de telles conditions pour que commence la Fraternité, elle serait probablement à jamais impossible. Pourtant, elle est de l’intérêt de l’immense majorité de l’humanité. Et sans elle, c’est la survie du monde qui bientôt deviendra à coup sûr impossible : il explosera avant que ne débute le 22e siècle! "

Le propos de Jacques Attali est plein de bon sens. Mais que faire?

  
  • Des voies de fraternité
  • "Inscrire dans la loi la liste des droits et des devoirs de Fraternité (en particulier les droits de l’enfance et de l’hospitalité) […]
  • Enseigner la Fraternité à l’école, en particulier, apprendre aux enfants à trouver du plaisir au service des autres, à comprendre ce qui aiderait l’autre, à ne pas être en compétition permanente. – Comme vous le savez, j’accorde extrêmement d’importance au sentiment social. Ce que cet auteur propose va dans le même sens, parce que le sentiment social s’exprime par la fraternité…Il poursuit par d’autres suggestions :
  • Inciter les retraités à prendre en charge les travaux fraternels tels que : aider les enfants en difficulté à faire leurs devoirs, ou assister des jeunes délinquants dans leur réinsertion. OU remplir toute fonction dans une ONG (organisation non gouvernemental) d'entraide. "
  • Favoriser fiscalement les activités fraternelles […]
  • Promouvoir le remplacement progressif d’une partie des services administratifs d’assistance sociale par des organisations rendant des services fraternels.
  • Etc.

" Des partis politiques traditionnels pourraient s’emparer d’un tel programme s’ils comprenaient qu’il règle à la fois le problème du chômage et celui de la solitude en réorientant l’activité économique vers l’usage créatif des réseaux et les services d’hospitalité. "

Attali termine son ouvrage sur cette formule :

" C’est à vous de jouer! […] Donnez-vous l’occasion, au moins une fois par jour, de susciter un sourire, d’accueillir, d’être anonymement généreux, sans esprit de retour. Ne serait-ce que pour vous convaincre qu’il reste en vous une étincelle d’humanité…"

À retenir!

 

  


   
   

Réponse au courrier 


 
  • Guillaume en veut plus

Je tiens à répondre aux mots que m’a écrit Guillaume, un adolescent de 14 ans, car il m’a beaucoup touché :

" J’écoute votre émission presque tous les jours du lundi au jeudi, dit-il. Parfois je me demande pourquoi je vis, mais j’ai tout de suite la réponse : c’est de vous écouter parler de sujets fort intéressants. Je vous prie de ne pas lâcher et de continuer à manger des pommes. "

Dans un autre petit courriel, il écrit :

" J'aimerais que votre émission passe le vendredi. Ce n’est pas compliqué, vous avez juste à tasser les émissions bouche-trou. [rires] J'aimerais aussi que vous enleviez une séance de musique, ça devient très ennuyant. " Je vais communiquer ton message à la Direction.

C’est étonnant comment le nombre de jeunes auditeurs a considérablement augmenté, et j’en suis très heureux.

  
  • Courte réflexion sur le sens de l'amour

    Julie qui fréquente le CEGEP a 18 ans.

" Le sentiment d’amour prend son sens dans la vie surtout et seulement lorsqu’il se produit une cohésion du partage de l’âme avec l’autre et les autres. "

Une idée bien tripative.

  
  • Aphorismes de Pierre sur le bonheur

Pierre qui nous écrit est l’auteur d’aphorismes sur le bonheur.

" Depuis quelques années, j’écris des aphorismes sur le bonheur (et les irritants). J’imagine que quelques-uns vous plairont et que quelques-uns sauront déclencher ce rire si particulier pour lequel je vous remercie. " Ça fait plutôt sourire que rire, mais c’est très intéressant.

Par exemple, voici certains des aphorismes qui expriment l’opposition entre les désirs et les besoins :

  • " Quand on satisfait ses désirs avant de satisfaire ses besoins, on n’est jamais satisfait. "
  • " Quand on ne peut satisfaire ses besoins, on invente des désirs à satisfaire et on n’est jamais satisfait. "
  • " Les besoins sont des réalités, pas les désirs. "
  • " Quand on transforme ses désirs en besoins, on néglige ses besoins. "

Tripatif non?

Pierre partage ses réflexions sur un site internet, à l'adresse suivante :
http://pages.infinit.net/present

  
  • Et l'émission finissait par… Chemins

Il y a Robert qui me fait la suggestion suivante :

" Vous commencez toujours votre émission par un guttural et jovial PAAAARRRRR… C’est assez pour nous éveiller et nous inciter à vous suivre jusqu’au bout. Cependant, à la fin du parcours, je me demande s’il est nécessaire de répéter la formule. Pourquoi ne finiriez-vous pas plutôt par un logique et languide CHEMIN. "

Voilà une suggestion que nous allons mettre en pratique à l’occasion.

 

" À l’origine de ce délire lettré, Sinclair Dumontais, conseiller en marketing vivant à Montréal. "

 
  • Dialoguer avec de grandes personnalités

À la fin du mois de septembre, paraissait dans le quotidien français Le Monde un article curieux qui commence par cette question : " Qui n’a jamais eu envie de demander à Beethoven comment un compositeur peut supporter la surdité? C’est désormais possible sur Internet.

" Sur le site québécois Dialogues. Des érudits s’amusent à endosser les personnalités de célébrités disparues – extraordinaire jeu – et répondre à des messages envoyés par des internautes le plus sérieusement du monde. Avec une pointe d’humour également, car ceux qui se cachent derrière les grands noms du passé jouent leur rôle et en profitent pour donner à leurs lecteurs un petit coursd’histoire, sur Molière, Lancelot ou le Général Lee. Ponce Pilate, répond à propos d’un certain Jésus qu’il aurait fait condamner :

‘ De quel Jésus parles-tu? J’en ai fait crucifier une flopée ces dernières années.
Ce n’est pas un prénom bien rare. ’

" Fidèle à lui-même, Louis-Ferdinand Céline, le romancier français grincheux et génial se plaint des attaques dont il est victime : ‘ Ils veulent ma peau. M’assassiner! Ils en ont à mes livres… ’

" Si Kurt Cobain, le chanteur du groupe Nirvana, demande à Beethoven de juger ses chansons, le compositeur demande l’aide du modérateur : ‘ Je m’adresse à vous dans l’embarras de cette petite boîte que Monsieur Cobain m’a envoyée et dont je ne sais que faire. Je pensais que ce Monsieur m’enverrait la partition. ’ [rires]

Dans cet article du Monde, écrit par Claire Charpy, on peut aussi lire : " À l’origine de ce délire lettré, Sinclair Dumontais, conseiller en marketing vivant à Montréal. Il affirme que ce jeu de rôles est né après avoir retrouvé sur Internet l’adresse d’un ami perdu de vue et alors, d’humour badine, il reprit contact en envoyant un message signé Jacques Brel. L’ami répondit en signant Karl Marx, et bientôt la plaisanterie se transforma en un jeu régulier. Aujourd’hui, les écrivains de Dialogues sont en majorité des enseignants et des étudiants canadiens, français, anglais et belges.

" Sinclair Dumontais espère à présent intéresser des écoles : le pari est jouable s’il parvient à maintenir le niveau de qualité actuel. Il recrute de nouvelles plumes sur le Web, car régulièrement les internautes de passage se prennent au jeu. Une correspondante s’est ainsi présentée comme étant Éléonara Marx, née en 1855, fille de Herr Docteur Karl Marx.


Franz Kafka
(1883-1924)
 

" Cela ne trouble pas Sinclair Dumontais qui souhaite voir s’exprimer de nouveaux intervenants et se dit prêt à les intégrer dans son équipe. Pourquoi pas un écrivain de l’absurde et de l’étrange?

 – ‘ J’aimerais un jour accueillir Kafka. Perdu sur Internet, il clique partout et ne trouve pas la sortie : "C’est fou ce machin! Il y a tout, mais il n'y a rien. On n’en sort jamais!" ’ "

Très kafkaien, en effet.

 

  


dialogue avec Socrate

À un moment, un correspondant demande à Socrate : " Pourriez-vous me préciser dans quelles circonstances vous avez rencontré Platon? "

La réponse : " Vous me demandez de vous raconter ma rencontre avec Platon. Ce qui m’embarrasse le plus, c’est que parmi les gens qui me suivent, je ne connais point de Platon. "

Le correspondant précise donc : " Merci Socrate. Je me reprends donc. Quand avez-vous rencontré cet élève dont vous nous apprendrez ici le nom réel, et dont on nous enseigne de nos jours la pensée sous le nom de Platon? "

Le Socrate répond : " Je l’ai rencontré à ma 65e année lunaire… je crois qu’Aristoclès (le nom que portait Platon à cette époque) n’en avait alors qu’une vingtaine. Jeune, riche, bien éduqué, indolent, il ne lui manquait plus que pour compléter son éducation l'apprentissage de l’art de manier les mots. M’ayant écouté discourir sur l’Agora, il fut très enthousiasmé par mes propos. Il en parla à ses parents qui me firent venir chez eux. Ils avaient, par ailleurs, une très belle fresque peinte sur les murs de la cour intérieure… Mais revenons au sujet… Ils me proposèrent donc de parfaire l’éducation de leur fils. Avec beaucoup de joie, j'acceptai. Bien sûr, comme tout le monde le sait, mes relations avec ses parents seront de plus en plus tendues par la suite, puisque Aristoclès a abandonné la politique pour faire de la philosophie. Il me suit toujours d’ailleurs et m’aide dans mon œuvre qui consiste seulement à montrer aux hommes qui ils sont réellement. "

  


C'est un courriel de Sinclair Dumontais, l'éditeur du site, qui m’a invité à venir visiter son site, sur lequel on trouve des correspondants célèbres tels :

  • Dante
  • Marguerite Duras
  • Sigmund Freud
  • Théophile Gauthier
  • Martin Heidegger
  • Molière
  • Marcel Proust

 


Dante
(1265-1321)

 

C’est formidable ce qu’on peut trouver de créativité sur Internet!

 www.mpolis.com/dialogue

 

  


Accès aux versions enregistrées des émissions "Par 4 chemins" de Radio-Canada.