Saison 1999-2000 | Émission du mercredi 10 novembre 1999 | ||
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Pour mieux dormir : | |||
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Imaginez qu’hier, un passant m’a dit : – " Ce
n’est pas vrai que le meilleur moyen de combattre l’insomnie, Pour ceux chez qui l’écoute de Languirand ne suffit pas à vaincre l’insomnie, voici ce qu’une équipe de chercheurs à Bâle en Suisse a découvert. " L’augmentation de la différence de température entre le corps et la chambre favorise l’endormissement. " En effet, cela entraîne une dilatation des vaisseaux qui stimule les échanges de chaleur entre le milieu et le corps qui ainsi se refroidit. Avant d’aborder un autre sujet, j’aimerais vous dire qu’effectivement, c’est un comportement qui, apparemment, est très efficace. Il consiste, en termes très clairs, à refroidir la pièce dans laquelle on se trouve et à réchauffer les extrémités du corps. Enfilez donc des chaussettes, des gants, et laissez-vous aller dans les bras de Morphée… ou de Languirand. [rires]
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La grippe : attention virus! | |||
DIRICQ, Agnès. " Peut-on en finir ", Ça m’intéresse. |
Dans les médias, on parlait récemment de médecine préventive au Québec, qui pourrait bien avoir un effet très positif dans l’avenir. On prévoit administrer cette année au Québec plus d’un million de vaccins contre la grippe et 250 000 contre le pneumocoque. Personnellement, j’ai pris mes précautions parce que, l’an dernier, je n’ai pas réussi à échapper à une grippe qui s’est fidèlement attachée à moi. | ||
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Les vaccins qu’on nous administre en septembre
ou octobre sont conçus à partir de virus identifiés au mois
de février… |
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La grippe, c’est banal, tout le monde finit par l’attraper. Saviez-vous que les oiseaux, les cochons, les chevaux attrapent la grippe eux aussi? Même les phoques et les baleines! | |||
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Imaginez-vous une baleine avec une grippe… Il faudrait que ce soit une très grosse grippe avec autant d’espace à conquérir pour une bande de virus! Et quand elle éternue… C’est très curieux le parcours d’un virus, on peut l’attraper ainsi : de l’oie au canard, du canard à la poule, de la poule au cochon, puis du cochon à nous. Il y a un lien, si vous avez remarqué, très évident entre le cochon et nous. Les porcs mangent de tout, y compris des virus de poulet. On croyait que le passage des oiseaux à l’homme se faisait obligatoirement via le porc mais on a eu une surprise : vous rappelez-vous la grippe de Hong Kong, en 1997, qui a prouvé le contraire, même si le cas est rare, à savoir que le virus est passé directement de la volaille aux humains? | |||
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On aurait mis au point un médicament contre la grippe fabriqué par les laboratoires Glaxo Wellcome, et il s’appelle le Relenza. Dans un article de Agnès Diricq, paru dans Ça m’intéresse, on indique que " le Zanamivir (commercialisé mi-octobre sous le nom de Relenza) est une réelle innovation par son mécanisme d’action, son processus de fabrication et son mode d’administration. Cet antiviral bloque la progression des virus dans les voies respiratoires en inhibant l’action de la neuraminidase dans la libération des virus. "
Toutefois, dans un autre article, l’information sur le Relenza est tout à fait contraire. En effet, l’on dit que, lors d’études cliniques, ce médicament ne donnait pas de résultat significatif.
Aussi, ce produit ne se trouvera dans les pharmacies qu’à compter du 1er décembre. Approximativement, pour un traitement qui pourra s’étendre sur un mois, le coût sera de l’ordre de 45 à 50 $. Parler d’un produit commercial à l’émission, de son prix… il me semble n’avoir jamais été aussi terre à terre. Saviez-vous que la plus meurtrière des pandémie fut la grippe espagnole de l’hiver 1918-1919 qui a fait presque autant de morts que la Grande Guerre, pendant quelques mois à peine, surtout parmi les jeunes adultes. La grippe ça coûte extrêmement cher aux individus mais aussi aux nations. Les gens sont malades, ne produisent pas, il y a un manque à gagner, l’économie s’en ressent, etc. Et puis n’oublions pas le rhume… | |||
J’ai trouvé une information intéressante à propos du rhume. On dit qu’il obstrue le nez, obligeant à respirer par la bouche, ce qui diminue l’humidification, le réchauffement et la filtration de l’air qui entre dans les poumons. " En temps normal, les turbulences de l’air dans les fosses nasales neutralisent la plupart des particules, poussières et germes. L’air est également réchauffé et humidifié dans la muqueuse nasale qui produit deux litres d’eau par jour. – Et ça travaille jour et nuit, en plus. – Les poumons ont un air à 31° C, saturé à 95 % en vapeur d’eau. Habitués à ce régime, ils réagissent par la toux lorsque l’air est trop froid ou sec. " De là à penser qu’on pourrait peut-être humidifier l’air et tenter de réchauffer les fosses nasales pour arriver à diminuer le rhume, je ne sais pas, mais il me semble que si j’avais écrit ce petit articulet, j’aurais ajouté la suggestion. En tous les cas, vérifiez par vous-mêmes et faites-moi part des résultats. | |||
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Eugénisme : La tentation de l’enfant génétiquement parfait | |||
SILVER, Lee M. " Bébés sur mesure : c’est pour demain ", Le Courrier de l’UNESCO, septembre 1999.
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Dans son article, " Bébés sur mesure : c’est pour demain ", Lee M. Silver imagine l’avenir en ces termes. " Boston, 1er mars 2110 : " Barbara allaite Max, son bébé : ‘ Mon mari et moi l’avons choisi parmi les embryons que nous avons conçus. Nous nous sommes assurés que Max ne deviendra pas obèse comme mon frère Tom, ni alcoolique comme la sœur de mon mari… ’ " Seattle, 15 mars 2050 : " À la maternité, Mélissa va accoucher. Pour tenter d’oublier les contractions, elle regarde les images de synthèse d’une fillette de cinq ans aux cheveux blonds et aux yeux verts, qui devient ensuite adolescente. C’est elle que Mélissa est sur le point de mettre au monde. – Espère-t-elle en tous les cas. – Ses gènes lui garantissent une protection à vie contre le virus du sida. " C’est l’avenir, peut-être, mais ce n’est pas encore le présent. | ||
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Si on s’en tient au scénario du professeur de biologie de l’Université de Princeton, on se retrouve dans l’avenir avec une division en deux classes : " les ‘ Gènes riches ’, écrit-il, dont les familles ont beaucoup investi dans la conception génétique de leur progéniture, et les ‘ Naturels ’, dont les familles n’en ont pas eu les moyens. Les ‘ Gènes riches ’ représentent 10 % de la population et dominent les couches supérieures de la société, tandis que les ‘ Naturels ’ gagnent difficilement leur vie dans le secteur des services. Les parents des ‘ Gènes riches ’ font pression sur leurs enfants pour qu’ils ne dilapident pas leur capital génétique, acquis au prix fort en épousant des ‘ Naturels ’. Nouvelle forme de discrimination vers laquelle on se dirige? Il ne s’agit pas de scénario de films, c’est la façon que prennent certains scientifiques pour nous montrer le piège dans lequel on risque de tomber : l’eugénisme. Ce qui n’est pas une idée nouvelle d’ailleurs. Pensez aux difficultés qu’aurait un enfant cloné s’il ne répondait pas aux attentes de ses parents… Car, fort probablement, la personnalité n’est qu’en partie seulement déterminée par le patrimoine génétique. | ||
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Je vous dirai que, récemment, je me suis découvert une cousine et je l’ai observée attentivement. Tout à coup, je me suis aperçu qu’elle ressemblait beaucoup à notre grand-mère dont le souvenir des traits m’est si familier, alors que cette cousine ne l’a pas connue. Je suis donc allé la trouver et je lui ai dit : – " Cousine, vous n’avez pas le type Languirand, mais vous avez le type de notre grand-mère, le type Saulnier, qui lui vient de Jerusha Wells, l’Irlandaise, l’arrière-grand-mère. " Elle ne connaissait pas cette origine-là. Je me rendais compte qu’il y avait là un écart de quatre générations pour retrouver un héritage physiologique très évident. Que je retrouve également chez ma petite fille, l’aînée de mes petits-enfants, car je reconnais l’allure et certains traits. On est rendu à six générations. Ce qui me chagrine personnellement à travers cette expérience de la part des gens qui s’attachent à l’eugénisme, convaincus qu’il sont qu’il ne faut pas que la tante ceci, que l’oncle cela, mais qu’il faut sans faute que…, c’est qu’on semble oublier que l’on hérite parfois d’un arrière-arrière-grand-père ou d’une grand-mère et non seulement des parents. On n’a pas le jugement qu’il faut pour être capable de savoir quelles étaient les vertus – et quoi d’autre? – qu’avaient ces ancêtres. | |||
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" L’outil génétique peut devenir un instrument supplémentaire d’exclusion dans des sociétés déjà discriminatoires ". |
Dans un petit " Lexique " qui accompagne le dossier sur l’eugénisme paru dans Le Courrier de l’UNESCO, on retrouve cette définition du mot : " Eugénisme : néologisme forgé par le britannique Francis Galton à partir du grec eu (bon – heureux, bonheur) et genos (naissance, race). – Donc : bonne race. – Étude des possibilités d’améliorer le potentiel génétique humain. " Par exemple, en Norvège et en Suède, on a stérilisé des gens qui présentaient des difficultés mentales pour qu’ils ne puissent pas se reproduire; c’est un exemple d’eugénisme. Il est inutile de préciser, comme on le rappelle ici, que le Comité international de bioéthique de l’UNESCO (CIB) considère que " l’outil génétique peut devenir un instrument supplémentaire d’exclusion dans des sociétés déjà discriminatoires ". On s’en doutait un peu. Qui d’ailleurs peut se targuer de ne pas être discriminatoire du tout? On l’est tous plus ou moins. Et surtout dans ces sociétés où les filles sont considérées comme des êtres inférieurs. C’est le cas de la Chine et aussi de l’Inde, pour ne mentionner que ces deux pays-là, mais il se trouve qu’ils représentent un tiers de la population du monde, ce qui n’est pas un détail. En résumé, on n’est pas en mesure d’évaluer toutes les implications de cette situation. Dans l’ensemble, c’est une entreprise extrêmement complexe. |
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Pour vous donner un bon exemple de ce que je suis en train de vous raconter, j’ai retrouvé l’ouvrage des docteurs Skrabanec et McCormick, aux éditions Odile Jacob : Idées folles, idées fausses en médecine. C’est un ouvrage remarquable mais je ne sais pas si on peut encore le trouver – il date un peu… C’est dans cet ouvrage que j’ai trouvé une réponse à la question que tout le monde se pose : sommes-nous ou ne sommes-nous pas capables de prendre des décisions en connaissance de cause et d’intervenir au niveau biologique sur ce point-là? " On peut illustrer ce sophisme – celui dit ‘ de Beethoven ’ – par une conversation imaginaire entre deux confrères médecins, écrivent les auteurs. ‘ J’aimerais recueillir votre opinion sur une interruption de grossesse. – Voici l’affaire. – Le père a la syphilis, la mère
est atteinte de tuberculose évolutive. Des quatre enfants précédents,
le premier est aveugle, le deuxième est mort, le troisième est sourd-muet
et le quatrième est tuberculeux. La mère se trouve enceinte à
nouveau, que me suggérez-vous? ’
Cela peut nous rendre un peu prudent quand il s’agit de manipulations génétiques. Ah comment vraiment savoir d’où l’on vient? Je ne suis pas pour autant méprisant à l’égard des chercheurs en biotechnologie, loin de là. Je crois même que c’est l’une des voies de l’avenir. Mais cela peut ouvrir la porte à des abus, et comporter certains dangers, comme tout le reste. Notre sage samouraï Musashi le disait d’ailleurs: " Il faut toujours, dans tous les cas, examinez les avantages et les inconvénients de toute chose. "
La tentation de l’enfant parfait peut nous entraîner fort loin… |
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Réponse au courrier | |||
COLOMBANI, Marie-Françoise. " Les nouveaux proxénètes ", Elle France, novembre 1999. |
Le propos qui suit est dans la perspective de répondre à une question posée par l’un de nos auditeurs, André, dans un mot qu’il nous a envoyé. " La semaine dernière, il fut notamment question d’un site Internet offrant aux enchères des ovules de mannequins. Tout ceci pour la beauté. Les médias ont abondamment discuté de ce site mais aucun n’a abordé la question principale. En effet, le problème n’est pas nécessairement de décider si des ovules peuvent être vendus, mais plutôt de savoir : Qu’est-ce que la beauté? Qui la définit? Ou comment elle se définit? "
Dans le numéro de ce mois du magazine Elle (l’édition française), Marie-Françoise Colombani parle justement de cette nouvelle race de proxénètes : " Ils sont installés officiellement au Canada et aux États-Unis, mais ne nous leurrons pas, ils existent officieusement un peu partout. Le dernier en date, Ron Harris, vient d’ouvrir un site Internet : ‘ Ovules de top-models à vendre ’. – Vous vous procurez des ovules de top-models, vous vous faites inséminer puis vous aurez une belle belle petite-fille. Si vous ne tombez pas sur les gènes du frère de Beethoven… [rires] " Mise à prix, poursuit l’éditorialiste : 15 000 $ l’ovule – car il s’agit de ventes aux enchères –, les meilleurs atteignant facilement les150 000 $, dont 20 % ‘ seulement ’ iraient à l’entremetteur. Les ‘ donneuses ’ sont jeunes, belles et… blanches, comme l’attestent leurs photos, mais en plus elles sont biologiquement parfaites et leur dossier le prouve. " Je ne sais pas jusque dans quelle mesure on peut le prouver, car on peut avoir bien des surprises avec la génétique. Ce n’est pas un cas nouveau, fait remarquer l’éditorialiste. " Depuis quelques années, les marchands d’ovules font régulièrement parler d’eux. Le New Yorker du 9 août décrivait un marché en pleine expansion : 5 000 ventes rien que pour cette année en Amérique, et plus d’une cinquantaine d’agences spécialisées – qui vendent des ovules de gens beaux… Car qui veut acheter des gens bons, finalement? [rires] " Le scandale ne vient pas des couples acheteurs, précise-t-elle. Débourser des sommes astronomiques parce qu’on fantasme sur le QI ou la beauté de sa future progéniture relève certes plus de l’imbécillité que du délit. Mais on peut comprendre le désir de connaître, voire de choisir l’identité de sa ‘ donneuse ’. En France, où le don d’ovocytes est anonyme, un grand nombre de spécialistes souhaitent que cet anonymat soit reconsidéré lors de la révision de la loi de la bioéthique. – J’ai l’impression que tout est à vendre maintenant. C’est une forme de prostitution un peu bizarre, au fond : je ne te donne pas le fun de faire l’enfant, mais je te donne l’ovule. " C’est le commerce d’ovules qui est criminel, poursuit M.-F. Colombani, au même titre que le trafic d’organes. Contrairement au don de sperme qui est un jeu d’enfant, celui d’ovules multiples est un long parcours : les ‘ donneuses ’ subissent plusieurs semaines de traitement de stimulation hormonale, entraînant douleurs abdominales et nausées. – Tiens, on cherche à créer des emplois! – La répétition des prélèvements pourrait même entraîner une stérilité définitive. Mais les marchands de femmes n’ont pas d’états d’âme. " Voyez, par exemple, le beau slogan qui clos cet éditorial : " Payez vos études ou vos vacances grâce à vos ovules! " Quelle époque extraordinaire…
Pour répondre à ce monsieur qui se demande comment établir les critères de la beauté, personnellement, les mannequins, je trouve ça charmant, mais ce n’est pas mon genre. Je l’ai déjà dit, les femmes, je les aime plus rondelettes. Et je ne suis pas le seul. Quelqu’un disait un jour : " Il y a des tas de gars qui sortent avec des filles toutes minces, mais qui aiment mieux vivre avec des filles plus rondelettes. " [rires] Comment définir la beauté? Ce monsieur a trouvé dans une édition du Readers’ Digest de janvier 1997, un article intitulé : " Comment peut-on définir la beauté? " On y révèle que " les principales règles seraient la symétrie, le physique moyen et la proportionnalité ". Ces indications proviendraient " d’une étude d’un psychologue de l’Université du Texas ". Cela m’a remis sur une piste, un livre que j’ai commis il y a plusieurs années et qui s’intitule De McLuhan à Pythagore, qui a été publié aux éditions de Mortagne. Il a connu plusieurs réimpressions. | ||
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Imaginez qu’à partir des yeux jusqu’au bas du visage vous avez un carré : par rapport à ce carré, le front se situe dans un rapport de 0,618.
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| Photo:
Ingrid Bergman, dans un des films d’Alfred Hitchcock. |
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| Hier, je vous ai parlé de la taxe Tobin à partir de l’ouvrage de Jean Carette, L’âge dort?, paru chez Boréal. Tel que promis, j’y reviens mais cette fois à propos de l’idée de refaire le monde. Jean Carette considère que, parmi les solutions pour un monde meilleur, il faut considérer " la taxe sur l’ensemble des transactions spéculatives mondialisées, dite taxe Tobin, dont le seul montant permettrait d’éradiquer la dette du Tiers-Monde et, à terme, l’extrême pauvreté des trois quarts de la population de notre planète ".
C’est
incroyable à quel point l’argent circule librement dans le monde! Il y
aurait 50 fois davantage d’argent qui se véhicule sur la planète
que de valeurs marchandes! À ce sujet, Carette écrit : " Je connais de nombreux retraités qui ont répondu avec enthousiasme à l’appel de l’équipe du Monde diplomatique et qui militent à l’ATTAC. En agissant, avec d’autres plus jeunes, dans le champ de l’économie, au-delà d’une épargne et d’une consommation passives, les retraités pourraient à leur mesure contribuer à la prévention des crises, et participer à la restauration du politique, du social et du culturel. " Car Jean Carette se dit convaincu que les retraités ont un rôle actif à jouer sur ce tableau. Récemment, Le Monde diplomatique a fait état des activités d’un mouvement dont le nom est l’ATTAC (Association pour la taxation des transactions financières pour l’aide aux citoyens). On trouve un site Internet en France à l’adresse suivante : http://www.attac.org. Mais j’apprends qu’il y aurait également un chapitre de ce mouvement au Québec. |
| Cette organisation offre la possibilité de participer à un " Appel citoyen au gouvernement canadien ". La page d’accueil du site québécois annonce une " Campagne pour un moratoire sur les négociations du cycle du millénaire de l’OMC (Organisation mondiale du commerce) ". C’est également en rapport avec la taxe Tobin, car c’est dans le même esprit d’aide aux citoyens que se situe la démarche. " Depuis sa création en 1995, l’OMC échappe à tout contrôle démocratique; elle ne dispose d’aucune légitimité élective pour décider en lieu et place de peuple, de nations et d’États. Elle a toujours refusé de prendre en considération la dimension sociale des échanges, qu’il s’agisse d’emploi, de droits, de normes, de maîtrise technologique, de formation… Elle ne se soucie pas davantage de la protection de l’environnement et des milieux naturels ", peut-on lire sur la page annonçant une manifestation organisée par l’ATTAC le 27 novembre prochain, en France. Cela revient à dire que ce qui domine maintenant c'est l’économie, le commerce, et que c’est la seule chose qui nous intéresse. " Son ordre du jour concerne des domaines aussi essentiels que l’agriculture, la santé, l’éducation, l’alimentation, l’énergie, la biosphère. Dans toutes ces dimensions de l’activité humaine, professionnelle et sociale, les règles de la concurrence, du dumping, seraient généralisées, des situations de ‘ monopole ’ des services publics seraient condamnés. " Etc. Tout ce discours vient de l’ATTAC, un mouvement qui cherche à attirer l’attention du monde politique sur l’importance d’adopter une autre vision. " Il faut empêcher cette course à la marchandisation totale du monde. À la mondialisation financière, nous opposons une autre conception : des échanges internationaux basés sur la solidarité, la coopération, et un commerce équitable. " |
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