Saison
1999-2000
  Émission du mercredi 27 octobre 1999
   

Marilyn Monroe : un mythe aux enchères


Talon aiguille de
Marilyn Monroe

 


Aujourd’hui et demain a lieu à New York la vente aux enchères des effets personnels de Marilyn Monroe. L’impression que j’ai est bien celle de la liquidation d’un mythe au détail…

Ici un bijou, ici une brosse à dents, plusieurs paires de chaussures à talon aiguille, des souliers qui avaient de la classe... On dirait qu’il faut qu’il ne reste plus rien du passé. Il faut pourtant se convaincre que le tout demeure plus grand que la somme des objets qui ont accompagné cette exceptionnelle fille de la Déesse-Mère, au destin tragique, que fut Marilyn Monroe. Et voici que tous ces objets se retrouvent sous le maillet du commissaire-priseur.

Je ne sais pas pourquoi mais il me semble que ça manque de souffle.

Eh oui, Languirand s’émeut…

 

   


     
   

La méga-ville du futur est à craindre

D’après : SALGADO, Sebastiao. " Les poudrières de l’an 2000 ", Paris Match, Nº 2631, 28 octobre 1999.

Sebastiao Salgado

 

Photo : Gare de Church Gate, Bombay (source : Paris Match, Nº 2631, 28 octobre 1999)

 

Mais Languirand s’émeut encore bien davantage au sujet des " Poudrières de l’an 2000 " que sont devenues certaines villes de notre planète… La population continuant de croître, la Terre aura a faire face à un problème démographique évident.

Certaines villes étouffent déjà. C’est ce que raconte Sebastiao Salgado – certainement Portugais comme son nom l’indique – dans un article paru dans le dernier numéro de Paris Match. Il a photographié neuf de ces villes :

* Bombay, par exemple, où l'on compte 14 ou 17 millions d'habitants (on n’en est pas trop sûr) mais ce qu’on sait, c’est que " 2,7 millions d’entre eux se croisent à la gare de Church Gate, au cœur de la ville. On y compte jusqu’à un train toutes les 20 secondes ", comme le mentionne le bas de vignette de cette photo de la gare en question.

   



*
Le vieux Shangaï agonise dans l’insalubrité. [] Juste derrière l’immeuble futuriste du Stock Exchange, en cours de démolition, le quartier Pudong est voué aux sans-abri. On y dort dans la boue – pendant qu’on reconstruit cette partie de la ville.

* Manille, capitale des Philippines : " Elle est d’abord une ville de pauvres avant d’être l’une des plus grosses mégapoles du monde. Métro-Manille regroupe 10 agglomérations et 7 municipalités pour une population totale estimée entre 15 et 20 millions d’habitants – pour une ville! C’est curieux mais je remarque que les estimés sont souvent imprécis, c’est toujours entre 14 et 17 millions, ou entre 15 et 20 millions, etc. On perd le compte, dirait-on. – Chassés de leur campagne par la faim ou la guérilla, des dizaines de milliers de pauvres errent et s’entassent comme ils le peuvent dans Manille, [] des squatters ont construit des chahutes sur la mince bande de terre qui appartient à l’État. "

* À propos de l’Égypte, on dit que " dans les palmeraies des gosses d’à peine 6 ans triment pour 4 livres égyptiennes par jour ". Ça ne doit pas être beaucoup… Une photo nous montre ces petits enfants qui travaillent. Le bas de vignette nous apprend qu’ils sont payés cinq fois moins que les adultes, évidemment. " Autant de va-nu-pieds qui ne peuvent acheter les produits frais qui abondent au marché d'El Saiyida Zeinad. La vallée du Nil est d’une prodigieuse fertilité, mais ses richesses restent réservées à une dizaine de milliers de privilégiés dans une ville où se multiplient en toute anarchie ponts géants, autoroutes à voies multiples et tours de béton.

* À Istanbul, où l’on comptait un million d’Istanbuliotes en 1960 – tiens, on les appelle comme ça. Ce qu’on en a apprend des choses en écoutant l’émission Par 4 chemins… [rires] – ils sont maintenant 15 millions d’habitants ". Et d’autres paysans continuent de rejoindre le faubourg " extensible à l’infini ", etc.

* Puis, il y a aussi les 3 millions cinq cents mille Kurdes, pauvres des pauvres des pays de l’Est depuis la crise.

   


" Nouveau drame à Mexico : des hordes d’enfants vivent dans des caves et se nourrissent dans des décharges. "

(source : Paris Match, Nº 2631, 28 octobre 1999)

Ce journaliste, Sebastiao Salgado, rapporte une bien triste situation qui prévaut au Mexique. [ À Mexico] , les familles arrivent en ville attirée par un mirage, l’idée qu’elles vont trouver du travail alors que la révolution industrielle est déjà terminée.
[] La famille tient un moment encore unie, en cellule. Puis un enfant sort pour chercher de quoi manger, demander un peu d’argent. Les premières fois, il revient. Puis il commence à fréquenter une petite bande, à voler, à se droguer, à voler pour se droguer. Il ne revient plus à sa famille. D’ailleurs, il la perd de vue parce qu’elle a été obligée de se déplacer. Et dans une ville de près de vingt millions d’habitants, il est très difficile de retrouver quelqu’un.

" Les garçons partent les premiers, puis les filles, qui vont se prostituer. À la fin, les petits qui restaient avec la famille sont abandonnés dans la rue ou remis à des institutions d’État. La famille s’est désagrégée. Et, avec elle, les déracinés ont perdu leur dernière structure. "

" Les villes géantes, écrit plus loin le journaliste, sont les cités du futur, ni belles ni intéressantes, mais dures et violentes. C’est là que se décide notre avenir. "

   


     
    Le couple : de l’amour fusionnel à l’amour fissionnel
D’après :
AYOUN, Monique.
" Le contrat d’infidélité vous tente-t-il? ", Psychologies, Nº178, septembre 1999
 

 

À plusieurs reprises dans l’histoire de l’humanité, il s’est trouvé des individus pour faire état de la difficulté de vivre en couple. C’est un fait que la vie de couple étant ce qu’elle est, c’est-à-dire difficile, surtout depuis qu’elle ne repose plus sur des négociations d’affaires, de propriétés, etc. mais plutôt sur l’amour, elle est devenue beaucoup plus fragile. Parce que la terre reste là, elle est fidèle... Mais il y a eu des malins qui ont décidé un jour qu’il fallait inventer autre chose.

Il y a eu Fourier, un des pères de l’utopie , qui a écrit un essai sur l’importance de l’infidélité. Il y a aussi ce livre de Bertrand Russell, qui est assez peu connu maintenant, mais qui a fait scandale à l’époque, dans lequel il parlait justement de la fidélité. Il faut reconnaître que c’est un homme d’expérience, lui qui s’est remarié quatre ou cinq fois… Mais comme on ne peut pas parler de tout dans la même émission, il y a Serge Chaumier qui traite de ce sujet dans un récent essai.

Voici ce que Monique Ayoun dit de Serge Chaumier dans cet article, " Le contrat d’infidélité vous tente-t-il? ", paru dans le magazine Psychologies de septembre dernier : " Brillant sociologue de 35 ans – célibataire, mais ayant expérimenté différents types de couples –, il s’intéresse depuis l’adolescence à ce qu’il nomme ‘ l’organisation amoureuse ’. Sa démarche : repérer des pratiques émergentes qui échappent aux statistiques parce qu’encore minoritaires. Son essai, basé sur un impressionnant savoir livresque et cinématographique – [il a même fait un] doctorat portant sur l’évolution des modèles conjugaux au travers de récits filmiques –, est étayé de nombreux témoignages de couples qui reflètent, selon lui, une nouvelle tendance.

Sa thèse se résume à ce long titre : " De plus en plus d’unions évoluent vers un degré d’autonomie de plus en plus grand. Mais le ‘ couple fissionnel ’ n’est pas nécessairement synonyme d’infidélité ", affirme-t-il. On y trouve, entre autres, de nombreux témoignages de couples. D’après le sociologue, il s’agit de passer du couple fusionnel, qui serait mort, au couple fissionnel. Son ouvrage, qui s’intitule La déliaison amoureuse vient de paraître chez Armand Colin (1999).

Sa démarche se définit surtout par " l’acceptation d’un principe d’ouverture de la part des partenaires, chacun reconnaissant à l’autre le droit de vivre en-dehors de soi. Pour certains, il ne s’agira que d’une vie sociale indépendante, tandis que d’autres s’autoriseront des escapades plus intimes.

Il parle des nouveaux couples , " des jeunes de 20 ans principalement, pour qui l’autonomie est une valeur vitale – car c’est chez ces gens-là que l’on retrouve ce genre de questionnement – mais aussi chez des personnes de 35 à 40 ans qui, après une séparation ou un divorce mettant fin à l’idéal de l’amour fusionnel, désirent appréhender l’amour autrement ", explique la journaliste.

Que dit notre auteur à propos de l’amour fusionnel? Il le considère comme un modèle intenable. Peut-être… mais personnellement, j’ai déclaré récemment que je tentais désormais l’expérience de la fidélité. Ça a beaucoup fait rire, mais je m’en tiens à cette idée. Je m’aperçois que ça rend les dames plus intéressées de venir vérifier si c’est vrai, histoire de voir si je vais tenir le coup, etc. [rires] Remarquez, je ne savais pas que c’était un si bon truc…

 

" Dans les couples fusionnels, poursuit Monique Ayoun présentant la thèse de Chaumier, on partage les mêmes amis, les mêmes vacances, les mêmes loisirs. "

 

 

 

 


Willy Pasini

 

" Dans les couples fusionnels, poursuit Monique Ayoun présentant la thèse de Chaumier, on partage les mêmes amis, les mêmes vacances, les mêmes loisirs. Le contrat : vivre l’un à travers l’autre. Se rendre seul dans une soirée? Impensable! Une simple amitié avec une personne du sexe opposé est proscrite ou désapprouvée. Un regard dévié peut provoquer un drame. De prime abord, ce type de couple semble être le plus répandu. Faux! affirme Serge Chaumier : il est en régression, car les hommes et les femmes d’aujourd’hui ne souhaitent plus se fondre dans le couple mais conserver leur individualité. "

J’ai passé l’âge de me poser ce genre de questions mais je vous transmets l’information et vous en ferez bien ce que vous voudrez.

" ‘ Cela ne signifie pas que le rêve de fusion ait déserté nos imaginaires, loin s’en faut! affirme le sociologue. L’amour fusionnel continue d’incarner l’amour parfait. Simplement, nos pratiques sont décalées par rapport à cet idéal.  On le dit mais on ne le fait pas…[rires] – Car le couple fusionnel ne peut se vivre dans la réalité : pour ne faire plus qu’un, les partenaires s’entre-dévorent. "

À un moment, il cite un bonhomme qui parle même de " cannibalisme métaphysique " entre les époux – ce qu’ils ont dû vivre des soirées difficiles ces gens-là! Bref, d’après Chaumier, il faut passer de l’amour fusionnel à l’amour fissionnel.

Je viens peut-être d’envoyer une bombe dans votre ménage, mais vous n’êtes pas obligé d’allumer la mèche…

Je suppose que cet auteur doit être connu chez nous parce qu’on dit ici : " Au Canada, où l’égalité sexuelle est plus affirmée qu’en France – c’est bien possible. Je pense à la féminisation des rôles, par exemple, on dit Madame la ministre, etc., ce qui serait difficilement accepté en France – Serge Chaumier observe une plus grande autonomie au sein des jeunes couples : chaque conjoint conserve ses amis avec lesquels il passe soirées ou vacances. Cela ne les rend pas pour autant infidèles. Du moins, pas forcément. " Peut-être qu’il veut sous-entendre qu’ils ne le disent pas… [rires]

On suggère que l’amour fissionnel pourrait permettre de s’ouvrir au tiers stimulateur. " Un pas supplémentaire est franchi par les couples fissionnels, dits ‘ open ’, qui ne se fixent pas de limites à priori. Chaque partenaire peut vivre des expériences sexuelles et parfois même amoureuses avec des tiers sans avoir à le cacher. ‘ La fidélité est exprimée dans le temps et non dans la sexualité ’, explique Serge Chaumier. " Je vais essayer de vendre cette formule-là. Mais je ne suis pas sûr de trouver beaucoup d’acheteurs.

À un moment, il y a Willy Pasini qui s’en mêle. Vous rappelez-vous on a parlé, il n’y pas très longtemps, d’un ouvrage intitulé La force du désir, paru chez Odile Jacob?

Pasini arrive avec une réflexion qui m’intéresse beaucoup : " La jalousie n’est-elle qu’une ‘ norme sociale ’, comme l’affirme Serge Chaumier? ", lui demande-t-on.

Il faut préciser ici que Willy Pasini est un grand expert des choses du cœur : psychiatre, psychologue, spécialiste du couple comme on est spécialiste d’une maladie – ah le couple! se faire soigner le couple, c’est parfois une maladie grave ça… [rires]

" La jalousie sexuelle est effectivement ‘ culturelle ’, répond W. Pasini. Mais ce sentiment est profondément humain et lorsqu’il ne porte pas sur le sexe, il se déplace. Les épouses des couples polygames acceptent très bien le partage sexuel mais deviennent hystériques si l’une d’elle possède des vêtements plus élégants que ceux des autres. " On projette comme on peut…

" Autre exemple, poursuit Pasini : le couple échangiste. L’épouse demande à son mari : ‘  Ça ne t’a pas plu? ’ ‘ Si, répond le mari, mais avec lui tu as crié plus fort qu’avec moi! ’ [rires] La jalousie est parfois révélatrice de la bonne santé d’un couple : elle réveille les mécanismes de la séduction et réactive le pouvoir aphrodisiaque du désir. – Il y a du vrai là-dedans. – La présence d’un intrus, pour ceux qui érotisent l’infidélité, est une menace excitante ", risquée aussi, je puis vous le dire pour avoir traîné mes godasses un peu partout. Moi mes souliers ont…

" Contrairement à ce qu’on nous a appris, la jalousie n’est pas un signe d’amour, mais une marque d’insécurité et de dépendance. "

Serge Chaumier, sociologue

 


" Il m’arrive de désirer d’autres hommes,
témoigne une femme. Frédéric a pris cet aveu avec beaucoup d’intelligence et de subtilité. Lui dit qu’il n’éprouve pas le besoin d’aller voir ailleurs. Pour l’instant. Le jour où cela se produira, dit-elle, j’espère être à la hauteur! "

" Dans le dernier chapitre de son livre, écrit Monique Ayoun, Serge Chaumier fait l’apologie du couple fissionnel. Soit. L’idée est belle – il n’est d’ailleurs pas le premier à y avoir pensé. Mais quid de la jalousie? Comment étouffer en soi des sentiments tels que l’instinct de possession? ‘ La jalousie n’est pas naturelle, affirme Serge Chaumier, mais culturelle. On ‘ doit ’ être jaloux. C’est une norme sociale dont il serait peut-être bon de s’affranchir. Contrairement à ce qu’on nous a appris, la jalousie n’est pas un signe d’amour, mais une marque d’insécurité et de dépendance. " Ce qui est très vrai, d’après moi. J’espère qu’on ne va pas m’attendre pour me lancer des roches sur la rue…

   


     
   

Réponse au courrier :

 


 

 

  • Les plaisirs de la chair, avec l’expérience…

J’ai sous les yeux un témoignage charmant. Un jour, j’ai provoqué les auditeurs auxquels j’ai dit : " Je me demande s’il y a encore une vie sexuelle à 40 ou 50 ans? " Alors, cette dame me répond franchement, et c’est comme si je l’entendais :

" Pour ma part, écrit-elle, ma vie sexuelle va en s’épanouissant. J’ai toujours aimé faire l’amour mais, depuis mes 40 ans, et depuis ma découverte du Tao et du tantrisme (sans parler du Point G!), j’ai une vie sexuelle de plus en plus tendre et grandiose. J’ai maintenant 51 ans; depuis dix ans, j’ai eu cinq relations amoureuses avec vie de couple et l’âge de mes partenaires a varié entre 25 et 44 ans. – Vous me réjouissez le cœur, je dois dire. J’espère que ça va faire des jaloux. Je suis assez content pour vous! [rires]

" L’art de bien faire l’amour, en savourant tout ce qui est présent plutôt qu’en recherche de performance, se développe avec des années de communication franche et respectueuse, et aussi avec le goût de s’améliorer et d’aller toujours plus loin. "

Elle ajoute un point que je trouve très intéressant, important même : " Je sais aussi maintenant que je fais bien l’amour, j’ai confiance en moi. Nous sommes ici, en Occident et au 20e siècle, des ignares dans l’art des relations sexuelles, et je suis certaine que, dans dix ou vingt ans, ça va être encore meilleur entre moi et mon partenaire. "

À 71 ans? Pourquoi pas, ça peut être le ‘fun’. Je m’attends à ce que quelqu’un m’écrive : " Bien voyons, monsieur Languirand, que dites-vous là! Avez-vous visité des centres d’accueil récemment? Choisissez-les bien… "

Elle écrit plus loin  :" J’ai parlé de ce sujet à mes amis de 20 ans et ça a l’air d’être assez pauvre… en tout cas, pas mieux que nous à cet âge. Nous avons vécu la révolution sexuelle sans assez se parler. Il serait temps de remettre ça sur le tapis, en toute simplicité. Nous devons vivre mieux notre sexualité et ce, à tout âge.

Au plaisir d’élaborer sur le sujet ".

Et c’est signé : " Marie ".

Non Messieurs, vous n’aurez pas l’autre nom, ni le téléphone, ni l’adresse, ni le courriel. Vous n’aurez rien de moi.

   
  • Le rituel de la pipe et du tabac

Une autre lettre nous vient de Gilbert qui nous parle de la cérémonie dite de la pipe et du tabac. C’est une lettre où il est question des rituels amérindiens, des Algonquins en particulier.

" Chez beaucoup d’Indiens d’Amérique, on pratique une cérémonie dite de la pipe et du tabac qui consiste à échanger du tabac, que le célébrant divise en en faisant d’abord brûler des petites doses qu’il offre aux ‘ six directions ’. "

L’idée, c’est qu’avant qu’on discute de paix et d’organisation sociale entre diverses tribus, on se passait le calumet de la paix. La pipe, c’est ça : que la fumée envahisse le lieu et que tout le monde respire la même fumée. [rires]

   


  • Liban : civilisation en crise

Un autre qui signe Jean-Claude nous parle de la crise de civilisation , après être revenu de son voyage au Liban.

" Crise de civilisation… je reviens d’un voyage au Liban et je puis vous assurer qu’elle est bien réelle. L’économie est détruite par 20 ans de guerres civiles, une infrastructure gouvernementale inexistante – ou que pour la classe riche –, une classe moyenne immigrée, il n’en faut pas plus pour miner ce pays.

" Ce qui m’a attristé le plus dans ce voyage, c’est le manque d’espoir qu’entretiennent les Libanais. Tous rêvent d’émigrer et, entre-temps, l’immigration syrienne a pris la relève au Liban. Comme quoi on trouve toujours plus pauvre que soi… "

   

 

  • De la condition humaine

Commentaire reçu de Diane.

" La condition humaine est pénible, mais je l’aime tout de même. Un jour, j’écrirai peut-être un livre qui aura pour titre Chienne de vie, je t’aime, même registre que le titre du film " La vita è bella " (" La vie est belle "). "

Il y a une réflexion d’André Malraux que je trouve intéressante et que je vais vous communiquer. Elle va faire votre joie, j’en suis sûr. André Malraux dit quelque part :

" La condition humaine n’a jamais eu mon consentement. "

   

 

  • L’environnement humain

On va maintenant parler de quelque chose difficile à aborder : la complexification de l’environnement humain. David nous écrit à ce sujet…

" Je suis étudiant au Collège Montmorency en muséologie et j’ai développé un grand intérêt pour les questions métaphysiques. […] L’homme vit une complexification de son environnement provoquant un raffinement de sa pensée, transformant ensuite sa nature. Cette idée est pour moi celle de l’ordre dans le désordre. La somme des variables infinis donne ce que nous sommes aujourd’hui, mais aussi ce que nous serons demain.

Il n’est pas facile de trouver des gens pour échanger sur cette question, bien que j’aie plusieurs amis qui entretiennent ces propos et que nous découvrions ensemble de nouvelles hypothèses en regardant notre réalité. Nous nous trouvons [toutefois] limités à notre propre expérience. "

Bien sûr, on commence toujours par là.

Selon Teilhard de Chardin, plus la vie se complexifie plus la conscience trouve à s’exprimer.  


En marge, j’ai écrit " Pierre Teilhard de Chardin ", parce qu’il m’a semblé que, selon lui, plus la vie se complexifie plus la conscience trouve à s’exprimer.

On a souvent parlé de l’évolution de la vie. Des petites particules qui aboutissent à une petite molécule simple qui se dédouble et se dédouble encore et encore. Puis, à un moment, la vie se développe, la sexualité arrive et ça se multiplie d’une façon plus complexe. Tranquillement, la complexité devient telle que les animaux vont apparaître, puis les animaux supérieurs, les mammifères, les singes, et l’homme au bout de cette chaîne (si c’est vraiment le bout, bien sûr).

Au fur et à mesure que l’évolution se complexifie, la conscience trouve des véhicules qui sont susceptibles de lui faciliter le chemin.

" Nous sommes un maillon dans la chaîne qui débuta quelque 15 milliards d’années plus tôt. "

Édouard

 
  • Le sens de l’évolution : bref aperçu de la pensée de T. de Chardin

Je trouve aussi un courriel reçu de Édouard sur le sens de l’évolution.

" Non seulement il y a un sens à l’évolution, mais l’évolution darwinienne s’insère dans une perspective plus globale où la physique, la chimie, la biologie, la psychologie, la sociologie, les religions et la spiritualité prennent un sens clair les uns par rapport aux autres et s’alignent avec élégance et simplicité. […]

" Je viens tout juste de découvrir (dans l’ordre) votre site, votre émission et la page de Teilhard de Chardin. J’en suis resté bouche bée. Il y a deux ans, quelques mois après le décès de ma petite fille de deux ans, certaines idées ont commencé à germer dans mon esprit. Il faut dire qu’alors s’entamait une quête d’absolu puisque, étant physicien (Ph. D), rien dans ma formation de scientifique ne m’avait préparé à un tel événement. Ces idées ont mûri et se sont développées de plus en plus. Depuis quelque temps, j’ai commencé à mettre ces idées sur papier. "

Alors, Édouard m’envoie un très beau texte de réflexion sur tout cela, dans lequel il écrit : " Diverses cellules vivantes (spécialisées) peuvent être organisées en un système encore plus complexe, possédant une infrastructure de communication tout aussi complexe : un animal. À ce niveau-ci, une nouvelle propriété imprévisible apparaît : la conscience, l’intelligence, l’esprit. Ici, je considère que les animaux ont divers niveaux de conscience selon leur place dans le temps et dans l’échelle de l’évolution. – J’ai la même vision.

" L’être humain est considéré pour l’instant comme le plus évolué des animaux sur cette planète. La société (le village global) que nous construisons, l’essor technologique qui permet les communications et qui complexifie notre société s’insèrent dans l’ordre des choses. Nous faisons partie d’un grand plan, d’un sens qui débute aux résonances énergétiques que sont les particules élémentaires et qui se poursuit avec notre propre existence.

" Nous sommes un maillon dans la chaîne qui débuta quelque 15 milliards d’années plus tôt. Nous sommes un maillon d’une chaîne qui débute à des échelles de temps et d’espace infiniment petites. Pour la première fois, il est peut-être possible de répondre objectivement à quelques questions fondamentales : D’où venons-nous? Où allons-nous? Qui sommes-nous? – Et il ajoute : –

" Pourquoi sommes-nous? "
D’après :
DE CHARDIN, Teilhard.
La place de l’homme dans la nature
,
Éd. Albin Michel, 1956.

 


C’est très " teilhardien ", en effet, lui qui parlait de propriétés qui changent à chaque niveau avec l’augmentation de la complexité. Donc un niveau de la conscience peut être véhiculé parce que le tout est toujours plus grand que la somme des parties, etc. On pourrait parler de tout cela encore quatre ou cinq heures.

Comme, par exemple, lorsque Teilhard de Chardin faisait observer que " l’homme est une partie de la Vie; et même, il est la partie la plus caractéristique, la plus polaire, la plus vivante de la Vie. Impossible, dès lors, d’apprécier convenablement sa position dans le Monde sans fixer au préalable la place de la Vie dans l’Univers. "

Cette réflexion est tirée de l’un de ses ouvrages, La place de l’homme dans la nature, paru aux éditions Albin Michel.

Et c’est dans ce sens-là également, Monsieur Édouard, que semble aller votre propre démarche.

   


Accès aux versions enregistrées des émissions "Par 4 chemins" de Radio-Canada.