Saison
1999-2000
  Émission du jeudi 21 octobre 1999
   

Le sens de la vie?
Accepter ce qui est, dit Placide Gaboury

 


À propos de notre refus de mûrir, en assumant avec force la totalité de la vie sans toujours nous plaindre, trépigner et pleurer comme des enfants, Placide Gaboury nous dit : " L’acceptation fait mûrir. L’acceptation fortifie. L’acceptation libère. "

Je voudrais revenir sur toute cette question de l’acceptation et sur l’importance de mûrir… de mûrir comme de beaux fruits au soleil. Or, un ouvrage de Placide Gaboury qui traite du sujet vient justement de paraître.

 

D’après : GABOURY, Placide.
La fidélité à soi :avoir le courage de penser et d’agir par soi-même, Éd. Quebecor, Montréal, 1999.
 
  • Placide Gaboury : Penser et agir par soi-même

Saviez-vous que Placide Gaboury publie pour la quarantième fois? Je le connais depuis bientôt 30 ans, nous avons cheminé ensemble à travers les lectures, les discussions et les tournées de conférences. Oh surprise! son plus récent ouvrage, une quinzaine de jours après sa sortie, fait l’objet d’une nouvelle impression. Au grand étonnement de l’auteur, du reste, qui voit son bouquin en passe de devenir un best-seller en Europe, où il a paru d’abord.

Cet ouvrage publié aux éditions Quebecor s’intitule La fidélité à soi : avoir le courage de penser et d’agir par soi-même. Le livre est sans prétention, fort bien écrit, très agréable à lire et surtout très juste, portant sur la fidélité à soi, sur l’autonomie par rapport à l’indépendance, si vous voulez. J’ai retenu quelques passages de ce livre et je vais vous en communiquer quelques réflexions qui m’ont paru extrêmement pertinentes.

" Ce qui semble certain, c’est que le courant de la vie n’attend pas une signification pour poursuivre son chemin. La vie va dans le sens que lui indique la flèche du temps, sans jamais expliquer le but de son parcours. "

Placide Gaboury

 


  • La vie a-t-elle un sens?

Au chapitre 12 de son ouvrage, P. Gaboury se pose la question de savoir si la vie a un sens. " Pour bon nombre d’entre nous, la réponse à la question ‘ La vie a-t-elle un sens? ’ ne fait pas de doute. Du reste, plusieurs écrivains et penseurs, soit pessimistes ou réalistes, soit simplement déçus et déprimés, ont souvent affirmé que la vie était une course absurde ne menant nulle part. Avaient-ils raison? C’est l’évidence même, me direz-vous. Il suffit de regarder les faits. "

Alors Placide se lance dans un exposé où il parle de :

  • " un jeune enfant qui meurt d’une maladie incurable à cinq ans " – est-ce que ça a un sens?
  • un père de famille, qui a passé sa vie à bâtir son domaine, perd tout lors d’une inondation, d’un feu ou d’un cyclone – est-ce que ça a du sens?
  • un autre se fait tout voler;
  • et son meilleur ami part avec sa femme ", etc.

" Décidément, dit-il, tout est à l’envers, ‘ les dieux ont marché sur la tête ’, la vie n’a tout simplement aucun sens. C’est depuis toujours que la vie emporte dans son torrent épreuves, contrariétés, mortalités, divorces, fléaux, krachs et épidémies. Tout cela a toujours existé et fait partie de la vie. On peut dire que c’est notre expérience commune à tous. Où que l’on se tourne, on peut y trouver du non-sens, du désordre, ou des remises en question radicales : la société est ébranlée dans ses fondements à l’image du paysage climatique. Par exemple :

    • N’est-il pas absurde de vivre dans un monde où les riches s’empiffrent au dépens des pauvres? – Sujet que nous avons abordé au début de cette semaine (  Voir Des riches plus riches… des pauvres plus pauvres ). – où les pays nantis paient des salaires de famine aux pauvres pour fabriquer des articles qui sont ensuite vendus à 300 % de leur valeur réelle? []

" Partout, la société baigne dans une mer de dissolution morale, dans un monde où l’on croit davantage à la machine qu’à l’humain et où l’on pense vraiment que les communications vont remplacer la compréhension mutuelle et que, dans ce sens, c’est la machine qui va nous sauver. Dans un tel contexte, il est facile de conclure que la vie humaine a de moins en moins de valeur, quelle est même un non-sens total, que nous ne savons vraiment pas où nous allons. " Car " le ‘ sens ’ a deux volets ", explique Placide Gaboury.

  
  • Les deux sens

L’auteur nous fait remarquer qu’il existe deux connotations au mot sens : " la signification et la direction. "

" Par exemple, explique P. Gaboury, on peut aller dans le sens de la rivière ou placer une boîte sens dessus dessous; il s’agit ici de direction. On peut aussi trouver que telle phrase, telle opinion ou telle action sont dépourvues de sens; il est alors question de signification.

" Mais lorsqu’on se demande si la vie, dans sa totalité, a du sens ou un sens, est-il alors question de signification, de direction ou des deux à la fois? [ …] Ce qui semble certain, c’est que le courant de la vie n’attend pas une signification pour poursuivre son chemin. La vie va dans le sens que lui indique la flèche du temps, sans jamais expliquer le but de son parcours. Autrement dit, ce n’est pas la signification intellectuelle qui la fait couler. Un événement se produit, un autre disparaît, une personne rayonne pour un temps puis s’efface, tout change et se bouscule sans que l’on sache comment ni pourquoi. La signification de la vie reste cachée dans sa direction qui, elle, bien sûr, est évidente. Peut-être que ce fait pourrait nous aider à comprendre un peu plus en quoi la vie peut avoir ou non un sens. "

  


  • Le sens la vie individuelle

À un moment, Placide Gaboury suggère de considérer la question du sens de la vie du point de vue individuel. " Disons d’abord qu’il est difficile, peut-être même prétentieux, de vouloir trouver le sens de la vie en général ou de l’univers dans son entier. Ne pourrait-on pas cependant chercher à trouver le sens de sa vie propre, de son vécu? Quant à moi, dit-il, j’ai dû vivre un bon moment avant de trouver pourquoi j’avais vécu mon enfance ou mon adolescence.

" Je me suis rendu compte que tout le passé ne prenait de sens qu’à mesure qu’il s’éloignait, comme un ville dont la beauté et la grandeur n'apparaissent qu’à mesure que le navire quitte le rivage. "

Puis, il raconte certains événements de son enfance, de sa jeunesse, de son adolescence, et de son rapport avec l’autorité, en particulier. Il précise que c’est en vivant " ces drames que la vie se clarifie, un peu comme un paragraphe qui n’a de sens qu’une fois lu. C’est la direction, le temps consumé à vivre l’événement, qui contient et révèle la signification, une fois arrivé au point final. Or le fait que la signification totale du paragraphe ou d’une tranche de vie ne nous soit révélée qu’une fois parcourus, suggère que, dans un parcours, la signification dépend toujours de la direction, du flot, du mouvement engagé.

" La direction vers laquelle pointe les événements est un indice de leur signification. Autrement dit, on ne pourrait trouver du sens à un événement qu’en le vivant intensément, c’est-à-dire en lui étant présent, en l’acceptant, en l’épousant. Tout comme on ne peut se promener à cheval que si l’on prend place sur son dos, si l’on épouse sa forme et son mouvement, c’est-à-dire que si l’on devient le parcours, le mouvement, la direction qui est prise et que l’on est devenu au même titre que la monture. […]

" La recherche de la sécurité empêchait ma croissance et m’empêchait de sentir le courant de la vie qui est toujours un mouvement insécurisant. "

Placide Gaboury

 

  • L’acceptation

Dans ce chapitre 12, toujours, Placide nous fait partager certaines réflexions tirées de sa vie personnelle. " Il est curieux qu’au cours de ma vie les moments vides et creux de sens ont été aussi importants que les moments pleins ou satisfaisants. Je peux même dire que ce sont les solitudes, les peines d’amour, les maladies et les moments de grand doute et de remise en question qui ont donné à ma vie un sens – son sens. Mais la condition pour que cela ait pu se faire réside dans l’acceptation, c’est-à-dire dans le fait d’épouser le mouvement.

" Ce sont les non-sens apparents qui cachaient un sens plus plein et plus vrai. Peut-être que cela indique que, pour moi, le sens ne pouvait et ne devait venir que d’un questionnement, d’un aveu d’incompréhension, d’un ‘ je-ne-sais-pas ’. Et c’est l’absurdité révoltante de la situation qui m’obligeait à poser la question, à chercher la solution, à m’en sortir, à voir ce que tout cela ‘ voulait dire ’.

" Autrement dit, ce n’est pas lorsque ‘ tout baignait dans l’huile ’ que se forgeait le sens, mais lorsque tout paraissait insensé et inutile. Le non-sens semblait gorgé d’un sens, mais d’un sens qui demeurait caché et qui, en réalité, est toujours demeuré voilé même s’il peut être deviné. Le non-sens nous pousserait-il à chercher un sens, tout comme dans la phrase : ‘ Vous ne trouvez pas la sortie à moins d’aller dans ce sens-ci ’? "

" Je savais, sans toujours vouloir le reconnaître, qu’aussi longtemps que je dépendais des autres pour être heureux, je ne le serais jamais. "

Placide Gaboury

 


  • La sécurité ou le mouvement

" Il est à la mode de croire que la vie n’a de sens que si on est installé dans un encrage stable (comme ce fut le cas des baby-boomers), dans une sécurité sociale ou affective comprenant emploi, argent, famille, succès et reconnaissance du milieu. On s’est ainsi habitué à croire que la sécurité en tous points garantissait la valeur d’une vie, à la fois sa signification et sa direction. On croyait savoir où l’on allait et, par conséquent, on croyait s’en aller dans la bonne direction, dans une direction toute planifiée d’avance. Et le ‘ bon sens ’ nous confirmait qu’on avait raison. Mais ce pourrait-il que ce fameux ‘ bon sens ’ n’aille pas dans la bonne direction, qu’il ne puisse donner la vraie signification, voire qu’il aille à l’encontre même de la vie et de la croissance?

" Dans mon cas, explique Placide, le sens de la vie s’est perdu dans la mesure où j’ai cherché à m’agripper à toutes sortes d’objets, de personnes ou de situations : enseignement, avenir assuré, réputation, etc. La recherche de la sécurité empêchait ma croissance et m’empêchait de sentir le courant de la vie qui est toujours un mouvement insécurisant. Chaque fois que j’attendais le bonheur à partir de quelque chose d’en dehors – personnes, possessions, positions –, je perdais mon autonomie et ma paix.

" Je savais, sans toujours vouloir le reconnaître, qu’aussi longtemps que je dépendais des autres pour être heureux, je ne le serais jamais, et qu’aussi longtemps que je forcerais la situation pour en obtenir ce que je voulais, je perdrais cela même que je cherchais. C’est finalement à travers les bouleversements, les échecs et les aveuglements que ma vie s’est peu à peu clarifiée et allégée. "

" L’intelligence du corps savait mais ne disait mot. Le sens demeurait caché. Il est dans la dimension sacrée de notre être et de la vie. "

Placide Gaboury



  • Comprendre sa vie, c’est en accepter le mystère

" Le sens le plus total de ma vie, rappelle Placide Gaboury, m’est apparu dans une circonstance assez exceptionnelle et que, du reste, j’ai souvent racontée dans le passé. Ayant découvert qu’en poursuivant mes activités, je ne pouvais davantage résister au progrès d’une maladie… " Il raconte comment tout à coup il s’est retrouvé à l’hôpital après avoir résisté et refusé la maladie autant qu’il le pouvait. La formule qu’il utilise est intéressante :

" La vie me prenait en main. Quelque chose en moi disait oui à tout : le passé, la mort possible (il s’agissait de six pontages), la vie à poursuivre. L’existence s’ouvrit sur la plus simple évidence : la vie semblait se dérouler silencieusement, sans effort ni heurt. Pas de désir, pas de refus. Toute la vie passée se déroulait comme une longue suite de beaux moments. Ce n’est plus moi qui allais ou qui pensais aller quelque part : le sens de ma vie ne venait pas d’un moi qui la dirigeait comme un jockey contrôle son pur-sang, c’est le pur-sang qui conduisait tout, lui seul savait où aller, son parcours semblait plein de sens. L’intelligence du corps savait mais ne disait mot. Le sens demeurait caché. Il est dans la dimension sacrée de notre être et de la vie. Tout comme le sens de la rose (est-il dans sa couleur, dans sa forme ou dans son parfum?). "

Plus loin, il souligne que le non-sens vient du refus, puisque le sens vient de l’acceptation.

" Le sens se trouve dans la situation actuelle que l’on rejette, refuse et fuit. "

Placide Gaboury
 


  • Refus VS Acceptation

" Cette réalisation m’a porté longtemps à m’interroger sur le sens que les gens autour de moi cherchent à donner à la vie ou à lui imposer. Je me rendais compte que l’erreur principale que nous commettions venait sans doute de notre incapacité à accepter la frustration, et que ces réactions étaient sûrement enrichies par l’omniprésence d’une propagande férocement ciblée sur notre émotivité infantile, sur nos besoins imaginaires et sur notre insatisfaction chronique. Nous voulons toujours autre chose que ce qui est. Nous persistons à croire que le sens de la vie, comme le bonheur, est ailleurs, dans quelque chose que l’on cherche aveuglément. À cause de cela, tout apparaît un non-sens.

" Nous n’allons pas dans la bonne direction. Le bonheur et le sens ne se trouvent pas dans quelque chose que l’on cherche à l’extérieur, dans quelque chose qui se trouve là-bas en avant, dans l’avenir. Il est dans ce que l’on fuit. Le sens se trouve dans la situation actuelle que l’on rejette, refuse et fuit. En réalité, on fuit le présent dans la mesure où il nous apparaît comme un non-sens, comme une situation inacceptable. Et ce n’est qu’après avoir suffisamment souffert de cette fuite en avant ou en arrière que les choses refusées commenceront à révéler leur visage réel. C’est alors seulement que l’on pourra voir combien les traumatismes, les échecs et les drames étaient gorgés de leçons.

" Le sens ne se trouve qu’au présent, comme le bonheur qui est l’absorption complète dans ce qui arrive. Et cette absorption prend toute la personne, qui cesse alors d’être divisée entre le passé et l’avenir, pour ne vivre que là où tout prend son sens. "

Placide termine ce chapitre en parlant du sens du présent.

  


  • Le sens du présent

" Peut-être qu’après tout, le sens de la vie, c’est d’être là où l’on est – et là seulement. C’est d’être au présent, là où ça se passe. Autrement dit, on vit dans la mesure où on arrête de fuir, de résister ou de chercher de midi à quatorze heures. Nous cherchons à être comme les deux extrémités du pont qui sont ancrées dans la solidité, alors que le courant passe en-dessous, là où se trouve la vie. (Où la vie se trouve!) La solidité et la sécurité ou bien la vie : durer ou être en mouvement.

" C’est parce qu’elle bouge toujours que la vie est toujours pleine de sens. Ce qui refuse de bouger fige tout sens, ça ne va nulle part et ça ne veut rien dire, mais ce qui bouge et va quelque part, ne reçoit pas à l’avance sa direction ou sa signification. C’est en vivant pleinement chaque instant, en se perdant dans le moment présent, que l’on cesse de se poser des questions sur la signification de la vie ou sur l’existence du bonheur. (Quelqu’un qui se demande s’il est heureux ne l’est pas) Car lorsqu’on fait un avec le mouvement de la vie, on est comblé : la vie regorge de sens. "

  


   
   

Exobiologie : de l’origine de la VIE sur Terre

 

Il y a quelque temps de cela, je vous parlais de la vague de créationnisme aux États-Unis. Par exemple, j’apprenais que dans l’état du Texas, il est défendu de parler de la théorie de l’évolutionnisme parce qu’on doit s’en remettre exclusivement aux récits de la Genèse de la Bible pour expliquer le monde, l’Univers. Ça me paraît sinistre, très triste. Les prises de conscience ne vont pas vite…

À une époque, on pensait que la Terre était au centre de l’Univers, puis est arrivé Copernic avec sa théorie percutante si on se reporte à ce temps-là. Mais il s’est bien gardé de la révéler publiquement avant d’être sur le point de mourir, parce que s’il l’avait fait pendant qu’il était encore en bonne santé, il aurait fini sur un bûcher. Il est celui qui a dit que ce n’était pas la Terre qui était au centre de l’Univers mais plutôt le Soleil. Sur le coup, les théologiens ont bien senti qu’il y avait là l’amorce d’une révolution dans les esprits, pressentant qu’un tas de choses n’étaient plus possibles, etc. Plus tard, on a découvert qu’on faisait partie d’une galaxie parmi des milliards d’autres galaxies.

Je respecte les croyances des autres, bien sûr, mais je ne vois pas en quoi le récit biblique devrait être plus édifiant que les propos que tiennent les scientifiques à propos de l’évolution de la vie dans l’Univers. Même si leur discours n’est pas complété, c’est un processus en marche. Comme lorsqu’on est arrivé avec l’hypothèse du Big Bang, tout le monde n’était pas d’accord : mais aujourd’hui c’est la plus généralement acceptée. Car c’était une grande question que de se demander un jour comment la vie est-elle apparue sur Terre? Comment, tout à coup, sur une planète, on est passé du caillou à la vie, avec les molécules, les cellules?

 

Voir L’exobiologie :
http://132.149.10.1/
sci_univers/exobiol.html
 
Sur la vie extra-terrestre

J’ai trouvé une entrevue de André Brack, un personnage très important. Il est le président du groupe Exobiologie martienne de l’Agence spatiale européenne. Exobiologie, cela signifie la biologie qui est à l’extérieur de la planète Terre. A. Brack assure également la présidence de la Société internationale sur l’étude de l’origine de la vie. Nous sommes en compagnie de " l’expert en ville ", pour ainsi dire.

L’exobiologie, ou la bioastronomie comme on l’appelle dans certains milieux, cherche à répondre à la question : y aurait-il de la vie ailleurs? Voyons ce que répond André Brack dans Science & Vie (juin 1999).

D’après :
BRACK, André
(Propos recueillis par CHAUVEAU, Catherine). Science & Vie, Nº 981, juin 1999

 


" Pourquoi pas? Les radioastronomes nous ont appris que la chimie organique est universelle. Ils ont trouvé dans le milieu interstellaire beaucoup de molécules organiques, notamment du formaldéhyde et de l’acide cyanhydrique, à partir desquels se forment les acides aminés, qui sont eux-mêmes les éléments constitutifs des protéines. "

Le propos peut sembler ennuyeux, mais il faut toujours l’être un peu lorsqu’il est question d’exposés scientifiques. Ça fait plus sérieux, allons donc! [rires]

Question qu’on lui pose : " Les conditions de l’émergence de la vie sur Terre, il y a quatre milliards d’années, existeraient-elles ou ont-elles existé sur un autre corps céleste? " Brack est d’avis que " ce sont des conditions qui n’ont rien d’unique. D’abord, il faut de l’eau à l’état liquide. " Il donne ensuite des explications là-dessus comme, par exemple, qu’il ne faut pas que ce soit au-dessous de zéro parce que l’eau gèle, etc.



" La vie n’est pas un particularisme terrestre mais un phénomène sans doute largement répandu dans l’Univers. "

André Brack

source Science et vie No 981, juin 1999

 

" La chimie est reproductible, poursuit-il : avec les mêmes éléments placés dans les mêmes conditions, on doit obtenir les mêmes résultats. N’importe quel corps céleste qui présente ces mêmes conditions est donc un milieu de vie potentiel. Cela apporte un éclairage totalement nouveau. La vie n’est pas un particularisme terrestre mais un phénomène sans doute largement répandu dans l’Univers – qui comprend, rappelons-le, des milliards de galaxies et des milliards d’étoiles par galaxie. " Ce serait donc incompréhensible que la vie n’existe que sur cette planète, sans compter ce qu’on en fait…[rires] " Seulement, ajoute A. Brack, il faut partir de l’hypothèse que les premiers systèmes vivants étaient des assemblages simples utilisant un petit nombre de molécules organiques."

Sur la plus simple forme de vie

" La vie aurait commencé par des systèmes plus simples que des cellules? ", demande-t-on au spécialiste. Il existe deux visions, celle de certains biologistes et celle des chimistes : " Certains biologistes pensent que la vie apparaît avec la cellule, une structure tellement complexe qu’elle n’a pu se former qu’une seule fois en un seul endroit, explique l’expert. Nous, les chimistes, ne voyons pas les choses de la même façon. Dans une cellule, le travail de copie est réalisé par les protéines… ", je m’arrête car là car le discours devient un peu difficile à saisir, alors je vais passer à sa conclusion : lorsque surviennent des erreurs dans le transfert de l’information, la molécule d’ARN possède une double capacité, mais que les scientifiques n’arrivent pas reproduire. " Donc, le système initial était vraisemblablement plus simple ", conclut A. Brack.

Autre question qu’on lui pose : " N’est-ce pas parce que la bonne expérience reste à réaliser? " " C’est ce que nous rétorquent certains biologistes! dit Brack. Mais nous pensons que la bonne expérience consiste à prouver que quelque chose a précédé l’ARN – une cellule tout simplement. – Dans mon laboratoire, on est parti de l’hypothèse que la transmission de l’information résultait d’une association entre molécules organiques et surfaces minérales. " C’est tripatif comme idée, car il s’agit de savoir comment la vie est apparue dans un milieu où n’existait que la vie minérale. Ah oui, il y avait l’eau aussi.

 

" Je ne suis pas un scientifique, je suis un émerveillé. "

Jacques Languirand
 

J’emploie de temps en temps comme ça des mots dont le sens profond peut m’échapper, surtout lorsqu’il est question de vocabulaire scientifique. Mais ce n’est pas nécessaire de tout comprendre, vous savez. D’ailleurs, je ne voudrais pas vous donner l’impression de tout comprendre ce que je lis. Je ne fais que vous communiquer certains passages susceptibles de vous entraîner sur le terrain de l’émerveillement, qui est aussi le mien. Je ne suis pas un scientifique, je suis un émerveillé. Malgré tout, je trouve que ces lectures nous permettent d’arriver à se faire une idée, de saisir un concept comme, par exemple, que les molécules composent des cellules qui composent des organes, puis des êtres, etc.

La vie avant la bactérie

Autrefois, on considérait que l’atome était la brique élémentaire de la matière, que tout commençait là et que c’est l’ensemble des atomes qui faisait que, tout à coup, la matière prend une forme ou une autre, ou se définit comme un état ou un autre, de l’or, du plomb, etc., dépendamment de la structure de cet atome. Mais, dans un passé très lointain, on considérait l’atome comme " dur ", insécable même. Or, la réalité est bien différente depuis qu’on a pénétré à l’intérieur de l’atome et qu’on y a trouvé des particules, des neutrons, des électrons.... Puis à l’intérieur de ces particules, on a découvert d'autres éléments. Finalement, à l’intérieur de la matière on trouve de l’énergie vivante. Je dirais que la matière c’est en fait de l’énergie " gelée ".

La vie viendrait-elle d’ailleurs?

À un moment, M. Brack parle d’une hypothèse hautement tripative, une troisième hypothèse pour expliquer une vie antérieure à la vie bactérienne. Les molécules organiques à base de carbone abondent dans l’Univers, paraît-il.

Selon A. Brack, cette hypothèse préconise que " les molécules organiques ont été fabriquées dans l’espace et ont été apportées sur Terre par des micro-métérorites ". Ils seraient tombés sur la Terre à un moment, contenant des molécules organiques qui trouvent ou ne trouvent pas des conditions favorables à leur développement. Comme pour la semence, ça dépend si ça tombe dans de la bonne terre ou de la mauvaise terre, etc. Il y a des endroits où la vie ne peut pas se multiplier et d’autres ou, au contraire, elle peut apparaître car les conditions pour l’accueillir existent.

Voilà pour ce qui est de mes propos " osés " d’aujourd’hui.

  


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