Saison 1999-2000 | Émission du mercredi 20 octobre 1999 | ||
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Tout le monde connaît tout le monde | |||
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Connaissez-vous quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît personnellement la Reine d’Angleterre? C’est un jeu et, en même temps, ça permet d’arriver à la conclusion suivante : nous sommes tous, chacun de nous, à six étapes de connaître, par personnes interposées, n’importe qui sur la planète. Tout ça a commencé, quant à nous, par un petit article que nous avons trouvé, mon épouse et moi, dans un magazine américain qui fait état d’une étude menée par une publication allemande. Voici l’exemple qu’on donne dans cet article. Des recherchistes ont été mis sur la piste d’enquête suivante : on a demandé à un Iranien vendeur de falafels avec quelle personne il voudrait être associé. Il a répondu : " Je voudrais être associé avec Marlon Brando. " Les recherchistes sont arrivés à établir que le beau-frère de cet Iranien connaissait quelqu’un qui connaissait une femme qui travaillait à tel endroit où il y avait quelqu’un qui connaissait un Iranien aux États-Unis qui connaît personnellement un réalisateur d’Hollywood qui a réalisé un film dans lequel Marlon Brando a joué. Cela a donc pris quatre étapes seulement pour relier Marlon Brando à cet Iranien. " Je réalise que Marilyn Monroe est à quatre étapes de moi, et j’aime bien cette idée… " | ||
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Je reprends l’exemple de la Reine d’Angleterre pour voir comment on peut établir des liens. Madame Lisette et moi allons tenter l’expérience. D’abord, vous me connaissez moi, et moi je connais la princesse Margaret parce qu’elle est venue à la première de ma pièce Klondike, montée à Londres, en 1965. À cette occasion, j’ai donc pu serrer la pince à Margaret qui est la sœur de la Reine d’Angleterre. On a réussi en trois étapes. Quand vous vous rendez compte que vous pouvez vous relier à la Reine d’Angleterre en trois étapes, vous pouvez maintenant passer par le même chemin et arriver au Prince Charles et à John Lennon en quatre étapes, etc.
J’ai un ami que vous connaissez au moins de réputation : Victor Pilon, qui travaille beaucoup avec Michel Lemieux. Il se trouve à être le photographe occasionnel de la famille royale au Canada. Il connaît personnellement la Reine d’Angleterre, car elle l’a décoré à un moment. On y est arrivé en trois étapes. Vous ne pouvez le croire que si vous tentez l’expérience. C’est absolument délirant!
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J’ai ensuite trouvé dans mes propres dossiers un article repris de Discover en 1998 qui rapporte ce fait : il ne faut que six étapes pour réaliser que nous sommes en rapport avec tout le monde sur la planète. Prenez Milosevic, par exemple. Si vous connaissez un correspondant de Radio-Canada aux informations qui connaît quelqu’un qui connaît l’attaché de presse de l’endroit où se donnent les conférences de Milosevic, vous y êtes arrivé en quatre étapes. | |||
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Je me rends compte que si je reprends l’exemple de Marlon Brando à partir des gens que je connais, le jeu n’est pas très long. En effet, j’ai joué de la konga avec lui à Tahiti, à un moment donné, une nuit. Tout comme j’ai rencontré Jacques Brel, dans d’autres circonstances. Pour que le test soit plus concluant, il faudrait donc m’éliminer comme joueur puisque j’ai croisé pas mal de monde dans ma vie – il faut bien le dire. Mais si vous n’êtes pas convaincu de l’efficacité du jeu, essayez-le et vous verrez que finalement nous sommes très proches les uns des autres. Nous, on a fait le coup d’abord avec la Reine d'Angleterre, puis avec des amis, on a opté pour John Kennedy : car, celui-là, je ne l’ai pas rencontré... Mais, encore une fois, je me suis souvenu avoir interviewé un jour John Howard Griffin qui était un ami personnel de Kennedy. Donc, trois étapes, encore une fois. Si je continue avec le fils Kennedy, c’est quatre étapes. De la même façon, je réalise que Marilyn Monroe est à quatre étapes de moi également… et j’aime bien cette idée… [rires] | ||
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La résilience : | |||
CYRULNIK, Boris. Un merveilleux malheur, Éd. Odile Jacob, 1999 |
Hier , j’ai commencé à vous parler, comme ça rapidement, du dernier numéro de L’Agora qui a pour thème la résilience. | ||
On a déjà abordé cette question à quelques reprises à l’émission, en particulier à partir des observations de Boris Cyrulnik sur des enfants qui avaient eu une vie extrêmement difficile et qui s’en sont relativement bien sortis. Il a écrit plusieurs articles sur ce sujet, ainsi qu’un ouvrage qui s’intitule Un merveilleux malheur, paru aux éditions Odile Jacob, et dans lequel on peut lire :
" On s’est toujours émerveillé devant ces enfants qui ont su triompher d’épreuves immenses et se faire une vie d’homme, malgré tout. Le malheur n’est jamais pur, pas plus que le bonheur. Un mot permet d’organiser notre manière de comprendre le mystère de ceux qui s’en sont sortis. C’est celui de résilience, qui désigne la capacité à réussir, à vivre, à se développer en dépit de l’adversité. En comprenant cela, nous changeons notre regard sur le malheur, et malgré la souffrance, nous chercherons la merveille ", écrit Cyrulnik. | |||
Dans ce numéro de L’Agora, la résilience nous est présentée sous bien des aspects. La résilience, telle qu’on la trouve dans la nature. Au départ, je rappelle que le mot résilience vient de la métallurgie : pour simplifier l’explication, la résilience désigne la capacité (ou la qualité) qu’a un matériau – un métal par exemple – lorsqu’on l’a plié, de reprendre sa forme originale quand on lâchera prise. Sur le site de L'Encyclopédie de L'Agora, Jacques Dufresne donne aussi une définition de la résilience. | |||
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Dans le titre de son article, Claude Gagnon se demande si on peut " lire
la Renaissance comme un phénomène de résilience culturelle ".
Pourquoi pas? | |||
| Vous retrouverez, dans L ’Encyclopédie de L ’Agora, des articles sur la résilience tels que : |
" Attila
passe, l'herbe repousse ",
de Dominique Collin | ||
LABERGE, Hélène. " Résilience morale ", L’Agora, Vol. 7, Nº 1, octobre-novembre 1999. |
Résilience morale : des ressources inconnues Il y a la résilience morale aussi, bien sûr. " Dans les camps de réfugiés, par exemple, écrit Hélène Laberge dans un article intitulé " Résilience morale ", il y a moins de suicides que parmi les bien nantis occidentaux. – Tiens, c’est intéressant. – Qu’est-ce que cette ‘ aptitude à encaisser ’? D’où provient-elle? Comment apparaît et se développe la résilience? " " Tant de choses à prendre en considération, poursuit-elle. Mais celle, essentielle, que nous voudrions dégager, c’est que les coups durs, les malheurs, les souffrances causées par la maladie ou par des conditions extérieures, catastrophes naturelles ou guerres, font apparaître des ressources inconnues et illimitées en réveillant la résilience chez les victimes. "
À un moment, Hélène Laberge parle de la crise du verglas qui a permis à beaucoup de gens de faire l’expérience positive de ce type de mobilisation : " Mais l’absence de malheur national, pour ainsi dire, amènerait-elle à la longue une perte de cette faculté d’affronter les situations graves? demande-t-elle. Autrement dit, y aurait-il moins de résilience chez les êtres choyés par la vie, par la nation à laquelle ils appartiennent, par la richesse à laquelle ils ont à chaque moment accès, et je ne pense pas forcément à la fortune en tant que telle mais au confort, au choix de la nourriture, des vêtements, du logement, des moyens de transport, y compris au choix de son avenir avec ce qu’il implique, tout ce qui est notre lot? " Ce sont des propos qui mènent à de bien tripatives réflexions, je dirais. | ||
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On trouve aussi dans ce numéro spécial tout un répertoire de sites sur la résilience. Il est même question de nous… * Sur Par 4 Chemins :
* Vous pouvez consulter ce répertoire en ligne. | |||
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Dans ce répertoire, je me suis attardé particulièrement à La personnalité résiliente, un site que Josette Lanteigne présente en ces termes : " Certains traits sont présentés comme étant des facteurs de protection contre des comportements déviants, comme la délinquance, l’agression, les infractions criminelles et la violence. "
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Dans un article de Jacques Dufresne, " Le roseau et le tardigrade ", il est question d’un " animal dont la vie est une suite de résurrections " : le tardigrade. Je ne connaissais pas du tout le tardigrade et je suis très heureux de l’avoir découvert. Pour nous en parler, Jacques Dufresne cite un court passage tiré d’un ouvrage de Louis-Vincent Thomas, intitulé L’Anthropologie de la mort, paru chez Payot (1975). Vous verrez, c’est très significatif comme exemple d’un cas extrême de résilience. Voici l’extrait en question : " [ …] les phénomènes d’anabiose ne manquent pas de surprendre : il s’agit d’une sorte de résurrection ’ succédant à la disparition apparente de tout métabolisme, écrivait Louis-Vincent Thomas. Le cas le plus célèbre est celui des tardigrades, petits animaux noirâtres, lesquels, vivant dans les mousses sur les toits, n’ont rien de bien remarquable à première vue, sauf leur emplacement incertain dans la classification, puisqu’ils tiennent des insectes et des araignées, sans être ni l'un ni l’autre. En revanche, du point de vue physiologique, ils présentent une particularité considérable; lorsqu’on les laisse se dessécher dans une atmosphère rigoureusement privée d’humidité, ils se transforment en peu de temps en une minuscule paillette noirâtre où même le microscope ne reconnaît plus aucune texture cellulaire. – Peu d’espoir là. – On peut les conserver dans cet état pendant une année et plus. Si alors on les place sur une feuille de papier humide, il ne faut que quelques minutes aux tardigrades pour réabsorber l’eau et s’enfuir. " C’est étonnant! Tu prends une poussière, pour ainsi dire, puis un peu d’eau et pfuitt! la poussière se réveille et s’en va. [rires] Il est ensuite question d’un dénommé Rahm qui a poussé l’expérience plus loin en plaçant ces animaux desséchés dans un tube hermétiquement clos rempli d’un gaz inerte, ou encore dans le vide : " Après plusieurs années, poursuit Louis-Vincent Thomas, les tardigrades, remis en présence d’eau, se regonflent et reviennent à la vie. Rahm plaça alors les sujets dans l’air liquide à -190 pendant 25 heures et enfin à moins -272, à un degré du zéro absolu, pendant 3 heures et sans les tuer. "
Ça c’est de la vraie résilience! Si on pouvait faire la même chose avec les humains, ce serait terrible. Imaginez, si tout le monde au cimetière recevait de l’eau et pfuit!!
Ça deviendrait des beaux parcs… [rires] | ||
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Réponse au courrier | |||
Une lettre de Carmen, de Rouyn-Noranda, a fait ma joie. Elle écrit : " En vous entendant parler de la bêtise, un de ces soirs cette semaine, cela m’a fait penser à cette petite phrase dite par Albert Einstein, que vous trouverez sûrement très savoureuse. " Oui, que je l’ai donc trouvée savoureuse; et j’aurai l’occasion de la re-citer parce que j’ai un intérêt insondable pour la bêtise humaine. Il n’y a pas une journée où je ne trouve pas des exemples nombreux de l’exercice de cette bêtise humaine, de ses manifestations ou de ses expressions… La phrase de Einstein se lit comme suit : " Il y a deux choses qui sont infiniment grandes : l’univers et la bêtise humaine; mais en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas la certitude absolue. " | |||
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Un " commentaire " reçu par Courriel de quelqu’un d’une grande modestie qui signe " un auditeur " : " Quatre jours par semaine, c’est pas assez!!! " Sept jours ce serait mieux? Il faudrait en parler aux autorités de SRC. Il y a tout de même une reprise la nuit, de temps en temps. | |||
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Pour en finir avec la date de l’avènement de l’an 2000 Plusieurs personnes ont communiqué avec nous à propos du troisième millénaire. Par exemple, un auditeur écrit : " Je crois avoir entendu dire que le millénaire allait réellement prendre fin le 31 décembre de l’an 2000 et non de l’an 1999, comme on l’entend partout… ou presque. Moi, je crois que cela a du sens, que le millénaire ne va se terminer que le 31 décembre 2000. " En fait, c’est la fameuse querelle à savoir si le prochain millénaire commencera le 1er janvier 2000 ou le 1er janvier 2001. Je vous en ai déjà parlé mais c’est la dernière fois que je le fais, car c’est en train de me sortir par les oreilles. | |||
GOULD, Stephen Jay. Millenium : histoire naturelle et artificielle de l’an 2000, Éd. Du Seuil, 1998. ![]() |
Stephen J. Gould est, d’après moi, la source la plus claire sur cette question. Comme dit ce scientifique, qui est aussi un humoriste, dans son ouvrage intitulé Millenium : histoire naturelle et artificielle de l’an 2000, paru au Seuil : " Il vaut mieux ne pas savoir et savoir pourquoi on ne peut pas savoir que de se demander pourquoi tant de gens s’excitent sur la querelle ‘ 1999 versus 2000 ’. Ce n’est qu’après avoir bien compris les arguments conflictuels, légitimes et inconciliables des deux parties que vous pourrez célébrer successivement les deux dates. " L’essentiel de son message est là : célébrez donc les deux dates. | ||
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Stephen Jay Gould explique à un moment que Denys le Petit aurait choisi de commencer son calendrier le 1er janvier 754 et appela cette date le 1er janvier de l’an 1 – Anno domini journée du Seigneur, et non de l’an 0, ce qui nous aurait épargné beaucoup d’ennuis. Maintenant on est pris avec ça. " La logique du système arbitraire de Denys, explique Gould, impose que les siècles changent entre les années 00 et 01. Or, le sens commun dicte une autre conclusion : nous préférons que les transitions se traduisent par un changement évident ,et le passage de 1999 à 2000 est, à cet égard, plus radical que celui de 2000 à 2001, puisqu’il implique le changement des quatre chiffres au lieu du seul dernier. (Je parle de ‘ sens commun ’ et non de ‘ bon sens ’, car il s’agit là d’appréciation esthétique et non de raisonnement logique.) " | ||
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L’éternel débat Pourtant, c’est difficile de s’enlever de la tête que ce n’est pas le 1er janvier de l’an 2000 qu’on va passer à l’autre millénaire. Ce débat, depuis 754, se poursuit à chaque centenaire où l’on se pose la même question. Par exemple, Gould mentionne que dans le New York Times, en 1896, on écrivait : " ‘ Alors que notre siècle tire à sa fin, nous voyons se profiler la vénérable dispute qui réapparaît tous les 100 ans, à savoir : quand le siècle prochain commencera-t-il?… Car l’on peut soutenir avec la même justesse qu’il commencera le 1er janvier 1900 ou le 1er janvier 1901. ’ " Mais un commentateur allemand remarqua : ‘ Au cours de ma vie, j’ai vu bien des gens se battre sur des quantités de sujets, mais rarement avec autant de fanatisme que sur la question de savoir quand les siècles finissent... Chaque partie a procédé à des calculs extraordinairement compliqués, tout en assurant qu’il n’y avait rien de plus simple, et que c’était à la portée d’un enfant de cinq ans… ’ " Comme disait Groucho Marx :" Ah oui? Amenez-moi un enfant de cinq ans. " [rires] | |||
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La position de Stephen Jay Gould " Vous vous demandez quelle est ma position? demande S. J. Gould. Bien sûr, je ne peux prendre position publiquement parce que je viens d’expliquer que cette question n’avait pas de solution : chaque alternative est pleinement convaincante, chacune dans les limites d’un système parfaitement défendable. " Ainsi, selon Gould, les deux positions – celle qui se rattache à la logique, d’une part, et l’autre qui se rattache au sens commun – ont des corrélations sociales évidentes que je n’avais pas imaginées au départ. La logique " La position logique, écrit Gould, selon laquelle les siècles doivent comporter cent ans et les transitions avoir lieu, puisque Denys a commencé en l’an 1 et non en l’an 0, entre les années 00 et 01, a toujours été la préférée des érudits et des hommes de pouvoir (dans la presse et les affaires, en particulier), constituant ce qu’on peut appeler ‘ la haute culture ’. " Le sens commun " La position sens commun, poursuit Gould, selon laquelle il convient de s’en remettre au changement de date le plus évident, c’est-à-dire entre 99 et 00, sans se préoccuper outre mesure de la bourde malheureuse de Denys – qui s’appelait aussi Dionysius –, a de tous temps été adoptée par cette composante mythique de la société successivement baptisée ‘ Monsieur Toulemonde ’, ‘ l’homme de la rue ’, et plus récemment ‘ culture populaire ’. " Curieusement, et c’est intéressant de le constater, les ordinateurs seraient non pas du côté scientifique mais du côté du sens commun. | Personnellement, je considère qu’un bébé ne naît pas à un an, alors je crois qu’un centenaire ou un millénaire cela commence à 00 tout simplement. |
Moi, personnellement, si vous voulez savoir, je vous dirai que je fêterai les deux dates mais pas avec un très grand enthousiaste cependant : étant donné le nombre de calendriers qui existent, je trouve que d’imposer le nôtre à l’ensemble de la planète fait partie de cette mentalité occidentale d’hégémonie où chacun semble croire que tout le monde devrait être comme nous, que nous sommes les seuls à détenir la vérité, etc. – je pense à l’Égire (calendrier musulman), par exemple, qui est rendu à l’an 4000… Personnellement, je considère qu’un bébé ne naît pas à un an, alors je crois qu’un centenaire ou un millénaire cela commence à 00 tout simplement. L’enfant aura un an lorsqu’il aura vécu toute une année, alors le gros bon sens et les ordinateurs auraient raison de ce point de vue-là.
De toute façon, les deux positions sont défendables. Et puis, on n’a pas envie de plonger plus longtemps dans ce débat, parce que ce qui compte, au fond, c’est de s’amuser. Allons-nous vraiment nous amuser? Je n’en sais rien parce que, comme vous le savez, il y a tout de même beaucoup d’inquiétude à propos du fameux bogue de l’an 2000. Et ce qui est peut-être un peu alarmant au sujet de ce bogue, c’est qu’il est technologique. Maintenant que Dieu est mort, et que la technologie règne en maîtresse dans nos vies, c’est d’autant plus important. Si problèmes technologiques il y a, cela confirmera les appréhensions des millénaristes et pseudo-millénaristes qui voient arriver une apocalypse, une fin du monde, et tout et tout… |
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