Saison
1999-2000
Émission du mardi 28 septembre 1999
Rediffusée le mardi 1er février 2000
 

Intégrisme : Trop belles pour être fonctionnaires…

D’après :
REVEL, Renaud.
" Trop jolies pour travailler ",
L’Express, " Secrets ", 29 juillet 1999.

 

Je me dis qu'avec les Islamistes, on va finir par en voir de toutes les couleurs…

" Le Kelantan, un État de Malaisie, dont le gouvernement local est contrôlé par les islamistes, a décidé de ne plus recruter de jolies femmes dans la fonction publique ", pouvait-on lire dans L’Express du 29 juillet dernier.

Voici l'explication que donne le chef du gouvernement : " ‘ Les jolies femmes trouvent généralement un riche époux. Nous préférons donner du travail à celles qui n'ont pas cette chance ", affirme-t-il.

C'est tout de même extraordinaire…

 

 


   
 

Les blondes sont-elles victimes d’une forme de racisme?

D’après : MORROT, Bernard. " Halte au racisme antiblonde! ", Marianne, 5-11 juillet 1999.





Il y a de ces racismes surprenants. Par exemple, les Français qui, avec leurs blagues, visent les Belges. Chez nous, on s'attaque avec humour aux Terre-Neuviens. Mais est-ce que les blondes ne seraient pas aussi victimes d'une forme de racisme… sexiste?

On raconte des tas d'histoires sur les blondes, des blagues comme celles que j'ai ici sous les yeux : " ‘ Quelle est la différence entre une blonde et une brosse à dents? ’ Réponse : ‘ On ne prête pas sa brosse à dents à des copains... ’ " Ou encore : " ‘ Que se mettent les blondes derrière les oreilles pour être plus attirantes? ’ Réponse : les chevilles. ’ " [rires] Ce genre de blagues est épouvantable et, en même temps, parfois on ne peut s'empêcher d'en rire.

" L’offensive antiblondes – largement relayée sur Internet – a, si l’on en croit le docteur G., psychiatre de son état, des ressorts compliqués. ‘ Pendant des dizaines d'années, explique-t-il, la blonde a été le symbole de la féminité absolue dans les pays européens – et de tout l'Occident. – Avec le brassage des ethnies, sa suprématie a été quelque peu entamée par l'arrivée – en France – des Beurrettes et autres jeunes femmes aux cheveux sombres, qui ont imposé – avec succès – leur style à base de mini tresses et de mèches frisées sur le marché de la coiffure. "

" Mais cette ‘ révolution ’, explique Bernard Morrot dans l’article de Marianne auquel je me réfère, s'est heurtée très vite à un obstacle inattendu : le syndrome de la blondeur avait gagné tellement de terrain dans les mentalités des femmes du monde entier, y compris chez celles des pays du Sud, qu'il a même fini par contaminer les tenantes de la coiffure afro ou apparentée. " C’est ainsi qu’on a pu voir apparaître des Africaines, des Japonaises… blondes.

Un des maîtres de la coloration en France, qui travaille beaucoup avec des filles de la publicité et du cinéma, explique : " La blondeur fait peur aux hommes car elle symbolise pour les femmes la volonté d'affirmer leur sexe sans être obligatoirement des objets érotiques. – Je ne sais pas où il a pris cela mais les coiffeurs ont parfois des théories assez surprenantes sur la féminité...

" Contrairement à ce qu'on croit généralement, ce n'est pas l'homme qui choisit les nuances du blond. […] Les images de la pub des magazines représentent à haute dose une gamme impressionnante de blondeurs diverses. En réalité, ce que l'homme désire secrètement, c'est que son épouse, sa maîtresse ou sa petite amie change continuellement de coloration. Cela lui donne l'impression de changer de compagne à l'occasion. " En tous les cas, vous remarquerez que si on monte un spectacle dans lequel doit apparaître une jeune première dans toute sa fraîcheur, on aura tendance à la vouloir blonde.

Il y a une femme chauffeur de taxi parisien qui raconte : " ‘ Il y a longtemps que je suis habituée à me faire traiter de blondasse. Ça a commencé à la maternelle et je m'attends à ce que ça dure jusqu'à la retraite. Ce qui me fait plaisir, c'est que de temps en temps, quand je suis dans une file d'attente à une station, un homme dise à son copain en me désignant : 2 Vise donc la blondinette, ça doit être agréable de voyager avec elle.  2 ’ " Bref, on en est là avec les blondes.

Je ne sais pas si vous avez une opinion là-dessus. Personnellement, je n'en avais pas jusqu'à ce que je prenne connaissance de ce que je suis en train de vous communiquer. Un fait reste certain : 90 % des blondes sont en réalité des brunes.

 


   
 

La perception : Voyez-vous le monde tel qu’il est?

Œil, de M. C. Escher

Je ne sais plus dans quel livre j'ai trouvé ce passage très intéressant car il est très révélateur. On y fait la description d'un arbre mais plus précisément à partir de la perception qu'en a une fourmi, un écureuil, un couple d'amoureux, un bûcheron, un écologiste. Nul n'a vu le même arbre que l'autre, c'est certain. Mais on pourrait nuancer cela davantage en se demandant s'il existe une différence entre la perception de deux fourmis, deux écureuils, quatre couples d'amoureux, etc.

 

 

Quand on arrive au niveau humain, les représentations mentales de la réalité sont très différentes, selon chacun d'entre nous. Nous ne voyons pas tous exactement la même réalité et, dans certains cas, pas du tout la même. J'ai souvent parlé du mental dans ces émissions comme de l'agent de la construction de cette réalité.

Le philosophe allemand Emmanuel Kant a été le premier en Occident à déclarer explicitement que nous ne voyons pas le monde tel qu'il est : " La réalité existe mais elle ne nous est pas directement accessible, et c'est l'esprit humain qui construit l'objet de sa connaissance ", comme on le résume en introduction d’un dossier de Sciences Humaines.

 


  • Différentes façons d’aborder la question

" La perception sensorielle ainsi que l'analyse des situations quotidiennes sont l'objet de multiples processus de ‘ modification ’ de la réalité, par la sélection inconsciente des informations, par l'interprétation qui en est fournie, enfin, par leur mémorisation déformée. " C'est devenu plus évident maintenant que des recherches ont été faites sur la valeur souvent discutable des témoignages dans le monde judiciaire. Par exemple, lorsque des gens sont témoins d'un accident, certains vont affirmer qu'il y avait une voiture verte, alors que pour d'autres elle était rouge. Finalement, c'est comme si on n'avait pas vu la même chose.

Cela va plus loin. Pour vivre avec les autres, il faut réaliser qu'on est constamment placé devant l'image que nous en avons. De plus, nous avons tendance à survaloriser le groupe auquel on appartient par rapport à celui auquel on est confronté, ou qui ne nous est pas familier. Chaque regard, chaque pensée contient sa part d'interprétation subjective, alors il faut tenter de pénétrer l'univers des représentations.

Je me suis lancé dans ce dossier qui aborde, justement, ce genre de questions.

D’après : LECOMTE, Jacques.
" La construction de la réalité ", Sciences Humaines, N° 71, avril 1997.


  • Le constructivisme

À propos de la perception sensorielle, il est question de filtres, car la connaissance que nous avons de nous-mêmes et des autres passent à travers des filtres, des préjugés très souvent. Les représentations que nous nous faisons de l'espace, les visions idéologiques du monde, la connaissance scientifique, etc. Le réalisme, finalement, c'est quoi? C'est de voir le plus près possible la réalité matérielle telle qu'elle est. Mais il existe ce qu'on appelle, par rapport au réalisme, le constructivisme. (C'est fatiguant tous ces mots en " isme ". Moi aussi, je m'accroche les pieds là-dedans très souvent.)

" Le constructivisme s’oppose au réalisme selon lequel nous accédons directement aux informations contenues dans notre environnement […], explique Jacques Lecomte dans " La construction de la réalité ". Les constructivistes considèrent, au contraire, que des processus cognitifs modifient ces données de l'environnement en leur donnant un sens spécifique. " Parce qu'on ne perçoit pas tous la maison que l'on habite de la même façon. Quelqu'un peut dire : " Moi, j'ai hâte de partir de la famille et de m'installer dans mon propre appartement ", alors qu’un autre va dire : " On est donc bien chez soi, quand on rentre après le travail! " Il s'agit pourtant toujours de la même maison mais elle fait l'objet d'interprétations différentes. Nous construisons la plus grande partie de ce monde inconsciemment, souvent sans nous en rendre compte (en fait, presque toujours…) e que nous voulons voir, que nous entendons ce que nous voulons entendre.

 


  • La sélection des informations

On parle aussi de phases dans la perception sensorielle, pour filtrer les données en ne retenant que les stimulus – on devrait peut-être dire stimulis – qui sont vraiment utiles pour notre existence et qui vont dans le sens de nos intérêts, en éliminant les autres. Si je me trouvais dans ce studio avec mon fils – lui qui donne beaucoup dans les machines sonores et visuelles –, il serait plus attentif à ce matériel que je ne le suis moi. Comme on ne voit pas le même monde, il faut tenir compte de cela dans notre relation avec les autres et dans notre propre perception.

On a tous tendance à retenir de l'information qui nous est communiquée seulement ce qui nous intéresse. Par exemple, parmi les nombreuses expériences qui ont été faites, on avait projeté très rapidement sur un écran des mots appartenant à six catégories différentes : l'univers politique (gouvernement, citoyen, politique…), l'univers religieux (prière, sacré, adoration…), l'univers esthétique (poésie, artiste, beauté…), etc.

" Ces mots, explique Lecomte, sont présentés en désordre aux sujets qui, par ailleurs, ont répondu à un questionnaire permettant de connaître leurs principaux centres d'intérêts. Résultat : les gens plutôt attirés par la politique reconnaissent plus rapidement les mots à connotation politique, etc. "

Cela donne à penser, car l'expérience sous-entend que nous voyons ce que nous voulons voir, que nous entendons ce que nous voulons entendre.

 

 

Cygnes reflétant
des éléphants,
de Salvador Dali


Je me souviens qu'un jour où j'avais abordé un sujet particulier à l'émission, avoir eu le lendemain l'impression de servir de leçon à un groupe social quelconque. Dans la même journée, j'avais rencontré des gens au rez-de chaussée de Radio-Canada qui m'avaient dit : " Tu les as bien eus les gens de gauche, hier! " Puis, une fois arrivé à l'étage où je me rendais, je m'étais fait dire que je les avais bien eus hier " les gens de droite "… Et s'il m'arrive à une émission de parler d'une façon générale de l'avortement, je peux m'attendre à deux réactions. Certains vont me dire : " On voit que vous êtes pour l'avortement, Monsieur Languirand ", alors que d'autres vont affirmer : " Vous, vous êtes contre l'avortement "… Alors que je suis ni pour ni contre, même au contraire! Vous l'attendiez celle-là non? [rires]

L'attention joue un rôle important car elle va là où nos intérêts nous attirent. L'attention peut dégager un élément qui présente un intérêt et négliger le reste dans une phrase, dans un discours, une publicité, etc. Dans cet article de Lecomte, il est aussi beaucoup question de la mémoire, car on porte des jugements sur ce qu'on mémorise. Dans le cas de reconstruction des événements, cela peut s'avérer particulièrement dramatique lors d'affaires judiciaires qui mettent en jeu le témoignage visuel.

J'ai été consterné d'apprendre que des chercheurs d'une université au Massachusetts et d'une autre en Floride " ont relevé 350 erreurs judiciaires dans des affaires passibles de la peine de mort, entre 1900 et 1985, dont 23 ont mené à des exécutions. Sur ces cas, 56 étaient dues, totalement ou en partie, à des témoignages erronés involontaires. Ainsi, en 1956, James Foster est condamné à mort, essentiellement après avoir été identifié par erreur par la femme de la victime. Par chance, il a été libéré deux ans plus tard, après qu'un ancien officier de police, arrêté pour un autre crime, eut confessé le meurtre. " C'est une des raisons pour lesquelles, personnellement, je suis contre la peine capitale.

 


  • La construction de la réalité selon deux types de personnalités

Êtes-vous de ceux qui croient que la vie dépend de vous, ou plutôt qu'elle dépend de ce qui arrive à l'extérieur de vous? Je tenais beaucoup à vous parler de certains travaux concernant le locus of control (en français " lieu de contrôle "), car je crois qu'il peut aider certaines personnes à vivre mieux.

Toujours dans l’article de Jacques Lecomte, on explique qu’il y a deux catégories de personnes à distinguer : " Les individus à lieu de contrôle externe, dit-il, (les ‘ externes ’) ont tendance à considérer que les événements qui leur arrivent sont dus à des facteurs extérieurs à eux-mêmes – C'est la faute des autres! C'est la chance! C'est la malchance! –, tandis que les ‘ internes ’ estiment plutôt que les situations qu'ils vivent dépendent surtout de leur comportement et de leur personnalité. " Voyez comment cette classification est importante lorsqu'il s'agit de porter un jugement sur les autres : on le portera forcément à partir du type auquel on appartient. Sachez, en tous les cas, que les gens qui pensent que les situations dépendent surtout d'eux ont une meilleure réussite scolaire et professionnelle, ne dépendant pas de l'extérieur.

 


  • Appréciation de la réalité et santé mentale

Si je vous disais que la santé mentale dépend de ce qu'on voit la réalité telle qu'elle est, comment réagiriez-vous? Peut-être diriez-vous que c'est juste, mais est-ce que c'est vraiment juste, ou est-ce qu'un bon équilibre mental ne serait pas plutôt quelque chose que l'on trouve chez les gens ayant une perception positive de la réalité?

 


Balcon, de M. C. Escher

Voir la réalité telle qu'elle est peut s'avérer une entreprise extrêmement difficile. Même, je dirais, que c'est impossible. Des tas de dépressifs disent qu'ils voient la réalité telle qu'elle est et que c'est justement la cause de leur déprime. Je peux comprendre ça… [rires]. Il y a aussi des gens qui vont affirmer, avec un grand sourire, qu'ils voient la réalité telle qu'elle est et que tout va bien. On voit le monde à travers sa propre grille de référence.

J'ai trouvé une information qui est assez claire sur le sujet : " Les chercheurs en psychologie ont longtemps considéré qu'une juste appréciation de la réalité est une composante de la santé mentale ", note Lecomte avant de citer la conclusion de deux universitaires américains, Shelley E. Taylor et Jonathan D. Brown : " Les personnes en bonne santé mentale possèdent la capacité enviable de déformer la réalité de façon à augmenter leur estime de soi, maintenir des croyances en l'efficacité personnelle et promouvoir une vision optimiste de l'avenir. " Celui qui a écrit cela, peut-être était-il au départ tout à fait déprimé? [rires] Sous le couvert d'objectivité, on peut être un dépressif ou un optimiste.

" Les illusions positives qui caractérisent les gens peuvent notamment être maintenues grâce à une série de filtres cognitifs et sociaux qui évitent ou déforment les informations négatives ", explique Lecomte.

En fait, ce n'est pas recommandable à tout le monde de voir la réalité telle qu'elle est. De plus, c'est une situation extrêmement curieuse puisque, en vérité, on ne peut pas vraiment percevoir la réalité.

On explique plus loin que, " comparés aux personnes à tendance dépressive, les gens qui se déclarent heureux croient exagérément à leur capacité de contrôler leur environnement et manifestent un ‘ optimisme irréaliste ’ ", poursuit l’auteur. Selon des spécialistes, les gens heureux sont irréalistes. J'en déduis qu'eux doivent être extrêmement réalistes… donc très déprimés. [rires] Surtout, ne prenez pas tout cela trop personnel, on ne fait que s'amuser à réfléchir ensemble. Les optimistes, par exemple, vont penser qu'ils ont " plus de chance de vivre des expériences positives dans l'avenir que la moyenne des gens (par exemple obtenir un bon salaire, avoir un enfant doué) ", etc. On souligne également que " le principe de base est que la pensée dépressive s'enracine dans une structure de raisonnement qui s'exprime dans des erreurs logiques ".

On passe ensuite à la surgénéralisation, qui " consiste à étendre à toutes sortes de situations une expérience malheureuse isolée. De plus, les patients déprimés ont des ‘ postulats silencieux ’ irréalistes. – Toute la question des interprétations erronées de la réalité. – Par exemple, le postulat ‘ je dois tout faire parfaitement sinon je n'aurai aucune valeur ’, entraîne un sentiment de dévalorisation dès qu'un travail est mal fait. "

" La vision que l'on a du monde dépend du côté où l'on se place. Les gens ont tendance à ne voir que ce qu'ils veulent bien voir ", notent deux juristes fondateurs du Harvard Negociation Project. Ce passage du dossier me fait beaucoup penser à la psychologie émotivo-rationnelle de Lucien Auger.

On a tendance, ajoute-t-on, à effacer la dissonance par un acte d'auto-justification. Il faudrait que je trouve un exemple de cela mais il ne m'en vient pas à l'esprit. Je ne suis pas parfait et ça ne m'étonne pas…

   
 


   
 

Modèle danois : le combat des mères travailleuses


"Les Danois, lors d'une grève surprise au printemps 98, ont obtenu trois jours de congé parental supplémentaires par an, plus une journée de vacances pour tous. "

Antoine Jacob, Le nouvel Observateur


On se plaint de payer beaucoup de taxes, probablement pas sans fondement. La question serait de se demander si nous recevons en retour quelque chose de cet argent que nous confions au gouvernement. Cet argent va bien quelque part, mais on peut se demander : en fonction de quelles
valeurs?

Je m'attache personnellement beaucoup aux valeurs centre-gauche, telles qu'elles se définissent dans un pays comme le Danemark. Il faut dire que, ces années-ci, je donne beaucoup dans la recherche de modèles. Les Danois ont décidé que leur valeur principale serait les enfants. Pourquoi? Parce qu'en 1984, on a découvert que le taux de fécondité venait de s'effondrer à 1,38 enfant par femme, le plus faible jamais enregistré. Alors, on a doublé la durée du congé de maternité et augmenté les indemnités, pour sortir la femme du choix qui lui est imposé entre la maternité ou le travail.

 

D’après :
JACOB, Antoine. " Au royaume des Danoises ", Le Nouvel Observateur, 24-30 juin 1999.

C'est un choix difficile parce que parfois le travail s'impose mais on désire avoir des enfants. Cela dit, au Danemark, il y a 73 % des femmes qui travaillent – par choix ou par obligation ou les deux. Je lis ici, dans Le Nouvel Observateur, que " les femmes scandinaves, c'est bien connu, ont l'indépendance chevillée à l'âme. L'égalité entre les sexes n'est pas un vain mot sous ces latitudes. " Peut-être mais ce n'est tout de même pas aussi parfait que cela parce que, là-bas, les salaires sont encore un peu moins élevés pour les femmes.

J'apprends qu'il existe au Danemark un syndicat de femmes qui a réclamé la gratuité des garderies, " au même titre que l'école et l'université ". " C'est une condition nécessaire au bon fonctionnement du couple famille-travail ", assure la secrétaire de la Fédération des Travailleuses danoises.

Dans cet article de Antoine Jacob, " Au royaume des Danoises ", on raconte ensuite que " les Danois, lors d'une grève surprise au printemps 98, ont obtenu trois jours de congé parental supplémentaires par an, plus une journée de vacances pour tous ". Un congé de maternité c'est six mois de congé de base, payé 100 % de son salaire, auquel on ajoute une année de congé supplémentaire en accord avec le patron. Pendant cette période, on touche des allocations équivalant à 80 % du niveau supérieur de l'indemnité de chômage. " Un an et demi de maternage, résume l’auteur de l’article, c'est quasiment la norme au Danemark. Les pères, eux, ont droit à 12 semaines, mais la plupart se contentent de 15 jours. "

On termine avec cette formule :

Au cas où vous seriez en mal de chercher des modèles pour définir vos politiques en fonction de valeurs, avez-vous en tête cette valeur " Enfant "? Avec les congés parentaux, les indemnités fortes, les garderies gratuites, etc. Sinon, oubliez le discours!

 


Accès aux versions enregistrées des émissions "Par 4 chemins" de Radio-Canada.