Saison
1999-2000
  Émission du lundi 6 septembre 1999
   

 

La Fête du Travail

 

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Parlons un peu du travail, puisqu'on le fête aujourd'hui.

Si le travail est aussi capital dans la vie, pourquoi est-il devenu de nos jours une activité que l'on n'est pas sensé aimer? Et pourquoi tant de gens pensent-ils que la situation idéale dans la vie c'est de ne pas travailler?



L’art de ne pas travailler

Il convient, paraît-il, de faire une distinction entre le travail libre et le travail lié. Vers la fin du siècle dernier, déjà, Freud signalait que le travail libre ne concernait que 5 % des gens, alors que le travail lié à l'obligation de produire occupait tous les autres. Il me semble que le travail est une question qui est devenue extrêmement complexe.

Il y a certains aspects de cette question que je ne vais pas aborder parce que j'en ai parlé au cours de l'émission du 7 septembre l'an dernier, c'est-à-dire le jour de la Fête du travail.

Aujourd'hui, j'ai envie de vous entretenir des avantages et des inconvénients qu'il y a dans le travail, comme dans toute chose. Tiens, par exemple, c'est un grand avantage de pouvoir prendre des émissions radio et de les rendre ensuite disponibles sur internet pour les gens qui veulent en prendre connaissance. Mais, en même temps, il y a un inconvénient pour celui qui doit les animer : il faut se renouveler d'une année à l'autre, car on peut plus difficilement se répéter qu'on ne le faisait – peut-être à l'occasion – au cours des autres années. Même si, comme vous le savez, j'aime mieux me répéter que me contredire…

J'ai passé un bon moment à tenter de mettre un peu d'ordre dans les dossiers que j'ai accumulés depuis 1971. Ce qui m'a permis de me rendre compte d'un fait incroyable : les articles que j'ai à ma disposition sur la question du travail présentent à peu près tous les mêmes titres : " Le travail des jeunes ", " La mise à la retraite obligatoire ", " Dans quelle société allons-nous? ", etc.

J'en déduis que, il y a 30 ans, on tenait le même genre de propos qu'aujourd'hui…


D’après : EINSTEIN, Albert. Comment je vois le monde,
Éd. Flammarion, 1979.
 

  • Un marché du travail vicieux

Dans son ouvrage intitulé Comment je vois le monde, paru aux Éditions Flammarion, Albert Einstein s'adresse à un certain monsieur Cederstrœm en ces termes : " Je vois un vice capital dans la liberté presque illimitée du marché du travail parallèlement au progrès fantastique des méthodes de production. Pour correspondre effectivement aux besoins actuels, toute la main-d'œuvre actuellement disponible est largement inutile. D'où le chômage et la concurrence malsaine entre les salariés, et s'ajoutant à ces deux causes, la diminution du pouvoir d'achat et une asphyxie intolérable de tout le circuit vital de l'économie.

" Je sais que les économistes libéraux affirment qu'un accroissement des besoins compense toute diminution de main-d'œuvre. Sincèrement, je ne le crois pas. Et même si c'était vrai, ces facteurs aboutiraient à ce qu'une grande partie de l'humanité voie anormalement diminuer son train de vie. Avec vous, aussi, je crois qu'il faut absolument veiller à ce que les jeunes puissent prendre part au processus de la production. Il le faut. "

C'est à peu de chose près le discours que l'on tient maintenant. Réalisez-vous que ce texte a été écrit il y a environ 50 ans?

Plus loin, il y a cette phrase que je trouve admirable sous la plume d'Einstein : " La bureaucratie réalise la mort de toute action. "

è À propos de la bureaucratie, voir Bureaucrates, technocrates et technobureaucrates


D’après : DUBOS, René. Chercher, Éd. Stock.

 


  • Travail et fonction sociale

J'ai aussi découvert cette réflexion de René Dubos, dans Chercher paru chez Stock : " Cela va vous surprendre. Mon plus grand sujet d'inquiétude, c'est le chômage des jeunes. Pas du tout pour des raisons économiques. Les pays riches peuvent disposer de ressources suffisantes pour indemniser le chômage et compenser l'absence de salaire. Mais, lorsque j'entends des économistes américains déclarer qu'il faut accepter, dans l'intérêt de la bonne marche de l'économie, de 5 à 6 % de chômeurs, je suis atterré. Cela signifie qu'il faut accepter que 5 à 6 % d'individus n'aient pas de fonction dans la société. – Aujourd'hui, ce pourcentage est plus élevé car ce texte a été rédigé il y a 25 ans…

" Or, les humains ne deviennent véritablement des êtres humains qu'en fonctionnant dans une société, qu'en y occupant une place à laquelle ils attachent une certaine valeur. Quand je vois des millions de jeunes Américains qui ne sont jamais entrés dans une vie sociale normale, qui sont même en train de se désocialiser en vivant dans des sortes de structures parallèles, et que leur situation semble presque irréversible, je dis que cela représente d'immenses dangers pour l'avenir immédiat. Et cela atteint toutes les couches sociales. Quel gâchis! Quelle menace terrible pour la société! ", de s'inquiéter René Dubos.


 

  • Maslow et la motivation au travail

Abraham Maslow est l’un des pères de la psychologie moderne et, à ma connaissance, il est l'un des premiers, sinon même le premier, à avoir vraiment travaillé pour aider les entrepreneurs à comprendre ce qui pouvait bien motiver les gens au travail. C'est à partir de cette étude sur la motivation au travail qu'il est arrivé à la conclusion que les individus (vous et moi) doivent satisfaire des besoins, et que la motivation au travail venait de ce que le travail permet de satisfaire ces besoins.

Je vous ai déjà parlé de cela mais il est toujours utile de revenir à la grille de Maslow (Rassurez-vous, je n'en ai pas parlé l'an dernier à la même date, j'ai vérifié… [rires]) Dans le tableau pyramidal de Maslow, on montre que nous avons chacun d'entre nous des besoins à satisfaire : les besoins primaires, puis les besoins secondaires ou psychologiques, et les besoins supérieurs. Les besoins primaires, c'est tout ce qui permet d'assurer la survie. Ne serait-ce que pour assurer sa survie, il me semble qu'on devrait trouver dans le travail une satisfaction. Cela me fâche d'entendre parfois de la part de jeunes qui ont trouvé un emploi pour l'été : " C'est pas intéressant comme travail! ", alors qu'en fait, ils sont en train de satisfaire un besoin qui est celui d'assurer leur survie, au fond.

D'autre part, certaines valeurs reliées au travail ont évolué au cours des derniers siècles et l'on se retrouve maintenant avec des besoins secondaires qui sont des besoins psychologiques à satisfaire. Est-ce que votre travail vous permet de satisfaire aussi des besoins psychologiques tels que le besoin d'estime de soi, d'appartenance, d'accomplissement, etc.? C'est le genre de question que véhiculent les sondages aujourd'hui.

C'est certain qu'il est souhaitable de se trouver dans la vie dans une situation où, en répondant aux besoins primaires, on satisfait aussi ses besoins psychologiques. Quant aux besoins supérieurs, je dirais qu'ils se résument au besoin de dépassement – ce qui n'est pas absolument nécessaire mais de plus en plus recherché, d'une certaine façon.

De la part de ceux qui sont à la recherche d'un emploi, il est courant d'entendre : " Moi, je veux bien travailler, mais je tiens à ce que le travail soit une occasion de me perfectionner, d'enrichir mon ‘ vécu ’… " (J'aime bien mettre ce mot entre guillemets et le prononcer le bec un peu pincé. [rires])

Devons-nous faire une distinction entre activité et travail? Peut-être, parce que si on ne trouve pas dans le travail rémunéré ce qui nous permet de satisfaire nos besoins, on peut se tourner vers des activités extérieures. Quoique la rémunération est pour quelque chose dans la satisfaction aussi : parce que si on est relativement bien payé pour le travail accompli, on en retire une satisfaction psychologique, évidemment. J'ai remarqué que c'est beaucoup plus rare


" Ce qui n'a cessé d'augmenter dans le monde au cours des dernières décennies c'est le prix du travail humain. "
Louis Pauwels

 


  • La hausse du prix du travail humain et la théorie de James Albus

Il y a déjà plusieurs années de cela, j'ai eu le plaisir de m'entretenir avec Louis Pauwels, qui a fondé les deux grandes séries de Planète, et qui est aussi l'auteur d'un très grand nombre d'ouvrages. C'est un personnage extrêmement intéressant qui, à un moment, est devenu le directeur du Figaro Magazine et il était associé à la droite française. C'est peut-être un peu dommage qu'il fut associé à une quelconque pensée politique, parce que c'était un homme qui était bien au-dessus de ces considérations-là.

Au cours de notre conversation, je lui avais rappelé un article qu'il avait signé dans la revue Question de, qu'il venait de fonder également. Quand je lui ai demandé de me parler de son personnage appelé Arbus, il a d'abord fait cet étrange constat : " Ce qui n'a cessé d'augmenter dans le monde au cours des dernières décennies c'est le prix du travail humain. "

Je ne sais pas si vous avez eu récemment à payer des ouvriers, mais c'est incroyable ce que ça peut coûter maintenant de faire exécuter des travaux d'électricité, de plomberie, etc. On récolte ce qu'on a souhaité, au fond, que les gens ne se limitent plus à des salaires de crève-la-faim.

 



D’après : PAUWELS, Louis. " Nouvelles idées sur le travail humain ", Question de, N° 16.
 

Selon Pauwels, voici la thèse de James Albus : " Ce qui n'a cessé de diminuer dans des proportions énormes au cours des 20 dernières années, c'est le prix de l'ordinateur. Seulement, dit Albus, nous pouvons nous demander si les idées qui étaient vraies et utiles au moment de la naissance de l'industrie s'avèrent encore utiles au moment où nous entrons dans l'ère postindustrielle. Nous ne cessons d'augmenter le coût du travail humain. Tout le combat social se fait autour des principes de la morale du travail et de la théorie de la valeur du travail. Or, si nous cherchons à voir les choses comme elles sont, nous découvrons plusieurs évidences gênantes.

La première, c'est qu'un énorme pourcentage de la productivité dans le monde ne peut pas être attribué au travail lui-même. Les hommes ne travaillent pas plus durement qu'il y a deux siècles. Ils ne sont pas devenus héréditairement plus intelligents et plus habiles. Que non! L'évidence, c'est que l'accroissement de la productivité est presque entièrement dû à la modernisation des équipements, aux progrès des connaissances et des techniques. Le travail humain a depuis longtemps cessé d'être l'ingrédient le plus important du processus industriel.

La deuxième évidence gênante, c'est que dans de nombreuses industries, les travailleurs humains sont la cause principale des empêchements et des défauts de la production.

La troisième évidence, c'est que la théorie de la valeur du travail et l'éthique du travail ne constituent plus des concepts utiles au progrès. " Tant et aussi longtemps que le travail à la sueur de son front était utile au progrès…

Aujourd'hui, le travail dépend de la réflexion, il dépend aussi d'autres facteurs.

Pauwels poursuit : " ‘ Le chômage, dit Albus, n'est pas une plaie, il est un signe, au même titre que la croissante réduction du temps de travail. ’ ‘ Nous sommes, dit encore Albus, à l'orée d'un âge du robot et de l'usine automatique. Si nous pouvions admettre qu'en réalité les machines peuvent faire profiter l'industrie beaucoup mieux et plus vite que les hommes, nous pourrions inventer un système de distribution de la plus-value du travail basé sur autre chose que l'emploi. ’ "

Le système de rétribution pour tout un chacun, c'est l'une de mes marottes. Comment distribuer le salaire de la machine? On a gagné du loisir, du temps, on a libéré du temps de travail, mais à qui va le profit? Car le fait que l'on n'est plus obligé de payer trois personnes pour faire le travail d'une machine a généré une plus-value.

Pauwels ajoute, se référant au passé : " Aristote disait que l'humanité cesserait de connaître l'esclavage quand les navettes marcheront toutes seules (comprenons-nous bien, il parlait d'instruments pour le tissage). En réalité, l'humanité n'a cessé, jusqu'à aujourd'hui, de connaître l'esclavage. Nous sommes tous, ou presque tous, des esclaves du salaire ou du gage. Nous avons même progressé dans l'acceptation de la condition d'esclave. Jamais les Romains n'avaient obtenu que les esclaves défilent dans les rues en réclamant la garantie de la condition d'esclaves. " [rires]

Pauwels rappelle que la vraie révolution serait de renvoyer dos-à-dos les théories sociales en cours – c'est un peu ce qu'on a fait avec le libéralisme et le socialisme – et de déléguer l'esclavage à l'électronique. Sauf que maintenant, le néocapitalisme ne nous a pas libéré du travail : il nous a simplement libéré du salaire…

   


    

D’après :
PAUWELS, Louis.
" Tu ne gagneras plus ton pain à la sueur de ton front… ", Figaro Magazine, 31 mars 1979.
 


  • La révolution du travail selon Pauwels

Dans un autre article de Pauwels, un éditorial publié des années plus tard alors qu'il était directeur au Figaro Magazine, je découvre qu'il revient sur cette question. Il y affirme qu'on cherche " les nouvelles lois d'une société où le travail humain aura cessé d'être le principal producteur de richesses et le support essentiel de l'ordre collectif " et que " la technologie de l'ère postindustrielle opère une révolution bien au-delà des idéologies et des partis ". En fait, il dit un peu la même chose qu'auparavant, mais autrement. C'est intéressant de voir l'évolution et la forme que sa pensée peut prendre.

" Cela signifie deux choses, précise-t-il :

  1. Que le progrès technologique augmente la richesse en réduisant l'emploi;
  2. Que les lois économiques selon lesquelles l'investissement et l'expansion sont créateurs d'emploi sont devenues caduques.

" Un pareil constat engage une pensée inédite, poursuit Pauwels : le chômage actuel ne traduit pas une ‘ faillite du système ’. Il annonce un système nouveau. Mais entre les deux nous vivons une crise fondamentale de la pensée économique et politique. Et une crise de la morale sociale basée jusqu'ici sur le travail humain. […]

" Il ne s'agit pas de crier ‘ non, au chômage ’ dans la rue, il s'agit d'entrevoir une société du non-emploi progressif qui serait juste. Ce n'est pas l'affaire du ‘ parti des travailleurs ’ qui apparaît aujourd'hui comme un agent de conservation de l'esclavage prolétarien. Ce qu'enseigne la modernité, c'est que la libération du travailleur, c'est la libération du travail. "

On n'échappera pas à la condition qui nous est faite maintenant car il y a de moins en moins de travail. Vous avez sûrement remarqué qu'à chaque fois que l'on crée 2000 emplois, on ferme une usine à côté. Il y a un sérieux et nouveau regard à jeter sur tout cela. Tout en créant des emplois, tout en favorisant le développement de nos industries, en les adaptant à la réalité postindustrielle, il faut également redéfinir la société de manière à ce que le chômage ne soit plus une plaie.

" Un revenu calculé sur la plus-value de l'automation donnera à l'individu le pouvoir de résister aux pressions politiques et économiques indésirables ", affirme Pauwels. Finalement, qu'il reçoive sa part du profit des machines… Quand j'entends une expression comme celle-là, ça me rappelle le discours du Crédit social de l'époque… [rires] Le propos de son fondateur était assez proche des préoccupations d'aujourd'hui, il faut bien le dire. Je me souviens aussi qu'un auditeur m'avait fait parvenir un ouvrage très ancien qui datait des années 1930 et dans lequel ces questions étaient déjà posées.

Pauwels poursuit : " Les hommes ne seraient plus contraints, comme les ‘ travailleurs ’, d'adhérer à des partis de masse pour protéger leurs droits et ainsi, de sacrifier leur individualité à leur sécurité. Voilà un concept de liberté personnelle qui va plus loin que tous les précédents… "

À un moment, il rapporte une citation d'un personnage très étonnant qui s'appelait Muré. C'était un utopiste – aujourd'hui, on dirait que c'est un tenant du Nouvel Âge – car il parlait de projet de société.

" En 1848, dans l'euphorie utopiste, rappelle Pauwels, fleurirent sur les murs de Paris des programmes délirants. Le citoyen Muré affichait ceci : ‘ Ce n'est pas d'organiser le travail dont il s'agit mais d'organiser l'oisiveté par la multiplication infinie des machines. Il faut que tous les ouvriers soient remplacés par des chiens savants chargés de surveiller des usines entièrement mécaniques. ’

" Cent trente ans après, nous mettons le ‘ chiens savants ’ (œil laser, mémoire électronique, cerveau artificiel) dans la machine, et la vision du citoyen Muré devient beaucoup moins délirante… " conclut Pauwels. Pour arriver à cette libération, on devrait s'arranger pour qu'une bonne partie du travail soit reprise par des machines, mais à la condition que l'on trouve un système économique qui permette de partager entre tous les citoyens les mérites du progrès. Cela revient à cela, tout simplement.

 
  • Le sens de l’action

Est-ce que je vous ai déjà parlé du tournevis de mon grand-père? Peu de temps avant sa mort, une vieille tante que je visitais dans le centre d’accueil où elle attendait que ça lui arrive… me dit comme ça en me tendant un objet :

" Tiens, j’ai trouvé ce tournevis dans mes affaires, c’était à ton grand-père. Si tu n’en veux pas, tu le jetteras toi-même. "

Je le prends et, sur le chemin du retour, je me mets à réfléchir sur le sens de l’action en me disant que c’est curieux, il ne reste plus rien de ce que mon grand-père a fait. Pourtant, dans sa vie, il a travaillé le fer, il a bâti et aménagé des maisons, fabriqué des attelages, etc., et tout ce qu’on pouvait aujourd’hui m’offrir de lui c’était ce tournevis qui lui avait servi à faire tout cela. D’où cette interrogation sur le sens de l’action : Quel est donc le sens de l’action? Faire, pour l'immédiat, oui. Et avoir…

C’est certain que l’action de mon grand-père lui a permis de subvenir aux besoins de sa famille, de dormir sous un toit, etc. Mais si mon grand-père a fait pour être plus, alors là tout se tient, tout prend un sens.

Autrement dit, le sens du travail ne se trouve ni dans le " faire ", bien qu’il faille faire, ni dans " l’avoir ", bien qu’il faille aussi avoir, mais plutôt dans le besoin d’être, d’être plus, de se réaliser en tant qu’être, de s’actualiser, comme disent les postmodernes.

Peut-être que ce sont des réflexions qui s’imposent tout particulièrement aujourd’hui, à une époque où plusieurs doivent accomplir dans l’anonymat des tâches souvent peu valorisantes avec le sentiment de faire pour faire. Mais, par ailleurs, notre monde matériel est aussi dominé par l’idée qu’il faut faire pour avoir. L’idée selon laquelle le sens de la vie se trouve davantage dans ce que j’appellerais " le faire pour être " nous effleure à peine. Et l’opinion selon laquelle certains sont moins, alors que d’autres sont plus, tout cela n’est pas facile. Que l’on fasse des transactions boursières, que l’on coupe des vêtements, on ne fait toujours que travailler sur soi. Quoiqu’on fasse, on ne travaille jamais que sur soi-même " vers De ce point de vue, c’est l’attitude juste à l’égard du travail bien plus que le travail lui-même qui représente l’occasion d’être plus.

Si j’ai encore quelque chose à ajouter là-dessus, je le ferai l’an prochain, à la même date… [rires]

  


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