<><>Saison
1999-2000
  Émission du mardi 31 août 1999
    Le réconfort des doudous
 

Combien d'entre nous ne se sont pas encore détachés de leur doudou?

Pour moi, c'est une vieille robe de chambre "dégueugueu" avec laquelle j'aime bien me retrouver l'hiver. Pour certains, ce sont des pantoufles, des stylos fétiches, ou des objets. Ce sont des doudous, surtout lorsque l'objet précieux nous vient d'une personne aimée. " Comme chez le bébé, toucher et sentir a toujours le pouvoir, chez l'adulte, d'incarner la présence dont on est séparé. " affirme un psychiatre qui a fait un doctorat…sur les doudous.

   




     
    Alvin Toffler… 30 ans plus tard

" Alvin Toffler demeure le futurologue le plus célèbre "
(Source : L'Actualité, août 1999)


D’après :
MARTINEAU, Richard. " Retour vers le futur ",
L'Actualité, août 1999.

 

 

 

L'émission est entrée, hier, dans sa 29e saison. C'est en 1971 que Par 4 Chemins a débuté et, dès la première année, je m'étais attaché à un certain nombre de livres dont un qui s'intitulait Le choc du futur, d'Alvin Toffler, un ouvrage publié en anglais en 1970 avant d'être traduit plus tard. (Éd. Denoël, 1971)

D'après Toffler, le monde de demain serait le royaume de l'éphémère, la société allait se morceler, les changements allaient en accélérant et l'homme éprouverait de plus en plus de difficultés à s'adapter à tout cela. Je dois vous avouer que c'est un livre qui a tellement accompagné l'animateur de cette émission, dans les premières années, qu'à un certain moment, certains collègues de travail ont cru que je n'arriverais jamais à animer une émission sans me libérer de cet ouvrage. D'où l'intérêt de cette entrevue que Alvin Toffler, 30 ans plus tard, accorde à Richard Martineau dans L'Actualité de ce mois-ci.

Vous vous souviendrez peut-être que Toffler prévoyait une transformation majeure du système politique et plus de pouvoir aux citoyens. On lui a donc demandé si, d'après lui, tout cela était en train de se réaliser. Autrement dit : " Trente ans plus tard, peut-on dire que la tempête est derrière nous et que l'onde de choc s'est résorbée? " Toffler est catégorique : " Au contraire, nous sommes dans l'œil du cyclone. " C'est maintenant que ça se passe cette transformation, ce changement profond d'une société et de ses valeurs.

Le futurologue poursuit : " La thèse principale du livre était que nous entrions dans une ère de changement. Je disais que la permanence était un concept périmé, que les transformations iraient en accélérant, que les individus, comme les gouvernements et les entreprises, éprouveraient des difficultés à s'adapter à cette nouvelle réalité. C'est exactement ce qui arrive!

" Pourquoi, par exemple, assistons-nous actuellement à une résurgence du fanatisme un peu partout sur la planète? Parce que l'évolution ultrarapide de notre société angoisse plusieurs personnes, les gens ressentent une espèce de vertige, ils ont l'impression que leurs convictions s'écroulent. Ce n'est pas tout le monde qui peut vivre en permanence dans un état d'incertitude. Certains individus ont besoin de points d'ancrage. Résultat : ils s'accrochent à la première bouée qu'on leur offre et sont à la recherche de racines identitaires qu'elles soient raciales, génétiques ou éthiques. "

Comme le fait remarquer Richard Martineau dans son intervention : " Le moderne traverse une crise d'identité… " Toffler rappelle alors qu'on vivait autrefois dans un village, et qu'on a vécu dans des tribus avec un code établi par les aînés qu'on respectait. Depuis les Lumières – ce courant philosophique qui a traversé l'aventure européenne au 18e siècle – l'avènement de l'ère industrielle, apparue à la fin du 18e, a fait naître le concept d'individualisme. On en est toujours là. L'individualisme s'est démocratisé, les gens ne sont plus prisonniers de leur communauté ni de leur tribu, mais peut-on parler de progrès?

Il est question plus loin de l'hyperchoix, un sujet qui m'intéresse beaucoup. " La liberté est grisante, mais elle est aussi fatigante. Nous devons faire des choix à chaque moment de notre vie… ", fait remarquer Richard Martineau.

En lisant ce paragraphe, je me suis demandé quand je m'étais trouvé récemment devant l'obligation de faire un choix. Je me suis souvenu que c'était, il y a quelques jours, alors que je devais acheter des crayons dans un établissement qui vend du matériel de bureau. Il y en avait tellement de toutes les formes et de toutes les marques que j'en avais le vertige…

L'hyperchoix est devenu la règle aujourd’hui, explique Toffler : " Les objets les plus usuels sont offerts dans une infinité de modèles. On doit prendre des décisions à chaque seconde, ce qui devient stressant. "

Le simple fait d'ouvrir la télévision et de zapper d'un canal à l'autre, en se disant : " Cette émission? bof, je ne suis pas sûr… "; et : Celle-là ne m'intéresse pas "; ou encore : Tiens, il y en a deux excellentes qui seront diffusées ce soir mais… à la même heure ", ce qui est suffisant pour ne plus avoir envie de regarder quoi que ce soit. Si vous me permettez l'expression, on vient de s'écœurer pour la soirée. Alors on décide de prendre un livre, mais devant les étagères on se retrouve avec le même problème : celui-ci, ou celui-là? Ou cet autre, là? Ça ne finit plus!

Alvin Toffler estime que le système est surchargé : " Les politiciens ont de plus en plus de décisions à prendre et ce, dit-il, de plus en plus rapidement, sur des sujets de plus en plus complexes et dans des circonstances de plus en plus difficiles. C'est carrément impossible! "

Il est d'avis également que les politiciens auront de moins en moins de pouvoir. Si je vous communique cette information, c'est qu'il existe présentement un mouvement dans la société, qui n'est pas encore très fort, mais il commence à mettre l'accent sur la société civile par rapport au gouvernement. La société civile qui doit devenir de plus en plus responsable plutôt que d'attendre de " Papa l'État " les réponses à toutes les questions.

" L'administration actuelle n'a aucune stratégie; pis, elle est dirigée par des gens qui méprisent le concept même de stratégie, dit Toffler, qui ont remplacé la stratégie par l'agilité. " D'après lui, nous nous acheminons vers un système qui laissera encore plus de place aux citoyens. Il y a donc un aspect positif dans tout cela. D'ailleurs, à propos de l'an 2000, il termine son propos avec la formule suivante : " Ce sera le début d'un temps nouveau. "

   


     
     
    L'action humanitaire privée :
une lumière dans le chaos

 


Y a-t-il un progrès dans l'univers? Des fois je pense que oui, d'autres fois je pense que non. Je pense que oui chaque fois que je réalise que la création du tribunal international pour juger les crimes de guerre représente un grand progrès. On commence à avoir une vision plus planétaire des problèmes, ce qui représente sûrement un progrès. Je le pense également quand je vois tout le courant humanitaire qui se déplace un peu partout dans le monde, et le devoir d'ingérence qui s'impose de plus en plus.

   
  • L'horreur du Kosovo

D'un autre côté, au cours de l'été, j'ai dû m'arrêter à un moment d'accumuler ces articles dont le contenu est toujours une leçon d'horreur, une leçon qui nous rend inquiet du sort de l'humanité. Je lis ici, par exemple :" La paix des charniers – à propos du Kosovo, pays ruiné, miné, parsemé de lieux de massacre où se croisent les réfugiés qui rentrent et ceux qui partent pour l'exil – que la force d'ONU doit pacifier et reconstruire une entreprise surhumaine ", etc.; ou encore le titre de ce dossier du Courrier International : " Comment une nation fabrique son malheur? ", en parlant des Serbes. Qu'il y en a de ces articles troublants… Les mafias jouent également un rôle de plus en plus grand au Kosovo parce que, dans la mesure où les institutions souhaitables ne sont pas en mesure de fonctionner, la corruption devient une menace qui s'étend à l'ensemble de l'Europe. Etc.


D’après :
" Volontaires de l'humanitaire ",
Ça m'intéresse
,
juillet 1999.
 
  • La naissance de l'action humanitaire

Je suis impressionné cependant par l'humanitaire. Jusqu'à un certain moment, l'action humanitaire était prise en charge par l'Église et par l'État. Aux États-Unis, en Suisse, en Grande-Bretagne, sont nées des organisations d'aide non gouvernementales. La plus célèbre de ces ONG est sans contredit la Croix-Rouge internationale, créée en 1863 par le philanthrope suisse Henry Dunant, qui " a fait admettre l'idée qu'on se doit de soigner les blessés des deux camps, amis ou ennemis " peut-on lire dans un article paru cet été dans Ça m'intéresse.

" Si la Première Guerre mondiale offre à l'humanitaire ses lettres de noblesse – de nombreuses ONG organisations non gouvernementales naîtront de ce conflit – la Seconde Guerre illustre ses limites ", poursuit l'auteur. Il faut dire la vérité même si elle n'est pas toujours agréable à rapporter : la Croix-Rouge n'a pas été rapide à dénoncer le carnage auquel on assistait en Europe sous le régime nazi.

On sait qu'à ce moment les droits humanitaires n'étaient vraiment pas respectés. Puis il y a eu des instances internationales telles que l'ONU, le HRC (Haut Commissariat aux Réfugiés), l'UNICEF, etc. " Les années 70 marqueront une mutation dans l'action humanitaire. C'est l'épopée des French Doctors ", les Médecins sans frontières. D'ailleurs, l'aspect " sans frontières " joue un rôle très important depuis les années 70, ou du moins " la disparition relative des frontières " au moment des conflits. " On esquisse alors le concept de droit d'ingérence. "



D’après :
BETTATI, Mario.
" 3 questions à Mario Bettati ",
Ça m'intéresse,
juillet 1999.

 





  • Les French Doctors et le droit d'ingérence

Ce sont deux médecins qui ont contribué à développer le droit d'ingérence, et en particulier Bernard Kouchner, qui est aujourd'hui un envoyé spécial de l'ONU au Kosovo, délégué sur place pour contribuer à apporter une solution dans un conflit qui devient de plus en plus chaotique.



Bernard Kouchner,
par Jaydie Putterman

 

 

 

" Les French Doctors, même s'ils s'étaient affranchis des frontières se heurtent parfois à des États qui leur barraient la route au nom de leur souveraineté et du droit international ", explique Mario Bettati, professeur de droit international à l'université de Paris II, dans un petit encadré du dossier. On voit bien qu'il s'agit d'un affrontement entre deux visions : la souveraineté des États et le droit d'ingérence qui, lui, fait une brèche dans la souveraineté des états. " Il fallait tenter de changer ce droit, poursuit Mario Bettati. En 1988, Bernard Kouchner, secrétaire d'État à l'action humanitaire m'appela pour négocier à l'ONU une résolution, adopté à New York le 10 décembre 1988, consacrant le ‘ principe de libre accès aux victimes ’. Elle confirmait le ‘ droit d'ingérence humanitaire ’. "

Je vous communique tout cela parce que ce sont de belles histoires de notre époque, qui n'en a pas tellement à raconter, d'ailleurs…

" Depuis, près de 150 résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU exigent le respect de ce principe ", ajoute le professeur Bettati. C'est bon de revoir ces faits parce qu'on en entend parler dans les informations et l'on se demande parfois de quoi il retourne. Moi, en tous les cas, j'aime bien comprendre les choses et vous faire partager ma curiosité.

" Comment peut-on justifier, en regard du droit international, l'ingérence dans les affaires intérieures du pays souverain? ", lui demande-t-on. La réponse de Bettati est la suivante : " ‘ Désormais, le respect des droits de l'homme et l'assistance humanitaire ne relèvent plus de la compétence nationale. La Communauté internationale a acquis un droit de regard sur le sort des habitants d'un pays. Ensuite, un droit de porter secours à ceux qui souffrent, voire le droit de les protéger militairement. Enfin, le droit de traduire, devant les tribunaux pénaux les auteurs de crimes contre l'humanité, de crimes de guerre ou de génocides. ’ "

Si vous cherchez des exemples de progrès, vous en avez ici. Ce n'est cependant pas sans difficulté que ces résolutions sont appliquées. Par exemple :

" L'ingérence… Quand et jusqu'où? " " ‘ Si elle est humanitaire et médicale, l'ingérence peut être déclenchée dès que les souffrances le justifient aux yeux des secouristes. Si elle comporte une composante militaire, il convient que des violations massives et graves des droits de l'homme soient commises et que l'intervention soit autorisée (ou non interdite) – intéressante, cette nuance – par le Conseil de sécurité des Nations unies ", rappelle Mario Bettati.

Mario Bettati est aussi l'auteur d'un ouvrage intitulé Droit d'ingérence, mutation de l'ordre international, paru aux Éditions Odile Jacob. Il a également contribué à la rédaction d'un ouvrage collectif qui s'intitule Le devoir d'ingérence, paru aux Éditions Denoël. On y trouve des textes de François Mitterrand, de Jacques Chirac, etc.

De ce côté-là, je tiens à préciser que la France a fourni un effort admirable. Il y a un héritage en France, si vous me permettez le rapprochement, des réflexions de Saint-Exupéry sur la Terre des Hommes, sur la responsabilité des élites, etc. C'est un aspect extrêmement positif de la France, selon moi.


D’après :
GIROUD, Françoise. " De la main à la main ",
Le devoir d'ingérence,

Collectif sous la direction de BETTATI, Mario & KOUCHNER, Bernard,
Éd. Denoël, Paris, 1987.

" Aider, c'est intervenir sans discrimination, partout où la vie est menacée. Telle doit être, à mes yeux, la morale de l'aide privée. "

Françoise Giroud, " De la main à la main "

 

  • Le plaidoyer de Françoise Giroud pour le droit d'ingérence

" Le monde où nous sommes est très inconfortable ", écrit Françoise Giroud qui est l'une des auteurs de ce collectif intitulé Le Devoir d'ingérence. Elle précise : " Quand on sort de nos pays capitonnés et qu'on regarde ce qui se passe dehors, il arrive qu'on suffoque. Alors on peut rentrer chez soi et tenter de n'y plus penser. Ou bien on peut se dire qu'il faut faire quelque chose. L'aide humanitaire privée, c'est toujours le fait d'un petit groupe de gens qui, à l'origine, ont voulu ‘ faire quelque chose ’. Faire quelque chose pour réduire la part de malheur qui pèse sur d'autres hommes, faire quelque chose de concret qui ne souffre pas des incertitudes et des contradictions de l'action politique; et aussi faire quelque chose en marge de la bureaucratie, de la lourdeur de toutes les plaies de l'aide publique, celle des États, celle des institutions internationales. "

Je trouve ce texte très intéressant car il explique et justifie à la fois l'intervention des organismes non gouvernementaux.

" Pourquoi veut-on faire quelque chose? poursuit Giroud. Ne nous penchons pas sur les abîmes du cœur humain, on ne sait jamais ce qu'on risque d'y trouver, et puis peu importe après tout! Peut-on être efficace dans le cadre de l'aide privée? Peut-on faire quelque chose? La réponse c'est oui, et, d'ailleurs, on le fait.

" Concrètement, qu'est-ce que ça veut dire? Quelque part des hommes, des femmes, des enfants souffrent dans leur chair, on les soigne. Ils ont faim, on les nourrit. Ils sont menacés de famine, on leur apporte les moyens de cultiver leurs terres. Ce sont des actions ponctuelles, circonscrites dans l'espace, circonscrites dans le temps, concernant des populations précises qui appellent au secours.

" Qui les gouverne, sous quel régime vivent-elles, ou plutôt meurent-elles? C'est secondaire, l'aide privée ne va jamais à des États, à des gouvernements, elle va à des personnes, directement à des personnes, de la main à la main. – Je sais qu'il y a des doutes à ce sujet-là, nous y reviendrons d'ailleurs plus loin.

" Sur place, ceux qui la dispensent doivent évidemment palabrer, discuter, négocier avec les autorités locales. Parfois les choses se passent dans des pays en guerre, particulièrement chatouilleux, ou dans le désordre consécutif à une grande catastrophe, sous la pression de l'urgence, mais, en toute circonstance, l'aide privée peut être contrôlée à toutes étapes. Elle peut l'être et elle doit l'être. "

De la nécessité et de la possibilité de contrôler les étapes de l'action humanitaire privée, Françoise Giroud donne plusieurs exemples et termine son article (" De la main à la main ") de la façon suivante : " Ne faisons pas d'angélisme; ne nous racontons pas que ce que nous appelons les droits de l'homme sont respectés dans les pays où nous intervenons. Ne nous racontons pas que la présence d'organisations d'aide privée serait tolérée par telle ou telle dictature, tel ou tel régime fort si, de quelque manière, l'action de ces organisations n'était pas profitable au pouvoir en place. C'est l'évidence même, et c'est toute l'ambiguïté de l'aide humanitaire. Mais ne faisons pas non plus du diabolisme.

" Une équipe de volontaires sur place, qu'elle soigne, qu'elle nourrisse ou qu'elle développe, c'est toujours positif, c'est toujours au service de la vie, ça va toujours dans le bon sens. Après tout, il n'y a pas tellement d'actions humaines dont on peut dire la même chose avec certitude. "

Cette idée me touche beaucoup, personnellement, parce qu'on est actuellement à la recherche du sens dans nos vies individuelles et collectives. On est soucieux de l'évolution, préoccupé relativement de la suite du monde (ou on devrait l'être), et d'une certaine façon, on est à la recherche de héros. Il faut donc regarder autour : ils ne sont pas parfaits et ils ne l'ont jamais été sauf ceux des légendes, ou ils le deviennent parfois, après des années, dans la mémoire des gens. Le héros de la femme et de l'orphelin, ça ferait un beau modèle pour les avocats, tiens! Un genre de Robin des bois qui prend l'argent aux riches pour le donner aux pauvres. [rires]

C'est dans la nature humaine d'accepter de temps en temps d'être naïf. Françoise Giroud le dit très bien : " Vous savez, c'est difficile de penser qu'à certains moments on ne peut aider les gens sans être en accord avec le pouvoir local qui est souvent un peu et même beaucoup corrompu… " Il y a des compromis à faire...

Quand j'ai envie d'héroïsme, quand j'ai envie d'exemples positifs de ce que peut faire la nature humaine, je regarde de ce côté mais sans me faire trop d'illusions, sachant très bien que parfois l'humanitaire est très près des interventions militaires, par exemple – ce qu'on peut parfois leur reprocher ou les en féliciter, selon les circonstances.


" Les hommes de guerre font parfois de l'humanitaire, mais le fusil n'est jamais très loin… "
(Source : Ça m'intéresse, juillet 1999)


" Les Serbes qui n'ont pas suivi l'armée yougoslave dans sa retraite font l'objet d'une campagne de terreur. "

(Source : Le Nouvel Observateur, 26 août- 1er septembre 1999)
 

  • Les limites de l'humanitaire

J'ai sous les yeux une photo qui montre un militaire, un gros monsieur, qui tient dans ses bras un bébé visiblement d'une culture différente de la sienne, avec des vêtements qui donnent à penser qu'il s'agit d'un bébé provenant d'un milieu que fréquentent les réfugiés. On voit ce militaire en train de donner le biberon au bébé, et l'image est très sympathique. On a besoin de prendre conscience de ces gestes-là; on a besoin d'y croire aussi, même si on est parfois frappé par le doute qu'on n'en viendra jamais à bout…

Dans le petit article de Ça m'intéresse que je citais tout à l'heure, " Un phénomène qui a explosé au cours de ce siècle ", on mentionne quelques-unes des questions qui restent en suspens : " Entre autres : certaines ONG doivent-elles jouer le jeu des militaires qui font de l'humanitaire? N'y a-t-il pas trop d'associations sur le terrain, au risque de voir un ‘ acharnement humanitaire ’? Comment peut-on éviter qu'elles deviennent les otages des médias tout en les utilisant? " Car il faut que les humanitaires utilisent les médias mais bien souvent, ce sont les médias qui utilisent les humanitaires pour faire un bon spectacle. Enfin, une dernière question : comment éviter que l'administration des entreprises qui recueillent des dons ne coûte pas plus cher que le montant donné pour les opérations?

Toujours est-il que j'ai ramassé tous ces articles qui parlent du Kosovo, qui mentionnent le fait que les Kosovars maintenant s'en prennent aux Serbes qui étaient demeurés au Kosovo, que les Tziganes ne savent plus où aller vivre, etc. Devant cette liasse d'informations qui doit peser près de deux kilos, je me suis dit qu'il n'y a qu'une façon de voir la lumière à travers ce chaos, c'est de regarder le travail de ces gens qui interviennent avec le sentiment d'accomplir un devoir, celui d'aider des frères humains en difficulté.

D’après :
FRANKL, Viktor Emil. Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie,
Éd. de l'Homme, 1988.

 


  • L'optimisme tragique de Viktor Frankl

Dans Découvrir un sens à sa vie, le Dr. Viktor Frankl – qui est l'un des maîtres à penser de notre époque –, parle de l'importance d'un optimiste tragique, " c'est-à-dire d'un optimisme face à la tragédie qui tienne compte de l'aptitude de l'homme qui, lorsqu'il est en accord avec lui-même, peut :

  1. Transformer la souffrance en réalisation humaine;
  2. Trouver dans son sentiment de culpabilité l'occasion de s'améliorer;
  3. Agir de façon responsable face au caractère transitoire de la vie. "

Oui, lorsqu'il est en accord avec lui-même…

 

   


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