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Émission du mardi 1er juin 1999

Le chien d’Ulysse

Il y a un bon moment que je ne vous ai pas raconté d’histoire de chiens. J’ai découvert récemment ces mots du poète Maeterlinck : " Des cloisons imperméables séparent les espèces. Une seule exception : […] parmi toutes les formes de la vie qui nous entourent, pas une, hors le chien, n’a fait alliance avec nous. " Cela me fait encore plus apprécier ma chienne, la blanche Cybèle.

 
D’après :

GRENIER, Roger.
Les larmes d’Ulysse, collection L’Un et l’Autre, Éditions Gallimard, 1998.

Maeterlinck, d’autre part, se méfiait du cheval, de l’âne, du mouton, de la poule, et du chat qu’il jugeait comme " un animal féroce qui nous maudit dans son cœur mystérieux. " Il se méfiait même des végétaux, c’est tout dire…Et pourtant, il était persuadé que le chien c’était tout autre chose. Le chien jouit d’un grand privilège : " Il est le seul être vivant qui ait trouvé et reconnaisse un dieu indubitable, tangible, irrécusable et définitif. Il sait à quoi dévouer le meilleur de soi. Il sait à qui se donner au-dessus de lui-même. Il n’a pas à chercher de puissance parfaite, supérieure et infinie dans les ténèbres, les mensonges successifs, les hypothèses et les rêves. "

Même Napoléon, dans le Mémorial de Sainte-Hélène, parle des chiens, rappelle l’auteur. " Il raconte qu’en Italie, il parcourt un champ de bataille dont on n’a pas encore enlevé les mortsUn chien est auprès du cadavre de son maître, gémit, lui lèche le visage. " Jamais rien, sur aucun de MES champs de bataille, ne m’a causé de pareille impression. ", écrit Napoléon. Lui qui, pourtant, affirmait que la mort d’un million d’hommes n’était rien. " J’avais, sans émotion, ordonné des batailles qui devaient décider du sort de l’armée; j’avais vu d’un œil sec exécuter les mouvements qui amenaient la perte d’un grand nombre d’entre nous; et ici, je me sentais ému, j’étais remué par les cris et la douleur d’un chien !… " Curieux personnage. " Joséphine, quand elle épousa Bonaparte, refusa de chasser de son lit un carlin nommé Fortuné, qui avait l’habitude de dormir avec elle. Alors, le général dut partager avec Fortuné la couche de la belle créole. " [rires]

GRENIER, Roger.


Je trouve un tas d’autres anecdotes savoureuses dans ce petit bouquin qui s’intitule Les larmes d’Ulysse, paru chez Gallimard. Il a d’ailleurs remporté en France une mention pour le Prix des amis des bêtes. À un moment, Roger Grenier qui en est l’auteur, explique pourquoi le titre de son ouvrage fait mention d’Ulysse; le récit est fort étonnant : " Beaucoup de chiens s’appellent Ulysse. Mais le chien d’Ulysse, comment s’appelait-il ? Argos. Il attend son maître dans des conditions moins confortables que Pénélope. Toujours prudent, le roi d’Ithaque, lorsqu’il aborde enfin dans son île, s’est rendu méconnaissable avec la complicité d’Athéna. Et pourtant, Argos le reconnaît. Négligé maintenant en l’absence du maître, il gisait, étendu devant le portail, sur le tas de fumier des mulets et des bœufs, où les serviteurs d’Ulysse venaient prendre de quoi fumer le grand domaine. C’est là qu’Argos était couché, couvert de poux. Il reconnut Ulysse en l’homme qui venait et, remuant la queue, coucha les deux oreilles; la force lui manqua pour s’approcher de son maître. Ulysse l’avait vu; il détourna la tête et essuya une larme. […] Poséidon, avec l’esprit vindicatif qu’on connaît aux dieux, s’était en vain acharné sur Ulysse mais, lui arracher une larme n’a été donné qu’à son vieux chien. "

Il raconte plus loin qu’Elisabeth von Arnim, cousine de l’écrivain britannique Katherine Mansfield, a écrit son autobiographie à travers l’histoire de ses chiens : " Parents, maris, enfants, amants et amis ne manquent certes pas de mérites, fort grands même, mais enfin, ce ne sont pas des chiens. " [rires]

Cybèle

J’aime bien revenir à cette question des chiens car je pense que certains d’entre vous, qui me connaissent un peu mieux que la moyenne des ours, savent que je suis très attaché aux chiens en général et au mien, en particulier. Avant la belle Cybèle, il y a eu Horus et avant lui Platon.

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Les racines du mal

On trouve depuis peu, dans plusieurs revues et magazines, des articles qui portent sur la barbarie humaine, sur les racines psychologiques de cette barbarie et de cette psychose collective qui, tout à coup, envahit un peuple en l’attirant dans le gouffre, dans le chaos, un peuple civilisé qui n’est pas exempt de pulsions génocidaires, etc. Cela donne beaucoup à réfléchir sur la nature humaine et on serait tenté de penser que notre cas est peut-être sans espoir. Et pourtant, selon le Tribunal international, lorsqu’il est question de crimes contre l’humanité, l’accusé est présumé innocent tant que le procès n’a pas eu lieu. Je veux parler ici du cas de Milosevic. Cette question nous oblige à nous interroger, une fois encore, sur des personnages comme Hitler, Pol Pot, sur la barbarie systématique que nous avons connue pendant ce siècle, mais qui n’est pas propre à notre siècle en particulier, rappelons-le.

D’après :

ADLER, Alexandre. " Les racines psychologiques ", Psychologies, mai 1999

J’ai trouvé une étude d’Alexandre Adler, agrégé de l’histoire, qui est aussi directeur éditorial de l’hebdomadaire Courrier International, dans laquelle il énumère certaines lois de comportement dont les irrégularités peuvent entraîner un peuple même civilisé dans des pratiques génocidaires :

1) " Un sentiment justifié ou non de menace interne qui pèse sur l’existence du groupe et sa capacité à se projeter dans l’avenir.

2) Une rupture importante du système traditionnel de croyances sous l’impact d’une modernisation hâtive et incomplète.

3) Une montée au pouvoir d’un groupe qui doute de sa légitimité et qui, de ce fait, a besoin de l’asseoir sur des actes de violence explicitement tournés vers le dehors…dehors implicitement menaçant pour son propre peuple.

4) La volonté d’un noyau criminel de diffuser le plus largement possible sa propre culpabilité en impliquant le plus grand nombre dans ses forfaits. "

Adler arrive à la conclusion suivante :

" Chacun de ces quatre grands traits se retrouve, à des degrés inégaux mais constants, dans les grandes expériences génocidaires, ou plus simplement meurtrières à grand échelle, de ce siècle qui s’achève. "

C’est extrêmement troublant. En parallèle, il fait un rappel de la situation des Turcs, des Slaves, des Khmers au Cambodge, etc.

" Nous sommes, finalement, les filles et les fils de Caïn. "
À propos de Milosevic, on a parlé " d’une étiologie suicidaire " – un vécu, pourrait-on dire – qui se traduirait par une volonté inconsciente de se suicider. " À n’en pas douter, il y a chez l’homme une acceptation active du désastre et un savoir-faire certain pour en capter de la jouissance ", soutient Adler. C’est peut-être, en effet, la seule explication plausible à sa passivité devant l’effondrement de son pays. " C’est le secret de son affinité profonde avec la pègre. Ce facteur – un suicidaire potentiel qui gère sa passion sur le dos d’un peuple entier, tout en jouissant intensément de sa position de pouvoir absolu dans l’instant – est loin d’être négligeable. Coupé de la pulsion de son chef, rien ne dit que le peuple serbe ne retombera pas rapidement dans des comportements meilleurs. Ce constat est également un terrible plaidoyer en faveur de la violence légitime. "

Cela revient à admettre que la personne qui irait assassiner Milosevic rendrait service à tout le monde. Mais, personnellement, je suis d’avis qu’il faut toujours être très prudent face à ce qu’on entend dire de ces événements car peut-être sommes-nous, nous-mêmes, victimes d’une propagande ? Et d’abord, peut-on dire qu’il s’agit de propagande ? Ces articles sont-ils biaisés, ou juste un peu, ou trop ? Doit-on tout accepter ce que l’on nous dit à propos de ces gens ? Une chose est certaine : les faits que l’on rapporte sont fort troublants et on se demande comment un peuple peut arriver à se laisser gouverner dans des conditions pareilles. Mais c’est aussi la réflexion qu’on se faisait par rapport à Hitler, à un autre moment. Il faut bien dire, qu’après coup, c’est un peu facile de porter ces jugements-là…

Adler, qui est historien, fait observer " qu’une catastrophe morale comme celle du Kosovo, que nous vivons en direct sur nos écrans, pose toujours la question fondamentale des causes du mal, des origines anthropologiques du sadisme. Et ce, particulièrement quand tout un peuple semble se trouver pris en bloc dans une sorte de névrose destructive collective semblable à celle que les ethnologues hollandais avaient rencontrée au 19e siècle en Indonésie. " Son article réfère à plusieurs faits historiques qui, pour la plupart, me sont inconnus. " Mais cette terrible guerre, ajoute-t-il, n’est pas une spécificité meurtrière propre à l’âme serbe. – C’est important de le rappeler. – Au contraire, elle tendrait plutôt à faire apparaître des régularités, des similitudes, avec des comportements d’autres sociétés confrontées à des problèmes plus ou moins équivalents. Des pulsions – qui demeurent celles d’individus, en dernière instance, libres de leur choix – sont comme catalysées dans une réaction de masse où se précipitent des représentations sociales déjà en suspension. " Autrement dit, c’est autour de ces personnalités névrotiques que se cristallise une attitude qui est déjà latente dans la société, en général.

[…] " Hitler, Mao, Pol Pot, et aujourd’hui Milosevic, n’inventent rien qui n’appartienne déjà au fantasme meurtrier des pulsions les plus négatives. Mais, en organisant un gigantesque passage à l’acte, ils deviennent les auteurs de véritables crises paroxystiques. Le danger, lorsqu’on analyse ce genre de phénomène, c’est avant tout de se laisser entraîner dans des explications trop larges, de type métaphysique, qui ne tarderaient à retomber sur le " mal radical " (une formule que l’on retrouve chez Saint Augustin, une lecture théologique du péché originel dont on serait porteur etc.).

Quand il est question du " mal radical ", il me vient à l’esprit cette métaphore : " Nous sommes, finalement, les filles et les fils de Caïn. " Puisque, selon la légende, Adam et Ève n’ayant eu que deux fils, et l’aîné Caïn ayant tué son frère Abel, nous serions donc tous des descendants de Caïn…

D’après :

BELAID-SERHANI, Lakhdar. " Mira, maîtresse du clan et de la Grande Serbie ", L’Événement, du 13 au 19 mai 1999.


Milosevic : son histoire est celle de la Serbie

Au sujet du frère de Milosevic, Borislav âgé de 61 ans, on peut lire dans l’Événement : " De cinq ans l’aîné de Slobodan, son frère, Borislav est l’un des rares à pouvoir faire entendre raison au Président. Enfant, il a soutenu Milosevic après le suicide de leurs parents. Cet ascendant dure encore. Devenu ambassadeur de la Yougoslavie à Moscou, il est de (presque) toutes les décisions clés. " D’après " Le Canard enchaîné " il aurait profité de la ‘serbisation’ du Kosovo pour s’accaparer des mines de bauxite et d’or. " Un pactole d’environ dix milliards de dollars ! Marko, son fils de 25 ans, " le playboy de Belgrade " est comblé. Il vient d’être père. Fils d’apparatchik caricatural, il prétend être pilote de course parce qu’il a envoyé à la casse vingt bolides et qu’il roule dans Belgrade en Ferrari. Propriétaire d’un magasin hors taxes et de la discothèque Madonna, il aurait trouvé refuge en Crête, depuis les bombardements de l’Otan, avec sa sœur Marija et leurs enfants respectifs. " Quant à elle, Marija, 35 ans, c’est la patronne de la radio. " Marija est gâtée. Elle possède une station de radio et une boîte de nuit à la mode. Pas de chance, la station, Radio-Kosava, vient d’être bombardée par les avions de l’Otan. Reste la discothèque où vient se trémousser la mafia belgradoise au son de la techno folk, une ‘dance music’ nationaliste. Détail : Marija ne sort jamais sans son revolver. "

Sans oublier le cas de Mirjana Markovic, l’épouse de Milosevic "…qui est maîtresse du clan et de la Grande Serbie ". Elle est considérée comme " …l’égérie des profiteurs et de la mafia. Pour les affairistes et les rois du marché noir, que le régime a choyés, elle est la Dame de fer des Balkans ", précise le magazine français. Charmante famille…

D’après :

PERAS, Delphine." Un purificateur obsédé par l’idée de souillure ", L’Événement, du 13 au 19 mai 1999


Dans un autre article, j’ai pris connaissance d’un entretien accordé par Françoise Sironi, qui est ethnopsychiatre en France, à Delphine Peras du magazine L’Événement. L’ethnopsychiatrie est née du fait qu’on s’est aperçu à un moment que la psychiatrie comportait un aspect culturel et qu’elle ne peut permettre de soulager les problèmes psychologiques que chez ceux qui participent de la culture où est née cette médecine. On a donc entrepris d’orienter les recherches auprès d’autres sociétés, pour découvrir comment on s’y prenait pour traiter une névrose en Asie, ou en Afrique, par rapport à la façon de l’aborder en Occident. Madame Sironi est l’auteur d’un ouvrage dont le titre est Bourreaux et victimes, paru aux Éditions Odile Jacob.

D’après cette spécialiste, la purification ethnique entreprise par Milosevic résulte des rapports entre son histoire et celle de la Serbie. Elle le perçoit comme porteur de l’histoire collective. " Son père s’est tiré une balle dans la tête, sa mère s’est également suicidée, ainsi que son oncle. Ces antécédents familiaux peuvent-ils expliquer les dérives totalitaires de Milosevic ? – Je pourrais vous faire, dit-elle, un diagnostic psychiatrique en disant que toute sa famille était folle, que Milosevic a souffert de l’absence de son père, ou encore qu’il est maniaco-dépressif. A mon avis, ce serait un peu court. " Elle raconte avoir suivi des patients qui ont vécu le même genre de drames et qui ne sont pas devenus pour autant des personnages semblables à celui de Milosevic. " Il me semble plus intéressant d’analyser comment son histoire personnelle rejoint l’histoire collective de la Serbie. Je suis frappée par leur adéquation. Milosevic apparaît comme l’un de ces " fracassés " de l’histoire dont il ne suffit pas de coincer les névroses pour en comprendre les agissements.

Le personnage me paraît indissociable d’un contexte historique où il a toujours été de plain-pied : né pendant la Seconde Guerre mondiale, il a été impliqué dans les soubresauts politiques et économiques de son pays. Idem pour ses parents. Son père, prêtre orthodoxe, a été obligé de fuir au Monténégro, sans doute pour des raisons politiques et sa mère était une communiste très engagée. Ils ont vécu des choses graves; leur suicide ne relève certainement pas du simple fait divers. Je suis surtout frappée par les soupçons de trahison dont ses parents ont fait l’objet et qui imprègnent l’histoire de Milosevic, tout comme celle de sa femme, Mirjana, dont la mère a été fusillée par son propre camp. Ainsi, les époux Milosevic n’ont eu de cesse de racheter leur image familiale respective, de la purifier en somme. Dès lors, on voit comment le terme de purification joue à la fois pour l’histoire personnelle de Milosevic et de sa femme, et pour celle de la Serbie. Il a repris les mythes fondateurs de son pays qui corroboraient son histoire à lui. "

Le sujet me fascine beaucoup…peut-être parce que je suis un dramaturge frustré… je n’ai pas écrit pour le théâtre depuis très longtemps. Car, il faut bien le dire, Milosevic est un personnage extrêmement intéressant pour la dramaturgie. Certaines informations le concernant sont tout à fait ahurissantes. Par exemple, " Milosevic est convaincu que le mal est du côté des autres. S’il se sent dans son bon droit, c’est parce qu’il est une histoire de purification. Le peuple serbe a été souillé donc il faut rétablir sa dignité. […] Je note aussi, poursuit Françoise Sironi, l’image sacrificielle dans l’histoire de la Serbie. Depuis son mythe fondateur qui n’est autre qu’un massacre, la défaite serbe de 1389 au Kosovo, qui a causé près de 70 000 morts, Milosevic se réfère sans cesse à cette image de souillure initiale. En revenant à son histoire à lui, on constate que le sang a également coulé dans sa famille. "

D’après :

RAYSKI, Benoît. " La faillite morale d’une guerre qui se voulait juste ", L’Événement, du 13 au 19 mai 1999.


L’envers de la médaille

C’était au départ et c’est toujours une guerre éthique, morale qu’on mène. L’Occident a associé maintenant cette terreur-là à une guerre " qui, pour une fois, n’a pas d’enjeux géopolitiques, économiques ou stratégiques. Une guerre noble, dit le chercheur Zaki Laidi, puisqu’elle n’a d’autre but que de sauver une population, les Kosovars massacrés, " purifiés ", chassés de chez eux par milliers. Une guerre juste puisque, dans sa finalité proclamée, elle vise à mettre hors de nuire un dictateur que tous les échos abominables en provenance du Kosovo désignent comme un assassin. " Sauf que, finalement, tout n’est pas aussi simple car cette histoire relève de la folie. " Folie, folie, folie, écrivait récemment Edgar Morin dans un article paru dans Le Monde.

Folie non seulement du total nationalisme serbe et de ses ravages, folie aussi d’une guerre d’ordinateurs, de calculs, de chiffres, de machines tueuses mues par une pensée techno-militaire réductrice… "

L’autre côté de la médaille.

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Connaissez-vous l’exobiologie ?

La science qui étudie la possibilité d’une vie extraterrestre s’appelle l’exobiologie. " Exo ", veut dire " de l’extérieur ". On doit réaliser que cet intérêt scientifique date de peu car, au début, c’était se couvrir de ridicule que de montrer un certain intérêt pour une question comme celle-là. Les scientifiques qui se sont intéressés à cette éventualité de communiquer un jour avec des civilisations extraterrestres ont été considérés comme des fous, ou presque.

D’après :

JULLIEN, Emmanuel. " Un monde frère dans l’univers. Et si E.T. c’était nous ? ", L’Événement, du 13 au 19 mai 1999.

On comprendra donc le risque énorme qu’ont pris, en septembre 1959, deux chercheurs de la Cornell University, en faisant paraître un article scientifique sous le titre : Searching for interstellar communications dans la revue britannique Nature. Il y a 40 ans de cela.

Dans ce texte, ils proposaient d’écouter les fréquences radio tombant du ciel afin de tenter d’établir un contact avec les civilisations extraterrestres. Ils étaient bien courageux, c’est le moins qu’on puisse dire, car la communauté scientifique n’était pas prête à écouter sans rire ce genre de propos, dans les années 50 !

Depuis, tout à changé, surtout depuis qu’on a installé Hubble dans l’espace, qui permet de regarder plus loin dans le passé du cosmos. On se rend compte maintenant qu’il y a comme une nouvelle géographie cosmique qui s’établit et s’enrichit peu à peu, à la mesure des découvertes. On a identifié récemment un système planétaire qui tourne autour d’Upsilon d’Andromède, constitué de trois planètes énormes autour d’une étoile. On peut se permettre de supposer que l’une d’entre elles abrite peut-être des traces de vie, puisque la vie semble ne pas demander autre chose qu’un peu d’eau, de carbone et quelques autres éléments pour apparaître.

La vision que l’on a de l’évolution s’ouvre maintenant sur une théorie que les scientifiques appellent la panspermie (pan veut dire " toute " et spermie vient du mot " sperme ", bien sûr). Qui se résume à dire : la vie vient d’ailleurs et va ailleurs. Dans cette étude, on arrive toutefois à ce constat troublant : " la vie n’aurait pas eu le temps matériel sur Terre pour se développer spontanément à partir d’une " soupe primitive ", d’eau et de molécules carboniques. " Il faut donc envisager que des bactéries seraient arrivées à bord de " on-ne-sait-quoi " précisément pour le moment. [rires] Par exemple, à l’intérieur de certains météorites. Il est possible également, " qu’à la suite de l’impact d’un gros bolide sur une planète, des morceaux de roche soient éjectés dans l’espace : des bactéries sont tout à fait capables de supporter de telles conditions de décollage. " On établit des hypothèses mais une chose, selon moi, est certaine : la vie est d’abord et avant tout faite pour les bactéries. Et il est de plus en plus probable que nous venions nous-mêmes de ce monde fantastique, à l’extérieur de cette planète ; que nous soyons des poussières d’étoiles

" Seul le fantastique a des chances d’être vrai… ", estimait Pierre Teilhard de Chardin.

Accès aux versions enregistrées des émissions "Par 4 chemins" de Radio-Canada.

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