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Émission du mardi 25 mai 1999

Gastronomie et plein air

Au cours de vos découvertes culinaires, avez-vous eu l’occasion de goûter à la soupe au sang de chien? Ne sursautez pas comme ça, voyons! Ce n’est peut-être pas courant sur les menus des restaurants de Montréal, mais quand même…

D’après :

DUMAIS, Odile. La gastronomie en plein air, Éd. Québec Amérique, 1999.

En 1892, Fridtjof Nansen, " explorateur et naturaliste norvégien de grande classe, prix Nobel de la Paix en 1922, précurseur des recherches scientifiques sur le froid, fait de nombreuses découvertes ". Il fut une source d’inspiration pour plusieurs explorateurs qui lui succédèrent : il inventa le réchaud portatif fonctionnant avec un réservoir de carburant sous pression et c’est lui qui, à un moment, après avoir abattu un chien de la meute qui souffrait de paralysie, a offert à son équipe une soupe au sang de chien. On nous précise que l’équipe mangeait aussi de la viande et du lard de phoque, dont la chair constitue une nourriture très agréable, et la graisse d’un goût excellent qui peut, selon Nansen, remplacer le beurre. C’est une trouvaille comme celle-là, y compris manger de l’ours, qui a permis à plus d’un de survivre.

C’est un curieux ouvrage dont je vais vous entretenir, il y est question de gastronomie et de plein air. Du loisir à l’exploit, au gré des saisons, tous les secrets pour savourer vos sorties en camping, à vélo, en skis, etc. C’est l’ouvrage d’une diététiste, Odile Dumais, professeur à l’UQAM, qui a préparé des repas pour les expéditions internationales du Pôle Nord au Pôle Sud, en passant par l’Everest. Elle a participé à de nombreuses expéditions elle-même, au cours desquelles elle s’est taillée une place de spécialiste en nutrition de plein air. Elle a fait ses preuves aux côtés d’aventuriers et de casse-cous de différentes nationalités.

Il y a, par exemple, Thierry Pétry qui raconte dans le prologue : " Te souviens-tu, Odile, en 1984, quand nous skiions le Québec dans sa largeur, de Gaspé à Hull? " Je trouve cela merveilleux qu’il y ait des gens qui entreprennent de relever de tels défis. À un moment, il rappelle, à propos d’un calcul qu’ils avaient fait : " Cette équation m’a permis de traverser l’Ungava, le Groenland, et même le Pôle Sud, avec une ration journalière finale de près de 8 000 calories, pendant deux mois d’expédition. " Et il remercie Odile Dumais d’avoir préparé ces " rations nutritives succulentes et pratiques " qui l’ont nourri tout au long du voyage. Quant à Gaston Lepage, il mentionne dans la préface " les ressources nutritionnelles qui ont tant manqué aux équipages de Jacques Cartier ".

C’est un ouvrage fascinant où il est question de recettes de cuisine également, avec leur mode de préparation, leur valeur nutritive sous certaines conditions climatiques, les techniques de conservation idéale, la déshydratation. L’auteur parle aussi de la lyophilisation qui est connue en anglais sous le nom de freeze drying. " Ce procédé résulte de la combinaison de la congélation et du séchage, explique-t-elle. La mise sur le marché de produits alimentaires instantanés, des produits céréaliers précuits et la technique de l’empaquetage sous vide découlent de ces découvertes. "

C’est un livre dans lequel on s’amuse beaucoup et on s’instruit en même temps. On y trouve des recettes, des tableaux, des trucs qui facilitent la liste d’épicerie avant le départ : la quantité d’aliments par personne, la quantité de carburant à emporter, etc. Je vous parle de cela parce que c’est le temps maintenant, bien des gens vont vouloir profiter des plaisirs de la nature. Dans le genre, c’est un ouvrage extrêmement bien fait. Il contient des conseils sur les équipements culinaires en plein air, des méthodes de conservation des aliments, etc. Je ne m’attendais pas à y trouver autant d’anecdotes, de belles photos, de petits secrets, de recettes… et la base théorique de l’alimentation, également.

Je dois vous dire que j’ai été absolument époustouflé par cet ouvrage, au point d’avoir le projet d’inviter cet été Odile Dumais à venir cuisiner en plein air dans ma cour. J’ai vu ce livre à plusieurs occasions en librairie, le titre est La gastronomie en plein air chez Québec Amérique; une coédition de la collection Géo Plein air.

Quand je prends connaissance d’un livre comme celui-là, je me dis : avant qu’on en écrive un autre de cette qualité sur le même sujet, il va falloir qu’il y ait pas mal de lunes qui passent...

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Facettes du potentiel humain

Dans une émission, je vous ai déjà parlé de Howard Gardner. C’est une figure renommée de la psychologie cognitive, professeur de sciences de l’éducation à l’Université de Harvard, professeur de neurologie aussi à la faculté de médecine de l’Université de Boston.

Cet intellectuel, qui aime à relever plusieurs défis à la fois, s’est aussi intéressé à l’étude de gens exceptionnels, des gens qu’il admire. Il a tenté de profiter de recherches qu’il avait faites dans le domaine de ses spécialités pour se demander ce que ces personnes pouvaient bien avoir en commun et comment il pourrait les regrouper en types. Je vous signale qu’il a identifié quatre types de personnalité exceptionnelle qu’il a baptisés : les Maîtres, les Bâtisseurs, les Introspectifs, et les Charismatiques.

D’après :

GARDNER, Howard. Les personnalités exceptionnelles, Éd. Odile Jacob, 1999.


Dans son plus récent ouvrage que j’ai sous les yeux, Les personnalités exceptionnelles : Mozart, Freud, Gandhi et les autres, il donne des exemples pour chacun de ces types. Pour les maîtres, il a choisi Mozart; pour les bâtisseurs, il parle de Freud; pour les introspectifs, de Virginia Woolf et pour les charismatiques, il a opté pour Gandhi. " Ma conviction intime est que chacun d’entre nous abrite, au fond de lui-même, des traits de caractère propres à ces quatre types d’esprit ", explique-t-il. Je suis tout à fait d’accord avec lui.

En effet, je suis convaincu depuis longtemps que l’on n’utilise pas toutes ses possibilités et qu’il suffirait d’avoir l’audace, le courage ou l’occasion de se confronter à des choses inhabituelles, inusitées, pour se rendre compte qu’on était doué – pour la mécanique, par exemple – et qu’on ne le savait pas; ou encore pour la décoration, ou le massage... Il me semble que nous avons cette fâcheuse tendance à nous ramasser dans un petit coin et à ne pas " éclater ", nous épanouir au maximum de notre potentiel.

"... chacun d’entre nous abrite, au fond de lui-même, des traits de caractère propres à ces quatre types d’esprit "


la mésestime des talents humains

À propos des sociétés démocratiques, il est d’avis qu’elles sont " assez hostiles à la notion même d’élites, qu’elle soit fondée sur le mérite ou bien sur les dons naturels. Le peu d’estime que nous accordons aux talents intellectuels se traduit ainsi par la disproportion entre les ressources que nous affectons aux individus en difficulté scolaire et ce que nous allouons à ceux qui manifestent des dons exceptionnels. " C’est vrai que c’est un peu curieux. Et il précise : " Nous nous méfions également (à juste titre) des élitistes. "

" La question des différences individuelles n’est pas prédominante chez les autres espèces animales; la plupart des scientifiques qui s’intéressent aux êtres humains choisissent d’étudier des structures communes à tous les êtres humains plutôt que les traits récurrents qui distinguent certains individus des autres ", explique Howard Gardner. Et c’est sur cet aspect qu’il fonde sa démarche.

J’ai toujours été passionné de voir jusqu’à quel point certains hommes et certaines femmes qui ont marqué l’histoire de l’humanité ont réussi à traverser des épreuves. Je me souviens qu’à une époque, alors que je traversais une période très dépressive, cela m’a été très utile de me rappeler qu’Abraham Lincoln était un dépressif chronique qui avait touché quatre fois le fond dans sa vie. Des dépressions graves, mais qui ne l’ont pas empêché d’être utile aux autres, à lui-même, à son pays.

les 4 types de personnalités

1. le Maître

" Mozart, écrit l’auteur, est l’exemple par excellence du Maître. Un maître est un individu qui acquiert une maîtrise parfaite d’un ou de plusieurs domaines d’activité; ses propositions novatrices s’effectuent dans le cadre d’une pratique déjà établie. – Parce que la musique existait déjà; c’est ce que l’on veut dire ici.  – Mozart maîtrisait ainsi aussi complètement qu’on puisse l’imaginer l’ensemble des formes de composition musicale de son temps; mais dans le domaine musical, un peu plus tôt, on pourrait citer Bach ou bien Brahms, un peu plus tard. Chaque domaine possède ses propres figures exemplaires du Maître. " Dans la peinture, l’auteur cite Rembrandt. Puis, il précise qu’un bâtisseur, c’est très différent d’un Maître : le Maître a la maîtrise parfaite dans le cadre d’une pratique déjà établie, mais le Bâtisseur, par exemple Freud, c’est un créateur dans un nouveau domaine. Qui bien souvent va même initier un domaine.

2. le Bâtisseur

" Il se peut, fait-il remarquer, qu’un Bâtisseur ait atteint un haut degré de maîtrise dans un ou plusieurs domaines préexistants." Freud était un excellent psychiatre quand il a fondé la psychanalyse, un domaine nouveau. Gardner mentionne qu’on trouve également dans la culture populaire de ces grands Bâtisseurs, Charlie Chaplin et John Lennon. Et pour nous aider à bien comprendre ce dont il s’agit, il parle plus loin d’Ella Fitzgerald, la grande chanteuse de jazz qui, " en revanche, entrerait plutôt dans la catégorie des Maîtres ".

3. l’Introspectif

Pour représenter le type introspectif, il a choisi Virginia Woolf : " Un tel individu s’attache avant tout à explorer sa propre vie intérieure : les expériences de tous les jours, les peurs et les besoins primordiaux, les mouvements de la conscience (aussi bien les siens propres que ceux des êtres humains en général). Virginia Woolf nous a légué de nombreuses traces de son travail d’introspection dans ses essais, dans ses romans, ses journaux intimes et ses lettres. " Puis, il passe au Charismatique.

4. le Charismatique

" Gandhi est un Charismatique typique. De telles personnes cherchent avant tout à influencer d’autres individus. Gandhi y est parvenu en prenant la tête de plusieurs mouvements politiques et sociaux, en donnant l’exemple lui-même de manière extrêmement convaincante, ainsi que par ses écrits (des pamphlets et une éloquente autobiographie), quoique moins directement – car c’était d’abord un homme de foule et de rapports humains. – Si les dirigeants politiques et militaires ont un pouvoir immédiat sur la société, d’autres exercent leur influence indirectement, soit à travers leurs écrits, comme Karl Marx, soit en persuadant les dirigeants […]. "


Faut-il souhaiter être exceptionnel?

À partir de ce chapitre, j’ai préparé un petit montage pour vous montrer que ce n’est pas si facile qu’on le croit.

 

"Vouloir l’excellence et être exigeant envers soi-même sont des critères fondamentaux."
" Le prix à payer pour une vie frappée du sceau de l’exceptionnalité est considérable. Il faut tout d’abord être capable de se dévouer entièrement à son domaine et à sa mission. Dix ans de travail régulier au minimum sont nécessaires à qui veut maîtriser un domaine donné – selon mon expérience, dix années c’est peu; il me semble qu’il faut piocher beaucoup plus longtemps pour arriver à la maîtrise… –, et il est impératif de conserver le même rythme de travail acharné si l’on veut se maintenir à niveau. L’individu exceptionnel n’est jamais à l’abri de la souffrance, du rejet des autres et de la solitude. La plupart des innovateurs ou des innovations ne sont ni compris ni même appréciés à l’heure de leur découverte, ce qui s’explique par le conservatisme des pouvoirs en place, sans compter avec la jalousie des collègues et l’hostilité éventuelle de l’opinion publique. […]

" Le candidat à l’exceptionnalité, précise plus loin l’auteur, doit en effet se préparer à affronter sa vie durant un flux interrompu de critiques. […] La vie des gens extraordinaires est souvent marquée par des épreuves, parfois psychologiques, parfois dévastatrices. […] Les êtres d’exception ont souvent une vie privée malheureuse et il n’est pas rare qu’ils fassent des dépressions nerveuses, qu’ils se sentent suicidaires ou qu’ils s’éloignent de leurs collaborateurs les plus proches, lesquels à leur tour peuvent avoir le sentiment que leur propre vie a été ruinée. – Je pourrais mettre des noms sur tous ces exemples. Je pense à des cinéastes, des peintres, des écrivains, etc.

" Même Gandhi, qui est pourtant une grande figure morale, entre dans ce schéma dans la mesure où ses relations conjugales furent toujours extrêmement tendues – c’est un point qui m’a toujours beaucoup agacé chez lui, je ne sais pas trop pourquoi, mais c’est comme ça – ses rapports avec son fils aîné, Harilal, étaient manifestement désastreux.  – Cela, je l’ignorais. – Il semble plutôt que la complexité de leur personnalité soit le fruit d’expériences souvent pénibles. "

" Que privilégier : la méthode ou le milieu? " se demande Gardner. Est-ce qu’il y a une méthode? Peut-être… " Ceux qui recherchent dans une étude des indices révélateurs de ‘ l’exception ’ n’en retiendront souvent que des traits mineurs. S’ils apprennent, par exemple, que les charismatiques dorment peu, il se peut qu’ils cherchent à réduire leur temps de sommeil (exactement ce que fit Bill Clinton dans sa jeunesse).  – Cet ouvrage est rempli d’informations hautement tripatives… – Ou bien si les maîtres s’emploient à mettre leurs propres œuvres en valeur, ils consacreront beaucoup de temps à la recherche d’une meilleure publicité. Si on poursuit le raisonnement jusqu’au bout, un parent pourrait décider de quitter le foyer familial parce qu’il a appris que de nombreux êtres d’exception ont été séparés d’un de leurs parents, ou l’ont perdu, à un moment critique de leur enfance. " Bref, si vous voulez que votre enfant soit exceptionnel, vous pourriez décidé que l’un de vous deux doit partir… [rires] Ou ne le faites pas, pour faire exception à l’exceptionnalité.

Selon l’auteur, il faut se persuader de la nécessité d’un travail régulier si l’on veut développer ses dons : savoir exploiter les défis à relever, les occasions d’apprendre… Il fait mention d’une attitude par rapport aux épreuves qui est très importante à noter chez ces gens dits exceptionnels : " Il y a une grande différence entre se complaire devant un échec ou une désillusion passagère, et savoir les exploiter – comme des épreuves – en y trouvant un aiguillon, des défis à relever et des occasions d’apprendre. " Ce point me paraît très important. Plusieurs personnes que j’ai connues réussissaient à adopter une attitude positive face aux épreuves en jugeant que c’était l’occasion de leçons utiles à retenir.

 
"Lorsqu’on veut changer la face du monde, ou bien pour améliorer la qualité de sa vie personnelle, il faut savoir viser haut."

Howard Gardner mentionne trois éléments clés :
1) " Réfléchir "

" Définir ce que nous tentons de faire et savoir si nous y avons réussi ou si nous pouvons y réussir." Il donne plusieurs exemples : " Les nombreuses lettres que Mozart écrivit aux membres de sa famille montrent qu’il avait des dispositions à la réflexion dès sa plus tendre enfance; il y discutait souvent de problèmes musicaux et parlait des défis qu’il lui fallait relever, tout en faisant des commentaires plaisants sur les événements du jour. "

" Réfléchir est par définition un acte conscient. "

" Demandez des commentaires critiques et écoutez ce que les autres vous disent " – pour alimenter votre réflexion.

2) Faire levier

L’écart peut être considérable, à certains moments, entre la norme et la nature particulière de l’individu exceptionnel. Par exemple : " Le corps d’enfant de Mozart abritait un talent musical digne d’un adulte; Freud était un juif en quête de reconnaissance sociale dans une ville, Vienne, marquée par l’antisémitisme; Woolf était une femme androgyne et peu éduquée qui rénovait tout un pan de la littérature anglaise; Gandhi, un simple Indien provincial, tenta de modifier la politique suivie par l’un des plus puissants empires de son temps… et de transformer la façon de penser du reste de l’humanité. " En somme, le grand défi au départ c’est ce qui sert de levier. " Les figures d’exception se démarquent moins des autres par leur asynchronie elle-même que par leur capacité à identifier ce trait inhabituel et à en faire un levier ", ajoute Gardner.

3) Mettre en perspective

" Les gens exceptionnels savent enfin mettre leur expérience en perspective, c’est-à-dire qu’ils savent identifier leurs points faibles et les convertir en avantages comparatifs. Mettre en perspective consiste essentiellement à adopter une attitude positive face à ses expériences, de manière à pouvoir en tirer les leçons pertinentes et repartir avec une énergie nouvelle. – C’est bien parce que c’est l’opinion de Howard Gardner que je vais vous communiquer le paragraphe qui suit, parce qu’en ce qui me concerne, je n’ai pas une admiration particulière pour Ronald Reagan! – […] J’ai été surpris de voir comment Ronald Reagan avait été sous-estimé par la plupart des observateurs, et ce à chaque étape de son parcours pour le moins inhabituel. Cela s’explique sans doute par sa bonhomie, son penchant pour l’auto-dépréciation et peut-être aussi l’absence de ces dons d’analyse que l’on s’attend à trouver chez les Charismatiques de tout premier rang.

" Reagan était un maître de la mise en perspective. Il savait non seulement voir les bons côtés d’une déroute apparente (il était même un peu trop enclin à en accentuer le côté positif), mais il savait aussi tirer des leçons de chacune des ses expériences professionnelles, réussie ou non, et les exploiter quand il parvenait à un nouveau poste. Certes, la route est longue du commentateur sportif universitaire à l’homme du Bureau Ovale, mais si l’on retrace les étapes qui l’ont mené de commentateur radio à acteur de série B, de président de la célèbre Screen Actor’ Guild à porte-parole de la société General Electric, avant de se présenter au poste de gouverneur de la Californie – puis à devenir ensuite président des États-Unis – cette distance apparemment infranchissable ne semble plus être un obstacle insurmontable. "

Vers la fin de son ouvrage, l’auteur recommande " de se livrer régulièrement à une introspection minutieuse, de savoir reconnaître ses points forts et de les exploiter au mieux, ainsi que de savoir interpréter les faits quotidiens, de même que les ‘ hauts ’ et les ‘ bas ’ de la vie, non comme des défaites mais comme des tremplins.  – Il revient souvent sur cette qualité.

" Vouloir l’excellence et être exigeant envers soi-même sont des critères fondamentaux. Lorsqu’on veut changer la face du monde, ou bien pour améliorer la qualité de sa vie personnelle, il faut savoir viser haut. "

Dans son propos, il est aussi question des Japonais qui ont une notion appelée kaizen " qui se réfère, écrit-il, à la volonté de progresser un peu chaque jour, même si ces modestes avancées quotidiennes ne suffisent pas à nous rendre mondialement connu… " Puis il cite l’essayiste John Gardner, qui a particulièrement bien montré cet aspect dans son ouvrage intitulé Excellence : " ‘ La société qui méprise un excellent plombier parce que la plomberie est une activité humble, et tolère l’incurie d’un philosophe parce qu’il s’agit d’une discipline noble, n’aura qu’une mauvaise plomberie et qu’une mauvaise philosophie. ’ " [rires]

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Ces habiles pirates du Net

Un peu comme tout le monde, je suis fasciné par le talent exceptionnel de ceux qu’on appelle les hackers, ces pirates informatiques qui réussissent à se faufiler à travers des logiciels que l’on croyait tout à fait confidentiels. Ce qui est curieux à propos de ce phénomène, c’est qu’il devrait normalement s’apparenter au domaine de la criminalité, puisque ces experts procèdent à des effractions. Mais ce n’est pas le cas.

Il existe en effet des entreprises dont le mandat consiste à pirater, sur demande, le réseau d’ordinateurs de certaines compagnies qui veulent ainsi tester la qualité de leur programme de sécurité informatique. Comme cette équipe qui s’appelle Ryan O’ Nine, constituée de gens anonymes qui portent des surnoms bizarres tels Neon Serge, Vacuum, Horizon... Justement, la première société éditrice de logiciels du monde commandait à cette équipe, il y a quelques mois, une attaque de son réseau informatique. Neon Serge, l’un des membres du groupe, a expliqué aux journalistes comment en quelques heures Ryan O’ Nine est remonté jusqu’au serveur hébergeant le système de paie.

Le processus technique de l’équipe ayant permis de passer outre les nombreuses protections du réseau, incluait l’utilisation du Net Bost. De fait, une fois placé sur l’un des ordinateurs du réseau, et c’est ce que Ryan O’ Nine a réussi à faire simplement en partant d’un serveur mal configuré, Net Bost a permis de lancer et de contrôler des applications qui se trouvent sur l’ordinateur en question.

En d’autres mots, ils ont pris totalement possession de tout le système en quelques heures. Cela doit être un peu déprimant pour ces gens qui viennent de réaliser à quel point ils sont vincibles!

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Accès aux versions enregistrées des émissions "Par 4 chemins" de Radio-Canada.

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