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Émission du mardi 11 mai 1999 | |||
La terre de nos enfants | ||||
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Quand je pense à tous ces projets que lon caresse à droite et à gauche pour civiliser la montagne du Mont-Royal, et qui minquiètent beaucoup, je me rappelle ce mot d'Antoine de Saint-Exupéry : " Nous
nhéritons pas de la terre de nos ancêtres, | ||||
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Planète Kosovo! | ||||
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Hier, je vous ai proposé une réflexion qui portait sur la violence à travers les guerres, les viols, les génocides, le massacre de Littleton, etc. Jai trouvé depuis un billet de Jacques Attali qui prolonge merveilleusement les propos que jai tenus, en leur apportant une autorité que jadmets volontiers ne pas avoir. Après tout, la modestie cest le genre dorgueil qui déplaît le moins : il vaut donc mieux choisir celui-là. [rires] | ||||
ATTALI, Jacques. " Un Kosovo planétaire ", LExpress, 6 mai 1999.
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son Dictionnaire du 21e siècle, Attali parle beaucoup de nomadisme,
du fait que nous sommes appelés à devenir de plus en plus nomades, athées, apatrides,
et cest un peu cette vision quil reprend dans ce billet paru dans
LExpress il y a deux semaines : " Un
Kosovo planétaire ".
Il y est question des lycéens qui massacrent leurs condisciples aux Etats-Unis;
des bombes [qui sautent] dans les rues de Londres; du génocide du Kosovo et aussi
dun rapport de la Banque mondiale. Ce qui nest pas surprenant puisquil
est économiste. Ce sont quatre faits, en apparence différents, qui, mentionne-t-il,
soulèvent la même question : " Comment est-il possible, comment sera-t-il possible, dans un monde de plus en plus métissé, à des gens de plus en plus différents, de vivre ensemble? " À propos du drame des Balkans, Attali fait observer que " il fait bon, en Occident, se rassurer en affirmant quil sagit là dune guerre du Moyen Âge, comme les démocraties occidentales ne peuvent plus en connaître. Et se donner bonne conscience en pensant que notre rôle de nations civilisées est daider ces peuples à atteindre notre niveau de sophistication politique. Comme vous voyez, il est assez ironique sur le sujet. Cest aller un peu vite, ajoute-t-il. Sommes-nous sûrs dêtre des modèles? Sommes-nous mieux préparés queux à vivre ensemble? Laffirmer sans hésiter, cest oublier le gouffre qui souvre chaque jour un peu plus sous nos pieds. Cest ne pas voir que mille petites tragédies en Occident posent les mêmes questions que le grand massacre au Kosovo. " Sarrêtant sur le cas des États-Unis, Attali explique : " Cest parce quils ne supportaient pas ceux qui réussissaient mieux queux, dans leurs études ou dans le sport, les Noirs notamment, que des adolescents de bonne famille ont décidé de les massacrer le jour de lanniversaire de naissance de Hitler. [ ] La haine des uns sest nourrie de légoïsme des autres. À Londres, dans la ville la plus cosmopolite dEurope, mais aussi celle où lindifférence a légard dautrui est la plus féroce, où lon a laissé se juxtaposer des communautés closes, voilà quon tue aussi ceux qui sont différents : Africains, Bangladais ou homosexuels. [ ] Cest aussi terrifiant que ce dictateur fou qui fait massacrer, lui, au nom dune doctrine explicitement raciste, tous ceux qui sont différents. Et cest là quil aborde la grande question " Un village, une ville, une région, poursuit Attali. À quand le monde? Sans doute nest-ce pas une coïncidence innocente qui a fait annoncer cette semaine par la Banque mondiale que plus de 1,3 milliard dêtres humains nont pas les moyens de survivre et que laide du Nord au Sud a diminué de 40 % en 10 ans, alors quelle aurait dû tripler, selon les promesses faites par les riches." "Comment ne pas voir que si lon ny prend garde, si lon agit pas très vite, ce nest plus à léchelle dun petit village américain, dune grande ville anglaise ni même dune région des Balkans, mais bien à celle du monde que viendra le déluge dans lequel les continents se lèveront en révolte, utilisant eux aussi toutes les armes pour sapproprier ce que lon naura pas voulu partager; et dautres, prenant les devants, voudront détruire ceux dont ils craindront la menace." " En tout cas, écrit Attali dans son dernier paragraphe, en cette fin de millénaire, nul ne pourra dire quil na pas été averti, quil na pas été confronté au cauchemar auquel peuvent conduire lindifférence, la solitude et la haine. " Plus loin, en parlant des pays dimmigration, il rappelle que la France est une nation constituée à partir de populations venues de la terre entière, et que tous les pays qui ont été formés de cette façon-là, cest-à-dire la plupart des pays de lOccident, " se doivent daider les autres puissants du monde à prendre conscience que, si lon ne se donne pas les moyens de vivre ensemble, la planète ne sera plus un jour quun gigantesque Kosovo. " Cet extrait résume bien le propos de Jacques Attali dans La chronique de LExpress intitulée " Un Kosovo planétaire ". | |||
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Lan 2000, cest déjà hier... | ||||
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Quelle vision avons-nous eue collectivement de lan 2000 dans le passé jusquà maintenant, et comment cette vision traverse-t-elle lépreuve qui est la nôtre, maintenant que nous avons déjà pratiquement un pied dans lan 2000? Ce terme de " lavenir nest plus ce quil était " a été abordé à quelques reprises avec bonheur par des auteurs rappelant avec ironie les prédictions faites au cours des siècles. | ||||
FEERTCHAK, Sonia. Lan 2000, autopsie dun rêve, ÉD. JC Latès, 1999.
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Sonia Feertchak
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Petite histoire de la pilule révolutionnaire | ||||
CHAUVEAU, Catherine. " La maîtrise de la fécondité ", Science et Vie, N° 979, avril 1999. | Je
ne me suis jamais caché pour dire à quel point jaimais faire des découvertes
et cest encore plus agréable quand on peut les partager : je suis tombé
sur un petit article dans lequel on rapporte linformation suivante. " 1958 :
le premier contraceptif oral est commercialisé. Conspué par le corps médical,
plébiscités par les femmes, la pilule va bouleverser la
société. Cette évolution des mentalités prépare à une autre révolution :
la procréation médicalement assistée. "
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