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Émission du jeudi 6 mai 1999
Rediffusée le jeudi 13 janvier 2000

La Faculté X de Colin Wilson

WILSON, Colin. L’Occulte : des sorciers de l’âge de pierre aux mages contemporains, Éd. Philippe Lebaud, 1990.

Avez-vous déjà entendu parler de la Faculté X ? Le concept est de Colin Wilson.

Colin Wilson est l’un des très grands écrivains britanniques. Dans son ouvrage majeur, un classique qui s’intitule L’Occulte : des sorciers de l’âge de pierre aux mages contemporains, il est question de cette Faculté X : " Je crois qu’un jour, a-t-il déclaré, l’homme aura un sixième sens. Un sens direct qui lui permettra d’appréhender la vie sans intermédiaire. "

Le premier de ses ouvrages paru en 1956, The Outsider a été suivi d’une série dans la même direction. D’après Wilson, nous possédons déjà en nous ce sixième sens à un haut degré, mais sans en être conscient. Il accorde à ce sens latent de l’homme, qui est l’effet de sa soif d’évolution et de son aspiration inconsciente d’entrer en contact avec la réalité, une grande importance. Mais la réalité au-delà de la réalité matérielle.

D’après :

WILSON, Colin. L’Occulte : des sorciers de l’âge de pierre aux mages contemporains, Éd. Philippe Lebaud, 1990.

 


" Nous disons quelque chose, et nous ne lui donnons toute sa
signification que lorsque la Faculté X est éveillée, lorsque nous avons atteint un certain point de dépassement, explique Wilson dans L’Occulte. […] Ce serait une erreur de considérer la Faculté X comme une faculté ‘ occulte ’. Elle ne l’est pas; en fait, elle est le pouvoir d’appréhender la réalité, et elle unit les deux moitiés de l’esprit de l’homme, le conscient et le subconscient. […]

" Tout le monde possède ce pouvoir de se fixer sur une chose en oubliant toutes les autres. Quand on vit dans une grande ville, on ‘ coupe ’ ainsi 99 % des stimuli qui tombent sous le sens. Nous en avons tous fait l’expérience. Mais ce que nous n’avons pas encore expérimenté, c’est l’extraordinaire pouvoir que nous possédons et qui peut nous permettre de nous fixer sur des aspects particuliers de la réalité. Ce pouvoir est la Faculté X, mais nous ne l’utilisons pratiquement pas, ignorant que nous sommes de ses potentialités. "

Il précise un peu plus loin : " La Faculté X n’est pas un ‘ sixième sens ’, mais une potentialité normale de la conscience. Et il apparaît clairement […] qu’elle est la clé non seulement de toute expérience dite occulte, mais aussi de toute l’évolution future de la race humaine.  – Ce qui n’est pas rien. – […] Plus je m’éveille, ajoute-t-il, et plus ce sens s’étend. Mais ce que nous appelons ‘ la conscience éveillée ’, n’est guère différente habituellement de la conscience endormie. Nous sommes encore plongés dans une rêvasserie molle et passive. " Wilson revient beaucoup sur cette idée tout au long de son ouvrage. Cette Faculté X, selon lui, n’apparaît que dans la mesure où l’on est capable de vaincre cette paresse. Il nous considère collectivement comme extrêmement paresseux, au sens de ce que nous faisons avec notre esprit et notre conscience. Cela ressemble un peu à ce que disait Gurdjieff à ce sujet : " Réveillez-vous, mais réveillez-vous vraiment! "

" Il ne faut pas en chercher la raison dans le fait qu’il y a une limite naturelle à la conscience, poursuit Wilson; mais dans l’idée pure et simple que nous ignorons comment accroître ses pouvoirs. Nous sommes comme des chiens qui se croient à l’attache, alors qu’en réalité, ils sont libres. "

Je ne sais pas si on peut soutenir que les concepteurs de la série-culte The X-Files se sont inspirés ou ont subi l’influence de la démarche de Wilson dans L’Occulte. C’est très probable, parce que ce livre est très connu dans le monde entier, particulièrement dans le monde britannique et anglo-saxon. C’est un ouvrage clé dont je vous ai parlé à quelques reprises au cours des années, d’autant plus que c’est une source de référence majeure. Il a paru en français en 1973, soit deux ans après le début de l’émission Par 4 chemins. À cette époque, il était édité par Albin Michel, mais vous pouvez prendre note que, depuis 1990, il est réédité par Philippe Lebaud.

Wilson raconte, qu’à un moment, alors qu’il discutait de ces problèmes de l’occulte avec le poète Robert Graves, celui-ci lui fit remarquer que les pouvoirs occultes ne sont pas si rares : " ‘ Une personne sur vingt les possède sous une forme ou sous une autre. ’ – Et, d’ajouter Wilson – : " Ce qui m’intéressait vivement, c’était le chiffre : 5 %. Ce pourcentage est aussi celui de la ‘ minorité agissante ’ parmi les êtres humains. Dans les premières années de ce siècle, Bernard Shaw demandait à l’explorateur Henry Stanley combien d’hommes parmi les membres de son expédition étaient capables d’en prendre la tête, au cas où lui, Stanley, serait tombé malade.

 – Un sur vingt, répondit Stanley.

 – Ce chiffre est-il exact ou approximatif?

 – Il est exact ", avait répondu Stanley. – C’est comme si on y était, non?

" Cette dominante de 5 % fut découverte par les Chinois durant la guerre de Corée, poursuit Wilson. Dans le but de faire une économie d’effectifs, ils décidèrent de diviser leurs prisonniers américains en deux groupes : les entreprenants et les passifs. Ils découvrirent bientôt qu’il y avait un ‘ entreprenant ’ sur vingt ‘ passifs ’. Lorsque ces 5 % furent retirés du restant du groupe, ont pu laisser les autres pratiquement sans garde. " Un phénomène intéressant… Finalement, on voit que la dominante de 5 % se retrouve partout.

" Il est probable, dit aussi l’auteur, que tous les êtres humains détiennent les vestiges de ‘ pouvoirs occultes ’, pouvoirs qui jaillissent des profondeurs de l’inconscient. Les 5 % sont simplement plus aptes que les autres à canaliser ces pouvoirs; et c’est parmi eux qu’on trouve les magiciens, les sorcières, les médiums. "

Plus loin dans cet ouvrage colossal de 450 pages, Colin Wilson fait observer : " Les êtres humains ont deux ‘ pôles ’ : un pôle personnel et un pôle impersonnel. Le pôle personnel est mis en évidence lorsque je me trouve tout à coup en danger; la seule chose qui me guide alors est mon instinct de conservation. La plupart des gens sont extrêmement personnels; ils ruminent leurs problèmes, se penchant avec une complaisance excessive sur leurs maladies ou leurs petits ennuis. L’atmosphère devient alors étouffante, la vision se rétrécit, l’âme comme le corps, peut mourir d’une sorte de manque d’oxygène. "

Puis Wilson tente de présenter l’homme dans sa totalité. " Mon principe de base est celui-ci, écrit-il, il y a quelque chose qui fonctionne mal dans la machine humaine. Quand un mauvais rhume, déclenche en vous une impression de suffocation, vous savez que cet état n’est pas normal et qu’il disparaîtra en même temps que la grippe. Or, tous les êtres humains souffrent en permanence d’une sorte de rhume spirituel dont ils n’ont pas conscience. Parfois, quand ils sont particulièrement soucieux et fatigués, la sensation d’étouffement augmente au point de provoquer une panique qui peut conduire tout droit à une maladie mentale. […]  "

C’est la concentration, selon lui, qui peut arriver à nous sortir de cela. " Lorsque la concentration arrive à un certain point, il se produit une sorte de réaction en chaîne […]. Il arrive, par exemple, qu’une joie soudaine et intense se désintègre comme sous l’effet de sa propre tension. […] Cela explique pourquoi l’intensité mystique est habituellement si brève : elle provoque sa propre désintégration. Mais là, une question se pose : comment cette désintégration est-elle possible lorsque le mystique cherche de toutes ses forces à se maintenir à ce haut niveau d’intensité? La réponse est d’une importance fondamentale : c’est parce que les ‘ muscles ’ nécessaires à cet effort sont flasques et non développés. " La concentration apparaît donc à Wilson comme la clé pour disposer un tant soit peu de cette Faculté X que chacun possède en soi. Autrement dit, il faut que l’on entraîne la concentration comme on le ferait pour un muscle.

Le grand psychologue William James, que cite à plusieurs reprises Wilson dans son ouvrage L’Occulte, parlait justement du processus propre à cette Faculté X : " Les états d’intuition mystique ne sont peut-être rien d’autre qu’une soudaine et forte extension du champ de conscience ordinaire ", écrivait James dans un essai intitulé Suggestion sur le Mysticisme. Un éclatement, pour ainsi dire, que Wilson décrit ensuite de la façon suivante : " Une appréhension de la réalité objective dans l’espace et le temps, au-delà de cette prison qu’est la vie quotidienne. "

Wilson explique plus loin : " Quand un homme désire de toutes ses forces quelque chose, il accomplit un immense effort de concentration. Le corps mental se ‘ contracte ’, créant un nouveau centre de contrôle et de liberté. " Il rapporte un exemple, tiré d’un roman de Graham Greene, dans lequel un prêtre qui est sur le point d’être fusillé " se rend compte qu’il lui aurait été très facile d’être un saint ". " Pourquoi? demande-t-il. Parce que l’imminence de sa fin déclenche en lui une sorte de commotion, le plus grand effort de volonté qu’il ait sans doute jamais accompli de son existence, et il se rend compte, dans un éclair, que s’il avait fait plus tôt le même effort de volonté, il n’aurait pas gâché sa vie.

" Cela me permet d’énoncer très clairement ma conception de l’évolution humaine, poursuit Wilson. Certaines de nos fonctions sont automatiques – respiration, digestion, etc. Ce qui veut dire que même si je tombe dans un état de prostration ou de sous-volonté, elles n’en seront pas affectées pour autant. D’autres fonctions devraient être automatiques, mais elles ne le sont pas encore. " Il faut qu’elles soient éveillées, pour ainsi dire, par les circonstances ou par l’entraînement. Dans le cas de ce prêtre : " On voit ainsi comment un sentiment profond, jusque-là inconscient, peut devenir automatique. Malheureusement, nous n’avons pas une réponse aussi nette face à une quantité de phénomènes naturels qui nous émeuvent à l’occasion. "

" Nous sommes victimes d’une habitude de passivité, bien plus dangereuse que la cigarette ou la drogue, explique-t-il. Pourquoi dangereuse? Parce qu’elle crée une condition d’ennui et de stagnation qui conduit à la crise, à la surexcitation, et qui explique, par exemple, la nature incroyablement violente et gratuite de certains crimes. Quand les poisons s’accumulent dans mon sang, le corps les rejette automatiquement; il se forme des furoncles qui mûrissent et évacuent les substances toxiques. Mais quand je me laisse entraîner dans un état de stagnation intérieure, je n’ai aucun système de défense automatique pour lutter contre lui; il me faut recourir à une forme d’exaltation propre à rétablir l’équilibre vital. " C’est très clair…

Il est ensuite question du criminel sexuel qui recherche, sans le savoir, cette même exaltation : " Le criminel sexuel, qui se met en quête d’une fille à violer, cherche un remède à sa maladie. À ce point de notre évolution, alors que la Terre est surpeuplée, il est nécessaire que l’homme développe un système automatique pour éliminer ces poisons qui naissent de la stagnation, de la morne insignifiance de la vie civilisée. – Est-ce assez sévère pour vous? [rires] – Il doit fortifier le ‘ muscle mental ’ dont j’ai parlé : la Faculté X. – Au fond, cette expression le muscle mental, est encore la définition la plus simple, la plus restreinte, pour la décrire. – C’est moins difficile qu’il ne paraît; tout peut devenir une habitude si nous le voulons vraiment. "

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La double conscience de Dürckheim

DÜRCKHEIM, Karlfried Graf. Pratique de la voie intérieure, Le courrier du livre, Paris, 1968.

" Tout travail, tout métier, tout art, exige un entraînement pour que ‘ l’œuvre ’ réussisse. Certes, nous le savons tous, et chacun de nous à travers l’épreuve de l’existence, s’instruit et s’exerce, intégrant ses propres expériences. Cependant, on ignore le plus souvent que ceci est également valable pour la réussite de l’œuvre la plus importante de notre vie : la réalisation de notre Être. " L’éveil spirituel, si vous préférez.

Je suis à peu près convaincu que ces deux écrivains ne se seraient pas attendus à ce qu’un jour, on les place côte à côte dans un même discours : Colin Wilson et Karlfried Graf Dürckheim. Ce que Wilson qualifie de Faculté X, Dürckheim en parle comme d’une double conscience. J’ai plusieurs livres de Dürckheim à la maison : j’en ai apporté un ici pour faire un bout de chemin avec vous. Il s’intitule Pratique de la voie intérieure, publié au courrier du livre. Un autre de ses ouvrages que je trouve très enrichissant a pour titre : Pratique de l’expérience spirituelle, paru aux Éditions Du Rocher (1995).

D’après :

DÜRCKHEIM, Karlfried Graf. Pratique de la voie intérieure, Le courrier du livre, Paris, 1968.


Au sujet de l’entraînement, qu’il appelle " l’exercice ", Dürckheim écrit : " Il s’agit, en définitive, d’acquérir un ‘ état d’être ’ dans lequel l’homme devient de plus en plus obéissant et ouvert à la voix et à la vocation de son Être essentiel et tout en même temps apte à les manifester et à les rendre efficaces au sein de la vie et au sein de son œuvre dans le monde. Cela signifie : vivre le quotidien comme ‘ exercice ’, c’est-à-dire non pas comme un entraînement à l’efficacité existentielle, mais comme un exercice intérieur. Autrement dit, vivre le quotidien comme pratique de la Voie. "

C’est intéressant parce que c’est un peu le même discours que tient Wilson : mais tandis que Wilson met l’accent surtout sur les pouvoirs de nature psychique, Dürckheim insiste davantage sur l’éveil spirituel. Toutefois, on voit finalement que la démarche est semblable et qu’il s’agit de deux niveaux de fonctionnement.

" Ce n’est qu’en surmontant cette perpétuelle contradiction entre la nécessité d’une transformation permanente, réclamée par la loi même de notre Être et le désir de garder cette ‘ forme ’ d’adaptation acquise laborieusement et prometteuse de vie sans friction, que l’homme deviendra vraiment une Personne. La ‘ forme ’, fut-elle la plus élevée qu’il soit possible d’atteindre, ne répondra jamais entièrement aux exigences de l’être inconditionné. Elle sera toujours, dans une certaine mesure, conditionnée par les circonstances. […]

" La pratique dans la vie quotidienne, poursuit Dürckheim : toute action, dans la journée, n’a pas seulement un sens extérieur, c’est-à-dire qu’il ne faut pas considérer uniquement le résultat de l’action par rapport au monde. Elle contient aussi un sens intérieur. – Voilà un point important à retenir. Dans le tourbillon des événements, il s’agit de prendre le temps de s’arrêter pour se poser la question : qu’est-ce que je dois apprendre de cette expérience? – C’est la façon dont elle est accomplie; et dans ce sens intérieur se trouve pour nous la possibilité d’un gain pour notre évolution ", au-delà du fonctionnement au plan matériel, je dirais même : à travers le fonctionnement au plan matériel.

" Pour celui qui est sur la Voie, toute action, toute œuvre, dans quelque circonstance que ce soit, peut devenir l’occasion de ‘ faire tourner la roue de la métamorphose ’ et d’en accomplir les cinq étapes :

  1. la prise de conscience de nos attitudes fausses;
  2. le lâcher-prise;
  3. l’union avec le fond dans un abandon de soi total;
  4. l’accueil et l’acceptation de l’image essentielle;
  5. la manifestation par l’action juste.

Puisque le quotidien demande un témoignage permanent, il représente lui-même l’exercice de la cinquième étape ", spécifie Dürckheim.

De tout enseignement, il faut pouvoir retenir un ou deux éléments qu’on peut appliquer dans son quotidien. Cette formule de Dürckheim, par exemple : " L’homme qui est vraiment sur la voie sait qu’il ne peut cesser, à aucun instant, de se sentir responsable tant de son attitude que de son existence – Ce qui ne veut pas dire qu’il est nécessairement responsable de tout ce qui lui arrive : c’est une question de conscience et d’attitude. Les Stoïciens disaient la même chose. Cela recoupe plusieurs autres enseignements dont il a été question à cette émission. – Il s’efforcera donc d’être à la hauteur de cette responsabilité. Il doit savoir néanmoins que tout ce qu’il peut faire est bien peu de chose, en même temps. Il doit comprendre avant tout que, quelle que soit la lumière qui rayonne de lui-même ou de son œuvre, ce n’est jamais lui qui l’a créée; il ne fait qu’accueillir ‘ quelque chose ’ dont l’origine est ‘ ailleurs ’. "

Pour retenir l’essentiel de son propos : je suis responsable de mon attitude devant les événements et, en même temps, je vis des expériences que je dois intégrer. Ce que je parviens à réussir au plan de la concentration n’est qu’une partie du travail : le reste doit être ‘ accueilli ’ car l’origine est ‘ ailleurs ’.

" En ce qui concerne ce que nous pouvons ‘ obtenir ’ par la pratique, la condition la plus importante c’est de bien prendre conscience du fait que, dans le domaine de la transcendance, il ne s’agit jamais d’un ‘ faire ’, mais d’un ‘ admettre ’ – que c’est déjà là. Je l’ai souvent dit et je le répète : la démarche est soustractive. Ce qui revient à dire : enlevons la plupart de nos bibittes et devenons ainsi plus transparents.  – Le chemin est béni qui, par la mise en œuvre de toutes nos forces, par l’aspiration à la réalisation du ‘ soi ’, réduit peu à peu l’attitude crispée du ‘ je dois faire ’, pour accueillir, dans une confiance totale, cette Grande Force qui agit dans la nuit du mystère. "

Dans les cinq étapes mentionnées plus haut, il y avait le lâcher-prise. On le retrouve ici. Quand on est responsable, on prend les dispositions pour assumer cette responsabilité mais, en même temps, on adopte une attitude d’abandon. " S’abandonner, obéir, cela va de pair si nous voulons parvenir à manifester l’Être dans l’existence. "

Je terminerai sur un point très important que je trouve plus loin : " La possibilité d’un témoignage fidèle de l’être authentique n’est possible qu’après la traversée répétée d’une ‘ zone d’anéantissement ’ ", estime Dürckheim. C’est-à-dire que tous les moments difficiles que nous traversons, hélas! sont absolument nécessaires. Lorsque l’on ressent cette terrible impression que tout s’effondre autour de nous, ce qui peut arriver à plusieurs reprises dans une vie… C’est ce qu’on appelle la " nigrido " : la noirceur – " la noche oscura " : la nuit obscure de St-Jean de la Croix – qu’il faut traverser pour atteindre la lumière, ou le charbon qu’il faut pelleter pour dégager le diamant qui se cache quelque part dans la paroi…

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