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Émission du lundi 3 mai 1999
Rediffusée le lundi 10 janvier 2000

L'ère du frigo


D’après un fabricant de réfrigérateurs français, le frigo d’une famille de quatre personnes est ouvert 57 fois tous les jours. En somme, on regarde plus souvent ce qu’il y a au frigo qu’à la télé.

 
D’après :

SCHIFRES, Alain. " L’humeur d’Alain Schifres : Génération frigo ", L’Express, 18 mars 1999.

Le chroniqueur d’une revue parle des frigos comme " l’un des endroits au monde où vous êtes sûr de trouver de vieux débris. Soit un bocal de cornichons sans cornichons, une tomate moisie, un restant de tarama dangereux pour la santé. En option : une chaussure (si la famille comprend un enfant de moins de deux ans), une pomme entamée et une croûte de fromage (si elle comprend deux adultes). [rires] J’ai trouvé ces données tripatives dans un billet d’Alain Schifres, qui écrit régulièrement dans L’Express.

Dans sa " Génération frigo ", Alain Schifres explique que le frigo est devenu, avec le temps, une " porte communicante ", " point de contact obligé de qui rentre bourré tard et de qui part pressé tôt ". Avec des messages sur le dazibao – tels " Rappelles-toi que tu vas chercher la petite! " –, le frigo est déjà pense-bête. Mais le chroniqueur prévoit l’arrivée éventuelle du frigo intelligent, après l’étape d’un frigo " pas si con ", lequel, en plus de pouvoir gérer le stock, afficherait sur un écran ce qu’il manque et ce qui est périmé, étant donné que " le réfrigérateur étant jusqu’ici l’un des deux endroits au monde où vous êtes sûr de trouver de vieux débris (l’autre étant Las Vegas) ", dit-il. [rires] J’adore ce genre d’humour, qui va jusqu’à l’absurde.

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Roller blades :
les adeptes de la glisse urbaine


Récemment, j’ai effectué un petit voyage en Europe et me suis retrouvé à Paris : il faisait très beau, c’était la première journée de soleil depuis très longtemps… C’est normal, puisqu’il attendait que nous arrivions, ma compagne et moi... Ce qui m’a le plus frappé en entrant dans cette fameuse ville – moi qui ai vécu à Paris pendant presque huit ans et demi –, c’est le nombre de gens qui circulent maintenant en patins à roues alignées. Incroyable! On les voit partout, descendant Saint-Germain-des-Prés, remontant Saint-Michel, filant à travers les marchés : c’était absolument étonnant. Les Français ont trouvé une expression pour cette activité sur roulettes : la glisse urbaine. Et je suis tombé sur un article, dans la revue Marianne, qui parle justement de ce phénomène.

D’après :

JAILLETTE, Jean-Claude. : " Attention, ceci n’est pas un sort ", Marianne, 15-21 mars 1999.


Dans " Attention, ceci n’est pas un sort ", Jean-Claude Jaillette rappelle que ce " sport " ce moyen de locomotion a été, à un moment, un outil de contestation de l’ordre public : le soir, des jeunes se donnaient rendez-vous à la Gare Montparnasse pour aller faire des ballades dans Paris. D’abord 10, ils sont rapidement passés à 30, pour se retrouver 150, " à chaque fois pourchassés par la police, dit-on, qui voyait dans leur slaloms une tentative de subversion… de la circulation ". Pour tenter de mettre fin au jeu, les autorités ont alors interdit l’accès au lieu de rendez-vous. Les jeunes se sont donc retrouvés Place d’Italie. Et cela a continué.

Le phénomène a tellement gonflé qu’on a fait une petite enquête pour savoir si, parmi ces gens, il y avait un meneur – pas au sens négatif du terme, mais quelqu’un qui pourrait peut-être avoir une certaine autorité auprès du groupe et avec qui on pourrait discuter. Une certaine Adeline et un certain Boris ont été repérés et amenés " fermement, mais avec courtoisie ", dans le bureau du directeur de l’Ordre public. " C’est ainsi qu’après quelques semaines de discussion, un protocole fut établi pour que la joyeuse fête clandestine puisse se transformer en manifestation encadrée, explique-t-on. Avec création d’une brigade spécialisée de huit policiers sur roulettes.  – Il y en a quatre, à Montréal, de ces policiers sur roulettes, je crois. – Chaque semaine, un parcours est négocié dans le bureau du [sous-directeur de l’Ordre public] comme l’est n’importe quelle manif syndicale. "

" ‘ Le sérieux, le sens de l’organisation et de la parole donnée ont permis que l’entreprise aboutisse ’ ", relate cet intervenant de l’ordre public. Tout est parfaitement officiel. Pour eux, c’est la fête : " le fait de circuler librement, de s’abandonner au plaisir d’une ville vidée pour l’occasion de ses voitures et celui de retrouver une joyeuse tribu. " Il semble exister une grande nostalgie de l’époque héroïque, d’après ce que je comprends.

Si vous voyez venir vers vous quelqu’un en patins en roues alignées ou à vélo, je vous donne un truc : surtout ne vous arrêtez pas de marcher, parce que, généralement, ces gens qui foncent droit sur vous ont prévu que vous allez avancer de trois pas et qu’ainsi, ils pourront passer. J’ai appris cela en voyant circuler tout ce beau monde à bicyclette à Amsterdam. Cela aussi, c’était quelque chose!

J’ai observé aussi un autre phénomène curieux à Paris : la façon absolument excentrique dont sont vêtus les adeptes des patins à roues alignées. C’est étonnant à voir, je vous dirai. J’ai découvert dans un article récent que ce choix vestimentaire vient d’une tradition née de la première traversée autorisée dans Paris, en 1997, le jour de l’Halloween. Alors, pour se remémorer le jour de l’Halloween, des gens en patins se promènent dans Paris avec des costumes tous les plus excentriques les uns que les autres.

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Cannabis :
prohibition insensée

ROSENZWEIG, Michel. Les drogues dans l’histoire : entre remèdes et poisons.


Dans le monde politique, ces derniers temps, on entend parler de pressions qui sont faites pour légaliser le cannabis. Vous connaissez ma position sur cette question, et je me souviens d’avoir dit que je n’allais pas revenir sur ce sujet à moins d’avoir des informations vraiment renouvelées sur le propos. Comme il y a du nouveau, je récidive.

Un livre absolument étonnant vient de paraître en Belgique sous le titre Les drogues dans l’histoire : entre remèdes et poisons. Archéologie d’un savoir oublié.

D’après :

ROSENZWEIG, Michel,
Les drogues dans l’histoire : entre remèdes et poisons. Archéologie d’un savoir oublié
,

Éd. De Boeck & Belin, Coll. " Prospective Jeunesse ", 1998.

L’auteur, Michel Rosenzweig, y traite de questions qui sont susceptibles d’attirer l’attention des jeunes. Il parle, entre autres choses, des politiques et pratiques sociales dans le domaine de la jeunesse, dont prioritairement la prévention des risques liés aux usages de la drogue. " La question de l’usage des drogues est d’abord pour nous une question anthropologique et socioculturelle définitivement inscrite dans la dynamique géopolitique de l’offre et de la demande bien avant de constituer une problématique prioritairement clinique ", spécifie l’auteur dans son avant-propos.

Les chapitres de son ouvrage présentent différents aspects de la question : juridique, historique, anthropologique, ethnologique, scientifique… Par ailleurs, l’auteur retrace l’historique d’un grand nombre de drogues, de la cocaïne au cannabis (le chanvre) et ses dérivés. Il précise que cannabis et chanvre sont en fait des synonymes, mais que la plante dont il provient n’a pas tout à fait le même comportement au Nord et au Sud. Par exemple : " Les propriétés biologiques de cette espèce végétale, ainsi que ses remarquables facultés d’adaptation à tous les milieux (sols et climats) expliquent la confusion longtemps entretenue entre chanvre et cannabis. Ainsi, le cannabis est présent sous toutes les latitudes; il est cultivable du cercle polaire aux tropiques, en passant par les régions équatoriales; il résiste au gel comme aux ardeurs du soleil et supporte des sols pauvres et riches. Cependant, alors que dans les zones tempérées, la plante multiplie les fibres et réduit sa teneur en résine, dans les régions chaudes, elle secrète plus de résine au détriment des fibres. […]

" Quant aux fibres, les meilleures du monde, elles ont été au cœur de l’histoire du chanvre et de ses guerres pendant des siècles. De la marine à voile au blue-jeans en passant par le billet de banque, le papier à cigarettes et l’imprimerie, sans le chanvre, le monde ne serait pas ce qu’il est. Jusqu’en 1883, 75 à 90 % du papier dans le monde était fabriqué à partir de la fibre du cannabis. "


un détail important…

" Comme l’attestent les documents de l’époque, d’après le département d’État à l’agriculture, aux États-Unis en 1916, un demi-hectare de cannabis en rotation annuelle sur une période de 20 ans, produisait autant de pâte à papier que deux hectares de forêt pendant la même période. Ainsi le chanvre fournissait-il quatre fois plus de pâte à papier pour quatre fois moins de pollution, car la plante contient moins de matière ligneuse à éliminer chimiquement. Cet aspect économique est une des raisons pour lesquelles le cannabis fut prohibé aux Etats-Unis au début du 20e siècle. " Le fameux lobbying de la foresterie… Je ne peux faire autrement que de penser au film de Richard Desjardins : L’Erreur boréale.

Il est aussi question des façons de préparer cette drogue, des usages que l’on en a fait dans l’histoire, de l’intervention de Napoléon... À son sujet, on raconte que le futur empereur, agressé au couteau par un musulman sous l’emprise de l’ivresse cannabique, en interdit la vente et l’usage. " Néanmoins, explique Michel Rosenzweig, à la suite de cette campagne, le Dr Moreau de Tours – qui est un personnage important pour la suite, en particulier pour l’histoire de la littérature française –, aliéniste à l’Hôpital Bicêtre, écrira en 1845 un ouvrage important intitulé Du haschich et de l’aliénation mentale. Dans ce traité, Moreau de Tours voit dans l’action du cannabis ‘ un moyen puissant, unique, d’exploration en matière de pathologie mentale ’, à la suite de quoi il recommande rapidement l’usage du dawamesk – une sorte de confiture à base de cannabis – comme traitement de l’ensemble des troubles mentaux. C’est aussi le dawamesk que consommeront les membres des soirées privées organisées par Moreau de Tours – un tripeux –, rapidement rejoint par Théophile Gautier et ses amis Nerval et Delacroix à l’exception de Baudelaire qui, après y avoir goûté, préféra l’opium et l’alcool…

" Un autre scientifique, poursuit l’auteur, Charles Richet, physiologiste et prix Nobel en 1913 pour ses travaux sur l’anaphylaxie, étudia lui-même les effets du haschich en notant que les véritables hallucinations étaient rares, préférant le terme illusions pour décrire ses effets psychotropes. Enfin, de la fin du 19e siècle jusqu’au lendemain de la Première Guerre mondiale, les pays occidentaux entretenaient encore de vastes cultures à des fins pharmaceutiques et alimentaires. Dès 1860, le cannabis passa du statut de médicament à celui de confiserie et l’on trouva quantité de spécialités mixtes à base de cannabis. – Prenez conscience du fait jusqu’à quel point on pourrait, nous les payeurs de taxes, en particulier au Québec, en payer beaucoup moins si on légalisait cette drogue et qu’on l’utilisait de la façon dont elle était commercialisée dès 1860…

" Ainsi, la célèbre Ganjah Wallha Hasheesh Candy Company commercialisa dès 1860 des bonbons au sucre d’érable et à la résine de cannabis. – Moi qui aime tellement le sucre d’érable, ce devait être tellement bon ça… – […] Les racines de la prohibition du cannabis, comme celles de toutes les drogues, ne sont pas liées à la véritable toxicité de la plante, elles sont politico-économiques comme l’ont très bien montré Herer et Michka notamment – HERER, J. et MICHKA. Le cannabis est-il une drogue?, Genève, GEORG éditeur, 1993. Herer avait aussi fait paraître, aux Éditions du Lézard en 1993, L’Empereur est nu : une histoire du cannabis et de sa prohibition.

" Le processus est toujours le même, poursuit Rosenzweig dans un chapitre qui s’intitule : " La marijuana, fléau à éradiquer : naissance d’une mythologie politique ". Il met en place une équation qui consiste à stigmatiser une substance et un groupe cible de consommateurs avec, en toile de fond, des enjeux de pouvoir économique ainsi que la rencontre de systèmes de valeurs différents. Dans le cas du cannabis, ce sont les minorités américaines par lesquelles le cannabis est arrivé aux États-Unis (Mexicains, Jamaïcains et Noirs), qui feront l’objet de discriminations raciales. Ensuite, dès 1913, l’usage médical du cannabis sera proscrit en Californie pour permettre le développement de nouveaux médicaments. Puis, la culture du chanvre, déjà détrônée au profit de celle du coton dès le 19e siècle, sera concurrencée par le développement de l’industrie des fibres synthétiques.

" C’est dans ce contexte socio-économique critique et puritain que le directeur du Bureau of Narcotics, Harry Anslinger, ami du sénateur Mccarthy, organise au début des années 1930 un concours de presse récompensant de 100 000 $ l’article qui illustrera le mieux le slogan ‘ drogue = dégénérescence mentale = crime ’. Cette campagne raciste à l’égard des Mexicains et des populations des Caraïbes déclenchera une véritable croisade qui durera plus de cinq ans et qui aboutira au Marijuana Tax Act de 1937, plus tard étendu à toute la planète par la volonté américaine ", nous apprend l’auteur.

Le cannabis, Rapport de la commission d’enquête sur l’usage des drogues à des fins non médicales ", 1972, Ottawa.


Cela m’amène à sauter quelques pages pour vous dire que cette volonté américaine à propos du cannabis, me tombe sur le système depuis très longtemps. En particulier, depuis la parution du rapport Le Dain, " Le cannabis, Rapport de la commission d’enquête sur l’usage des drogues à des fins non médicales ".

" D’après différentes études scientifiques convergentes publiées dans le Rapport canadien Le Dain, ainsi que dans d’autres recherches, il apparaît que le cannabis n’engendre aucune dépendance physique et donc aucun symptôme de manque en cas d’arrêt, bien que l’OMS considère encore une petite dépendance physique après un usage quotidien de doses élevées de cannabis. – Il serait intéressant de demander à cet homme politique qui est en train de faire des recherches sur cette question à Ottawa, de relire le contenu de ce Rapport. Il nous a coûté assez cher et ça n’a rien donné… –

" Il n’existe par ailleurs, selon la plupart des études, aucune tolérance en ce qui concerne le cannabis, mais plutôt ce qu’on appelle une tolérance croisée avec l’alcool, les morphiniques, les tranquillisants, spécifie le spécialiste. […] Le risque n’est pas nul que le cannabis puisse mener une petite minorité d’individus à une dépendance plus sévère, mais il n’est pas supérieur à celui encouru par les patients traités par des drogues dites ‘ dures ’ : en effet, sur 1000 patients traités à la morphine pour raisons médicales, 4 seulement deviennent dépendants. "

" Quant à la dépendance psychique, explique-t-il plus loin, elle est, par contre, reconnue par tous les auteurs sans équivoque et elle est attribuée, comme pour toutes les drogues, aux effets euphorisants et au plaisir lié à la consommation, du moins pour certains individus. Toutefois, les effets du cannabis étant nettement moins fort que ceux induits par d’autres drogues, la dépendance psychique est a priori moindre qu’avec les opiacés, par exemple. " Autrement dit, si vos Corn Flakes du matin vous rendent euphoriques, vous aurez tendance à en reprendre le lendemain. Mais vous n’en reprendrez pas nécessairement toute la journée, voilà l’idée!

entre passion et raison : la science en otage

" Le débat sur l’innocuité du cannabis reste très passionnel en raison de la confusion entretenue entre droit et morale depuis près d’un siècle, mais aussi à cause de l’enjeu politique de ce que cette question suscite. " L’auteur revient souvent là-dessus sur cette question politique et économique… Et je dois dire que c’est la première fois que je prends connaissance d’une étude qui vraiment fait état de l’ensemble de la situation!

" Le monde scientifique est encore toujours divisé à l’heure actuelle, dans un contexte émotionnel et idéologique peu propice à l’examen rationnel des données. Cependant, on peut raisonnablement affirmer que les auteurs qui se prononcent en faveur d’une importante toxicité du cannabis sont peu nombreux et très critiqués dans la communauté des experts. […]

" En parcourant la littérature scientifique, on peut raisonnablement conclure, comme la grande majorité des experts en neuropharmacologie, que dans la plupart des cas – et il se réfère aux conclusions du rapport Le Dain, bien sûr – ‘ les effets physiologiques à court terme d’une dose typique de cannabis sur des gens normaux sont généralement tout à fait bénins et sont apparemment de peu d’importance clinique ’.

Dans une partie de l’essai, qui s’intitule " L’usage thérapeutique du cannabis. Entre médecine et psychiatrie : la thérapeutique interdite ", l’auteur rappelle que le cannabis a été " l’analgésique le plus employé avant la découverte de l’aspirine ", c’est-à-dire jusqu’aux alentours de 1900. Rappelez-vous que la Reine Victoria, sur le conseil de son médecin, usait du cannabis pour soulager ses douleurs menstruelles.

 

Grinspoon, Lester  et James Bakalar, Cannabis : la médecine interdite, Paris, Éd. Du Lézard,1995

quelques indications thérapeutiques du cannabis


" Parmi les indications [thérapeutiques du cannabis] reconnues par les auteurs 
– il réfère ici à Lester Grinspoon et James Bakalar, auteurs de Cannabis : la médecine interditecitons les plus importantes :

L’asthme : le THC est intrinsèquement bronchodilatateur […]

Le glaucome : le THC diminue singulièrement la pression intra-oculaire et se révèle donc très efficace dans le traitement de cette affection due à une hypertension intra-oculaire […]

Les tumeurs : des expériences ont montré que le cannabis était d’une grande efficacité dans la réduction de certains types de tumeurs malignes.

Les nausées : l’inhalation de la fumée de cannabis s’est révélée très efficace auprès des patients cancéreux souffrant de nausées consécutives à leurs traitements chimiothérapique ou radiothérapique.  – C’est terriblement dans l’air également à cause de la question du Sida. – Depuis 1985 aux États-Unis, les cancérologues ont légalement l’autorisation de prescrire du THC de synthèse par voie orale sous forme de capsules (Marinol ®); près de 100 000 doses ont été prescrites en 1989. Mais les spécialistes pensent que le cannabis inhalé est préférable.

Et la liste continue : l’épilepsie; antibiotique et antiviral; dépression, sommeil et relaxation : " Le cannabis abaisse la pression sanguine, dilate les artères, réduit la température corporelle d’un quart de degré, ce qui contribue à diminuer le stress et l’endormissement. Certains auteurs estiment que le cannabis (plus particulièrement le cannabidiol) pourrait remplacer les benzodiazépines (tranquillisants, anxiolytiques). Plusieurs études réalisées sur des groupes de patients déprimés à qui on avait prescrit du cannabis, se sont avérées concluantes. " Pour l'anorexie, " le cannabis est un excellent stimulateur d’appétit ", note entre autre l’auteur.

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La ville : lieu de contradictions

D'après:
BENTALEB, Djamel.
" Comment la ville modifie l’homme ",
Sciences & Vie,
novembre 1998.


On trouve parfois des contradictions étonnantes dans les recherches dont font état certains magazines. Par exemple, j’ai sous les yeux un article qui parle de la ville. Il y est question de bruit, de pollution, de surpopulation, de rythme trépidant – en somme, de tout ce qui, dans la ville, nous agresse à chaque instant – et du fait que la science s’intéresse de plus en plus à " ces stress et à leurs retentissements – parfois brutaux – sur la santé et le comportement des citoyens ".

L’article de Djamel Bentaleb, " Comment la ville modifie l’homme ", est paru dans Sciences & Vie en novembre dernier (1998).  " C’est peut-être le lieu de toutes les libertés, explique-t-il, mais la compétition y est féroce. Il faut réussir à tout prix. L’échec est synonyme de désespoir et de désespérance. La ville serait donc en partie responsable de nos comportements, elle les suscite et les entretient. "

L’article fait ainsi le tour de la question mais ce qui m’a le plus étonné, c’est la conclusion suivante : " Si, au Moyen Âge, la ville rendait libre, car elle permettait d’échapper à la servilité, aujourd’hui, elle fragilise notre organisme. Pourtant, les citadins ont une plus grande espérance de vie que les ruraux. " Est-ce possible?

Un sujet comme celui-là pourrait à lui seul remplir tout l’espace d’une émission...

Accès aux versions enregistrées des émissions "Par 4 chemins" de Radio-Canada.

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