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Émission du mardi 23 mars 1999

Hollywoodism :
histoire de l’influence judaïque sur la culture américaine


Ce que je me suis réjoui de voir que Roberto Benigni a remporté l’Oscar du meilleur acteur, et que son film La Vita è Bella (La Vie est belle, Life is Beautiful) s’est vu décerner l’Oscar du meilleur film étranger.

D’après :

DOUHAIRE, Samuel. " Ces immigrés qui ont fait Hollywood ", Libération, 21 mars 1999.

 

LORTHOLARY, Isabelle. " Les premiers nababs ", Le Nouvel Observateur (TéléObs), 21 mars 1999.


Comme vous le savez probablement, ce film est une comédie dont la plus grande partie se déroule dans un camp de concentration. Une comédie… avec des héros qui sont, bien sûr, des juifs. Avant la remise des Oscars, on s’était demandé : " Est-ce que la dimension politique du film peut nuire ou aider à sa candidature aux Oscars? " Tout dépendrait donc de la réaction de la communauté juive, puisque Hollywood demeure encore, en grande partie, sous influence juive. Il faut rappeler que les juifs ont joué un rôle déterminant dans la création d’Hollywood.

À ce propos, je viens de trouver une information très intéressante dans une publication française à l’occasion de la diffusion d’un film sur Arte – la chaîne culturelle de télévision européenne – qui s’intitule Hollywoodism. À ma connaissance, il n’a jamais été diffusé ici. Il s’agit d’un documentaire sur les nababs qui ont créé l’usine à rêves. En d’autres termes, la thèse de ce film est la suivante : ce sont finalement les juifs qui auraient créé l’image de l’American Way of Life. Des émigrés juifs qui avaient fui les pogroms de la Russie tsariste – c’est-à-dire ces manifestations antisémites agressives qui se déroulaient un peu partout dans les pays de l’Europe de l’Est –, et qui ont fini par aboutir à l’antisémitisme ouvert des nazis. La suite, nous la connaissons.

Or, presque tous les studios américains ont été fondés par des petits juifs arrivés sans le sou à New York, à la charnière du 19e siècle et du 20e siècle. La famille Warner (Warner Bros) était originaire de Pologne, tout comme Goldwyn. Carl Lemmle, lui, qui était le patron d’Universal, était Allemand. Louis B. Meyer avait grandi dans un shtelt russe, c’est-à-dire dans un gettho. William Fox (de la 20th Century Fox) et Zukor, les fondateurs de la Paramount, étaient Hongrois. Ces futurs nababs se sont lancés dans le cinéma, non pas comme des techniciens ou des artistes, mais comme des commerçants; car ils venaient tous de familles commerçantes. Par exemple, Selznick était diamantaire et Zukor était fourreur. Pour eux, le film était un produit qu’il fallait distribuer, une affaire d’autant plus profitable que le client paie avant même d’avoir vu la marchandise.

Neal Gabler, un historien, s’est lancé dans cette entreprise de décoder l’histoire d’Hollywood. Il est cité abondamment dans ce documentaire, Hollywoodism, et, selon lui, la réussite de ces entrepreneurs est liée à un profond désir d’assimilation. Il faut dire que, dès leur arrivée à New York, ils étaient victimes de l’hostilité des Wasp (white anglosaxons protestants) et qu’ils ont tenté, d’une certaine façon, de gommer tous les signes de judéité pour devenir plus américains que les Américains. Louis B. Meyer, par exemple, affirmait avoir oublié la date de sa naissance et célébrait son anniversaire le 4 juillet, la journée de la fête nationale des États-Unis. Et la plupart de ses collègues avaient divorcé de leur première épouse pour convoler en secondes noces avec des goy, bourgeoises fortunées surtout, qui ne sont pas de religion juive. Au point qu’on disait d’eux qu’ils étaient passés en une génération de la Pologne au polo…

Il y avait chez eux un grand désir d’américanisation, et c’était très flagrant dans leur production. The Jazz Singer, par exemple, le premier film parlant et qui a fait la fortune des Warner, mettait en vedette Al Johnson : le comédien juif y incarnait un chantre de synagogue qui renonce à la tradition pour conquérir Broadway, grimé en noir, et qui épouse une goy. Je n’ai pas eu la chance de voir la première version sortie en 1927, puisque je n’étais pas encore né – qu’est-ce que vous croyez! [rires] –, mais j’ai beaucoup aimé la seconde version, en couleurs, quelques années plus tard. Cette obsession de ne pas se distinguer a pu confiner à l’absurde alors que les pogroms se multipliaient en Allemagne. Hollywood n’a produit avant la Guerre qu’un seul film antinazi (Les aveux d’un espion nazi), mais aucune allusion n’y était faite sur le sort des juifs sous le régime hitlérien.

Une autre anecdote intéressante est racontée par Hollywoodism : en 1946, les nababs auraient offert un million de dollars à Darryl Zanuck, producteur du Mur invisible d’Elia Kazan, pour qu’il détruise ce film dénonçant l’antisémitisme Américain. Ils trouvaient que cela prenait trop de place, que c’était trop agressif, si l’on peut dire. Ils avaient choisi de paraître aussi effacés que possible. Par la suite, ils ont pris une autre orientation. Et il y a eu aussi le maccarthysme, qui n’a pas aidé la colonie hollywoodienne de cette époque.

Aujourd’hui, l’influence de la culture juive à Hollywood existe toujours, comme le faisait d’ailleurs remarquer René Homier-Roy à propos de la position qu’allait prendre la communauté du cinéma au sujet du film de Roberto Benigni. Je pense à Steven Spielberg qui est un personnage important et très influent dans le monde du cinéma. Au cas où vous ne le sauriez pas, comme il est devenu très riche, il profite de son argent pour recueillir à ses frais – je pense qu’il est rendu à quelque chose comme 50 000 témoignages – les récits de gens qui ont vécu l’expérience des camps de concentration, pour constituer un fonds de témoignages qui soit impossible de récuser; parce qu’il existe une tendance révisionniste à faire oublier cette tragédie qui est l’une des grandes blessures de l’histoire de l’humanité.

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Élever une famille en 1999 :
une entreprise ruineuse


Autre temps, autres dépenses. Nous allons ensemble faire un exercice qui en dit long. Imaginez que vous avez sous les yeux une photo de 1979 qui montre un petit garçon de dix ou onze ans portant des vêtements tout neufs et, tout à côté, une autre photo, celle-ci prise en 1999, où l’on voit un petit garçon du même âge vêtu au goût du jour.

D’après :

TURENNE, Martine. " Très chers petits ", L’Actualité, 1er avril 1999.


En 1979, il porte un chandail évalué à 11 $; le petit gars d’aujourd’hui porte l’un de ces vestons Nike qui coûtent 70 $. En 1979, son pantalon coûtait environ 8 $; celui du jeune de 1999 en coûte 40 $ : vous savez, ce genre de pantalon immense qui pourrait faire de la place à deux obèses? [rires] Ensuite, les chaussures : environ 9 $ en 1979, alors qu’aujourd’hui, avec toutes ces modes à plate-forme, à lignes, à ceci et à cela, vous multipliez le prix par 10 (109 $)! Et ce n’est pas tout. Prenez, par exemple, le skate board, la planche à roulettes qu’on appelait jadis un roulis-roulant, eh bien elle coûte maintenant 100 $...

Vous avez deviné qu’il s’agit là d’une comparaison entre ce que représentait le fait d’avoir des enfants, de les élever, en 1979 et ce que c’est devenu en 1999. Bref, c’est hors de prix! Je me dis que si j’avais le choix d’élever des enfants aujourd’hui, je serais peut-être davantage tenté par l’élevage des lapins que celui des êtres humains. Au moins, les lapins, on peut les vendre... [rires]


le prix d’un enfant

Tout ce que je suis en train de vous communiquer est tiré d’un excellent article de Martine Turenne, paru dans le dernier numéro de L’Actualité (édition du 1er avril 1999). On y découvre en gros qu’un couple au revenu modeste devrait prévoir engager environ 100 000 $ de dépenses pour un enfant, de la naissance jusqu’à ce qu’il atteigne 18 ans, l’âge de la majorité. Mais ça me fait bien rigoler cette histoire de majorité quand on pense que plus de la moitié des jeunes de plus de 25 ans vivent encore chez leurs parents et grugent encore une part importante du budget familial! Si on passe maintenant au couple qui a un revenu moyen, il faut ajouter 80 000 $ aux 100 000 $ : on arrive donc à un total de 180 000 $. Si le couple est aisé, il faut ajouter un autre 50 000 $, alors on passe à 230 000 $ pour élever un être humain de la naissance à 18 ans, dans notre contexte nord-américain, notamment au Québec, et c’est la même chose dans l’ensemble du Canada.

le prix de plusieurs

Évidemment, un enfant, deux enfants, trois enfants ça ne coûte pas le même prix par enfant quand il est question du pourcentage des dépenses. Il faut tenir compte de cela également. Avec un deuxième enfant, par exemple, " on ne s’imaginait pas payer 900 $ de frais de garde tous les mois, comme le fait remarquer Denise Maheux, une mère de famille qu’on a interrogée dans la préparation de cet article. Un troisième enfant? On y pense. Mais on aimerait pouvoir s’acheter une maison un jour. "

pour les parents

" Moins de parfums et plus de détersif, continue plus loin la journaliste. Le changement se fait graduellement dit Denise Maheux. ‘ On commence par éliminer les sorties. Puis le vin. On garde plus longtemps ses chaussures, car il faut d’abord remplacer celles des petits presque tous les trois mois au début. Et on ne fait plus l’épicerie avec insouciance : on recherche les rabais, on s’approvisionne à plus d’un endroit. ’ " Ce sont en fait les nécessaires réaménagements du budget familial.

part du revenu des parents

Il demeure que certains experts se sont penchés sur la question : " ‘ Le coût de l’enfant, explique l’économiste [Pierre Lefèbvre], correspond au revenu supplémentaire dont devrait disposer un couple afin de maintenir le niveau de vie qu’il avait avant. ’ Quel est ce revenu supplémentaire?, demande la journaliste.  Selon les hypothèses, il s’échelonne de 15 à 25 % du revenu brut de la famille, dit Pierre Lefebvre. Le cinquième du revenu m’apparaît une bonne estimation.  ’ Faisons le calcul : le revenu médian de la famille québécoise est d’aujourd’hui de 50 000 $. Le cinquième de ce revenu, 10 000 $, multiplié par 18 ans donne une facture de 180 000 $. Avec le quart du revenu : 12 500 $ par année, soit un total de 225 000 $. ‘ Ces mesures sont devenues des normes internationales ’, dit Ruth Rose, professeur de sciences économiques à L’UQAM. ’ "

le sport et la mode

Est-ce que tout coûte vraiment plus cher qu’il y a trente ans? " Oui, vous diront les parents, relate Martine Turenne. Ils vous parleront de Nike, de Tommy Hillfiger, de Jacob Jr., de planche à neige, du dernier CD des Spice Girls ou de la vidéo du Roi lion. Et c’est vrai qu’il y a trois décennies GapKids n’existait pas, tout comme Guess Girls, les shampooings L’Oréal Kids, l’ordinateur, les patins à roues alignées, les restaurants Pizza Hut. Les cours de natation avaient lieu l’été, les enfants passaient leurs vacances dans la cour ou dans la ruelle et McDonald était réservé à quelques occasions bien spéciales. "

On mentionne également que le sport coûte de plus en plus cher : " Les familles dépensent de 1 500 à 5 000 $ par an, selon leurs revenus, pour les loisirs et les sorties récréatives. ‘ Une journée de ski en famille peut coûter jusqu’à 100 $ ’, dit Danièle Bélanger, une mère de famille qui vient d’avoir un quatrième enfant. ‘ Et ils veulent maintenant s’équiper pour la planche à neige! ’ Le phénomène n’est pas qu’urbain ", ajoute la journaliste. On signale ici que les modes vestimentaires sont partout les mêmes : " Nike et Tommy, rivalisent aussi dans les cours d’écoles des Hautes Laurentides… et tous les enfants font du ski ". Arrive ensuite l’ordinateur, et le pire, à mon avis – c’est le plus difficile à reconnaître – l’école n’est plus gratuite. " Le Conseil canadien de développement social évalue que les familles doivent dépenser de 800 à 2 000 $ par année pour l’enseignement secondaire d’un enfant. "

On dit plus loin : " Au primaire, la Fédération des comités des parents du Québec estime que le matériel scolaire obligatoire coûte au moins 130 $ . C’est sans compter les frais de garde (900 $ par année), les boîtes à lunch, les livres et les imprévus. La facture s’alourdit dès qu’on parle de classes vertes, rouges ou blanches (125 à 175 $). " La responsable des services juridiques et budgétaire d’un organisme de consommateurs fait remarquer que " les parents peuvent mettre un frein à la surenchère et faire le choix de la simplicité "… Hum! Facile à dire lorsque les autres parents, à côté, ne font pas cela. Tout le problème est là.

Un de nos collaborateurs à la régie technique, père d’un petit garçon de 8 ans et d’une petite fille de 5 ans, me racontait que son fils ne veut que des chaussures Adidas, à trois lignes. Confidence pour confidence, j’ai un petit fils âgé de bientôt 11 ans qui est apparemment très doué pour le hockey, comme gardien de but : il se plaignait à un moment qu’il n’avait pas tel genre de jambières, etc. Alors grand-papa a fait la folie, au début de la saison du hockey junior, de lui offrir les jambières en question, dont le prix montait autour de 100 $ et même beaucoup plus, je suis gêné de l’avouer. [rires] On lui a alors dit : " On est en octobre, mais en fait, tu sais, cela représente tous tes cadeaux de Noël. " Mais quand est arrivé le jour de Noël et qu’il n’a rien trouvé au pied de l’arbre, il était dans un état! Il a boudé toute la nuit. En résumé, ça m’a donc coûté cher pour me faire bouder toute la nuit…

les enfants dépensent aussi différemment leur argent

D’après une étude faite récemment par un professeur d’université au Texas, " les dépenses des enfants de 10 à 12 ans [doublent] tous les dix ans depuis 1960. Or, depuis le début de la présente décennie, elles ont déjà triplé, atteignant plus de 24 milliards de dollars américains l’année dernière. Et si, dans les années 60, les enfants dépensaient presque tout leur argent en bonbons, ils n’y consacrent plus que le tiers, le reste allant aux jouets, vêtements, places de cinéma et jeux. Au Canada, on estime que ces tweens  les 6 à 12 ans  dépensent 1,4 milliards de dollars tous les ans. "

À l’occasion d’un séjour en Floride, récemment, j’ai rencontré Émile " Butch " Bouchard, l’ancien joueur étoile du hockey, de la grande époque du hockey… quant à moi. Il me confiait qu’il avait mis des patins pour la première fois à 16 ans.

l’État aide-t-il les parents?

" Les familles qui se prévalent des places en garderie à cinq dollars, les subventionnent elles-mêmes. Comme elles ne peuvent plus déduire les frais de garde de leur revenu (5 000 $), elles paient davantage d’impôt à Ottawa : plus de 35 millions de dollars d’impôt en 1998. […] Ottawa ne cesse de réduire ses budgets : plus d’un milliard de dollars ont été sabrés depuis 1984. […] En novembre, l’Institut C. D. Howe lançait un cri d’alarme : les politiques d’impôt fédérales sont ‘ iniques ’, nuisent aux familles, et l’éducation des enfants est considérée au Canada au même titre que l’achat d’un bien de consommation. L’institut propose une réduction du taux d’imposition de 5 à 20 % pour toute la classe moyenne. " Je trouve cette information également dans un encadré qui appuie l’article de Martine Turenne et qui reprend en fait l’évaluation faite dans L’Actualité en 1979.

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Pinochet :
l’opinion publique exige des comptes


Dans quelques semaines les lords britanniques vont finalement se prononcer sur le sort du dictateur chilien Pinochet, détenu à Londres. Il y a aussi des responsables du génocide cambodgien qui se rendent ou se rallient, puis on parle de plus en plus du rôle que jouent les tribunaux internationaux qui devraient mettre fin à l’impunité des auteurs de crimes contre l’humanité.

D’après :

BADINTER, Robert & BOUTROS-GHALI, Boutros. " Plus de repos pour les bourreaux! ", Le Nouvel Observateur, 18-24 mars 1999.


À ce sujet, j’ai trouvé un échange très intéressant entre deux juristes, monsieur Badinter, qui est sénateur en France, ancien ministre de la justice, ancien président du Conseil constitutionnel et, d’autre part, monsieur Boutros Boutros-Ghali, l’actuel secrétaire général de la francophonie, ancien secrétaire général de l’ONU. Ils font état de ce que l’opinion publique aujourd’hui exige des comptes. Boutros-Ghali dit : " Je suis à 100 % favorable à la création de cours de justice internationales. […] En peu d’années, nous avons vécu un extraordinaire progrès dans ce domaine. " Badinter renchérit : " Ce qui m’a le plus frappé dans l’évolution récente, c’est l’intensité de la demande de justice de l’opinion publique internationale. […] Et c’est cette pression de l’opinion qui a permis de faire avancer le projet de création d’une juridiction internationale. " Eh bien bravo!

Finalement, l’éducation aura servi à éveiller quelque chose, à conscientiser les gens davantage à la situation, à montrer la nécessité de canaliser un peu l’énergie destructrice des humains, et de la réduire également. C’est l’effet de l’éducation, d’une part, et aussi des médias. On dit souvent du mal des médias, qu’ils sont responsables de tout... Mais, au fond, ils ont eux aussi contribué, à force de nous rendre conscients des génocides et des abus commis par des individus dans le monde politique, à élever le niveau de conscience.

J’ai aussi retenu une interrogation de Badinter, au sujet de Pinochet, lorsqu’il se demande si l’on peut juger un criminel contre le vœu de son pays au risque de troubler la paix civile. Quant à eux, les lords ont affirmé : " les actes de torture, les assassinats et les disparitions n’entrent pas dans la fonction d’un chef d’État. " Je trouve extraordinaire que l’on puisse assister à cet éveil de la conscience.

Il y a un progrès, c’est un début. Mais, pour moi, il n’y a pas de progrès autre que celui de la conscience collective et/ou individuelle. On ne peut même pas parler de véritable progrès à propos de la technologie car cela dépend toujours de l’usage qu’on en fait.

Accès aux versions enregistrées des émissions "Par 4 chemins" de Radio-Canada.

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