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Émission du mardi 16 février 1999

Durée moyenne des rapports sexuels

Sachez que, avec une durée moyenne de 22,7 minutes, les Canadiens arrivent en deuxième après les Américains (28,1 minutes) pour ce qui est de l’endurance sexuelle. C’est en Thaïlande, paraît-il, que c’est le plus court : 10,4 minutes. Bref, la durée moyenne s’échelonne de dix à vingt-huit minutes.

D’après :

LA PRESSE CANADIENNE." Les Canadiens endurants au lit et précoces ", La Presse, 28 septembre 1998.


Ces résultats proviennent d’un sondage international effectué auprès de 10 000 personnes de plus de 16 ans dans 14 pays, dans le but d’évaluer l’effet de la nationalité, de l’âge, du sexe et de l’existence d’une relation sur les pratiques sexuelles. Le sondage démontre aussi que les Canadiens sont précoces, puisqu’ils ont en moyenne leur première relation sexuelle à 16,6 ans, soit une année complète de moins que la moyenne mondiale qui est de 17,6 ans.

Le sondage indique aussi que la durée moyenne de l’acte sexuel dans le monde a diminué, au cours de la dernière année, passant de 17,9 à 17,2 minutes. L’endurance sexuelle des Canadiens a suivi cette tendance diminuant de 1,42 minutes. " C’est la deuxième année de suite où les Canadiens se classent au deuxième rang à ce chapitre, la durée moyenne de l’acte sexuel y étant de 22,7 minutes, signalent les sondeurs " peut-on lire dans l’article de La Presse. Ces gens-là sont payés par les compagnies qui fabriquent les condoms, figurez-vous! Certains ont vraiment le sens pratique… [rires]

" À l’échelle internationale, près d’un adolescent sur quatre (23 %) a eu une relation sexuelle avant l’âge de 16 ans, et 4% à l’âge de 12 ans ou moins. […] Le sondage révèle que partout dans le monde, il y a une diminution de la fréquence des relations sexuelles et que les Canadiens ne font pas exception à la règle. En 1998, la moyenne mondiale était de 106 fois par année, par rapport à 112 l’an dernier. Chez les Canadiens, la fréquence des relations sexuelles est tombée à 105 fois par année (c’est-à-dire deux fois par semaine), par rapport à 112 fois par année en 1997. "

Voir aussi :
Le sexe, ça conserve!

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L’effet placebo… une arnaque?

Voir:
La chirurgie
placebo


Dans le Petit Robert, on définit le mot " arnaque " par ces mots : escroquerie, vol, artifice, tromperie, tricherie, piège aussi, parce qu’arnaquer une personne, en fait, c’est la piéger. Si vous habitez la région de Montréal et que vous y circulez à pied ou en voiture, vous avez dû voir ce panneau publicitaire qui annonce la série télévisée au Canal D dont le titre est : Arnaques. Comme j’ai eu l’occasion de participer à deux de ces émissions, je me suis posé quelques questions.

On peut considérer comme une arnaque le fait de prescrire un faux médicament à un patient. Le problème, c’est que ce produit peut susciter ce qu’on appelle un "effet placebo ". Et quelque soit la nature du produit qui va le susciter, il arrive que le malade soit soulagé et même guéri. Donc, ça va très loin. On a tendance à se dire que l’effet placebo est bien vilain mais, en fait, c’est une possibilité que notre cerveau nous donne de réagir d’une façon positive à un signal qui nous est communiqué. Dans la mesure, bien sûr, où nous le percevons d’une façon positive.

D’après :

MCCORMICK, James et SKRABANEK, Petr. Idées folles, idées fausses en médecine, Éd. Odile Jacob, Coll. " Médecine ", 1992.


" L’association entre traitement et guérison peut s’expliquer de trois manières ",
font observer deux médecins et professeurs de médecine en Irlande, James McCormick et Petr Skrabanek, dans leur ouvrage intitulé Idées folles, idées fausses en médecine. " Premièrement, un traitement peut avoir un effet bénéfique. Deuxièmement, la nature possède dans certains cas un pouvoir de guérison : de nombreuses maladies atteignent elles-mêmes leurs limites, l’état général d’un malade peut s’améliorer de façon spontanée et il peut même retrouver la santé en l’absence de toute intervention. " Et cela se produit régulièrement. Un phénomène que l’on appelle en latin la vix medicatrix naturae : vix veut dire force, medicatrix, médical et naturae, de la nature. En d’autres mots, la force médicale de la nature.

" Cette vix medicatrix naturae fut à travers les âges l’alliée loyale de toute la profession médicale, continuent les auteurs, […] et la réputation des médecins bénéficie de l’extraordinaire capacité de l’organisme humain à surmonter des infections et de nombreuses autres agressions – sans véritable intervention… – La troisièmement explication de l’effet bénéfique d’un traitement réside dans l’effet placebo. Un placebo (littéralement ' je plairai ') est ' une substance inerte administrée pour son effet psychologique sur le malade '. Cette définition n’est pas totalement satisfaisante : les substances actives peuvent également exercer un effet placebo et, inversement, celui-ci peut aussi être obtenu sans médicament. "

Je me souviens d’avoir été visité régulièrement par un médecin de famille qui possédait des vertus thérapeutiques que lui conférait sa personne : son assurance, sa façon de donner la main, de retirer son chapeau et son manteau, de tâter le pouls, de nous mettre en confiance en nous disant : " Ça va aller mieux demain ". Pour résultat que ça allait vraiment mieux le lendemain.

Le placebo a fait son apparition dans les milieux médicaux vers 1890, mais son principe, ses effets, remontent à des temps immémoriaux. C’est évident que tous les sorciers du monde et les médecins d’autrefois ont utilisé cette méthode. Si vous vous souvenez, je vous ai parlé de Casanova qui, en s’amusant à jouer au magicien, avait guéri quelqu’un en faisant des passes, en lui récitant toutes sortes de formules en latin, etc. Eh bien, cette personne devait avoir confiance en lui puisqu’elle s’est retrouvée guérie.

" Dans un éditorial de la Medical Press de 1890, l’éditeur cite le cas d’une femme qui contestait les honoraires de son praticien : celui-ci lui avait présenté comme une piqûre de morphine ce qui n’était qu’une injection d’eau. Le tribunal donna raison à la patiente contre le médecin. Les commentaires de l’éditeur sont les suivants : ' Nous le regrettons, mais il semble que la loi ne soit pas favorable au placebo : si elle n’aime pas les médicaments discrets mais utiles, le glas des placebos a sonné. Mais quel bien ils ont fait! Songeons à la pilula panis (pilule de pain), douce, parfaitement neutre et pourtant réconfortante ", qui a eu des effets bénéfiques considérables dans l’histoire de la médecine.

" La croyance du médecin en l’efficacité de son traitement et la confiance du patient à son égard agissent synergiquement l’une sur l’autre. Le remède garantit presque à coup sûr une amélioration et parfois une guérison. Lorsqu’on discute de l’effet placebo, on incrimine en général la crédulité des malades et on ignore la façon dont les médecins s’illusionnent eux-mêmes. [On] a ainsi constaté avec amertume que la fréquence de l’utilisation des placebos est en relation inverse avec l’intelligence combinée du médecin et de son malade. – Si j’ai bien compris, plus on est intelligent, plus on utilise des placebos…

" Les placebos sont aujourd’hui essentiellement des antibiotiques, des fortifiants, des sirops contre la toux, des tranquillisants ou d’autres psychotropes, continuent Skrabanek et McCormick. Il s’agit parfois aussi de composés qui sont efficaces mais dont les résultats ne dépendent pas de leurs propriétés pharmacologiques. Les dictionnaires médicaux ne mentionnent pas de placebos présentés comme tels – c’est évident. Les médecins en sont donc réduits à prescrire des composés actifs, tout en sachant que leurs indications sont limitées et que tout effet favorable tient vraisemblablement à l’effet placebo. On a estimé que 35 à 45 % des médicaments courants aujourd’hui ont peu de chance d’être efficaces contre les affections pour lesquelles ils sont prescrits. " C’est étonnant de constater que bien souvent cela fonctionne quand même…

" On pourrait objecter que si l’intervention s’avérait bénéfique, elle n’aurait pas dû être abandonnée pour la seule raison que ses résultats favorables étaient dus à l’effet placebo. " Faut-il vraiment renoncer parce que ce sont des arnaques? Mais si en trompant on guérit, on soulage, on soigne… Ce n’est pas une question facile. Je me suis dit : Si les gens sont soulagés ou qu’ils guérissent, pourquoi condamner cette pratique? Parce qu’il ne faut pas que les gens soient trompés, bien sûr. Mais jusqu’où faut-il aller dans cette espèce de purisme par rapport à l’efficacité du placebo? " La meilleure façon d’améliorer les résultats de n’importe quel traitement, préconisent les deux médecins, consiste à ne pas tenir compte des études contrôlées. Le médecin y gagne, le malade aussi; seule la science en souffre. Les trouble-fête qui tiennent aux essais contrôlés privent un grand nombre de malades de traitements qui jusqu’alors avaient satisfait leurs médecins et eux-mêmes. "

À titre d’exemple, les auteurs racontent qu’un groupe de chercheurs " soupçonnaient que les résultats favorables de la ligature de l’artère mammaire interne dans le traitement de l’angine de poitrine était dus à un puissant effet placebo. […] Selon l’hypothèse initiale, en la bloquant par une ligature, le sang serait dévié vers le cœur; et cet apport sanguin soulagerait la douleur angineuse. Les malades ont été prévenus qu’ils participaient à une évaluation de l’intervention, mais on ne les a pas informés qu’un certain nombre d’entre eux subiraient une intervention simulée, en lieu et place d’une véritable ligature. – Je vous signale que cet essai serait interdit aujourd’hui car les comités d’éthique n’accepteraient pas qu’on puisse faire une recherche de ce genre-là. – " Une fois l’artère exposée, le chirurgien tirait une enveloppe au hasard. Celle-ci contenait une inscription : ligaturer ou ne pas ligaturer.

" Dix-sept malades handicapés par une angine de poitrine ont accepté de participer à cette étude. Pendant les six premiers mois qui ont suivi l’intervention, cinq sur les huit malades ligaturés et cinq sur les neuf dont l’opération avait été simulée se sont déclarés en bien meilleure santé. – Troublant. – Une amélioration remarquable de la tolérance à l’effort fut notée chez deux malades qui avaient subi une intervention simulée. "

Plus loin, les auteurs font observer : " Ces expériences montrent que les réactions de type placebo peuvent l’emporter sur les réponses pharmacologiques. Il s’ensuit deux conséquences importantes : un placebo peut imiter un effet pharmacologique véritable, et les effets de substances pharmacologiquement actives dépendent de l’environnement et des espérances des malades aussi bien que des médecins. " Je suis sûr que vous vous sentez déjà mieux… Parfait.

L’effet placebo est un phénomène complexe encore mal compris aujourd’hui. Il joue un rôle dans tous les succès thérapeutiques : il aide à soulager les symptômes d’une maladie et constitue souvent leur seule cause de ' guérison '. Dans la mesure où le succès et la réputation d’un médicament dépendent de sa capacité à guérir, il n’est pas surprenant que les médecins mentionnent aussi rarement l’effet placebo : il sous-tend également le succès des charlatans. Compte tenu de son rôle essentiel dans la pratique médicale, la place occupée par les placebos dans les manuels et les conférences destinés aux étudiants en médecine est remarquablement réduite : un paragraphe dans un manuel, une allusion lors d’une conférence ou d’une visite. Cette situation s’explique sans doute par le fait que les médecins veulent nier l’importance de l’effet placebo : admettre son importance met en danger leur image et leur pouvoir. " Un pouvoir qui, lui-même, a sur leurs patients un effet placebo.

Cela fait des années que je m’intéresse à cette question des placebos. Et j’y crois beaucoup. Je pense même que je suis en train de me soigner de cette façon, en partie. Les deux auteurs expliquent ensuite comment on peut extrapoler les résultats d’une étude. " Une vérité scientifique s’établit sur la base de preuves irréfutables et non d’après l’opinion de la majorité ", disent les auteurs. De la mode aussi, je dirais. Par exemple, la tendance actuelle qui est de maudire le tabac.

" Une position modérée est tenue pour raisonnable. Lorsque certains experts avancent que la station debout sur la tête prolonge l’existence et qu’un autre groupe, également prestigieux, soutient que c’est là un non-sens, le président peut fort bien établir un rapport qui, afin d’être accepté par les deux partis, énonce : il semble que la station debout sur la tête prolonge la vie mais pas autant qu’on le pensait initialement. [rires] Il s’agit là d’un non-sens logique. Si l’une des deux opinions extrêmes est que deux plus deux égale six, et que l’autre est que deux plus deux égale quatre, il ne s’ensuit pas que le point de vue modéré, à savoir deux plus deux égale cinq, soit automatiquement raisonnable ou certain. "

Méfions-nous des moyennes…!

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Le rire c’est la santé!

[rires]

Je suis en train de pratiquer la gélothérapie. C’est le nom qui est donné à la thérapie par le rire. Après tout, le rire c’est la santé, dit-on.

D’après :

LAVIGNE, Lucie." Le rire c’est la santé ", La Presse, 8 novembre 1998.


Dans un article de La Presse, on fait mention d’un journaliste américain, Normand Cousins, une sorte de miraculé qui a choisi comme thérapie de se projeter des films muets qui le faisaient rigole, et qui raconte comment le rire a contribué à le guérir d’une grave maladie inflammatoire. Cela ne peut qu’aider.

En 1983, un neurologue, Henri Rubinstein, a démontré les bienfaits du rire d’un point de vue strictement physiologique. Le sujet m’intéresse car, très souvent, on associe un résultat positif à des effets psychosomatiques. Ce médecin estime qu’une minute de rire équivaut à 45 minutes de relaxation. Cela dépend peut-être de quoi on rit, dans quelles conditions et comment on relaxe.

Il y a eu aussi un symposium international qui s’est déroulé à Washington, sous la présidence des docteurs Fry de l’Université de Stanford et Goldstein de l’Université du Temple, pour faire le point sur les vertus thérapeutiques du rire. Rire de soi, c’est pas mal non plus : rire de soi pour se corriger, montrer qu’on ne se prend pas toujours au sérieux. Tout ce qui amène le sourire, la détente ou l’humeur ludique prédispose l’être humain au maintien de sa santé. Une personne qui rit beaucoup a plus de chance d’être en meilleure santé. [rires] Il m’arrive même de rire parce que je m’entends rire. Je suis mon propre entraîneur en quelque sorte.

Il y a d’autres tenants de la thérapie par le rire mais il faudra encore probablement bien des années de démonstration, de rires passés au rayon-X et d’ateliers pour convaincre le monde de ses bienfaits thérapeutiques. Vous n’aurez pas de mal à m’en convaincre parce que je sais très bien que le rire est le propre de l’homme. Rabelais affirmait cela. Aux dernières nouvelles scientifiques, on fait observer que la mimique des primates supérieurs appelée " figure détendue bouche ouverte " ressemble au rire humain mais ce n’est pas la même chose.

En terminant, je vous souhaite un rire authentique et bénéfique pour votre santé.(voir longévité/sens de l'humour)

Accès aux versions enregistrées des émissions "Par 4 chemins" de Radio-Canada.

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