PAR...  

Émission du jeudi 11 février 1999

L'approche émotivo-rationnelle :
les 10 idées les plus irrationnelles selon Albert Ellis

Je vous ai parlé à plusieurs reprises – en fait, depuis le 1er septembre 1971, date de la première émission de Par Quatre Chemins  – de l'approche émotivo-rationnelle, des nombreux ouvrages de Lucien Auger, de Albert Ellis et de Robert Harper qui ont tous les deux défini cette école de pensée très importante dans l'histoire de la psychothérapie. Si j'y reviens, c'est pour ajouter au propos de Janel Gauthier que je vous ai communiqué récemment, qui portait sur l'intelligence émotionnelle.

Ce qui trouble les hommes ce ne sont pas les choses mais le jugement qu'ils portent sur ces choses

Si j'avais à faire un livre sur ce sujet, je commencerais probablement, moi aussi, par une citation d'Epictète, ce grand gourou de la pensée stoïcienne. Pour vous situer, cette philosophie compte trois étapes : Epictète est de la première étape, Sénèque est de la deuxième et Marc Aurèle appartient à la troisième.

" Ce qui trouble les hommes, enseignait Epictète, ce ne sont pas les choses mais le jugement qu'ils portent sur ces choses. " Il a dit également : " Ce n'est pas la mort qui fait peur, c'est l'idée qu'on se fait de la mort. " Ce qui veut dire qu'en travaillant sur les pensées, on arrive à trouver un équilibre entre les émotions et la raison : par la connaissance, par la réflexion, par l'expérience. Et cela rejoint beaucoup certains principes qu'on retrouve dans l'enseignement bouddhique, tibétain en particulier.

Je mentionnais récemment toutes les émotions désagréables dont il faut se débarrasser : l'anxiété, la peur, la colère, la jalousie, etc., qui sont considérées comme les poisons de l'âme. S'en délivrer mais comment? En passant par le crible de la raison. D'où l'approche, la thérapie émotivo-rationnelle.

D’après :

ELLIS, Albert. Comprendre la névrose et aider les névrosés, Éd. Scriptomédia, 1980.


Dans Comprendre la névrose et aider les névrosés,  Albert Ellis explique comment un névrosé fonctionne – ce qui n'est pas le lot de tous, Dieu merci : " L'impression qu'a le ' névrosé ' de ne pas pouvoir s'en sortir tient au fait qu'il croit son cas sans espoir. L'une des caractéristiques les plus spécifiques et, pourrait-on dire, les plus humaines, des hommes et des femmes, consiste en ceci : ce qu'ils croient, ils l'acceptent comme étant la vérité; ce qu'ils pensent qu'ils ne peuvent pas changer, ils ne parviennent pas à le changer. Mais si les êtres humains croient qu'ils peuvent changer, ils peuvent presque toujours y réussir. Si vous croyez que vous pouvez les aider à changer, vous avez aussi de bonnes chances d'y parvenir ", estime-t-il.
D’après :

ELLIS, Albert. L'approche émotivo-rationnelle, Éd. de l’Homme, 1992.

 


Le fondement même de cet enseignement repose en partie sur une réflexion que l'on doit se faire à partir d'un certain nombre d'idées irrationnelles. Dans L'approche émotivo-rationnelle, Ellis en répertorie plus d'une dizaine. Par exemple : " L’Idée Irrationnelle numéro 1 stipule que vous devez obtenir l'approbation ou l'amour de tous les gens qui comptent pour vous. " Si vous croyez cela, vous entretenez une idée irrationnelle. Et si vous vivez avec cette croyance, vous ne pouvez faire autrement que de vous sentir malheureux. Il faudrait donc que vous acceptiez l'idée que vous n'obtiendrez pas nécessairement l'approbation ou l'amour de tous les gens qui comptent pour vous. Voilà une première démarche qu'on peut entreprendre.

" Pourquoi les gens convaincus de la nécessité de leur besoin d'approbation se conduisent-ils d'une manière irrationnelle? se demande Ellis.

  1. En exigeant l'amour de pratiquement tout un chacun, vous vous imposez un but inaccessible basé sur le perfectionnisme. […]
  2. Même si vous exigez l'amour d'un nombre réduit de personnes, vous ne pourrez pas en général l'obtenir de toutes.[…]
  3. Une fois votre besoin absolu d'amour et d'approbation établi, vous êtes enclin à vous soucier de son intensité et de sa durée. […]
  4. Si vous avez toujours besoin d'amour, vous devez toujours paraître aimable.
  5. En supposant que vous puissiez gagner l'approbation de tous ceux dont l'amour vous est ' nécessaire ', vous ne pourriez atteindre d'autre but tant vous devriez y consacrer temps et effort. Tenter continuellement d'obtenir l'approbation d'autrui indique que vous consentez à vivre votre vie selon ce que les autres pensent et veulent, renonçant conséquemment à vos propres buts. Cela veut donc également dire vous faire duper en ' achetant ' l'approbation des autres au détriment de vos propres désirs et de vos propres valeurs. "

L'émotion négative vient d'une pensée erronée, irrationnelle, il y en a quelques-unes que nous partageons presque tous et il faut passer par le raisonnement pour crever le ballon, et débusquer la pensée irrationnelle qui se cache derrière. Disons, par exemple, que vous êtes tourmenté parce que vous avez échoué dans quelque chose. Voilà une émotion négative, et cela vient d'une pensée irrationnelle qui serait peut-être celle-ci : l'idée que vous devez absolument vous montrer compétent. Ce n'est pas réaliste, vous le savez, et pourtant, si vous ratez quelque chose dans un domaine qui est celui dans lequel vous devriez exceller, ou si vous vous sentez obligé d'exceller, vous développez une peur excessive de l'échec. Vous entretenez des émotions négatives à partir d'une pensée erronée et irrationnelle selon laquelle vous devez réussir dans tous les domaines. D'une manière évidente, pratiquement personne ne peut s'avérer compétent et magistral sur tous les plans. Et quasiment personne ne peut prétendre à une réussite totale, etc. Il faut donc extirper cette idée de votre cerveau. Idée Irrationnelle numéro 2 donc : " L’idée que vous devez vous montrer tout à fait compétent, apte et capable de réussir. "

À propos de blâmer et de condamner. " Si vous pouviez cesser de vous blâmer vous-même ou de condamner les autres ou le cruel destin, écrit Ellis plus loin, vous découvririez qu'il est virtuellement impossible de se sentir émotivement perturbé à propos de quoi que ce soit. […] Parions que vous ne cessez de vous blâmer, et de condamner les autres aussi. Vous avez tendance à vous agripper à l'Idée Irrationnelle numéro 3 : Lorsque les gens se conduisent d'une manière détestable ou injuste, vous devez les blâmer et les condamner, et les tenir pour de mauvaises personnes, pourries jusqu'à la moelle et méchantes comme des teignes. " [rires] " L'idée que les gens s'avèrent mauvais ou pourris à cause de leurs écarts de conduite provient d'une autre fausse notion, explique plus loin l’auteur : à savoir la définition le plus souvent erronée de ce qui constitue un comportement bon ou mauvais, moral ou amoral. " Toute la question des opinions... J'y reviendrai en fin d'émission.

" Les personnes ayant adopté la philosophie consistant à se blâmer elles-mêmes pour leurs erreurs seront enclines à se sentir si terrorisées à l'idée de commettre d'autres fautes, qu'elles s'abstiendront de faire des expériences, de courir des risques et de s'engager dans la vie. […] Le fait de blâmer des gens vous pousse à confondre leurs mauvaises actions avec leur culpabilité. Quel que soit le nombre d'actes répréhensibles qu'ils puissent commettre, les gens ne peuvent pas s'avérer intrinsèquement mauvais, puisqu'ils pourraient éventuellement modifier leur comportement et ne plus faire la même faute. " On s'aperçoit que, finalement, c'est toujours un raisonnement qui vient nous libérer des tensions suscitées et entretenues par une pensée erronée et irrationnelle.

Une autre idée : " La frustration mène nécessairement à l'agression. […] L’hypothèse ' frustration-agression ' dérive de l'Idée Irrationnelle numéro 4 : L'idée que vous devez percevoir les choses comme étant épouvantables, terribles, horribles et catastrophiques lorsque vous éprouvez de grandes frustrations, ou lorsqu'on vous traite injustement ou qu'on vous rejette. […] Bien que vous puissiez sans aucun doute trouvez cela déplaisant ou fâcheux, vous ne percevez pas la privation comme étant catastrophique ou horrible à moins que vous ne le pensiez. […] Si vous avez réussi à vous rendre vous-même terriblement contrarié et déprimé à cause de vos frustrations, vous allez presque invariablement vous empêtrer dans vos efforts pour les éliminer. Plus vous gaspillerez de temps et d'énergie à vous lamenter sur votre triste sort, à tempêter contre ceux qui vous frustrent et à grincer des dents en signe de désespoir, moins vous serez porté à recourir à des actions efficaces pour contrer vos handicaps et affronter les gens susceptibles de vous frustrer. […]

" Qu'elle vous plaise ou non, vous feriez mieux d'accepter la réalité lorsque vous ne pouvez pas la changer. – C'est tout à fait dans le sens de ce qu'enseignent les stoïciens. – " La réalité existe : si elle comporte des infortunes et des frustrations, vous pouvez percevoir cela comme étant fâcheux. Mais pas catastrophique! Aussi longtemps que vous êtes en vie et que vous jouissez d’une assez bonne santé, vous restez maître de votre destin et le timonier de votre âme. Il se peut que la réalité entrave vos buts et qu'elle y fasse échec. Mais elle ne peut vous vaincre entièrement. Vous seul pouvez causer votre propre perte – si vous avez la conviction que ce qui existe ne devrait pas exister; ou qu'étant donné que les choses vous accablent, vous devez vous sentir déprimé. " Cela revient toujours à se faire dire: Pensez autrement!

À propos du destin, il y a là aussi une Idée Irrationnelle : la numéro 5. " L'idée que la détresse affective résulte de pressions externes et que vous avez peu de capacité pour commander à vos propres sentiments ou pour les changer. Cette idée est dépourvue de sens. Tout d’abord, en mettant les choses au pire, les gens et les événements extérieurs ne peuvent rien faire d'autre que de vous infliger des maux physiques ou vous faire subir différentes sortes d'incommodités ou de privations. La souffrance qu'ils vous ' causent ' ( particulièrement les sentiments d'horreur, de panique, de honte, de culpabilité et d'hostilité) provient en grande partie du fait que vous prenez leurs critiques ou leur rejet trop au sérieux. – J'en prends moi aussi pour mon rhume, vous savez. Chaque fois que je reviens sur ces principes, je me dis : Oups, c'est le temps de se reprendre en main. Ellis poursuit : – Vous répétez à tort que vous ne pouvez pas supporter leur désapprobation ou que vous ne pouvez pas avoir du plaisir dans la vie sans leur approbation. " Ce n'est pas possible de vivre comme ça! Avec tous ces aspects irrationnels du genre : il faudrait, il faut que, j'aurais donc dû, si j'avais su...

On arrive à se faire peur, également. Idée Irrationnelle numéro 6 : L’idée que vous devez nourrir des inquiétudes et vous rendre anxieux à propos de quelque chose qui semble dangereux ou effrayant. " Il existe des peurs réelles et des craintes rationnelles, bien sûr, mais ce n'est pas le sens de son discours. " L'anxiété (selon le sens que nous prêtons à ce terme) consiste en un souci excessif, en une peur inutile ou exagérée ", explique-t-il. On est en train de travailler au niveau du mental quand on se pose toutes ces questions. C'est parce qu'on pense un peu de travers qu'on est plus malheureux qu'on devrait l'être, peut-être...

" Remontez le cours de vos inquiétudes et de vos angoisses jusqu'aux croyances spécifiques qui les génèrent ", conseille Albert Ellis. Changer les croyances. Comme, par exemple l’Idée Irrationnelle numéro 7 : " L’idée qu'il vous est plus facile d'esquiver les responsabilités et les nombreuses difficultés de la vie que de vous imposer des formes de discipline personnelle plus gratifiantes. La notion selon laquelle la solution la plus facile se révélerait la meilleure mène à éviter l'action. " Vous comprenez? Oui? Moi aussi… [rires]

Ah le piège du passé! Un grand classique... " L'idée que votre passé demeure d'une importance primordiale et que, puisqu'un quelconque événement a déjà eu une influence considérable dans votre vie, il doit continuer à déterminer vos sentiments et votre comportement aujourd'hui. – C’est une Idée totalement Irrationnelle (numéro 8). C'est clair, on est à peu près tous d'accord là-dessus. – […] En demeurant grandement influencé par votre passé, vous ferez subsister ce que les psychanalystes appellent les effets de transfert – reportant injustement les sentiments que vous nourrissiez à l'égard de gens dans le passé sur les personnes avec qui vous êtes en contact aujourd'hui. " Cela me paraît être un détail extrêmement important: ne pas faire subir un mauvais sort aux gens avec lesquels vous êtes en contact aujourd'hui à cause d'événements ou de gens qui seraient intervenus dans votre passé.

Une autre Idée Irrationnelle, une neuvième : " L'idée que les gens et les choses devraient s'avérer meilleurs qu'ils ne le sont, et que vous devriez considérer qu'il est affreux et horrible de ne pas réussir à trouver des solutions satisfaisantes aux dures réalités de la vie. Voilà une idée stupide. Il n'y a aucune raison pour laquelle les gens devraient se révéler un tant soit peu meilleurs qui ne le sont. […] Comme Epictète l’a fait observer il y a 2000 ans, même si nous avons une vaste capacité de nous changer et d'exercer un contrôle sur nous-mêmes, nous ne disposons pas d'un pouvoir semblable pour commander au comportement des autres. " À retenir...

Enfin, Idée Irrationnelle numéro 10 : " L’idée que vous pouvez atteindre au plus grand bonheur qui soit par la paresse et l'inaction, ou en vous donnant du bon temps, de manière passive et sans jamais vous engager. " Selon Ellis, " la plupart des personnes intelligentes et sensibles ont besoins d’activités pleinement absorbantes pour demeurer heureuses et éveillées au maximum. " On peut, et il le faudrait, vaincre sa paresse en s'absorbant dans des activités créatrices.

J'espère que ces petites suggestions vous seront aussi utiles qu'à moi.

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Véronique Loiseleur

Il y a quelque temps de cela, je vous parlais d'un numéro spécial de Question de... paru chez Albin Michel, qui portait sur Arnaud Desjardins. Je me suis surtout attardé à puiser certaines réflexions dans une allocution prononcée par Arnaud Desjardins, qui portait sur la voie de la réconciliation. Dans ce même numéro, il y a également un témoignage de Véronique Loiseleur, la seconde épouse de Arnaud Desjardins : auteure de Anthologie de la non-dualité, elle dirige la Collection " Chemins de la sagesse " des éditions de la Table Ronde.

D’après :

LOISELEUR, Véronique. " À cœur ouvert ", Question de, Édition Albin Michel, 1998.

Dans ce texte intitulé " À cœur ouvert ", Véronique Loiseleur raconte dans quelles circonstances elle a rencontré Arnaud, il y a plusieurs années de cela. Elle rappelle la rigueur de la démarche qu'il a établie avec elle, rigueur qu’il a gardé intacte tout au long du cheminement de Véronique. "  Arnaud me dit un jour : ' Pourquoi n'écrivez-vous pas une anthologie de textes confirmant l'enseignement de Swâmiji? '

- C’est vrai, Arnaud, j'ai toujours eu envie d'écrire depuis que je suis enfant; mais je comptais le faire plus tard...

-Pourquoi plus tard, pourquoi pas tout de suite? '

- Parce que je n'ai pas encore assez changé…

- Vous n'avez pas besoin d'avoir changé pour écrire cette anthologie. C'est elle, au contraire, qui vous aidera à changer. Depuis des années, vous restez bloquée sur une frustration. Et votre souffrance, c'est justement de n'avoir rien fait de remarquable dans votre vie. Vous vous trouvez médiocre, vous aimeriez tellement pouvoir faire quelque chose qui sorte un peu de l'ordinaire! Le fait d'être publié, de voir votre livre dans la vitrine d'une librairie, vous procurera une gratification qui vous est nécessaire au stade où vous en êtes. ' – Ce genre de propos est assez sévère, merci. – […]

- Il est bien normal que ce projet vous rende heureuse, mais, ajouta-t-il, ne vous laissez pas emporter sans vigilance par l'émotion heureuse, sinon vous allez subir une loi implacable : plus vous allez loin dans l'émotion heureuse, plus vous irez loin ensuite, inévitablement, dans l'émotion malheureuse. "

Finalement, elle s'est mise à l'œuvre mais à un moment, il lui est arrivé quelque chose d'atroce: au cours d'un voyage, elle s'est fait voler la valise dans laquelle se trouvait son manuscrit. Dans son témoignage sur l'incident, elle raconte ce que Arnaud, son maître, lui a dit : " Dans la vie, il existe 90 % de gens qui vivent d'excuses. Les 10 % restant agissent envers et contre tout. Vous perdez votre manuscrit parce qu'on vous vole vos bagages... Pas d'excuses! Je recommence. J'écrirai coûte que coûte. " Elle a recommencé le livre à zéro et il fut ensuite accepté et publié par les éditions de la Table Ronde.

Avant sa publication, Desjardins lui a fait remarquer : " Avec votre anthologie, je prends déjà des risques en la préfaçant. Votre livre comprend certains passages de vous où vous parlez du chemin avec une autorité qui ne correspond pas à votre niveau d'être. Beaucoup de gens qui vous connaissent ne comprendront pas, me demanderont des explications. Je le fais pour vous parce que, dans l'ensemble de votre chemin, il est essentiel qu'un texte de vous soit publié. Je cours aussi le risque que vous croyez que ' c'est arrivé ' et que vous avez fait de grands progrès. "

Depuis...eh bien, il l'a épousée! Ainsi va la vie.

D’après :

LOISELEUR, Véronique. Anthologie de la non-dualité, Éd. La Table ronde, 1981.


le travail sur les émotions

Il s'agit d'une anthologie dans laquelle, bien sûr, madame Loiseleur intervient. Elle dira, à propos du travail sur les émotions : " L'émotion est la preuve d'une perte de contact avec le réel. Elle est une inadéquation de notre être à la réalité. Si nous étions parfaitement adapté à la réalité, il n'y aurait que constat pur et simple de ce qui se passe dans le monde. L'émotion témoigne d'un choc ressenti face à la réalité. L'essentiel est de voir qu'il y a décalage en nous par rapport au déroulement de la vie. C'est donc par le travail sur les émotions qu'il est possible de retrouver le contact avec le réel. " Elle parle aussi de cette " douleur de l'émotion " qui provient de ce conflit entre la réalité et ce qui est souhaité, d’une " relation ambivalente " avec ces émotions qui nous submergent. Tout cela est agrémenté de citations qui viennent de Chögyam Trungpa, Desjardins, Rajneesh, etc.

les opinions

Je voulais en terminant vous parler un peu des opinions. Les opinions ne sont que des opinions. Le problème, c'est que lorsqu'on a une opinion, on la prend pour la réalité. Dans son anthologie, Véronique Loiseleur cite entre autres Marc Aurèle à ce sujet : " Tout est opinion, et l'opinion dépend de toi. Fais disparaître, quand il te plaît, l'opinion; et comme si tu venais de doubler un promontoire, tu trouveras une mer tranquille, la sérénité partout, un port sans tempête. Rejette l'opinion, tu seras sauvé. Qui donc t'empêche de la rejeter? […] Si quelque objet du dehors te chagrine, ce n'est pas lui qui te cause ton chagrin, c'est le jugement que tu en portes, et il ne tient qu'à toi de l'effacer sur le champ de ton âme.[…] Tout ce qui arrive, arrive justement. Quel est donc l'objet sur lequel il faut porter tous nos soins? S'adapter à ce qui nous arrive? Comme la chose nécessaire, qui nous est familière, et qui découle du même principe, de la même source de nous. "

Marc Aurèle était un empereur qui est devenu un sage. C'est rare, très rare...

Chaque homme ne vit que le moment présent, et ne perd que cet unique instant


l’acceptation du présent

" Abandonne-toi sans résistance au destin. Laisse-le filer ta vie avec les événements qui lui plaira. – Il fait référence ici à la Parque, celle qui file la vie – Accommode-toi aux événements que le sort te destine. "

Si nous étions vigilants et attentifs, présents à ce qui est, disait-il aussi. Se contenter du moment présent, c'est goûter et adorer le cosmos dans tout ce qui se rencontre. À souffrir, à faire les choses qui composent par leur succession le moment présent. "

Au fond, la recherche du bonheur, c'est apprendre à penser autrement, et ne pas craindre de changer ses opinions, ses croyances.

L'instant présent

Pour vivre l'instant présent, il est nécessaire de porter sur lui la lumière de l'attention : " Chaque homme ne vit que le moment présent et ne perd que cet unique instant. ", disait Marc Aurèle. Que c'est beau la philosophie !

Accès aux versions enregistrées des émissions "Par 4 chemins" de Radio-Canada.

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