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Émission du mardi 9 février 1999 |
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Santé privée |
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| Les mythes ont bon dos. Ces
dernières années, on entend souvent dire que lÉtat narrive pas à
contrôler les dépenses de santé, mais peut-être serez-vous étonné dapprendre
que le secteur privé est, lui aussi, impuissant à contrôler ses dépenses. Cest
linformation que je viens de découvrir dans un article paru dans le New York
Times et qui a été repris par le Courrier international, dont le titre
est : " Le secteur privé est
impuissant à contrôler les dépenses de santé ". Je me souviens de ces conversations que jai eues avec des médecins très excités par le nouveau système que les compagnies dassurance venaient de mettre sur pied aux États-Unis, et qui se résumait ainsi : telle maladie = trois jours dhospitalisation, pas une journée de plus. Tout est organisé, prévu, à la virgule près. Alors tout le monde sétait dit : " Là, ça va marcher! " Eh bien, lexpérience a démontré que ça ne marche pas |
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ABELSON, Reed. " Le secteur privé est impuissant à contrôler les dépenses de santé ", Courrier international, N° 431, 4-10 février 1999. |
Dans cet article, Reed Abelson résume la situation : " Dernier exemple dune entreprise privée qui na pas réussi à être rentable dans le secteur des soins aux malades, la compagnie dassurance Prudential a vendu son pôle prestations de soins (HMO, Health Maintenance Organisation) en décembre 1998 au groupe Aetna. Malgré tous les efforts déployés par Prudential, cette activité, essentiellement axée sur lencadrement des dépenses de santé, avait enregistré des centaines de millions de dollars de pertes. La compagnie a fini par jeter léponge. " Ces dernières années se sont avérées extrêmement difficiles pour une bonne partie des entreprises qui avaient été créées dans le but de profiter de la manne que représente le système de santé américain (plus de 1 000 milliards de dollars par an). Plus particulièrement, les HMO, qui regroupent assurances, hôpitaux et cabinets médicaux, connaissent de grandes difficultés. La majorité des HMO ont été déficitaires en 1997, avec des pertes cumulées de près de 800 millions de dollars. Certaines, y compris danciens fleurons du secteur comme Oxford Health Plans et United Health Group, ont annoncé des résultats désastreux en 1998. [ ] Leurs profits confortables risquent de se révéler éphémères face à la montée des coûts médicaux, que les HMO non plus ne parviennent pas à maîtriser. " " ' À long terme, ce nest pas possible ', - dit un des spécialistes de la New School for Social Research. - Après avoir rejeté les propositions de ladministration Clinton dinstaurer un système de santé sous le contrôle de lÉtat, continue lauteur de larticle, le pays a décidé que les entreprises dencadrement des soins à but lucratif apporteraient la solution aux problèmes de lexplosion des dépenses de santé. Leur incapacité à résoudre leurs problèmes nest pas seulement un coup dur pour les investisseurs, elle fait douter de la thèse selon laquelle la gestion des soins laissée aux seules forces du marché permettrait dobtenir au bout de quelques années une redistribution efficace des ressources et une maîtrise des dépenses. " Pour résultat que les investisseurs ne veulent plus acheter des actions de ces compagnies. Comme on peut le voir, lentreprise privée nest pas venue à bout non plus de ce problème. Ce qui soulève plus dune question : Dans quelle mesure avons-nous les moyens économiques dexploiter les avancées de la médecine et de la technologie médicale, en général? Parce que la moindre intervention maintenant peut coûter des milliers de dollars. Est-on prêt à faire face à ces dépenses? Ça coûte extrêmement cher, on prolonge la vie, est-ce que cest souhaitable? Finalement, tout le monde est pour la longévité et même limmortalité mais la question est de savoir quel sera le coût social de tout cela. |
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Lincidence des émotions négatives sur la santé |
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| Voir : Le chagrin donne-t-il le rhume? |
Ces extraits que je vous communique proviennent de certains articles de vulgarisation scientifique. Et ce qui ma intéressé particulièrement, cest leur recoupement avec les écoles de pensée, ou des philosophies, plus ou moins orientales, bouddhiste en particulier. Il est question des émotions négatives et de leur influence sur le corps. Cest le propos de Janel Gauthier, de l'Université Laval, dans un article intitulé " Lintelligence émotionnelle " qui est paru dans la revue Interface. |
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GAUTHIER, Janel. " Lintelligence émotionnelle ", Interface, Vol. 20, N° 1, janvier-février 1999. |
" Les faits démontrent que les émotions négatives comme la colère, lanxiété, la dépression, le pessimisme, le sentiment disolement sont aussi toxiques pour la santé que le tabac, explique lauteur. Par exemple, une étude portant sur des patients dun hôpital de Montréal a montré que le risque de décès au cours des six mois suivant une première crise cardiaque était plus élevé chez les dépressifs. Chez les patients les plus déprimés (un sur huit), le taux de mortalité était cinq fois plus élevé, un facteur de risque aussi grave quun dysfonctionnement du ventricule gauche ou des antécédents cardiaques. Une autre étude, portant sur 100 patients ayant subi des greffes de moelle osseuse, a révélé que 12 patients parmi les 13 qui étaient déprimés sont morts dans lannée suivant la greffe, alors que 34 des 87 autres étaient encore vivants deux ans après. " Cest pour vous convaincre de ne pas être déprimé Ou, du moins, de prendre conscience des conséquences que cela peut avoir. Dans la suite de cet article, je reconnais des termes et des intérêts qui pourraient se retrouver, encore une fois, dans des ouvrages de philosophie bouddhiste, ou " bouddhisante ", si vous préférez. " Les faits démontrent aussi quaider les gens à mieux maîtriser leurs émotions négatives peut être aussi payant dun point de vue médical que daider les gros fumeurs à se débarrasser de leur habitude. Dans une étude effectuée à lUniversité de Stanford, on a montré que le risque dune deuxième crise cardiaque pouvait être réduit à moins de 44 % en apprenant aux patients à maîtriser leur colère. Par ailleurs, une étude menée auprès dun groupe de femmes souffrant dun cancer avancé du sein a montré que le fait de pouvoir parler de ses soucis était bénéfique pour leur santé : les patientes qui participaient chaque semaine à des réunions de discussion avec les autres survivaient deux fois plus longtemps que celles qui affrontaient seules leur maladie, soit en moyenne 37 mois pour les unes et 19 mois pour les autres. Notons quaucun traitement médical naurait pu procurer un tel sursis. [ ] Les données prouvant lutilité médicale de répondre aux besoins émotionnels des patients et les liens qui existent entre le centre émotionnel du cerveau et le système immunitaire sont de plus en plus nombreuses et rigoureuses scientifiquement. " Chez certains dentre vous, cela rappellera les nombreuses fois où jai abordé la question de la neuro-psycho-immunologie (en anglais Psycho-neuro-immunology), cest-à-dire le rapport qui existe entre le cerveau, les états dâme et le système immunitaire. Je vous ai déjà parlé de Norman Cousins, le journaliste qui est de ceux qui en ont fait la démonstration, en démontrant jusquà quel point un état desprit positif pouvait contribuer à améliorer la santé. Il a dailleurs écrit un ouvrage qui relate son expérience personnelle à ce sujet. Une autre expérience qui a été menée, à lécole de médecine de Mont Sinaï et à luniversité North Western, portait sur les personnes âgées souffrant dune fracture de la hanche. Elle a démontré que les patients dépressifs qui ont suivi une psychothérapie, en plus de recevoir les soins orthopédiques habituels, sont sortis de lhôpital deux jours plus tôt que les autres. " La dépression multiplie par cinq le risque de décès chez les patients cardiaques ", écrit la journaliste, avant de noter que, dans un éditorial du JAMA (Journal of the American Medical Association) du 20 octobre 1993, on précisait ceci : " Lorsque des facteurs psychologiques comme la dépression et lisolement social permettent didentifier parmi les patients atteints dune maladie coronaire ceux qui courent le plus de risques, il est contraire à léthique de ne pas tenter de réduire ces facteurs. " " La découverte des liens entre les émotions et la santé signifie bien ceci : la pratique médicale qui sattache à combattre les maladies graves ou chroniques, mais néglige les émotions des patients, nest désormais plus adaptée aux réalités. Il est temps que la médecine exploite méthodiquement ces connaissances, " conclut Janel Gauthier, professeur titulaire à lécole de psychologie de lUniversité Laval, dans le numéro de janvier-février 1999 de la revue Interface. Cette publication, qui émane de lAssociation canadienne-française pour lavancement des sciences, se trouve en kiosques. Dailleurs, je trouve quelle est de mieux en mieux faite : les articles sont très intéressants et il y a un travail de vulgarisation scientifique qui est très utile, également. En dautres mots, cest tripatif. La professeure se dit davis que " la recherche sur la santé doit élargir sa vision pour englober les émotions. On peut désormais sappuyer sur des bases scientifiques pour affirmer quon peut améliorer lefficacité médicale, tant au stade de la prévention quà celui du traitement, en soignant les gens physiquement et émotionnellement. " Une autre phrase que lon pourrait retrouver dans un manuel dart de vivre bouddhiste : " Lidée que le mental puisse avoir une quelconque influence sur le corps est encore très mal reçue. " Jai été surpris de retrouver les termes " lidée du mental " dans cet article, car il est plutôt rare de voir cela dans le monde scientifique. |
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Dans ce dossier, Janel Gauthier, sintéresse aussi à lévolution de la vision quon a eue de lintelligence émotionnelle. Depuis près dun siècle, les psychologues sintéressent à lintelligence, mais la vision traditionnelle a donné lieu à tous ces tests de quotient intellectuel, alors que ce nest quun facteur de réussite parmi dautres dans la vie. " Aujourdhui, plusieurs travaux scientifiques indiquent quil existe une gamme de talents et de capacités qui comptent bien plus dans la réussite que ce qui est mesuré dans les tests de QI. [ ] Les résultats obtenus aux examens ne pèsent guère face aux autres caractéristiques de la personnalité. [ ] Les émotions jouent un rôle clé dans lintelligence, les sentiments sont indispensables aux décisions rationnelles, il faut rechercher lharmonie entre notre raison et nos émotions. Cest à travers cette nouvelle vision de lintelligence que sest développé le concept de lintelligence émotionnelle." Il faut maintenant se tourner vers certains chercheurs qui proposent la définition suivante, qui est la plus récente : " Lintelligence émotionnelle représente quatre types dhabiletés :
" La connaissance et la compréhension de ses émotions sont la clé de voûte de lintelligence émotionnelle ", explique plus loin lauteure. En dautres mots, si vous voulez intervenir sur lintelligence émotionnelle, ayez la connaissance, la reconnaissance même, et la compréhension de vos émotions. Revenons sur celles qui ont été mentionnées ailleurs dans cet article : les émotions négatives comme la colère, lanxiété, la dépression, le pessimisme et le sentiment disolement. Il y aussi les cinq cloisons de la médecine bouddhiste tibétaine qui vont dans le même sens mais eux ajoutent à cela la jalousie, lenvie, etc. En dautres mots, il faut voir votre anxiété, voir votre colère, votre dépression, prendre conscience de votre sentiment disolement, cest une façon efficace dintervenir. Mais un petit problème se pose " En effet, les recherches révèlent que lamorce physiologique dune émotion se produit avant que lindividu en ait conscience - donc plus vite tu peux en prendre conscience mieux cest. Vous savez comme moi quil y a des gens que lon rencontre et on sait bien quon risque de se mettre en colère contre eux mieux vaut se désamorcer avant même quils sexpriment. [rires] Cela signifie que les émotions peuvent exercer une influence profonde dans la façon dont nous percevons les choses et y réagissons. " Cest évident, si on est en colère, déprimé, anxieux, etc. que cela colore sérieusement la vision quon a des choses, des êtres, des événements, de tout ce que nous percevons, finalement. " Quand les mouvements affectifs préconscients se précisent, ils finissent par acquérir une force suffisante pour pénétrer le champ de la conscience. Les recherches indiquent aussi que les émotions sont grandement influencées par nos pensées. " Par exemple, si on pense que les gens nous en veulent, on ouvre la porte au sentiment dêtre isolé. Cest relié tout cela, bien sûr. " En acquérant une plus grande conscience de soi, écrit Mme Gauthier, en observant aussi bien nos pensées que nos comportements - observer, être lobservateur - il devient possible de développer dautres aptitudes émotionnelles telles que celle de gérer, justement, ses émotions. " À un moment, elle emploie une formule qui nous est connue : " Un discours intérieur ", se parler à lintérieur de soi, se tenir attentif à ce discours pour le corriger pour quil devienne plus réaliste, plus constructif. Elle suggère de " relaxer profondément, de respirer plus lentement et régulièrement pour mieux réagir physiologiquement ". Dans cet article, on parle également dapproches thérapeutiques pour apprendre aux gens à mieux gérer leurs émotions. Des sujets qui nous sont très familiers à lémission Par Quatre Chemins. |
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La chocolatomanie |
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CHAÎGNE, Marion. " Êtes-vous cacaomane? ", Psychologies, décembre 1998. |
Je ne pensais pas que le mot " flaveurs " existait en français : il sagit du goût et de lodeur perçus simultanément. Oh combien jaime la flaveur du chocolat! Il y a justement un professeur de génie biologique et de toxicologie spécialiste, entre autres choses, du chocolat. Quel beau métier! [rires] " Le chocolat noir est un aliment singulier, observe-t-il. Sa flaveur est une source de plaisir immédiat, celui des sens. Mais il suscite aussi des plaisirs différés dus à sa composition chimique et à ses effets psychophysiologiques. Le comportement ' pseudocompulsif ', le ' besoin ' quil crée chez certains amateurs ainsi que les diverses manifestations qui suivent son ingestion ont amené à accorder à cette composante pharmacologique une importance croissante. " Lorsque je parle du chocolat, si vous pensez à ces tablettes du genre Mars, Oh Henry, etc., détrompez-vous. Peut-être connaissez-vous Suzanne Lévesque qui, pendant plusieurs années, alors quelle faisait de la radio, ne pouvait sempêcher de parler de limportance du chocolat noir dans sa vie. Aujourdhui, pour indiquer quil sagit bien de chocolat noir authentique, on mentionne sur le papier demballage : " 70 % de cacao. " Ce professeur, Henri Chaveron, a observé que parmi les effets stimulants du chocolat, ils " tonifient neurones et muscles - tiens ça peut être utile à la Saint-Valentin [rires] , mais ont aussi des effets euphorisants, antistress et aphrodisiaques [qui] résultent de la présence de substances bioactives. " " Depuis longtemps, explique le professeur Chaveron - dans un encadré -, laction stimulante du chocolat a été corrélée à la présence dalcaloïdes - déf. Substances végétales ayant une puissante action physiologique -, comme la théobromine et la caféine dans le cacao. Dans les années 70, ses effets antidépresseurs ont été mis en relation avec la présence du salsolinole et de la phényléthylamine (PEA). En 1983, à Jérusalem, des chercheurs ont provoqué laccouplement de rats en leur administrant de la PEA, confortant ceux qui attribuent au chocolat des vertus aphrodisiaques. [ ] Les effets secondaires dune consommation massive sont négligeables : pas dinsomnie ni dagitation, pas de prise de poids (à noter une certaine anxiété chez le chocolatovore sevré). Le chocolat est donc une drogue douce, entraînant une ' chocolatomanie ' plutôt quune toxicomanie. " Par conséquent, chers chocolatomanes, vous pouvez continuer à satisfaire votre passion en paix, à la condition que ce soit du chocolat noir. |
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