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Émission du mardi 26 janvier 1999 |
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L'art de dire des bêtises |
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Jai
commencé hier à vous communiquer quelques citations qui sont
tirées de ce quon pourrait appeler le bêtisier du futur. Ne serait-ce que pour
démontrer que certains gestionnaires ont de sérieux problèmes de vision, je vais puiser
encore quelques perles dans ce répertoire.
Ah la bourde, la bourde Pardonnez-moi lexpression, mais il y a donc de belles occasions de fermer sa g qui se perdent ! |
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Internet : la bombe |
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Quelle que soit lissue de laffaire Clinton-Lewinsky, qui nest pas mon objet maintenant, rassurez-vous, il faut dire que cette affaire a contribué considérablement a donner beaucoup de crédit à Internet. Jai appris encore tout récemment que Matt Drudge a révélé en janvier 1998, sur son site Internet, que Newsweek hésitait à sortir laffaire Lewinsky. On a pu voir par la suite linfluence que pouvait représenter Internet car, nous le savons aujourdhui, la nouvelle est partie comme une bombe. En même temps, le magazine en ligne Salon sattirait des ennuis pour avoir publié un rapport sur une aventure extra-conjugale vieille de plus de 30 ans, impliquant le républicain Henry J. Hyde : vous savez ce vieux monsieur qui préside la Commission judiciaire de la chambre qui était chargée de laction préliminaire de la procédure de destitution du président des États-Unis? On dit que la rédaction de Salon a dû évacuer ses locaux à la suite dune alerte à la bombe. Comparé au temps qua pris le téléphone pour parvenir à un développement acceptable, afin quil ny ait pas quune seule personne à avoir le téléphone dans une ville... parce quà une époque, il fallait vraiment être innovateur pour avoir le téléphone. Et celui-là devait se dire :«Qui va être lautre personne pour que je puisse enfin avoir une conversation téléphonique?» Puis il y en a eu un deuxième, puis un troisième. Au début, ces gens ont formé un club, puis dautres se sont procuré un téléphone, et ils ont commencé à se connaître de moins en moins entre eux Cest ainsi que ça a commencé. |
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NAPOLI, Lisa. " Internet fait tourner la tête aux autres médias ", Courrier International, N° 427, du 7 au 13 janvier 1999. |
La radio également a pris beaucoup de temps à sinstaller dans les foyers. De tous les médias modernes depuis le début du siècle, cest vraiment lInternet qui a pris le moins de temps à simposer. En 1995, ils nétaient que 4 % de clients à chercher de linformation via Internet. Aujourdhui, les Américains sont 20 % à le faire, au moins une fois par semaine. Je tire ces informations dune enquête réalisée par Pew Research Center for the People and the Press, publié dans un article de The New York Times et repris dans Courrier International. " Même si les supports traditionnels demeurent les principales sources dinformation Outre-Atlantique - cest-à-dire en Amérique -, le Net a fait une percée au point damener les annonceurs à se tourner vers les sites dinformation pour promouvoir leurs produits ", peut-on lire dans cet article de Lisa Napoli. Pendant un bon six mois, on sétait demandé si des commanditaires accepteraient de simpliquer dans cela : eh bien, il y en a de plus en plus. Que je vous dise aussi que le réseau des réseaux a permis aux utilisateurs de sélectionner des résultats sportifs, de stocker des petites phrases ou des articles complets qui les intéressent. " Lindividu a acquis un plus grand contrôle sur sa consommation dinformation et en particulier, sur le moment où intervient cette consommation, révèle larticle. Cette disponibilité croissante a remis en cause la pression du cycle dinformation sur 24 heures. " Les gens qui veulent toujours que linformation soit dans le temps ce qui me fait penser à la prédiction quavait faite Marshall McLuhan : " Ce qui sera le plus intéressant à la télévision - et maintenant cest vrai aussi pour le Net - ce sera toujours les événements qui se produisent dont on est témoin dans le temps. " Lui au moins a été exact. " Les chaînes de télévision ne rivalisent plus seulement entre elles, elles sont également obligées de lutter contre les offres croissantes disponibles sur leurs propres sites et sur dautres, y compris ceux des journaux qui doivent trouver un moyen de diffuser de linformation tout au long de la journée ", note la journaliste américaine. Cest dans les murs quon voit limportance que prend le Net maintenant. The New York Times raconte quà une époque, " le monologue de Johnny Carson - cétait un animateur démission remarquable - ou un sketch de lémission Saturday Night Live reflétaient les tendances du moment. Aujourdhui, les bavardages de bureaux se nourrissent des caricatures et des blagues qui arrivent dans les boîtes à lettres électroniques. " Je pense aux caricatures horribles quon a fait circuler sur laffaire Clinton-Lewinsky Il y a un caricaturiste du nom de Bob Hirschfeld qui travaillait autrefois pour les journaux et qui alimente maintenant chaque jour dun nouveau dessin son site Web, grâce à un commanditaire qui lui en offre le luxe. Finalement, les gens se retrouvent là et aussi longtemps que des milliers de curieux vont venir sur les sites, les annonceurs verront à ce que leurs produits ou leurs services soient présents sur le Net. |
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Réfléchir au prochain siècle |
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la
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Le thème principal était le suivant : " Le 21e siècle aura-t-il lieu? " Ce colloque a donné lieu à des discussions sur des problèmes majeurs, autour des questions suivantes : Quel est lavenir dans lespace? Avons-nous cessé dêtre réels? Y aura-t-il à manger pour tous? Va-t-on vers des guerres de leau? Vers le choc des cultures? Vers des cultures hybrides? Vers la fin de la démocratie et lapartheid urbain, ou vers un nouveau contrat social? Quelles seront les frontières de léducation, du travail et de la création artistique? Grâce à Internet, jai pu me plonger avec délice dans ces 41 pages que contient le site en question. On y présente, entre autres, le programme de chacune des trois journées, et la liste de ceux qui ont participé au colloque - dont le Canadien Kimon Valaskakis, qui est notre ambassadeur à lUNESCO, Jean Baudrillard, Edgar Morin, Hisanori Isomura. Dautres sujets importants ont été abordés, tels que : Quelles langues va-t-on parler? Les femmes et le 21e siècle, etc. Il y a eu aussi, bien sûr, lallocation douverture de Frederico Mayor, qui a insisté sur la nécessité dune véritable prospective. " Le 21e siècle aura-t-il lieu? demandait-il en premier lieu. Personne ne doute que nous franchirons au moins léchéance! Nous sommes dailleurs déjà dans le 21e siècle depuis la chute de diverses idéologies et les révolutions technologiques, affirmait le directeur général de lUNESCO. Cependant, rien ne garantit que le prochain siècle sera conforme aux attentes et aux espoirs des hommes. De même nous ne sommes pas à labri de la barbarie. Le 21e siècle ne devra pas être celui des faux-semblants, ou des simulacres [ ]. Sinon, le prochain siècle naura pas lieu. " En rassemblant quelques-uns des meilleurs esprits de notre temps, lUNESCO doit durant ces Journées donner tout son sens à la visée prospective. Il sagit bien de comprendre dune part, et dimaginer dautre part, pour penser à ce que personne na encore pensé. Seul lhomme a cette capacité, synonyme despoir. Réfléchir au prochain siècle, peut aussi permettre de rêver et de tenter limpossible. " Il donne ainsi une définition de la prospective qui ne tient pas de la futurologie. Si on dit quaujourdhui il y a telle chose et que dans vingt ans, ça deviendra telle chose, on fait de la futurologie. La prospective, cest le contraire. Elle consiste à se projeter, à imaginer lavenir, en disant : " Dans vingt ans, on voudrait que ça se passe de telle façon alors, quest-ce quon doit faire maintenant pour que ça se réalise dans vingt ans? " Mayor rappelle que " lhomme daujourdhui sarroge des droits sur celui de demain. Pourquoi les hommes se donnent-ils, par exemple, le droit dinfliger de lourds dommages à la planète? demande-t-il. Lors de la dernière conférence générale, lUNESCO sest donné deux instruments pour contrer cette tendance : sa déclaration sur les responsabilités des générations présentes envers les générations futures et la déclaration sur le génome humain et les droits de lhomme. " |
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Fétichisme et fantasmes :
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Le fétichisme cest beaucoup dire, parce que je nai pas envie de vous parler de la dimension perverse du fétichisme : au fond, ça nintéresse personne ou si peu de gens. Il y a des êtres qui sont très pris par ce problème et qui concentrent tous leurs désirs sur la partie au lieu du tout : le pied, le genou, la cheville Mais ce qui est le plus intéressant, finalement, cest de réaliser que laccessoire peut tout à coup devenir le détail qui nous ramène à lessentiel, curieusement. Ou alors le rituel du vêtement ou le simple fait de sêtre vêtu, de sêtre préparé pour un rituel. |
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DURAND, Christine. " Lobjet du désir ", QUO, décembre 1998. |
Jai sous les yeux un article du magazine QUO qui parle de cette question-là. Ludovic, un jeune homme de 25 ans témoigne : " Pour atteindre le 7e ciel, jai impérativement besoin que ma copine porte des talons aiguilles. " Tous les goûts sont dans la nature. Victor, lui, avoue quil aime les corsets. " Rien de tel pour un homme étroitement corseté que de faire lamour avec une femme elle aussi corsetée. " Cela doit lui rappeler cette phase heureuse lorsquil était emmailloté par sa maman quand il était tout petit On a interrogé le docteur Gilbert Tordjman, président de lAssociation mondiale de sexologie, sur la normalité davoir une certaine dose de fétichisme : " Si le fétichisme est une forme de complicité sexuelle dans le couple où il induit un plaisir partagé non imposé, il na rien de pervers, fait remarquer lexpert. Un homme sera volontiers excité à la vue dune lingerie sexy ou de talons aiguilles, une femme peut être particulièrement sensible à une partie du corps, comme les fesses par exemple, mais ils nauront pas forcément besoin de ces accessoires pour accéder au plaisir avec leur partenaire. Cette composante fétichiste, très fréquente, sert alors uniquement de stimulus érotique préalable à la relation sexuelle. Autrement dit, elle est parfaitement normale, voire souhaitable ", dit-il. On lui a ensuite posé cette question : " Le fétichisme peut donc enrichir la relation sexuelle du couple? " " Absolument, a-t-il répondu. Il fonctionne alors comme un puissant aphrodisiaque. La sexualité et le désir ont besoin dêtre agrémentés de mystères, de jeux, dinterdits à transgresser... Partager ses fantasmes fétichistes avec son partenaire peut être un excellent moyen de pimenter la vie sexuelle. Dans ce sens, le fétichisme peut être tout à fait bénéfique à lépanouissement du couple. " " Cela voudrait dire que le fétichisme concerne monsieur Tout-le-Monde... ", lui a fait remarquer le journaliste. " Bien sûr, a répondu le Dr Tordjman. Nous sommes tous des fétichistes en puissance, surtout les hommes. Mais sil y a respect du partenaire, satisfaction réciproque, complicité, tous nos fantasmes sont admissibles, y compris ceux liés au fétichisme. Ils font tout simplement partie de la panoplie des jeux érotiques... " Vous ne pourrez pas dire que je ne vous ai pas fini ça en beauté, non? Cest le pied! [rires] |
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