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Émission du mardi 26 janvier 1999

L'art de dire des bêtises

J’ai commencé hier à vous communiquer quelques citations qui sont tirées de ce qu’on pourrait appeler le bêtisier du futur. Ne serait-ce que pour démontrer que certains gestionnaires ont de sérieux problèmes de vision, je vais puiser encore quelques perles dans ce répertoire.
Il y a celle-ci, par exemple, qui n’est pas mal du tout : " Qui diable voudrait entendre les acteurs parler? " Qui a dit ça? Harry M. Warner, de Warner Brothers, en 1927.
" La télévision ne pourra rester sur le marché plus de six mois. Les gens se fatigueront de regarder une boîte en contreplaqué tous les soirs. " C’est ce qu’estimait Daryl F. Zanuck, président de la 20th Century Fox, en 1946.
" L’homme n’atteindra jamais la Lune, en dépit de toutes les futures avancées de la science. " C’est ce que prétendait le Dr Lee De Forrest, l’un des inventeurs de la radio, en 1967.
" Il n’y a aucune raison pour qu’un individu quelconque possède un ordinateur chez lui ", avançait Kenneth Olsen, président fondateur de Digital Equipment, en 1977.

Ah la bourde, la bourde…Pardonnez-moi l’expression, mais il y a donc de belles occasions de fermer sa g… qui se perdent !

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Internet : la bombe


Quelle que soit l’issue de l’affaire Clinton-Lewinsky, qui n’est pas mon objet maintenant, rassurez-vous, il faut dire que cette affaire a contribué considérablement a donner beaucoup de crédit à Internet. J’ai appris encore tout récemment que Matt Drudge a révélé en janvier 1998, sur son site Internet, que Newsweek hésitait à sortir l’affaire Lewinsky. On a pu voir par la suite l’influence que pouvait représenter Internet car, nous le savons aujourd’hui, la nouvelle est partie comme une bombe. En même temps, le magazine en ligne Salon s’attirait des ennuis pour avoir publié un rapport sur une aventure extra-conjugale vieille de plus de 30 ans, impliquant le républicain Henry J. Hyde : vous savez ce vieux monsieur qui préside la Commission judiciaire de la chambre qui était chargée de l’action préliminaire de la procédure de destitution du président des États-Unis? On dit que la rédaction de Salon a dû évacuer ses locaux à la suite d’une alerte à la bombe.

Comparé au temps qu’a pris le téléphone pour parvenir à un développement acceptable, afin qu’il n’y ait pas qu’une seule personne à avoir le téléphone dans une ville... parce qu’à une époque, il fallait vraiment être innovateur pour avoir le téléphone. Et celui-là devait se dire :«Qui va être l’autre personne pour que je puisse enfin avoir une conversation téléphonique?» Puis il y en a eu un deuxième, puis un troisième. Au début, ces gens ont formé un club, puis d’autres se sont procuré un téléphone, et ils ont commencé à se connaître de moins en moins entre eux… C’est ainsi que ça a commencé.

D’après :

NAPOLI, Lisa. " Internet fait tourner la tête aux autres médias ", Courrier International, N° 427, du 7 au 13 janvier 1999.


La radio également a pris beaucoup de temps à s’installer dans les foyers. De tous les médias modernes depuis le début du siècle, c’est vraiment l’Internet qui a pris le moins de temps à s’imposer. En 1995, ils n’étaient que 4 % de clients à chercher de l’information via Internet. Aujourd’hui, les Américains sont 20 % à le faire, au moins une fois par semaine. Je tire ces informations d’une enquête réalisée par Pew Research Center for the People and the Press, publié dans un article de The New York Times et repris dans Courrier International.

" Même si les supports traditionnels demeurent les principales sources d’information Outre-Atlantique  - c’est-à-dire en Amérique -, le Net a fait une percée au point d’amener les annonceurs à se tourner vers les sites d’information pour promouvoir leurs produits ", peut-on lire dans cet article de Lisa Napoli. Pendant un bon six mois, on s’était demandé si des commanditaires accepteraient de s’impliquer dans cela : eh bien, il y en a de plus en plus. Que je vous dise aussi que le réseau des réseaux a permis aux utilisateurs de sélectionner des résultats sportifs, de stocker des petites phrases ou des articles complets qui les intéressent.

" L’individu a acquis un plus grand contrôle sur sa consommation d’information et en particulier, sur le moment où intervient cette consommation, révèle l’article. Cette disponibilité croissante a remis en cause la pression du cycle d’information sur 24 heures. " Les gens qui veulent toujours que l’information soit dans le temps…ce qui me fait penser à la prédiction qu’avait faite Marshall McLuhan : " Ce qui sera le plus intéressant à la télévision - et maintenant c’est vrai aussi pour le Net - ce sera toujours les événements qui se produisent dont on est témoin dans le temps" Lui au moins a été exact.

" Les chaînes de télévision ne rivalisent plus seulement entre elles, elles sont également obligées de lutter contre les offres croissantes disponibles sur leurs propres sites et sur d’autres, y compris ceux des journaux qui doivent trouver un moyen de diffuser de l’information tout au long de la journée ", note la journaliste américaine. C’est dans les mœurs qu’on voit l’importance que prend le Net maintenant. The New York Times raconte qu’à une époque, " le monologue de Johnny Carson - c’était un animateur d’émission remarquable - ou un sketch de l’émission Saturday Night Live reflétaient les tendances du moment. Aujourd’hui, les bavardages de bureaux se nourrissent des caricatures et des blagues qui arrivent dans les boîtes à lettres électroniques. " Je pense aux caricatures horribles qu’on a fait circuler sur l’affaire Clinton-Lewinsky… Il y a un caricaturiste du nom de Bob Hirschfeld qui travaillait autrefois pour les journaux et qui alimente maintenant chaque jour d’un nouveau dessin son site Web, grâce à un commanditaire qui lui en offre le luxe.

Finalement, les gens se retrouvent là et aussi longtemps que des milliers de curieux vont venir sur les sites, les annonceurs verront à ce que leurs produits ou leurs services soient présents sur le Net.

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Réfléchir au prochain siècle

la nature
l’utopie
la juvenilisation
les enfants
l’espace
la mémoire de l’expérience
la prospective
la mondialisation
l’eau et la nourriture
la pollution
la culture
les médias et la communication
les femmes
la connaissance et l’éducation
l’avenir


Récemment, avec ma compagne, je suis allé surfer sur le Net. Nous avons ainsi pris connaissance du programme et du contenu du dernier grand forum de l’UNESCO  un colloque de trois jours, tenu à Paris en septembre dernier, qui s’intitulait Dialogues du 21e siècle.

Le thème principal était le suivant : " Le 21e siècle aura-t-il lieu? " Ce colloque a donné lieu à des discussions sur des problèmes majeurs, autour des questions suivantes : Quel est l’avenir dans l’espace? Avons-nous cessé d’être réels? Y aura-t-il à manger pour tous? Va-t-on vers des guerres de l’eau? Vers le choc des cultures? Vers des cultures hybrides? Vers la fin de la démocratie et l’apartheid urbain, ou vers un nouveau contrat social? Quelles seront les frontières de l’éducation, du travail et de la création artistique?

Grâce à Internet, j’ai pu me plonger avec délice dans ces 41 pages que contient le site en question. On y présente, entre autres, le programme de chacune des trois journées, et la liste de ceux qui ont participé au colloque - dont le Canadien Kimon Valaskakis, qui est notre ambassadeur à l’UNESCO, Jean Baudrillard, Edgar Morin, Hisanori Isomura. D’autres sujets importants ont été abordés, tels que : Quelles langues va-t-on parler? Les femmes et le 21e siècle, etc.

Il y a eu aussi, bien sûr, l’allocation d’ouverture de Frederico Mayor, qui a insisté sur la nécessité d’une véritable prospective. " Le 21e siècle aura-t-il lieu? demandait-il en premier lieu. Personne ne doute que nous franchirons au moins l’échéance! Nous sommes d’ailleurs déjà dans le 21e siècle depuis la chute de diverses idéologies et les révolutions technologiques, affirmait le directeur général de l’UNESCO. Cependant, rien ne garantit que le prochain siècle sera conforme aux attentes et aux espoirs des hommes. De même nous ne sommes pas à l’abri de la barbarie. Le 21e siècle ne devra pas être celui des faux-semblants, ou des simulacres […]. Sinon, le prochain siècle n’aura pas lieu.

" En rassemblant quelques-uns des meilleurs esprits de notre temps, l’UNESCO doit durant ces Journées donner tout son sens à la visée prospective. Il s’agit bien de comprendre d’une part, et d’imaginer d’autre part, pour penser à ce que personne n’a encore pensé. Seul l’homme a cette capacité, synonyme d’espoir. Réfléchir au prochain siècle, peut aussi permettre de rêver et de tenter l’impossible. " Il donne ainsi une définition de la prospective qui ne tient pas de la futurologie. Si on dit qu’aujourd’hui il y a telle chose et que dans vingt ans, ça deviendra telle chose, on fait de la futurologie. La prospective, c’est le contraire. Elle consiste à se projeter, à imaginer l’avenir, en disant : " Dans vingt ans, on voudrait que ça se passe de telle façon alors, qu’est-ce qu’on doit faire maintenant pour que ça se réalise dans vingt ans? "

Mayor rappelle que " l’homme d’aujourd’hui s’arroge des droits sur celui de demain. Pourquoi les hommes se donnent-ils, par exemple, le droit d’infliger de lourds dommages à la planète? demande-t-il. Lors de la dernière conférence générale, l’UNESCO s’est donné deux instruments pour contrer cette tendance : sa déclaration sur les responsabilités des générations présentes envers les générations futures et la déclaration sur le génome humain et les droits de l’homme. "


la nature

" Dans quel temps vivrons-nous? " C’était le titre de la conférence du professeur Prigogine, dont je vous cite quelques passages : " La nature est plus riche et plus complexe que l’homme ne l’avait imaginée vers 1900. Sans doute le prochain siècle verra-t-il immerger une nouvelle définition de la raison où la raison sera liée à l’incertitude sans contradiction. " C’est l’homme qui a mis l’accent beaucoup justement sur l’incertitude… Cet exposé portait sur la pluralité des futurs, flèche du temps et fin des certitudes. La fin des certitudes, c’est l’un de ses grands thèmes. Son propos commençait de la manière suivante : " La question centrale de cette manifestation marque l’incertitude de l’homme face à son destin. Reste que la manifestation elle-même montre que l’homme veut s’interroger aussi sur les alternatives possibles. "


l’utopie

Ensuite, dans un dialogue entre divers intervenants, on a parlé de l’utopie : de la nécessité de la renouveler, de s’interroger sur de nouvelles utopies pour le 21e siècle, sur le fait qu’il faudrait repérer une conjoncture dans laquelle la conception du futur peut être repensée. On en est là.


la juvenilisation

Une des intervenants, lors de ce colloque, a mis l’accent sur le conflit qui existe entre le vieillissement de la population dans les pays développés et, au contraire, la juvenilisation dans les pays en voie de développement. Ce qui nous mène vers des problématiques dont il est plus que temps de tenir compte.


les enfants

Un exposé s’intitulait : " Y aura-t-il encore un enfant dans la salle? " " L’enfant est une notion définie largement, […] qui relève de thématiques liées par nature à l’avenir, expliquait l’intervenant. Pourtant le 20e siècle a été celui de conflits impliquant des enfants. Dans le même temps, des progrès ont été réalisés, comme le prouvent les chiffres de mortalité infantile. " On doit, entre autres, continuer à poursuivre la lutte contre le travail des enfants


l’espace

" Quel est l’avenir dans l’espace? " se demandait Sheik Modibo Diarra et André Lebeau. " Sommes-nous seuls dans l’univers? " Il faut trouver une réponse à cette question-là avec une certitude, de même que " D’où venons-nous? " " D’autres interrogations portent sur notre environnement, notamment sur la perspective de lutter contre la dégradation de la couche d’ozone. S’y ajoutent enfin les progrès réalisés dans la conception des vaisseaux. " Il s’agissait ici d’expliquer l’intérêt que représente la poursuite de la conquête de l’espace dans les années qui viennent.


la mémoire de l’expérience

À un moment, un autre participant a amené la réflexion suivante : " Personne ne sait ce qui va se passer demain. La réalité humaine est donc particulière : l’homme est en permanence sur une falaise et l’avenir est fait d’innombrables possibilités. Penser à l’âge de l’information fait que l’on conçoit le passé comme plus fluide. À l’inverse, les encyclopédies mises en ligne ne sont jamais obsolètes et la mémoire n’est plus statique. " Cet exposé qui s’adresse en particulier à ceux qui s’occupent des techniques et de la technologie de la communication, est une invitation à mettre la mémoire en ligne pour qu’on puisse y avoir accès et profiter de l’expérience humaine avant qu’il ne soit trop tard. 


la prospective

Hugues de Jouvenel, l’un des grands pontes sinon le pape, pour ainsi dire, de la prospective, participait à une table ronde dont le thème principal était : " Prospective et incertitude : quel futur pour le futur? " " Hugues de Jouvenel souligne, en guise d’introduction, que le titre de cette table ronde impose de rappeler quelques données élémentaires sur la nature particulière du futur. C’est un domaine de liberté, de pouvoir et de volonté. De liberté car, au contraire du passé, le futur n’est pas prédéterminé mais ouvert à plusieurs évolutions possibles. Reste que nous pouvons réagir à cette non-détermination comme sujets qui agissent ou qui connaissent. Ces derniers aiment retrouver des lignes connues. Les prospectivistes estiment à l’inverse qu’il n’est pas pertinent de prolonger les tendances du passé. Et c’est tant mieux puisque cela permet l’action! De pouvoir, puisque l’anticipation peut renseigner les hommes sur les actions pouvant encore infléchir le cours des choses ou les préparer à ce qui va arriver. Le futur est enfin un domaine de volonté car il importe avant tout de savoir où l’on souhaite aller. " C’est un très bel exposé qui, en quelques lignes, résume bien la prospective.

À propos de prospective, parce que c’est un colloque qui porte essentiellement là-dessus. " Kimon Valaskakis - notre représentant à l’Unesco - remarque que les clichés sur les évolutions du monde n’empêchent pas dualités (mondialisation générant des richesses mais limitées à un tiers des hommes, par exemple) et paradoxes (période de paix marquée par une forte insécurité). Les gouvernements, dit-il, sont dépassés par les événements. Les prospectivistes le sont également. Un mea culpa est-il donc nécessaire? En tout état de cause, le futur est arrivé avec une banalisation de la prospective. - On dirait que le futur qui arrive dépasse la possibilité qui s’offre d’inventer le futur… - De plus, les gourous de la discipline deviennent rares; le futur n’est d’ailleurs plus aux mains des futuristes. D’où l’intérêt de la communication et du refus de l’auto-marginalisation. Enfin, les prospectivistes ne sont pas assez orientés vers des solutions concrètes ", concluait Valaskakis.


la mondialisation

On parle de mondialisation : " La mondialisation a touché le capital et non le travail, affirmait-on dans l’une des interventions intitulées " Fin du contrat social ou nouveau contrat social ". Et les crises sont devenues innombrables. Comme la mondialisation ne peut pas être stoppée, l’État Providence doit être refondé. " Cet aspect revient souvent dans les interrogations.


l’eau et la nourriture

" Y aura-t-il à manger pour tous? ", se demande-t-on. Et l’eau? Les ressources renouvelables en eau douce permettent de répondre aux besoins à 85 %, mais il y a une menace qui pèse : " Plusieurs facteurs sont déterminants pour l’avenir, note-t-on : changements climatiques, modifications entropiques et influence directe de l’homme. " Aussi :" L’eau n’est pas inépuisable du fait des limites de la nature, notait Jean Margat.


la pollution

" La chimie entoure les hommes mais ces derniers n’ont pas, du fait de la transformation des produits, forcément conscience de son omniprésence, soulignait-on lors d’une intervention intitulée ' Une nouvelle menace pour la biosphère et pour la santé humaine : pollution chimique et pollution invisible '. Au Honduras, près de 5 000 ouvriers des bananeraies sont devenus stériles du fait de l’utilisation d’un produit chimique interdit aux États-Unis depuis 1979, le DBCP. Pourquoi ce produit est-il toujours employé? S’agit-il toujours du profit à court terme et du contrôle de l’information par les industriels? - Une deuxième question tout aussi importante que la première - Les produits chimiques sont-ils alors responsables de certaines inégalités du monde? " se demande-t-on.


la culture

On a parlé de culture également : " La croissance des identités mixtes est nette mais va de pair avec l’émergence d’angoisses et d’incertitudes liées à l’identité. Ainsi des violences exercées à l’encontre d’identités par d’autres identités. La multiplication des identités en conflit est certaine ", affirmait-on. Je suis toujours étonné de constater, lorsque je me promène dans certaines rues de Montréal, que dans l’espace de cinq minutes, on peut maintenant entendre quatre, cinq langues différentes : portugais, italien, espagnol, arabe et même du français… Oui, oui, j’en entends encore à l’occasion…


les médias et la communication

" Jean Baudrillard, écrivait-on en résumé de son intervention sur l’avenir des médias et de la communication, se demande si les hommes ont cessé d’être réels face à l’immatériel, au cyberespace et au clonage. " Il a un peu l’impression, dit-il, qu’on perd pied face à tout cela. " Selon lui, la sophistication des médias est forcément corrélée à l’évanescence croissante des messages. La question renvoie donc au bon usage des médias. "


les femmes

Il y a également la question des femmes qui se précise, qui évolue beaucoup dans le monde. Par exemple, revenant sur l’expérience de Villa El Salvador, une intervenante a fait valoir le fait que les jeunes filles y ont des enfants trop jeunes, ce qui a un impact en termes d’éducation, mais 37 % des foyers ont des femmes comme chefs. Elles sont de plus en plus intégrées dans l’économie locale. Par contre, face aux pollutions chimiques, elles subissent d’importantes conséquences sur les organes de la reproduction.


la connaissance et l’éducation

Edgar Morin, bien sûr, participait à ce colloque. Comme il était appelé à parler des nouvelles frontières de l’éducation, il a souligné dans son exposé que " l’avenir de l’éducation sera marqué par un grand défi : comment résoudre l’apparente contradiction entre des problèmes qui deviennent de plus en plus globaux et des modes de connaissance de plus en plus locaux, fragmentés, parcellaires? - Il va mettre l’accent, je sens ça, sur l’importance de s’entraîner à la complexité, penser d’une façon complexe… - La connaissance doit de plus en plus souvent faire le lien entre le global et le local et l’on peut penser que ce mouvement ira en s’amplifiant dans l’avenir. Cela signifie que nous avons besoin d’une pensée capable à la fois de contextualiser le particulier, le local, et de concrétiser le global. D’où la nécessité d’une réforme de notre mode de pensée et, par conséquent, de notre système éducatif. - On en est encore loin... - Mieux vaut une tête bien faite qu’une tête bien pleine ", rappelle-t-il.


l’avenir

" Personne ne sait ce qui va se passer demain, affirmait Bill Viola. La réalité humaine est donc particulière : l’homme est en permanence sur une falaise et l’avenir est fait d’innombrables possibilités. Penser à l’âge de l’information fait que l’on conçoit le passé comme plus fluide. À l’inverse, les encyclopédies mises en ligne ne sont jamais obsolètes et la mémoire n’est plus statique. "

Je ne serais pas surpris que tout ce matériel fasse l’objet d’un livre à un moment donné : c’est l’évidence même. Mais pour l’instant, c’est déjà colossal tout ce qu’on peut découvrir sur Internet à propos de ces questions majeures.

Site à visiterLe grand forum de l’UNESCO :  http://www.unesco.org/aforum

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Fétichisme et fantasmes :
pour pimenter sa vie de couple


En terminant, j’aimerais vous parler un peu de fétichisme et de fantasmes. Il y a longtemps qu’on n’a pas parlé de sexe, après tout! [rires]

Le fétichisme… c’est beaucoup dire, parce que je n’ai pas envie de vous parler de la dimension perverse du fétichisme : au fond, ça n’intéresse personne ou si peu de gens. Il y a des êtres qui sont très pris par ce problème et qui concentrent tous leurs désirs sur la partie au lieu du tout : le pied, le genou, la cheville… Mais ce qui est le plus intéressant, finalement, c’est de réaliser que l’accessoire peut tout à coup devenir le détail qui nous ramène à l’essentiel, curieusement. Ou alors le rituel du vêtement ou le simple fait de s’être vêtu, de s’être préparé pour un rituel.

D’après :

DURAND, Christine. " L’objet du désir ", QUO, décembre 1998.


J’ai sous les yeux un article du magazine QUO qui parle de cette question-là. Ludovic, un jeune homme de 25 ans témoigne : " Pour atteindre le 7e ciel, j’ai impérativement besoin que ma copine porte des talons aiguilles. " Tous les goûts sont dans la nature. Victor, lui, avoue qu’il aime les corsets. " Rien de tel pour un homme étroitement corseté que de faire l’amour avec une femme elle aussi corsetée. " Cela doit lui rappeler cette phase heureuse lorsqu’il était emmailloté par sa maman quand il était tout petit…

On a interrogé le docteur Gilbert Tordjman, président de l’Association mondiale de sexologie, sur la normalité d’avoir une certaine dose de fétichisme : " Si le fétichisme est une forme de complicité sexuelle dans le couple où il induit un plaisir partagé non imposé, il n’a rien de pervers, fait remarquer l’expert. Un homme sera volontiers excité à la vue d’une lingerie sexy ou de talons aiguilles, une femme peut être particulièrement sensible à une partie du corps, comme les fesses par exemple, mais ils n’auront pas forcément besoin de ces accessoires pour accéder au plaisir avec leur partenaire. Cette composante fétichiste, très fréquente, sert alors uniquement de stimulus érotique préalable à la relation sexuelle. Autrement dit, elle est parfaitement normale, voire souhaitable ", dit-il.

On lui a ensuite posé cette question : " Le fétichisme peut donc enrichir la relation sexuelle du couple? " " Absolument, a-t-il répondu. Il fonctionne alors comme un puissant aphrodisiaque. La sexualité et le désir ont besoin d’être agrémentés de mystères, de jeux, d’interdits à transgresser... Partager ses fantasmes fétichistes avec son partenaire peut être un excellent moyen de pimenter la vie sexuelle. Dans ce sens, le fétichisme peut être tout à fait bénéfique à l’épanouissement du couple. "

" Cela voudrait dire que le fétichisme concerne monsieur Tout-le-Monde... ", lui a fait remarquer le journaliste. " Bien sûr, a répondu le Dr Tordjman. Nous sommes tous des fétichistes en puissance, surtout les hommes. Mais s’il y a respect du partenaire, satisfaction réciproque, complicité, tous nos fantasmes sont admissibles, y compris ceux liés au fétichisme. Ils font tout simplement partie de la panoplie des jeux érotiques... "

Vous ne pourrez pas dire que je ne vous ai pas fini ça en beauté, non? C’est le pied! [rires]

Accès aux versions enregistrées des émissions "Par 4 chemins" de Radio-Canada.

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