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Émission du lundi 25 janvier 1999

Petites perles du bêtisier

Il existe tout un bêtisier du futur. On pourrait établir une longue liste de ces gens qui, à différentes époques, se sont prononcés sur tout et sur rien, tout comme on le fait aujourd’hui d’ailleurs, et qui ont exprimé un tas de bêtises. Voici quelques perles :

D'autres perles
du même acabit

En 1897, Lord Kelvin, un mathématicien et physicien anglais, a dit : " La radio n’a pas d’avenir ".
Charles Duell le directeur de la Commission des brevets américaine, affirmait en 1899 : " Tout ce qu’on peut inventer a déjà été inventé. "
Ou encore, ce que prétendait le Maréchal Foch en 1911 : " Les avions sont des jouets intéressants mais sans aucune valeur militaire. "
Un certain Dr Lee De Forrest, sociologue de Harvard a dit en 1967 : " À la fin du siècle, s’il y a quelque chose qui restera inchangé, ce sera le rôle des femmes. "
En 1945, le fondateur de IBM, Thomas Watson a dit : " La demande mondiale d’ordinateurs n’excédera pas cinq machines. "

Le ridicule ne tue pas, dit-on, mais ils sont tous morts quand même.

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Alimentation :
l’horreur se cache dans les gâteaux et les biscuits

Ah! Tout ce qu’il faut apprendre ces années-ci. Apprendre à bien manger, par exemple. L’autre jour, je m’entretenais avec le très remarquable Daniel Pinard qui parlait d’un peu de tout et de bouffe en particulier, bien sûr : j’aime mieux ne pas répéter tout ce qu’il nous a raconté, parce qu’il ne resterait pas grand-chose de vrai dans tous les régimes alimentaires connus. [rires]

Par exemple, nous sommes tous au courant que les gâteaux n’ont pas la cote chez les diététiciens parce qu’ils sont chargés de mauvaises graisses et de sucre. Mais qu’ils viennent d’un pâtissier ou de l’épicerie, c’est du pareil au même : le saviez-vous?

D’après :

SOUCCAR, Thierry. " Tout savoir sur… Les gâteaux ", Sciences et avenir, décembre 1997.


Tiens, jouons un peu à vrai ou faux. " Les biscuits contiennent des huiles hydrogénées, source de graisse indésirable " : vrai ou faux? " Vrai. Beaucoup de gâteaux du commerce font appel à des huiles partiellement hydrogénées, c’est-à-dire des corps gras liquides bombardés d’hydrogène pour leur donner les qualités du beurre : texture, saveur, durée de vie. À l’état naturel, les huiles végétales contiennent des acides gras insaturés qu’on appelle " cis ", dont les molécules présentent une incurvation. L’hydrogénation les redresse. Ces molécules redressées sont appelées acides gras " trans " ".

Je pense que vous avez compris, messieurs dames, qu’il s’agit d’un gourmand qui tente de trouver des justifications à son vice : un vice qui, dans son cas, ne pourrait se cacher, étant donné que le gourmand en question est assez gros pour donner l’impression de bouffer et d’aimer ça!

" Les gâteaux et les biscuits participent à la couverture des besoins en fibres " : vrai ou faux? C’est faux. " Les besoins quotidiens en fibres sont compris entre 25 et 30 g par jour, mais l’alimentation moderne en apporte deux fois moins. Hélas! - Pour certains d’entre vous, et pour moi en particulier… - les biscuits et les gâteaux ne peuvent pas contribuer à ces besoins. La plupart sont fabriqués à partir de farine blanche, quatre à cinq fois moins riche en fibres que la farine complète. La matière première est aussi dépourvue des vitamines et des minéraux d’origine. - Je suis assez triste d’apprendre tout ça! - […] La consommation régulière d’aliments de ce type multiplie par 2,17 le risque de diabète non insulino dépendant. " Ça va…j’ai compris.

Le biscuit maintenant…car il a une histoire. " Les Assyriens, écrivait-on en encart, fabriquaient une galette à partir d’une pâte d’orge et de blé, mise à cuire dans des vases de terre. Au Moyen Âge, le terme " biscuit " se généralise. Il désigne des " pains que l’on appelle besquis parce qu’ils sont cuits deux fois ". À la même époque, se développent les " oublies ", des petits fours croquants, appelés aussi " casse-museaux " à cause de leur dureté. " Puis, on relate qu’arrive Catherine de Médicis à la cour de France en 1533, avec des pâtissiers florentins : non seulement étaient-ils très mignons et très gentils, mais ils étaient d’excellents pâtissiers. Tout pour le bonheur… [rires] Finalement, la fameuse gastronomie française, elle vient d’Italie!

En tous les cas, " c’est le signal de l’engouement pour la pâtisserie : la brioche, les macarons, les frangipanes (inventées par Frangipani) et le biscuit à la cuiller font leur apparition. Au 17e siècle, les biscuits gagnent en variété et en saveur : café, vanille, chocolat, anis, coco, confiture. Au siècle suivant, apparaissent les petits fours, ainsi nommés car ils sont cuits à four presque éteint. Le biscuit énergétique et peu encombrant est embarqué sur les bateaux : des fabriques se développent partout où il existe une activité maritime importante. Au 19e siècle, l’industrie britannique en fabrique de grandes quantités, qu’elle exporte partout où l’on boit du thé.  " La simple évocation des noms des produits me donne l’eau à la bouche : les Belin, la galette Saint-Michel, apparue en 1905...

" Les gâteaux ont leur place dans l’alimentation des sportifs " : vrai ou faux? " Vrai. Au cours d’un exercice prolongé, le sportif doit pouvoir compter sur un approvisionnement ininterrompu en glycogène, une forme de sucre stockée par les muscles et le foie, écrit-on. […] Les biscuits secs peuvent s’intégrer à la préparation d’un exercice physique. Pendant l’exercice et immédiatement après, le sportif peut consommer des gâteaux à index glycémique élevé. " J’aurais dû faire un sportif, tiens!

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Relations mères-filles : des histoires douloureuses


Depuis que je suis sur cette planète, j’ai eu l’occasion d’observer de plus ou moins près les relations mère-fille, qui me paraissent être des relations très particulières. À un moment, la fille cherche tout à coup à s’émanciper du joug que représente sa mère, ensuite elle transforme sa vision du rapport qu’elle a eu avec sa mère lorsqu’elle-même a un premier enfant.

D’après :

NAOURI, Aldo.
Les filles et leurs mères, Éd. Odile Jacob, 1998.


Un pédiatre, spécialiste des relations intra-familiales, le docteur Aldo Naouri, a approfondi cette question. J’avais lu avec intérêt son premier livre : Le couple et l’enfant. Dans son nouvel ouvrage intitulé Les filles et leurs mères, il fait état de ses recherches. Cela se lit un peu comme un récit, comme un roman.

Quelle est la vision d’un pédiatre après avoir rencontré autant de mères avec leurs enfants ? " C’est par centaines que je les ai vues se succéder devant moi. De tous âges, de toutes origines, de toutes humeurs, raconte-t-il. Elles ont ri, elles ont pleuré, elles se sont parfois tues, et elles ont souvent parlé. Je n’en ai jamais rencontré qui n’eût avec son enfant, en toutes circonstances et à tous les âges de la vie, de relation passionnelle. C’est par l’observation de leurs exploits sans nombre que j’en ai appris le plus sur elles comme sur moi-même. C’est par le recueil de leurs paroles que je réussis à m’interroger sur les points communs de leur comportement. Ce sont elles qui, se confiant, m’ont amené à me pencher sur le fond de leur condition. "

" Mais l’amour maternel a aussi son envers, explique-t-on sur la quatrième couverture : le pouvoir que, par-delà les années, les mères gardent sur leurs filles influant ainsi sur leur vie toute entière. " J’ai eu l’occasion d’observer ce phénomène. Ce qui m’amène à penser que les femmes méditent leur libération depuis au moins un siècle, la dernière vague en tous les cas, et tout à coup, arrive ce docteur Aldo Naouri, qui nous donne l’impression qu’elles sont victimes d’une oppression fondamentale dont elles n’ont pas conscience : celle qu’elles s’infligent de mère en fille, à travers la maternité. Troublant…

D’après :

NAOURI, Aldo. " Mère-filles : la tyrannie de l’amour ", Le Nouvel Observateur, 4 au 10 juin 1998.


L’auteur explique sa démarche dans une entrevue qu’il a accordée en juin dernier au Nouvel Observateur : " Au départ, en tant qu’homme, j’avais imaginé, comme cela s’était toujours laissé entendre, que l’accord le plus parfait pouvait exister entre mères et filles, sauf exception. Mais en 35 ans de métier, le pédiatre que je suis aussi a découvert le contraire en écoutant si souvent les jeunes mères raconter des choses stupéfiantes sur leur relation à leurs propres mères. Des histoires toujours douloureuses. Ce vécu n’a jamais été mis au jour. S’interroger sur lui relevait de l’impudeur, au nom du caractère sacré de la transmission de la vie. Il m’a semblé qu’il était temps de sortir de l’obscurité qui a enveloppé jusqu’ici les relations entre les mères et les filles. " Et curieusement, c’est un homme qui le fait…

D’où la question qu’on lui posait : " C’est donc en devenant mère qu’une femme ressentirait le plus les problèmes qu’elle a ou qu’elle a eus avec sa propre mère? " Voici son point de vue : " Les adolescentes en révolte, en se rebellant contre leur mère, finissent la plupart du temps de se fabriquer une identité. Seules celles qui sont dans l’impasse totale vis-à-vis d’elles manifestent une vraie souffrance par des symptômes tels que la boulimie, l’anorexie, l’obésité et, plus souvent encore, l’échec scolaire. " Selon Naouri, cette tension qui existe entre la mère et la fille serait souvent la cause psychosomatique de plusieurs malaises, dont ces quelques-uns mentionnés plus haut.

" Qu’ont donc fait les mères pour que les filles en soient là, dotées de ce malaise qui va parfois, selon vous, jusqu’à la terreur inconsciente? ", lui demande-t-on encore. " Elles n’ont fait qu’être mères, c’est-à-dire constituer le premier objet d’amour de leur enfant. Qu’elle le veuille ou non, en portant un enfant, une femme imprime dans son cerveau un alphabet de perceptions, qui l’habite tout au long de sa vie et qui forge sa vision du monde. "

On lui pose ensuite la question suivante, qui d’ailleurs m’était venue à l’esprit en lisant cet article : " Les filles seraient-elles davantage encombrées que les garçons par l’image maternelle? " " Pour un garçon, comme pour une fille, tout amour ultérieur découle de l’amour porté dans le premier âge à la mère, est d’avis le docteur Naouri. Mais il suffit à un homme de substituer à la femme qui est sa mère une autre femme. Pour une fille, le parcours est plus ardu. Petite, elle a dû laisser choir sa mère comme premier objet d’amour et tenter de lui substituer un autre amour en lui " volant " son amoureux, en la personne du père. - Évidemment, il fait allusion ici à toute la question d’Œdipe. - […] Elle l’a fait en enfouissant un sentiment de culpabilité, d’autant plus grand que les liens tissés avec sa mère sont forts. Cette culpabilité l’amène en réaction à longtemps vouloir être une " bonne " fille, conforme aux attentes ou aux injonctions maternelles, ou à l’inverse, à en prendre le contre-pied. " Je pourrais rattacher la plupart de ces phrases-là à des noms mais je ne le ferai pas, par discrétion… bien sûr. Et puis, j’aime mieux, dans ces cas-là, ne pas avoir de mémoire pour les noms. [rires]

Avant de continuer, j’aimerais apporter une précision. Si vous écoutez régulièrement cette émission, vous devez savoir que son but n’est pas de fournir des réponses à vos questions. Elle vous fait simplement vous poser des questions, ce qui n’est pas la même chose. Et il y a deux étapes à ce genre de réflexion. La première, c’est la prise de conscience que nous faisons ensemble, une généralisation un peu excessive parfois, bien entendu; c’est à vous de renforcer ou d’atténuer l’impression que vous avez du discours du docteur Naouri, par exemple. La deuxième étape, c’est d’agir pour soulager le malaise, le cas échéant, mais cela ne fait plus partie de notre démarche.

Je trouve extrêmement troublante une hypothèse du docteur Naouri : " J’émets en effet l’hypothèse, bien que la chimie de la conception ne soit pas encore très claire, que la relation profonde de la mère avec sa propre mère - ainsi d’ailleurs que celle de son partenaire avec ses parents - est déterminante dans la conception d’un garçon ou d’une fille. Je suis en tout cas perplexe devant le nombre de parents qui, d’une façon détournée, établissent un lien entre le sexe de leur nourrisson et leur volonté de régler des comptes avec leurs propres parents : un père qui ne fait que des filles dit souvent aduler sa mère et détester son propre père. "

On lui a demandé de préciser ce point : " Pourquoi est-ce la mort du père et non celle de la mère qui serait la chose la plus difficile à vivre pour les femmes comme pour les hommes? " Sa réponse : " Au-delà de la douleur, la mort du père a sur celle de la mère un poids supplémentaire, celui de la culpabilité. - S’il y a des pères à l’écoute, donnons-nous la main pour écouter la suite… - Il n’y a pas un être humain, fille ou garçon, qui, à un moment ou un autre de sa vie, n’ait souhaité la disparition de son père. - Je le sais, je l’ai vécu comme fils, je le vis un peu comme père, disons, mais c’est très discret parce que je n’ai pas encore surpris mes enfants avec un couteau fonçant vers mon dos… Alors pourquoi pas la mère? Cela me rappelle un film étonnant d’Alfred Hitchcock, Psychose, qui illustrait parfaitement ce phénomène de la mère qu’on veut détruire à travers soi. Ce que le docteur Naouri commente en ces mots : " Le souhait de la disparition d’une mère est très rare. Vouloir " tuer " sa mère signifierait se tuer soi-même. […]

" Dire qu’aucune femme, en étant fille de mère et mère d’enfant, ne peut faire l’économie d’une certaine souffrance peut aider tout le monde, affirme-t-il par la suite. Notamment les filles, qui se culpabilisent si souvent des sentiments négatifs qu’elles éprouvent à l’égard de leur mère et des différends qu’elles ont ensemble. La maternité est un bon moment pour se débarrasser des problèmes rassis. " Effectivement, pour une femme, la naissance d’un premier enfant, en particulier, brasse beaucoup de choses…

" Vous redites quand même implicitement avec force qu’il n’y a pas de " bonnes " mères, surtout quand ce sont des mères de filles… " " Ce que je laisse entendre n’est pas agressif, loin s’en faut, mais libérateur, explique le pédiatre. Il n’y a rien de plus terrifiant qu’une " bonne " mère, qui se dirait et se croirait profondément telle. Les doutes et le sentiment de mal faire sont peut-être les meilleurs ingrédients pour être " bonne suffisamment " ", affirme l’auteur en faisant référence au grand psychologue britannique, Winnicott qui disait : " Dès que c’est plus que suffisamment, ça peut être à risque. " Il est plein de surprises ce docteur Naouri!

Dans la postface de son ouvrage, le docteur Naouri parle du problème de ce qu’on appelle l’identification primaire : " Un homme doit tôt ou tard renoncer à s’inspirer en toutes choses de sa mère pour parvenir à occuper sa propre stature - et la paternité viendra lui rappeler cette nécessité, écrit-il. Alors qu’une femme peut se glisser dans le clonage de sa mère sans même s’en apercevoir et sans que la maternité ne vienne d’aucune façon la rappeler à l’ordre. Cette disposition féminine produit-elle un quelconque inconvénient?, se demande-t-il. Des centaines de milliers de femmes dans notre pays, des millions de par le monde, semblent avoir déjà décidé de l’ineptie de cette question en n’ayant pas hésité à mettre, seules, au monde des enfants que des administrations tatillonnes se sont évertuées à inscrire dans un univers familial statufié comme " monoparental ". Mais les couples qui ne se font pas, comme les couples qui se défont, ou les familles qui éclatent avant de tenter de se " recomposer " différemment, ne font pas autre chose, remettant en question au nom du culte post-post-moderne de l’individualité les montages les plus subtils que les différentes cultures se sont échinées à ériger, tout au long de leur histoire pour composer avec l’incontournable différence, explique Naouri. […]

" On a cru à un moment que les pères allaient revenir sur la scène et générer un peu d’ordre dans la confusion environnante. – Parce que les pères sont très importants dans tout ça, par rapport à leur enfant, mais par rapport également à leur épouse qui peut les libérer du joug de la mère – C’était faire preuve de naïveté et ne pas prendre garde à l’effet stérile d’un discours social hypocrite qui prétend leur restituer un droit de cité, sans assortir son intention du moindre moyen. " Il n’y va pas avec le dos de la cuiller, me semble-t-il.

Puis, parlant de la violence que peuvent générer ces rapports mères-filles, il dit : " Il suffit pour le vérifier de se mettre à l’écoute et d’entendre les mères parler de leur mère respective. Le plus étonnant, c’est alors de constater jusqu’à quel point cette violence, plus qu’occultée, est proprement déniée par le discours ambiant, laissant place le plus souvent, sous prétexte d’une similitude de sensibilité, au fantasme de l’entente parfaite qui régnerait entre mères et filles. La violence maternelle, qui ne sait évidemment pas qu’elle s’appuie sur le sentiment de trahison de la fille, fait le lit d’un pouvoir que la mère chérit et garde indéfiniment sur sa fille. - Car, évidemment, plus la fille se libère de la mère, plus elle se sent coupable de s’être libérée de la mère, et plus la fille se libère, plus contente est la mère d’imposer sa loi… - Si bien que la violence réactionnelle de la fille ne peut trouver aucun exutoire. Aussi s’accumulera-t-elle des années durant et quand, sous la pression de quelque événement, elle aura à se déverser, ce sera le plus souvent, par un effet de déplacement, sur le conjoint dont on sait qu’il est toujours choisi à l’image de la mère. " Une autre hypothèse audacieuse, quant à moi…

" Derrière elle, la redoutable logique de nos sociétés qui ne voient plus dans l’humain qu’une ressource malléable […] à laquelle il est seulement demandé de consommer et - le chômage en atteste - de produire au moindre coût, écrit-il plus loin. Visée qui ne peut s’accommoder de l’existence d’un père dont on doit convenir, et c’est ce que cherche à montrer cet ouvrage, que, comme élément régulateur, il a été et il est toujours, aussi indispensable, sinon plus encore, à ses filles qu’à ses fils. "

À quelques reprises, il fait mention dans son ouvrage de l’importance du père pour le fils qui va s’identifier à lui en le prenant pour modèle ou en voulant faire mieux que lui. Mais pour retrouver une vie harmonieuse, le rapport des filles avec leur père est également extrêmement important; en particulier, pour atténuer le malaise qui existe, ou qui pourrait encore exister, entre la mère et la fille.

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La publicité au début du siècle

 

 

D’après :

TOSCANI, Oliviero;  " Pub : la voie de l’art ", Le Courrier de l’UNESCO, décembre 1998 (propos recueillis par Sophie BOUKHARI).


Tout le monde connaît les messages publicitaires de
Benetton… Et on les connaît précisément parce qu’on reproche à Oliviero Toscani, qui en est le concepteur, d’aller trop loin. Comme de nous montrer une religieuse et un prêtre en train de s’embrasser, de photographier des gens malades du Sida en train de mourir, etc. Les journalistes aiment bien connaître son point de vue sur plusieurs questions. Récemment, on lui a demandé de parler des origines de la publicité, ce qui a fait l’objet d’un article dans Le Courrier de l’UNESCO de décembre dernier, et dont voici quelques extraits.

Au début du siècle, la publicité portait sur les bâtiments et les machines de l’entreprise, explique Toscani. Ensuite sont venus les produits. Puis, comme ils ont fini par tous se ressembler, ils ne pouvaient plus être au cœur du message. Alors, les publicitaires ont commencé, à partir des années 60, à montrer des mannequins avec leurs longues jambes pour vendre des voitures. Les longues jambes offrent une valeur ajoutée. On met le produit de côté et on vend du symbole. Le problème, dans cette première technique, c’est que le message s’appuie toujours sur les handicaps des consommateurs et les culpabilisent : si vous n’avez pas ce produit, leur dit-il, vous n’êtes pas dans le coup. En revanche, en achetant les chaussures de telle marque, vous qui n’êtes pas fichu de taper sur un ballon, vous jouerez comme Renaldo.

" La deuxième technique est la répétition. À force de voir le même spot, pensent les professionnels, les gens s’en souviendront. D’où une inflation des dépenses. Mais tous les spots finissent par se ressembler au point qu’on ne sait même plus quelle marque ils vantent.

[…] Il faut être plus créatif, mais le monde de la publicité s’en fout : il veut perpétuer le système pour continuer à en vivre. La publicité doit expliquer la philosophie de l’entreprise. […] La publicité doit devenir un produit artistique en soi, comme une pièce de théâtre ou un film. Elle n’y est jamais parvenue parce qu’elle n’est conditionnée que par l’argent et les directeurs marketing, des imbéciles qui ne savent que répéter ce qui a déjà été fait. Pour avoir du succès, il faut déconnecter les messages du produit. […] Je mets le produit au service des grands problèmes de l’humanité ", nous dit Toscani, de cette façon directe qui a toujours caractérisé ses propos.

Accès aux versions enregistrées des émissions "Par 4 chemins" de Radio-Canada.

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