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Émission du lundi 25 janvier 1999 |
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Petites perles du bêtisier |
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| Il existe tout un bêtisier du futur. On pourrait établir une longue liste de ces gens qui, à différentes époques, se sont prononcés sur tout et sur rien, tout comme on le fait aujourdhui dailleurs, et qui ont exprimé un tas de bêtises. Voici quelques perles : | ||||||||||||
Le ridicule ne tue pas, dit-on, mais ils sont tous morts quand même. |
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Alimentation :
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Ah! Tout ce quil faut apprendre ces années-ci. Apprendre à bien manger, par exemple. Lautre jour, je mentretenais avec le très remarquable Daniel Pinard qui parlait dun peu de tout et de bouffe en particulier, bien sûr : jaime mieux ne pas répéter tout ce quil nous a raconté, parce quil ne resterait pas grand-chose de vrai dans tous les régimes alimentaires connus. [rires] Par exemple, nous sommes tous au courant que les gâteaux nont pas la cote chez les diététiciens parce quils sont chargés de mauvaises graisses et de sucre. Mais quils viennent dun pâtissier ou de lépicerie, cest du pareil au même : le saviez-vous? |
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| Daprès : SOUCCAR, Thierry. " Tout savoir sur Les gâteaux ", Sciences et avenir, décembre 1997. |
Tiens, jouons un peu à vrai ou faux. " Les biscuits contiennent des huiles hydrogénées, source de graisse indésirable " : vrai ou faux? " Vrai. Beaucoup de gâteaux du commerce font appel à des huiles partiellement hydrogénées, cest-à-dire des corps gras liquides bombardés dhydrogène pour leur donner les qualités du beurre : texture, saveur, durée de vie. À létat naturel, les huiles végétales contiennent des acides gras insaturés quon appelle " cis ", dont les molécules présentent une incurvation. Lhydrogénation les redresse. Ces molécules redressées sont appelées acides gras " trans " ". Je pense que vous avez compris, messieurs dames, quil sagit dun gourmand qui tente de trouver des justifications à son vice : un vice qui, dans son cas, ne pourrait se cacher, étant donné que le gourmand en question est assez gros pour donner limpression de bouffer et daimer ça! " Les gâteaux et les biscuits participent à la couverture des besoins en fibres " : vrai ou faux? Cest faux. " Les besoins quotidiens en fibres sont compris entre 25 et 30 g par jour, mais lalimentation moderne en apporte deux fois moins. Hélas! - Pour certains dentre vous, et pour moi en particulier - les biscuits et les gâteaux ne peuvent pas contribuer à ces besoins. La plupart sont fabriqués à partir de farine blanche, quatre à cinq fois moins riche en fibres que la farine complète. La matière première est aussi dépourvue des vitamines et des minéraux dorigine. - Je suis assez triste dapprendre tout ça! - [ ] La consommation régulière daliments de ce type multiplie par 2,17 le risque de diabète non insulino dépendant. " Ça va jai compris. Le biscuit maintenant car il a une histoire. " Les Assyriens, écrivait-on en encart, fabriquaient une galette à partir dune pâte dorge et de blé, mise à cuire dans des vases de terre. Au Moyen Âge, le terme " biscuit " se généralise. Il désigne des " pains que lon appelle besquis parce quils sont cuits deux fois ". À la même époque, se développent les " oublies ", des petits fours croquants, appelés aussi " casse-museaux " à cause de leur dureté. " Puis, on relate quarrive Catherine de Médicis à la cour de France en 1533, avec des pâtissiers florentins : non seulement étaient-ils très mignons et très gentils, mais ils étaient dexcellents pâtissiers. Tout pour le bonheur [rires] Finalement, la fameuse gastronomie française, elle vient dItalie! En tous les cas, " cest le signal de lengouement pour la pâtisserie : la brioche, les macarons, les frangipanes (inventées par Frangipani) et le biscuit à la cuiller font leur apparition. Au 17e siècle, les biscuits gagnent en variété et en saveur : café, vanille, chocolat, anis, coco, confiture. Au siècle suivant, apparaissent les petits fours, ainsi nommés car ils sont cuits à four presque éteint. Le biscuit énergétique et peu encombrant est embarqué sur les bateaux : des fabriques se développent partout où il existe une activité maritime importante. Au 19e siècle, lindustrie britannique en fabrique de grandes quantités, quelle exporte partout où lon boit du thé. " La simple évocation des noms des produits me donne leau à la bouche : les Belin, la galette Saint-Michel, apparue en 1905... " Les gâteaux ont leur place dans lalimentation des sportifs " : vrai ou faux? " Vrai. Au cours dun exercice prolongé, le sportif doit pouvoir compter sur un approvisionnement ininterrompu en glycogène, une forme de sucre stockée par les muscles et le foie, écrit-on. [ ] Les biscuits secs peuvent sintégrer à la préparation dun exercice physique. Pendant lexercice et immédiatement après, le sportif peut consommer des gâteaux à index glycémique élevé. " Jaurais dû faire un sportif, tiens! |
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Relations mères-filles : des histoires douloureuses |
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NAOURI, Aldo. |
Un pédiatre,
spécialiste des relations intra-familiales, le docteur Aldo Naouri, a approfondi cette
question. Javais lu avec intérêt son premier livre : Le couple et
lenfant. Dans son nouvel ouvrage intitulé Les
filles et leurs mères, il fait état de ses recherches. Cela
se lit un peu comme un récit, comme un roman. Quelle est la vision dun pédiatre après avoir rencontré autant de mères avec leurs enfants ? " Cest par centaines que je les ai vues se succéder devant moi. De tous âges, de toutes origines, de toutes humeurs, raconte-t-il. Elles ont ri, elles ont pleuré, elles se sont parfois tues, et elles ont souvent parlé. Je nen ai jamais rencontré qui neût avec son enfant, en toutes circonstances et à tous les âges de la vie, de relation passionnelle. Cest par lobservation de leurs exploits sans nombre que jen ai appris le plus sur elles comme sur moi-même. Cest par le recueil de leurs paroles que je réussis à minterroger sur les points communs de leur comportement. Ce sont elles qui, se confiant, mont amené à me pencher sur le fond de leur condition. " " Mais lamour maternel a aussi son envers, explique-t-on sur la quatrième couverture : le pouvoir que, par-delà les années, les mères gardent sur leurs filles influant ainsi sur leur vie toute entière. " Jai eu loccasion dobserver ce phénomène. Ce qui mamène à penser que les femmes méditent leur libération depuis au moins un siècle, la dernière vague en tous les cas, et tout à coup, arrive ce docteur Aldo Naouri, qui nous donne limpression quelles sont victimes dune oppression fondamentale dont elles nont pas conscience : celle quelles sinfligent de mère en fille, à travers la maternité. Troublant |
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NAOURI, Aldo. " Mère-filles : la tyrannie de lamour ", Le Nouvel Observateur, 4 au 10 juin 1998. |
Lauteur explique sa démarche dans une entrevue quil a accordée en juin dernier au Nouvel Observateur : " Au départ, en tant quhomme, javais imaginé, comme cela sétait toujours laissé entendre, que laccord le plus parfait pouvait exister entre mères et filles, sauf exception. Mais en 35 ans de métier, le pédiatre que je suis aussi a découvert le contraire en écoutant si souvent les jeunes mères raconter des choses stupéfiantes sur leur relation à leurs propres mères. Des histoires toujours douloureuses. Ce vécu na jamais été mis au jour. Sinterroger sur lui relevait de limpudeur, au nom du caractère sacré de la transmission de la vie. Il ma semblé quil était temps de sortir de lobscurité qui a enveloppé jusquici les relations entre les mères et les filles. " Et curieusement, cest un homme qui le fait Doù la question quon lui posait : " Cest donc en devenant mère quune femme ressentirait le plus les problèmes quelle a ou quelle a eus avec sa propre mère? " Voici son point de vue : " Les adolescentes en révolte, en se rebellant contre leur mère, finissent la plupart du temps de se fabriquer une identité. Seules celles qui sont dans limpasse totale vis-à-vis delles manifestent une vraie souffrance par des symptômes tels que la boulimie, lanorexie, lobésité et, plus souvent encore, léchec scolaire. " Selon Naouri, cette tension qui existe entre la mère et la fille serait souvent la cause psychosomatique de plusieurs malaises, dont ces quelques-uns mentionnés plus haut. " Quont donc fait les mères pour que les filles en soient là, dotées de ce malaise qui va parfois, selon vous, jusquà la terreur inconsciente? ", lui demande-t-on encore. " Elles nont fait quêtre mères, cest-à-dire constituer le premier objet damour de leur enfant. Quelle le veuille ou non, en portant un enfant, une femme imprime dans son cerveau un alphabet de perceptions, qui lhabite tout au long de sa vie et qui forge sa vision du monde. " On lui pose ensuite la question suivante, qui dailleurs métait venue à lesprit en lisant cet article : " Les filles seraient-elles davantage encombrées que les garçons par limage maternelle? " " Pour un garçon, comme pour une fille, tout amour ultérieur découle de lamour porté dans le premier âge à la mère, est davis le docteur Naouri. Mais il suffit à un homme de substituer à la femme qui est sa mère une autre femme. Pour une fille, le parcours est plus ardu. Petite, elle a dû laisser choir sa mère comme premier objet damour et tenter de lui substituer un autre amour en lui " volant " son amoureux, en la personne du père. - Évidemment, il fait allusion ici à toute la question ddipe. - [ ] Elle la fait en enfouissant un sentiment de culpabilité, dautant plus grand que les liens tissés avec sa mère sont forts. Cette culpabilité lamène en réaction à longtemps vouloir être une " bonne " fille, conforme aux attentes ou aux injonctions maternelles, ou à linverse, à en prendre le contre-pied. " Je pourrais rattacher la plupart de ces phrases-là à des noms mais je ne le ferai pas, par discrétion bien sûr. Et puis, jaime mieux, dans ces cas-là, ne pas avoir de mémoire pour les noms. [rires] Avant de continuer, jaimerais apporter une précision. Si vous écoutez régulièrement cette émission, vous devez savoir que son but nest pas de fournir des réponses à vos questions. Elle vous fait simplement vous poser des questions, ce qui nest pas la même chose. Et il y a deux étapes à ce genre de réflexion. La première, cest la prise de conscience que nous faisons ensemble, une généralisation un peu excessive parfois, bien entendu; cest à vous de renforcer ou datténuer limpression que vous avez du discours du docteur Naouri, par exemple. La deuxième étape, cest dagir pour soulager le malaise, le cas échéant, mais cela ne fait plus partie de notre démarche. Je trouve extrêmement troublante une hypothèse du docteur Naouri : " Jémets en effet lhypothèse, bien que la chimie de la conception ne soit pas encore très claire, que la relation profonde de la mère avec sa propre mère - ainsi dailleurs que celle de son partenaire avec ses parents - est déterminante dans la conception dun garçon ou dune fille. Je suis en tout cas perplexe devant le nombre de parents qui, dune façon détournée, établissent un lien entre le sexe de leur nourrisson et leur volonté de régler des comptes avec leurs propres parents : un père qui ne fait que des filles dit souvent aduler sa mère et détester son propre père. " On lui a demandé de préciser ce point : " Pourquoi est-ce la mort du père et non celle de la mère qui serait la chose la plus difficile à vivre pour les femmes comme pour les hommes? " Sa réponse : " Au-delà de la douleur, la mort du père a sur celle de la mère un poids supplémentaire, celui de la culpabilité. - Sil y a des pères à lécoute, donnons-nous la main pour écouter la suite - Il ny a pas un être humain, fille ou garçon, qui, à un moment ou un autre de sa vie, nait souhaité la disparition de son père. - Je le sais, je lai vécu comme fils, je le vis un peu comme père, disons, mais cest très discret parce que je nai pas encore surpris mes enfants avec un couteau fonçant vers mon dos Alors pourquoi pas la mère? Cela me rappelle un film étonnant dAlfred Hitchcock, Psychose, qui illustrait parfaitement ce phénomène de la mère quon veut détruire à travers soi. Ce que le docteur Naouri commente en ces mots : " Le souhait de la disparition dune mère est très rare. Vouloir " tuer " sa mère signifierait se tuer soi-même. [ ] " Dire quaucune femme, en étant fille de mère et mère denfant, ne peut faire léconomie dune certaine souffrance peut aider tout le monde, affirme-t-il par la suite. Notamment les filles, qui se culpabilisent si souvent des sentiments négatifs quelles éprouvent à légard de leur mère et des différends quelles ont ensemble. La maternité est un bon moment pour se débarrasser des problèmes rassis. " Effectivement, pour une femme, la naissance dun premier enfant, en particulier, brasse beaucoup de choses " Vous redites quand même implicitement avec force quil ny a pas de " bonnes " mères, surtout quand ce sont des mères de filles " " Ce que je laisse entendre nest pas agressif, loin sen faut, mais libérateur, explique le pédiatre. Il ny a rien de plus terrifiant quune " bonne " mère, qui se dirait et se croirait profondément telle. Les doutes et le sentiment de mal faire sont peut-être les meilleurs ingrédients pour être " bonne suffisamment " ", affirme lauteur en faisant référence au grand psychologue britannique, Winnicott qui disait : " Dès que cest plus que suffisamment, ça peut être à risque. " Il est plein de surprises ce docteur Naouri! Dans la postface de son ouvrage, le docteur Naouri parle du problème de ce quon appelle lidentification primaire : " Un homme doit tôt ou tard renoncer à sinspirer en toutes choses de sa mère pour parvenir à occuper sa propre stature - et la paternité viendra lui rappeler cette nécessité, écrit-il. Alors quune femme peut se glisser dans le clonage de sa mère sans même sen apercevoir et sans que la maternité ne vienne daucune façon la rappeler à lordre. Cette disposition féminine produit-elle un quelconque inconvénient?, se demande-t-il. Des centaines de milliers de femmes dans notre pays, des millions de par le monde, semblent avoir déjà décidé de lineptie de cette question en nayant pas hésité à mettre, seules, au monde des enfants que des administrations tatillonnes se sont évertuées à inscrire dans un univers familial statufié comme " monoparental ". Mais les couples qui ne se font pas, comme les couples qui se défont, ou les familles qui éclatent avant de tenter de se " recomposer " différemment, ne font pas autre chose, remettant en question au nom du culte post-post-moderne de lindividualité les montages les plus subtils que les différentes cultures se sont échinées à ériger, tout au long de leur histoire pour composer avec lincontournable différence, explique Naouri. [ ] " On a cru à un moment que les pères allaient revenir sur la scène et générer un peu dordre dans la confusion environnante. Parce que les pères sont très importants dans tout ça, par rapport à leur enfant, mais par rapport également à leur épouse qui peut les libérer du joug de la mère Cétait faire preuve de naïveté et ne pas prendre garde à leffet stérile dun discours social hypocrite qui prétend leur restituer un droit de cité, sans assortir son intention du moindre moyen. " Il ny va pas avec le dos de la cuiller, me semble-t-il. Puis, parlant de la violence que peuvent générer ces rapports mères-filles, il dit : " Il suffit pour le vérifier de se mettre à lécoute et dentendre les mères parler de leur mère respective. Le plus étonnant, cest alors de constater jusquà quel point cette violence, plus quoccultée, est proprement déniée par le discours ambiant, laissant place le plus souvent, sous prétexte dune similitude de sensibilité, au fantasme de lentente parfaite qui régnerait entre mères et filles. La violence maternelle, qui ne sait évidemment pas quelle sappuie sur le sentiment de trahison de la fille, fait le lit dun pouvoir que la mère chérit et garde indéfiniment sur sa fille. - Car, évidemment, plus la fille se libère de la mère, plus elle se sent coupable de sêtre libérée de la mère, et plus la fille se libère, plus contente est la mère dimposer sa loi - Si bien que la violence réactionnelle de la fille ne peut trouver aucun exutoire. Aussi saccumulera-t-elle des années durant et quand, sous la pression de quelque événement, elle aura à se déverser, ce sera le plus souvent, par un effet de déplacement, sur le conjoint dont on sait quil est toujours choisi à limage de la mère. " Une autre hypothèse audacieuse, quant à moi " Derrière elle, la redoutable logique de nos sociétés qui ne voient plus dans lhumain quune ressource malléable [ ] à laquelle il est seulement demandé de consommer et - le chômage en atteste - de produire au moindre coût, écrit-il plus loin. Visée qui ne peut saccommoder de lexistence dun père dont on doit convenir, et cest ce que cherche à montrer cet ouvrage, que, comme élément régulateur, il a été et il est toujours, aussi indispensable, sinon plus encore, à ses filles quà ses fils. " À quelques reprises, il fait mention dans son ouvrage de limportance du père pour le fils qui va sidentifier à lui en le prenant pour modèle ou en voulant faire mieux que lui. Mais pour retrouver une vie harmonieuse, le rapport des filles avec leur père est également extrêmement important; en particulier, pour atténuer le malaise qui existe, ou qui pourrait encore exister, entre la mère et la fille. |
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La publicité au début du siècle |
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TOSCANI, Oliviero; " Pub : la voie de lart ", Le Courrier de lUNESCO, décembre 1998 (propos recueillis par Sophie BOUKHARI). |
Tout le monde connaît les messages publicitaires de Benetton Et on les connaît précisément parce quon reproche à Oliviero Toscani, qui en est le concepteur, daller trop loin. Comme de nous montrer une religieuse et un prêtre en train de sembrasser, de photographier des gens malades du Sida en train de mourir, etc. Les journalistes aiment bien connaître son point de vue sur plusieurs questions. Récemment, on lui a demandé de parler des origines de la publicité, ce qui a fait lobjet dun article dans Le Courrier de lUNESCO de décembre dernier, et dont voici quelques extraits. " Au début du siècle, la publicité portait sur les bâtiments et les machines de lentreprise, explique Toscani. Ensuite sont venus les produits. Puis, comme ils ont fini par tous se ressembler, ils ne pouvaient plus être au cur du message. Alors, les publicitaires ont commencé, à partir des années 60, à montrer des mannequins avec leurs longues jambes pour vendre des voitures. Les longues jambes offrent une valeur ajoutée. On met le produit de côté et on vend du symbole. Le problème, dans cette première technique, cest que le message sappuie toujours sur les handicaps des consommateurs et les culpabilisent : si vous navez pas ce produit, leur dit-il, vous nêtes pas dans le coup. En revanche, en achetant les chaussures de telle marque, vous qui nêtes pas fichu de taper sur un ballon, vous jouerez comme Renaldo. " La deuxième technique est la répétition. À force de voir le même spot, pensent les professionnels, les gens sen souviendront. Doù une inflation des dépenses. Mais tous les spots finissent par se ressembler au point quon ne sait même plus quelle marque ils vantent. [ ] Il faut être plus créatif, mais le monde de la publicité sen fout : il veut perpétuer le système pour continuer à en vivre. La publicité doit expliquer la philosophie de lentreprise. [ ] La publicité doit devenir un produit artistique en soi, comme une pièce de théâtre ou un film. Elle ny est jamais parvenue parce quelle nest conditionnée que par largent et les directeurs marketing, des imbéciles qui ne savent que répéter ce qui a déjà été fait. Pour avoir du succès, il faut déconnecter les messages du produit. [ ] Je mets le produit au service des grands problèmes de lhumanité ", nous dit Toscani, de cette façon directe qui a toujours caractérisé ses propos. |
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